sadness hides in the shadow of the stars + HAROON ♥

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     Ven 31 Aoû - 0:42

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Haruto s'enfonça dans le siège. Derrière la vitre défilaient les rues animées de Tokyo, en ce samedi après estival. Août touchait à sa fin, mais la chaleur continuait d'alourdir l'atmosphère. Le Japonais tira sur le col de sa chemise. Et s'il passait à la maison, avant ? Non, il n'avait plus le temps. A force de traîner et de repousser l'échéance, il allait presque finir par arriver en retard. Prenant une profonde inspiration, il luttait contre son mal de crâne. La douleur le lançait en de petits éclairs, jusqu’au plus profond de sa moelle épinière. Même fermer les paupières devenaient un supplice. Il avait envie de pleurer. Se redressant un peu, il déglutit doucement. Non, pas maintenant. C’était complètement ridicule. De plus, il avait bien vu le regard du chauffeur. Aussi discret qu’il souhaitait l’être, la curiosité avait piqué sa curiosité. Haruto ne pouvait le blâmer. Qui prenait un taxi en plein après-midi avec une tronche pareille ? Le pauvre homme devait ne pas être franchement rassuré. Qu’allait-il bien pouvoir dire à Ji Hoon ?

Kurino Kenichi. Haruto voyait encore son sourire satisfait, alors qu’il se relevait, aider de deux de leurs collègues. Quelle situation ridicule. Humiliante, également. Avant, pourtant, leurs relations n’avaient pas été trop mauvaises. Du moins, c’était ce que le plus jeune pensait. Jusqu’à cette fin de matinée. Juste avant le déjeuner, juste lorsqu’il allait à la cafétéria pour s’acheter une bouteille de thé oolong au distributeur parce qu’il avait envie de changer de son traditionnel verre d’eau pour accompagner le kimchi de Ji Hoon. Juste lorsque Kurino et ses deux compères s’étaient levés de table. Pour une fois, Haruto s’était même demandé s’il ne pouvait pas simplement s’asseoir à une table pour se mêler à ses collègues. Il le faisait trop peu souvent, et savait qu’en ces temps troubles pour son couple et sa réputation, il devait faire un effort. Montrer qu’il n’était pas un monstre, qu’il n’était pas malade. Après tout, il était entouré de professionnels de la médecine, non ? Un véritable idiot. Une simple question avait été à l’origine de tout ça. C’était si bête qu’il ne savait pas s’il devait en rire ou en pleurer. 

Avant ça, Haruto avait toujours eu une entente cordiale avec ses collègues, surtout ses aînés. Kurino avait trois ans de plus que lui, et selon l’usage nippon, Haruto le traitait avec le respect qu’il lui avait toujours semblé dû. En tant que psychiatre, Kurino n’était pas si mauvais, bien au contraire. Si on ne l’avait pas envoyé à New York, leur de cette fameuse conférence, il y avait de ça quelques mois, c’était simplement parce que sa femme avait mis au monde leur premier enfant, et qu’il avait poliment décliné pour ne pas laisser sa femme seule. De mauvaises langues avaient bien chuchoté qu’il avait été préféré depuis le départ par le docteur Kamiya, Haruto n’avait pas voulu croire les rumeurs. Il lui avait même ramené un souvenir de la Grande Pomme, pour lui et sa femme, et avait offert un cadeau pour leur nouveau né. En tant que senpai, Kurino restait humble. Il avait souvent encouragé Haruto, qui lui en avait été profondément reconnaissant. Comment avait-il fait pour ne pas s’en rendre compte avant ? Kurino portait un masque. Toutes ces fois où il avait feint de montrer de l’intérêt semblait avoir sauté aux yeux du plus jeune, alors que ce dernier recevait le poing du premier en pleine tempe. 

Une seule petite question. “C’est un repas préparé avec amour par ta femme ?” Il y avait eu des rires lourds, et des regards embarrassés. Les vedettes et le public. “Par mon compagnon, Ji Hoon.” Les rires étaient devenus moqueurs, et les regards fuyants. Les homophobes et les couards. “Je n’arrive toujours pas à croire que tu sois pédé, Kamiya ! Dire que lors de cette conférence à Yugawa, on était ensemble dans un onsen ! Tu t’es bien rincé l’oeil ?” Haruto n’avait pu s’empêcher d’afficher une moue dégoûtée. Cela n’avait pas plu à Kurino. “Je suis pas assez bien pour toi, Kamiya ?” Haruto avait poussé un soupir, avant de contourner le groupe. “Non.” Une simple réponse pour clôturer cette conversation embarrassante, aussi bien pour l’un que pour l’autre. Et il y avait vraiment crû. Sa bouteille de thé glacé en main, ses doigts crispés sur le plastique, Haruto avait quitté les lieux le plus rapidement possible, sans qu’il n’ait l’air de fuir. Le coeur lourd, il avait envie de frapper dans un mur. Mais le souvenir de sa fracture au poignet l’en avait bien gardé. Il allait appeler Ji Hoon, ça le calmerait. L’air de rien, il en avait même retrouvé le sourire. Un petit sourire fatigué, certes. Ces derniers temps, les allusions de Kurino commençaient à lui peser de plus en plus sur le coeur. Des sous-entendus plus ou moins subtiles, destinés à le blesser. A l’humilier. Et lui, qu’avait-il le droit de faire ? Sourire comme un idiot qui acceptait qu’on l’insulte. C’était le conseil qu’on lui avait donné, suite à la parution de l’article. Ne pas faire de vague. Tout le monde l’avait reconnu, il en allait de la réputation de l’hôpital, pour les plus crédules. Ou pour ceux qui préféraient fermer les yeux sur l’évidence. 

Hé, Kamiya !” Ce dernier ne s’était pas retourné. C’était la voix de Kurino. Pourquoi avait-il eu besoin de le suivre ? “Je vois, tu préfères te faire enfiler par ta tantouze de Coréen ! Vous formez un beau couple de tapettes, c’est vrai. Sérieux, qu’il retourne dans son pays, sa carrière est finie, de toute façon.”  Haruto s’était figé, le coeur battant. Ravalant sa salive, il s’était lentement retourné. L’air fier de Kurino avait suffit à lui faire perdre patience. Se jetant sur son aîné, Haruto l’avait plaqué contre un mur. “La ferme !” De quoi pouvait-il bien avoir eu l’air, à ce moment-là ? D’un fou, sûrement. Maintenant qu’il y repensait, il n’était pas très fier de lui, en vérité. Mais quand Kurino l’avait repoussé en l’insultant une nouvelle fois de pédé, Haruto n’avait pu retenir son poing de s’écraser sur la mâchoire de son aîné. Seulement, et il s’en rendait compte maintenant, cela devait être ce que l’autre avait attendu. L’instant d’après, son poing l’avait frappé à la tempe. Le choc l’avait fait reculer, mais Haruto avait tenté un nouvel assaut en tentant de lui frapper la joue. Ça n’avait été que pour recevoir un nouveau choc dans l’oeil, et le poing avait même dévier sur l’arête de son nez. L’avait-il cassé ? Il saignait ! Son adversaire ne lui avait pas laissé un instant de répit, faisant voler son poing dans son estomac. Le plus jeune avait alors répliqué avec un coup de pied dans le tibia, avant de s’écraser par terre à son tour. Les bruits de la bagarre avaient attiré du monde dans le couloir désert. Haruto revoyait les deux amis de Kurino aider ce dernier à se relever. Quant à lui, il s’était débrouillé tout seul, en s’appuyant contre un mur, haletant. Un bras menu l’avait ensuite soutenu. Rina l’avait guidé jusqu’à la cafétéria où tout le monde les avait fixé, Kurino et lui. 

Son regard perdu à travers la vitre du taxi, Haruto revoyait avec amertume les regards qu’on avait posé sur lui. Ceux qu’il avait pensé ses amis, pendant un temps. Il y avait lu le dégoût. On le jugeait. Bien sûr, la sanction n’avait pas mis de temps à tomber. Malgré la douleur qui lui tordait le ventre, il était resté penché en avant à quatre-vingt dix degrés devant le doyen, des larmes aux bords des yeux. Il souffrait terriblement, mais avait refusé de le montrer. Une fois la leçon de morale passée sur Kurino et lui, Haruto avait eu le droit à une réunion prolongée. Assis sur le fauteuil en face du doyen, il avait simplement hoché la tête et répété “oui”. C’était de toute évidence lui le fautif. Il devait s’excuser auprès de Kurino. Rina l’avait attendu, pour l’accompagner à son office. Une fois dans son bureau, Haruto s’était écroulé sur le sofa. Son amie s’était mise à tourner autour de lui en lui procurant des conseils qu’il connaissait déjà. Mettre de la glace sur son oeil et sa tempe, faire une radio pour son nez. La tête penchée en avant, une main sur son nez et l’autre tenant un sac de glace contre sa peau tuméfiée, Haruto n’était plus parvenu à contenir ses larmes. Pendant combien de temps les avait-il retenu, se refusant de pleurer devant Ji Hoon ? Ji Hoon... Avec tout ça, il ne l’avait même pas appélé ! Rina lui avait tendu son téléphone, mais sa vue brouillée et ses mains prises l’avaient empêché de lui écrire un message. Pour lui dire quoi ? qu’il avait perdu son sang froid à cause d’un putain d’homophobe ? Comment pourrait-il le rassurer, après ça ? La main de Rina s’était alors posé sur son genou, et Haruto s’était rendu compte qu’il sangloter comme un enfant.

Heureusement, les samedis après-midi, les consultations n’étaient pas sur rendez-vous. Des cas d’urgence ou des remplacements, généralement. Haruto n’avait donc pas eu besoin d’annuler quoique ce soit. Après sa radio, il avait contacté Ji Hoon pour le rassurer. Un long message rempli d’amour, lui rappelant combien il avait hâte de le retrouver, cet après-midi. Combien il était fier de lui, pour oser sortir aussi loin pour la première fois depuis des jours. Combien il l’aimait plus que tout au monde. Et combien il avait terriblement besoin de cette part de gâteau au matcha et de son latte au caramel. Il avait volontairement oublié de lui précisé la raison de son appel manqué, s’excusant tout de même deux fois dans son message, au début et à la fin. De toute façon, Ji Hoon comprendrait bien assez vite. Haruto n’avait eu ni le temps, ni l’envie de camoufler les stigmates de cette baston ridicule. Rina lui avait bien proposer son fond de teint hors de prix, il avait simplement refusé d’un grognement et d’un geste de la main pas vraiment poli. Elle avait simplement voulu l’aider. Il se promit de la remercier pour son soutien, dès la première heure, lundi. 

Dans le taxi résonnait les notes d’une vieille chanson, et le chauffeur se permit même de siffler en même temps que le regretté Sakamoto Kyu. Et si l’air de Ue o muite arukô semblait joyeux, les paroles étaient étonnamment tristes, touchant Haruto en plein coeur. Il avait hâte de rejoindre son petit ami. Quand le véhicule s’immobilisa non loin du carrefour de Shibuya, Haruto paya l’homme qui le remercia d’une courbette respectueuse. Rajustant le col de sa chemise, veste sur le bras - il la prenait toujours avec lui, même avec cette chaleur - Haruto poussa un profond soupir. Que dirait Ji Hoon ? Haruto ne pouvait évidemment pas lui mentir. Devait-il alors minimiser la chose ? Il ne savait pas. Un coup d’oeil à la montre qu’il portait au poignet, il comprit qu’il allait finir par vraiment être en retard. Accélérant le pas, il fendit la foule, se dirigeant vers le Starbucks Shibuya Crossing. Levant la main quand il aperçut Ji Hoon, dans un coin un peu à l’écart de la foule, il lui accorda un large sourire. “Bonjour mon amour. Tu m’as manqué.” Et parce qu’il en avait terriblement besoin, Haruto embrassa son petit ami, se collant à lui malgré la chaleur. Rouvrant les yeux qu’il avait fermé durant le doux échange, il lui adressa un sourire penaud. “Je pense que tu as des questions. Ne t’inquiète pas, d’accord ? Tout va bien. On rentre pour commander ?” Soudain, il se demanda si c’était vraiment une bonne idée de l’avoir fait venir jusqu’ici. Non, ensemble, ils pouvaient parfaitement affronter ça.

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     Sam 1 Sep - 1:01

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Les mains contre le sol, il se poussait vers le haut. Il se relevait enfin de ces semaines sombres. L’impossible pour lui se produisait néanmoins. Ji Hoon voulait remonter la pente, il ne voulait pas abandonner. Il avait compris en lisant ces lettres, en écoutant Haruto, en voyant le désespoir de sa mère qu’il s’était montré égoïste, qu’il n’avait pas su réagir au bon moment. Il devait se battre, il devait montrer de quoi il était capable et ne pas se laisser toucher par tout ça. Il devait en profiter pour revenir en force ! Cependant, sa motivation et ses belles paroles étaient bien plus faciles dans sa tête que dans la réalité. Traverser la porte de l’appartement était encore difficile pour lui au début. Il essayait de passer une tête dehors tous les jours. D’abord accompagné de son petit-ami ou sa mère, puis il était finalement parvenu à sortir tout seul. Pas bien loin, pas très longtemps, le temps de promener rapidement les chiens et le voilà de retour dans l’appartement. Le Coréen faisait tous les efforts du monde pour sortir de son état de léthargie. Il s’était remis au sport, quelques petits exercices, puisqu’il n’osait pas aller à la salle de sport qu’il fréquentait habituellement de peur de se faire agresser ou d’entendre des commentaires désobligeants.

Le Coréen voulait retrouver sa force, il voulait retrouver ses aspirations, ses espoirs. Cette force qui l’aidait à se lever le matin, qui le guidait tous les jours. Il voulait continuer comme ça, un nouveau pas en avant tous les jours. Les encouragements et la fierté de son homme l’aidaient à trouver la force d’accomplir ses objectifs. C’était ce qu’il voulait désormais, ne plus attendre bêtement, vaincre ses peurs et ses angoisses, se montrer fort pour son petit-ami, pour toutes les personnes qui croyaient en lui. Il voulait retrouver cette confiance agaçante qu’il avait en lui jusque là. C’était son but et il devait l’atteindre. Il avait lu les lettres une par une, réalisant qu’il y en avait quelques unes comme celle de ce J, de personnes gays pas vraiment certains de comment faire leur coming out. Il avait décidé de répondre à l’une ou l’autre quand il le pouvait, l’écrivant sur du papier avant de demander à son homme de corriger les fautes au soir, s’assurant qu’il n’y ait pas de confusion dans les mots qu’il avait utilisé. Il savait que l’erreur était facile et il ne voulait pas dire quelque chose contraire au sens premier de ce qu’il avait pensé.

Tout ce qu’il vivait actuellement était difficile mais il devait y arriver. Le plus souvent possible, il prenait soin de son apparence. Il y avait des matins où il peinait à se lever, où il avait du mal à quitter son lit, à se laver, ou même juste s’habiller. Il était paniqué, il ne savait pas quoi faire. C’était des journées difficiles où rien n’allait, où il fixait dans le vide en se disant qu’il n’avait pas d’avenir, en ne voyait que le pire, en ressentant les pires angoisses rien que d’entendre quelqu’un parler dans le couloir. Mais il y avait aussi ces jours où il se levait sans difficulté, préparait même le petit-déjeuner, sortait sans trop de mal promener les chiens. Il savait que c’était encourageant, parce qu’il pouvait s’en sortir, parce que tout ça avait un avenir. Qu’il ne pouvait rester dans l’ombre toute sa vie. Il s’était mis au yoga, à la méditation, même s’il ne le faisait pas vraiment avec du cœur, il aimait bien regarder les fesses de cette coach en ligne qui avait posté ses vidéos gratuitement sur Youtube. Qu’elle était souple ! Il la suivait comme il pouvait, se remettant doucement à la danse avec une certaine déception. Les AOA n’étaient plus aussi sexy et il s’était remis à danser sur des girls band ridicules comme les GFRIENDS. Mais il maitrisait plutôt bien la chorégraphie donc il en tirait une fierté certaine.

Pas de nouvelle de Haruto, un appel qu’il avait manqué. Cela suffisait à Ji Hoon pour s’inquiéter, ne pas comprendre. D’ordinaire, il lui écrivait, mais là, rien. Il lui avait envoyé un message un peu plus tôt pour reconfirmer leur rendez-vous. Ji Hoon était anxieux à l’idée d’aller si loin, prévoyant de prendre un taxi pour aller jusqu’à Shibuya pour être certain de ne pas se défiler entre deux stations de métro. Conduire, il ne s’en sentait pas franchement capable. Son message n’était pas rassurant. Quelque chose n’allait pas, quelque chose s’était passé. Il tenta de l’appeler mais sans réponse, finissant par répondre simplement au message. Qu’il avait hâte de le retrouver, qu’il l’aimait et qu’il lui manquait. L’heure approchait, il se décida à se préparer. Il s’était habillé sobrement. Un tee-shirt et un jeans, rien de bien fou, mais il voulait se fondre dans la masse. Ses lunettes de soleil sur le bout du nez, il commanda le taxi, ne sortait quand lorsqu’il eut la confirmation qu’il était là, qu’il l’attendait dehors. En chemin, il regardait tout autour de lui, impatient de retrouver son petit-ami. Inquiet, aussi. Il relisait le message, il se demandait si quelque chose de grave avait pu éventuellement se passer pour qu’il lui écrive cela. Ji Hoon ne savait comment l’interpréter, finissant par se rassurer. Il allait bientôt le voir et Haruto pourrait lui expliquer de vive voix ce qui s’était passé et pourquoi est-ce qu’il avait eu l’air si étrange après l’avoir longuement ignoré.

Malheur, il n’était pas encore là. Dans un coin, Ji Hoon l’attendait, tentant de ne capter aucun regard, même derrière ces verres teintés qu’il avait devant les yeux. Le voir arriver ne le rassura pas, ne lui procura aucun soulagement. Sa bouche s’ouvrit, il s’approcha vivement de lui, levant sa main pour le toucher avant de finalement pas oser. « Haruto… ? » Qu’était-il arrivé ? Qui avait fait ça ? Sa main se posa dans son cou, il répondit tendrement à son baiser, même si son cœur mourrait d’inquiétude dans sa poitrine. « Tout va bien ? Est-ce que tu te moques de moi ? » les regards autour d’eux n’existaient plus. Ji Hoon n’arrivait plus à les voir, trop inquiet en voyant son visage tuméfié, en voyant les marques d’une bagarre, de violence. Sans broncher, il entra dans le Starbucks, soulagé par la climatisation. « Vas déjà t’installer, j’arrive ! » Il lui sourit, désignant un canapé libre plus loin, un peu éloigné des autres tables. Soufflant longuement, il se rappela que ce n’était pas une si bonne idée de devoir commander. Il balbutia ce qu’il voulait, laissant au barista le loisir de choisir la taille comme il était incapable de décider, prenant deux parts de matcha cheesecake. Il se dépêcha de retrouver son homme une fois la commande servie, s’installant à côté de lui.

Son regard s’arrêta sur son visage, son si beau visage que quelqu’un avait décidé d’abîmer de la sorte. Sa main alla doucement caresser sa joue, ses sourcils se froncèrent. « Qu’est-ce qui s’est passé ? » S’était-il fait agresser dans la rue ? A l’hôpital ? Par un patient ? Pire, par un collègue ? Un patient, il y aurait des circonstances atténuantes à cause de la maladie, mais Ji Hoon avait appris avec le temps que c’était rarement aussi simple. Ses lèvres se pincèrent, il tentait de trouver les mots. « Qui a fait ça ? » Il était déjà en colère sans connaître le nom. Même s’il s’agissait d’un étranger dans la rue, Ji Hoon le lui ferait payer. Il en oubliait bien son état actuel, il n’avait plus envie de chouiner pour un rien. Quelqu’un avait fait du mal à l’homme qu’il aimait, à son amour, à son tout. Ji Hoon ne pouvait accepter cela. « C’est arrivé quand ? Comment est-ce que c’est arrivé ? » Ses sourcils se froncèrent, il se sentait hésitant, baissant les yeux en même temps que sa main. « C’est à cause de nous ? De l’article ? » Est-ce qu’il s’agissait d’une agression homophobe ? Le Coréen ne pourrait dire ce qu’il en penserait. Il savait déjà qu’il ne laisserait pas une chose comme ça passer. C’était intolérable, n’importe quoi. Délicatement, il se pencha vers lui pour cueillir un baiser sur ses lèvres, lui montrer qu’il était là, qu’il le soutenait. « Ne me cache rien, d’accord ? » Il savait qu’il aurait tendance à minimiser pour ne pas l’inquiéter. « Je veux que tu m’expliques exactement ce qu’il s’est passé. » Dans les moindres détails, comme ça, Ji Hoon sera en mesure de prévoir une atroce vengeance qui fera payer à cette personne ce qu’il avait osé faire à son compagnon. A l’amour de sa vie. Un crime passible de la pire des sentences.


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     Dim 2 Sep - 2:10

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Dès la sortie de l'article exposant leur histoire d'amour, Haruto avait su que Ji Hoon et lui devraient désormais faire face à des difficultés qu'ils n'avaient jusqu'ici pas vraiment connu. Une personne s'était amusée à poster des photos d'un moment intime, et aujourd'hui des milliers d'anonymes se pensaient assez importants pour se mêler de leur histoire en y allant de leurs commentaires. Ce qu'ils n'avaient pas compris, c'était que le couple se fichaient bien de leurs opinions. Certes, cela affectait grandement Ji Hoon, mais Haruto ne pouvait l'en blâmer. Après tout, c'était surtout lui qui avait été la cible de cet article. Cependant, pour le Japonais, ces personnes n'avaient pas à se mêler de leur vie privée. Bien sûr, faire entendre raison à son homme n'était pas vraiment simple, mais il y croyait véritablement. Ils allaient s'en sortir ensemble. De plus, le Coréen commençait à doucement remonter la pente. Il recommençait à prendre l'air sans que Haruto n'ait besoin d'insister. Il l'encourageait et le félicitait, mais ne le forçait pas à le faire. Il lui souriait amoureusement chaque matin lorsqu'il entendait les projets de Ji Hoon sur sa journée, et lui souriait fièrement lorsqu'il lui annonçait les avoir suivi. De par son amour, il voulait le soutenir au mieux. Il avait appris que le gronder – même gentiment – ne menait à rien. Voilà pourquoi, de temps en temps, il lui suggérait quelque chose, comme une tâche ménagère par exemple, et laisser son petit ami décider à s'il voulait le faire ou pas.

Ainsi, Haruto s'était concentré sur la convalescence de l'esprit de Ji Hoon. Après tout, quoi de plus normal ? Il avait besoin d'être soutenu. Mais peut-être avait-il un peu négligé son propre mental. Au départ, le psychiatre n'y avait pas vraiment prêté attention. Oui, il manquait légèrement de concentration, mais quoi de plus normal, avec ce qu'ils vivaient ? Mais son attitude avait très certainement été la cause de ce qu'il lui était arrivé aujourd'hui. En faisant comme si tout allait bien, Haruto avait dû passer pour un arrogant. Après tout, pour ceux le connaissant, il avait été très facile de le reconnaître. Et s'il niait devant certains patients, le bruit avait si vite courut dans les couloirs de l'hôpital, que le principal concerné n'avait pu faire grand chose pour l'atténuer. En vérité, au début, il n'en avait pas eu franchement envie, répétant à Rina que ça ne les regardait pas et qu'il se fichait royalement de leur avis. Aujourd'hui, il se disait que s'il en avait parlé, au moins à ses supérieurs, cela aurait pu éviter certains débordements. Mais cela aurait-il vraiment empêché Kurino d'y aller avec ses commentaires homophobes ? Haruto n'en était pas sûr. Mais lorsqu'il s'était retrouvé plié en deux, un mal de crâne lancinant lui tapant sur le système, il avait eu envie de vomir sur la moquette du bureau du doyen. Pas à cause d'une quelconque commotion, mais bien parce que toute cette hypocrisie lui foutait clairement la gerbe – excusez-le du terme. Sa seule envie ? A nouveau foutre son poing dans la figure de Kurino.

Que dirait-il à Ji Hoon ? C'était la seule pensée qui le hantait dès qu'il avait mis les pieds hors du bureau du doyen où il s'était fait passé un savon comme un gamin de cinq ans grondé par son père. Non, même Keisuke ne lui avait jamais crié dessus de cette manière. Il avait eu besoin d'une cigarette, et il l'avait obtenue de Rina. Son message pour son petit ami, il le réalisa dans le taxi, était plus inquiétant que rassurant. Heureusement que les samedis, il avait l'après-midi pour lui. Ses yeux fixaient les mains gantées de blanc du chauffeur de taxi, et il se dit alors combien le Japon était un pays formidable. A New York, sûrement qu'on lui aurait posé des tas de questions, après quelques clins d'oeil méfiants. Même en Italie ! Mais ici, à Tokyo, le client était roi, même s'il se présentait avec un visage tout droit sorti d'un film de gangsters. Certes, malgré son œil au beurre noir, Haruto présentait bien. Sa tenue et sa mallette de médecin montrait assez clairement qu'il était la victime. Pourtant, l'amertume lui restait en bouche, et un peu honteusement, il s'en voulait de ne pas avoir frappé plus fort. Kurino souffrait-il assez ? Sûrement pas autant que lui. Sûrement devait-il être en train de se ficher de lui, riant bêtement avec ses amis. Peut-être était-il même fier d'avoir pu frapper le pédé qu'il était.

Haruto étouffant un juron contre son poing. Son regard se perdait sur la foule qui marchait sur le trottoir. Combien de personnes seraient d'accord avec Kurino ? Combien les comprenaient eux ? Il repensa aux lettres qu'avait eu son petit ami. A ces mots encourageants qu'on leur avait adressé. Il était fier et soulagé de voir que Ji Hoon ait pris cœur à leur répondre. Du nouveau courrier arrivait tous les jours, et au moins une carte était déposée dans la boîte aux lettres, à chaque fois. Haruto ne savait pas trop si certaines étaient négatives, et si son homme se contentait de les mettre de côté en les ignorant et en se concentrant sur les positives. La plupart du temps, le Japonais les lisait également, et pas seulement destinées au couple Kamiya-Lee. Il avait ainsi pu constater que certains allaient même jusqu'à demander des conseils au Coréen. Cela le faisait toujours sourire, se disant que ce dernier n'avait pas dû s'y attendre. Les réponses qu'il donnait étaient toujours éclairées et sensées. Haruto était fier de son petit ami. Ce dernier ne laissait rien transparaître de ses doutes récents, de sa baisse de morale. Et le Japonais se disait qu'il avait commis une erreur, en lui cachant l'existence de ces lettres. Pour sa défense, il avait vraiment pensé le protéger.

Seulement, Ji Hoon n'avait pas vraiment besoin d'être protégé. C'était pourquoi, en sortant du taxi, Haruto prit la décision de lui dire ce qu'il s'était passé ce début d'après-midi, avec Kurino. Après tout, cela le concernait également, d'une certaine manière. Bien sûr, il ne le blâmerait pas le moins du monde pour ça. Hors de question ! L'idée de lui avait même pas traversé l'esprit. Pourtant, la nervosité le gagna, lorsqu'il se retrouva sur ce trottoir. Et s'il devenait à son tour agoraphobe ? Fermant les yeux, il prit sur lui, respira un bon coup. Lorsqu'il les rouvrit, il aperçut la silhouette de son petit ami. La seule qu'il avait vraiment envie de voir. Haruto espérait ne pas avoir une tête trop épouvantable. Même s'il ne voulait pas vraiment minimiser les faits, il ne voulait pas inquiéter Ji Hoon pour autant. Arriverait-il à lui faire comprendre que tout allait bien et qu'il gérait la situation ? Mais un doute s'installa dans son esprit. Se croyait-il lui-même, à ce propos ? Rien n'était moins sûr, encore moins lorsqu'il se retrouva en face de son petit ami. Il eut un petit rire qui accentua légèrement son mal de tête. « Non, je ne me moque pas de toi... » Il voulait simplement le rassurer. Un peu maladroitement, peut-être ? Le baiser échangé lui avait fait énormément de bien.

Une fois monté à l'étage du Starbucks, Haruto évita le maximum de regards possible, et s'installa à la place désignée par Ji Hoon. Pas besoin de s'installer à une de ces places près de la grande baie vitrée qui donnait directement sur le carrefour de Shibuya. Se laissant tomber sur le canapé situé dans un coin reculé de la pièce, il poussa un soupir. Un peu inquiet, il tendit le cou pour observer son petit ami, lui souriant fièrement alors qu'il revenait vers lui, commande complète posée en équilibre sur un plateau. Se poussant un peu, il ne le quitta pas des yeux alors qu'il s'asseyait à ses côtés. Il savait que les questions allaient fuser, aussi prit-il sa commande pour la poser devant lui, ajouter un petit paquet de sucre brun à son latte au caramel. Mélangeant le tout à l'aide d'un petit bâtonnet, il laissa un sourire navré planer sur ses lèvres. Relevant la tête, il croisa le regard inquiet de Ji Hoon. Les questions s'enchaînaient sans qu'il ne puisse y répondre, aussi fit-il l'effort de les retenir pour y répondre dans l'ordre une fois que son homme lui en laisserait l'occasion. « D'accord, d'accord. Je n'avais pas l'intention de te mentir, de toute façon. » Sa main se posa sur le genou du Coréen, le serrant un peu. « Promets-moi de ne pas t'énerver, d'accord ? » Légèrement hypocrite de sa part, compte tenu de la façon dont lui-même avait réagi.

Se permettant une bouchée de cheesecake au matcha avant de commencer à raconter les faits, Haruto savoura son gâteau, avant de se réinstaller plus confortablement. « Comme tu le sais, je n'ai pas beaucoup d'amis parmi mes collègues. Quand l'article est sorti, je m'en suis encore plus rendu compte. S'ils disaient déjà des choses dans mon dos avant, depuis ils ne se gênent plus trop pour me les dire en face. » Il eut un petit sourire triste, puis baisser les yeux vers son gobelet. Son index tapotait doucement sur le couvercle. Ses yeux retrouvèrent ceux de Ji Hoon. « C'est ce que s'est permis de faire un de mes collègues, tout à l'heure. Kurino, un de mes aînés. C'est parti de ton bentô... Il m'a simplement demandé qui me l'avait préparé. » Son sourire se fit doux, alors qu'il lui caressa tendrement la joue. « Je lui ai répondu que c'était mon compagnon, et il a commencé à se montrer insultant. » Haruto poussa un soupir, laissant retomber sa main sur la cuisse de son petit ami, avant d'attraper sa boisson chaude de son autre main pour en boire une gorgée. Il en apprécia le goût, avant de reprendre son récit.

« Il m'a dit qu'il n'arrivait pas à croire que je sois... pédé. » Le mot lui faisait plus mal qu'il ne voulait l'admettre. C'était clairement une insulte. Il poussa un soupir. « Ensuite... Il a fait une allusion à notre sortie entre collègues aux onsen de Yugawa, en me demandant si j'avais apprécié et s'il me plaisait. » Sa moue dégoûtée traduisait assez bien quelle avait été sa réponse. Baissant la tête, il observa sa propre main capturer celle de Ji Hoon. « Mais tout ça, je m'en fiche un peu. Ce n'est pas ça qui m'a mis en colère. » Ses doigts serrèrent les siens, et il releva la tête pour plonger ses yeux dans les siens. « Quand j'ai quitté la cafétéria, il m'a suivi, et là... Et là, il s'en est pris à toi. » Sa bouche se tordit alors que son regard se fit plus dur. « C'est ce qui m'a mis en colère. C'est moi qui l'ai agressé et frappé le premier. » Il avait un peu honte d'en être fier. « Mais bon, je suis pas super doué. Comme tu peux le voir, il a bien répliqué. » Sa main libre pointa vers son œil. « Je sais pas si ça a servi à quelque chose... Juste à me donner l'air d'un pauvre type qui a cherché la bagarre et qui s'est pris une rouste. » Il eut un petit rire embarrassé. « Mais ne t'inquiète pas. Ça n'arrivera plus. » Haruto n'en était pas persuadé, tout dépendait de Kurino. Ce n'était cependant pas la peine d'alarmer son petit ami. « Je vais juste avoir besoin que tu me câlines beaucoup, beaucoup, ce week-end. » La douleur serait plus supportable. Haruto savait que l'amour de Ji Hoon serait le meilleur des remèdes.

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     Lun 3 Sep - 0:36

♡ Haroon ♡

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LL’apparence de Haruto était inquiétante. Il s’était battu, ou du moins, quelqu’un l’avait frappé. Ji Hoon sentait déjà la colère grimper en lui sans savoir ce qui s’était passé. Il y avait beaucoup de choses qu’il pouvait tolérer, mais que l’on s’en prenne à une personne qu’il était n’en faisait pas parti et Haruto était la personne à ne pas toucher, à qui il ne fallait pas faire de mal. S’il disait parfois qu’il serait prêt à tout pour lui, il le pensait. Pour son compagnon, il irait au bout du monde, marcherait sur la lune, replanterait tous les arbres de la forêt amazonienne. Pour lui, il serait capable du pire. Tuer quelqu’un pour lui apprendre qu’on ne blessait pas son petit-ami, qu’on n’abîmait pas ce si beau visage, qu’on ne lui faisait pas de mal, pas de peine, peu importe que cela soit physique ou psychologique. On ne le blessait pas, parce qu’il méritait d’être heureux, il fallait toujours qu’un beau sourire soit dessiné sur ses lèvres, qu’un sourire heureux et sincère illumine son si beau visage. Il se battrait pour que le monde entier considère cela, que cet homme ne méritait rien d’autre que du bonheur, que du respect, de la considération et beaucoup d’amour. Ji Hoon voulait se charger exclusivement de ce dernier point.

Le Coréen s’en voulait un peu en songeait que, peut-être quelqu’un harcelait Haruto et qu’il avait été trop égoïste pour le voir. Qu’il n’avait pensé qu’à lui récemment, ne voyant pas que son homme n’allait pas bien, que quelque chose le tracassait peut-être. Etait-il aveugle ? Ou définitivement nombriliste ? Ji Hoon culpabilisait de ne pas avoir su être là pour son homme, de le laisser se débrouiller tout seul. Devant ce Starbucks, il se sentait inquiet, dans l’expectation de ce que son petit-ami allait lui révéler. Qui avait fait ça ? Comment ? Pourquoi ? Il voulait avoir une réponse à toutes ses questions. Il voulait connaître les moindres détails. Ici, au milieu de Shibuya, il n’avait pas peur de l’embrasser, parce que ses angoisses étaient écrasées par l’inquiétude et l’amour qu’il éprouvait pour cet homme fantastique. Il le soutenait depuis tout ce temps, était là pour lui, était là pour l’aider, pour le relever doucement, à son rythme, sans jamais le forcer. Haruto était parfait, la perfection sur terre et un homme tout simplement incroyable. Se dire que quelqu’un avait eu envie de lui faire du mal semblait totalement fou. Ji Hoon ne pourrait pardonner cela.

Passer la commande était encore un peu difficile mais Ji Hoon se dépêchait pour rejoindre son petit-ami plus vite et qu’il puisse savoir ce qui lui était arrivé. Haruto n’était pas forcément faible mais il le savait pacifique, quand bien même il pouvait avoir un côté impulsif. Un soupir franchit ses lèvres, espérant qu’il n’avait pas fait de bêtise, quand bien même cela était tristement possible. Haruto avait quelque chose de paradoxal en lui. Ce calme qui se mêlait à sa vivacité. Avec le temps, il avait compris combien Kamiya Haruto était un être complexe, difficilement descriptible tant il y avait de aspect de sa personnalité qu’il découvrait tous les jours. La commande sur leur table, il s’installa à côté de Haruto, le bombardant de questions auxquels il exigeait des réponses (détaillées). Il avait besoin de savoir ce qui s’était passé exactement, les circonstances. Espérant qu’il ne s’agissait pas d’une agression gratuite dans la rue, même si ça ne semblait pas si récent. Ses sourcils, froncés d’inquiétude, il attendait ses réponses, rassuré quand Haruto lui certifia qu’il n’allait pas lui mentir. La vérité, rien que la vérité. A sa requête, il secoua la tête, navré de ne pouvoir accéder à sa demande. « Je peux pas te promettre ça, Baobei… » Mais il devait lui raconter quand même.

Ji Hoon prit une gorgée de café, attendant que son homme débute son récit. Il hocha légèrement la tête au début. Oui, il savait bien qu’il n’avait pas beaucoup de gens sur qui compter parmi ses collègues. Il était heureux qu’il ait pu se lier d’amitié avec Rina (malgré la jalousie qu’il avait au début) qui était d’un grand soutient et sympathique. Ils avaient passé une soirée avec elle et sa petite-amie il y a quelques semaines, peu après la sortie de l’article, ça leur avait fait du bien. Ses sourcils se froncèrent en suivant ce qu’il disait, appréhendant la suite. Que disaient-ils désormais ? Kurino. Ji Hoon encra ce nom dans sa tête. Premier nom, première victime à venir. Il resta silencieux pour attendre la suite, ne comprenant pas vraiment comment un bentô pouvait être à l’origine de tout cela. Ji Hoon avait préparé rapidement ce bentô pendant que son homme prenait sa douche, s’appliquant à le rendre joli, et délicieux avant tout ! Il aimait bien y mettre tout son cœur, s’assurer que Haruto mangeait bien, qu’il reprenait des forces avant de se lancer dans la deuxième partie de la journée.

Insultant, pour ça ? De la jalousie, sans doute, que personne ne fasse ses bentôs. « Pédé ? » Ce mot était horrible, Ji Hoon le détestait. Il l’avait appris il y a peu de temps, malheureusement, son esprit encore trop pur des insultes homophobes. Ses lèvres se pincèrent, sentant la rage monter en lui. Comment osait-il ? et pour la sortie au onsen ? Il grimaça avec lui, l’imaginait laid, comme le Japonais moyen moins qu’il était. Il baissa la tête ensuite, se sentant coupable d’être en partie la raison de ce qui avait fait éclater la dispute. Même s’il ne devrait pas, il était assez fier d’être celui qui l’avait frappé en premier, qu’il ne faisait pas son Japonais, passif. Sa main caressa son visage tuméfié du bout des doigts, souriant, désolé. « Une rouste ? » Le mot était mignon, même si son sens devait l’être un peu moins. Non, ça n’allait plus arriver, et Ji Hoon allait tout faire pour s’en assurer. Sa main glissa dans son dos, il le câlina doucement, hochant la tête. « Oui, d’accord. Je vais beaucoup, beaucoup te câliner. Je sais pas si je vais pouvoir te lâcher. » Non, ça ne risquait pas, il le savait. Hors de question de laisser Haruto s’en aller.

Etonnamment, calme, Ji Hoon était certain d’une chose. Il allait faire payer ce pauvre type, lui faire regretter d’avoir attaqué son petit-ami. Lui montrer comment un pédé pouvait lui refaire le visage. Ses lèvres se posèrent sur sa joue, avant de prendre un bout de son gâteau. « T’en as parlé à quelqu’un à l’hôpital ? De ce qu’il te dit ? » Il resta silencieux un instant. « Pour l’onsen, tu sais que ça peut être du harcèlement sexuel. Et une agression homophobe, ça peut aller loin. » Ji Hoon tentait de chercher des explications rationnelles même si sa décision était prise. Il allait lui faire bouffer tout le sable industriel de Tokyo. « Que ce Kurino alors ? Personne d’autre ? » Ji Hoon voulait tous les noms, le plus d’information possible. « Est-ce qu’il t’a dit d’autres choses ? » Sa main se posa sur la cuisse de son petit-ami, il tentait de trouver la vérité, toute la vérité. « Depuis combien de temps est-ce que ça dure ? » Il avait besoin de savoir, même s’il allait se trouver pathétique, d’avoir laissé tomber son homme qui traversait un moment difficile.

« Je suis désolé, pour avoir rien vu… » Ji Hoon s’en voulait sincèrement, en pensant qu’il avait agit de manière égoïste, sans prêter attention à son homme, à ne penser qu’à lui, qu’à ses petits problèmes. Il était pathétique. Sa main serra la sienne, il s’approcha doucement de son homme pour se coller à lui. Distraitement, il but un peu de café, reprit de son gâteau. « On peut pas accepter ça. Tu peux pas accepter ça… » Mais avait-il le choix, dans sa position actuelle ? Ses supérieurs ne feraient sans doute rien, tout le monde s’en fichait. Tout le monde se fichait bien du sort d’un homme dans une relation homosexuelle. Ça n’intéressait aucune justice. Une fois encore, le Coréen, retrouvait sa haine, son dégoût pour ce système ne favorisait que les plus riches, ceux respectant les normes. C’était honteux, c’était horrible, et pourtant, c’était bien le monde dans lequel ils devaient vivre. « Je vais le tuer, tu le sais, ça ? » Sa voix était bien trop calme pour laisser penser à une plaisanterie. « Il va regretter ce qu’il t’a fait. » Ji Hoon allait le faire venir s’excuser en rampant, à genou, devant l’hôpital tout entier. Il voulait l’humilier, il voulait le voir pleurer, il voulait le détruire pour faire vivre ça à Haruto, qui n’avait jamais fait de mal à personne. Qui ne méritait pas tout ça. qui était l’amour de sa vie.


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     Mar 4 Sep - 23:59

♡ Haroon ♡

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Ce n'était rien. Du moins, c'était ce qu'il voulait bien se dire. En réalité, Haruto fulminait. Dans le bureau du doyen, il n'avait eu qu'une seule envie ; rattraper Kurino et lui refaire le portrait. Mais ça ne lui ressemblait pas. Tout comme ses excès de colère. Ce n'était pas vraiment compliqué de comprendre d'où cela venait, ces derniers temps. L'injustice le rendait fou, plus encore lorsqu'elle touchait Ji Hoon. Son homme ne méritait clairement pas tous ces commentaires malveillants. Heureusement, les lettres d'encouragement qu'il recevait avait tendance à contrebalancer ça, mais pour le Japonais, ce n'était pas suffisant. Il aimerait réellement que ces personnes payent pour le mal qu'elles leur faisaient. Si ce n'était pas physique, ça n'en était pas moins douloureux. Le coup qu'il s'était pris de Kurino n'était rien à côté de la souffrance de Ji Hoon. Et c'était pour cela qu'il ne voulait pas s'en plaindre. Qu'il ne voulait pas que son petit ami s'inquiète à ce propos. Pourtant, il savait bien qu'il ne pouvait décider pour lui. Trouver une excuse stupide et tenter de lui cacher ce qui était arrivé n'apporterait rien. C'était pourquoi Haruto était tout à fait conscient qu'il devrait tout lui raconter.

Assis sur ce canapé, il observait les lieux. Heureusement, en cette belle journée de la fin du mois d'août, peu de monde restait cloîtré entre les murs de ce Starbucks, aussi bien situé était-il. Quelque part, lui aussi aurait aimé retrouver Ji Hoon dans un parc et s'allonger sur l'herbe pour le reste de l'après-midi, à ne pas se soucier du monde autour. Ses yeux se posèrent sur l'être aimé. Et un sourire se dessina sur ses lèvres. Il était si fier de lui. Le lui disait-il assez ? Haruto n'était pas sûr, et se nota le fait de lui rappeler lorsqu'il le rejoindrait. Dire qu'il y avait quelques jours à peine, il n'aurait pas voulu seulement penser se retrouver ici ! Et le voilà qui commandait leurs boissons. Voilà que le Japonais retombait amoureux... Il avait envie de le serrer dans ses bras et le féliciter en l'embrassant. Peut-être oserait-il ? Un bisou discret. Ces derniers jours, Haruto se collait plus souvent à lui, lorsqu'il rentrait. Peut-être était-ce la pression qu'on lui mettait, à l'hôpital ? Ces regards qu'on posait sur lui. Il les voyait tous. Des plus indiscrets ou plus discrets. Il avait déjà confié à Rina sa crainte de devenir paranoïaque, et la jeune femme n'avait pas vraiment su le conseiller. A peine l'avait-elle rassuré, sans que cela ne lui apporte le moindre réconfort ; on l'observait bel et bien. On murmurait des choses à son propos qu'il n'était pas certain de vouloir savoir. Le regard navré de son amie suffisait à lui en donner une idée générale.

Souriant largement à son homme lorsqu'il s'installa à ses côtés, Haruto espérait qu'il mette un peu de côté ses inquiétudes, mais il sembla échouer. Après tout, il n'avait pas pu lui promettre de ne pas se mettre en colère. La problématique était donc de comment le Japonais arriverait-il à la canaliser, à la gérer. A la calmer. Ji Hoon était suffisamment sur les nerfs, ces derniers temps, il n'avait pas besoin de s'énerver pour quelque chose d'aussi stupide. Après tout, c'était de sa faute, c'était lui qui devait gérer, Haruto le savait bien. De plus, il n'avait pas envie de mettre celui qu'il aimait dans l'embarras. Il n'avait pas besoin de ça. Calmement, il lui raconta ce qu'il s'était passé, en essayant de ne pas trop dramatiser les événements. Au fond, il savait que – quoiqu'il pourrait dire – Ji Hoon ne retiendrait qu'une seule chose. Quelqu'un l'avait frappé. Et aussi flatté était-il de constater que son petit ami était prêt à le défendre, Haruto savait qu'il ne devait pas se reposer sur lui. Il avait frappé Kurino en premier, c'était donc à lui de gérer ce dernier. Tant pis s'il prévoyait des représailles, le plus jeune n'avait qu'à se tenir prêt. Il n'y avait plus de senpai qui tenait.

Souriant à Ji Hoon, il acquiesça. « Un raclée, si tu préfères. » Mais une rouste sonnait moins dramatique et bizarrement plus mignon. Ça n'en restait pas moins douloureux. C'était pourquoi il avait terriblement besoin des bras de son petit ami pour mieux guérir. Il savait que son amour rendrait sa convalescence plus supportable. « Ce n'est pas grave, je te conseille même de ne pas me lâcher. Ordre du docteur Kamiya. » Il se rapprocha un peu, luttant contre l'envie de se coller à lui. Pourquoi lui avoir donné rendez-vous dans un lieu public ? Pour son bien, certes. Fermant les yeux en souriant lorsque Ji Hoon lui embrassa la joue, Haruto prit lui aussi une bouchée de son cheesecake au matcha. Heureusement, il l'avala avant qu'un goût amer ne lui pique la langue suite à la question de son homme. Il eut un rire sans joie. « On a été convoqué ensemble, mais comme tu te doutes, c'est moi le fautif. » C'était bien la société japonaise. C'était lui qu'on insultait, mais puisque c'était lui qui avait frappé, c'était lui qui avait troublé l'ordre public et embarrassé le reste du personnel. Posant sa cuillère contre l'assiette de son dessert, il but une gorgée de son latte. « Tu sais ce qu'ils vont dire ? Que je suis trop sensible. Et c'est encore moi que l'on va soupçonner de harcèlement sexuel. » Il poussa un soupir. Depuis quand était-il si pessimiste ? Ne tenait-il pas le discours contraire quelques jours auparavant ?

Haruto n'osait plus vraiment regarder Ji Hoon dans les yeux. Il ne voulait pas l'inquiéter plus que nécessaire. Poussant un bref soupir, il récupéra sa main posée jusque là sur le genou de ce dernier et se laissa retomber contre le dossier du canapé. « Kurino et deux autres collègues, ses amis. » Il sourit légèrement. « Ce n'est pas... Ce n'est pas de l'intimidation. » Ce n'était pas la question. Essayait-il de s'en convaincre lui-même ? Le psychiatre ne savait pas trop. « C'est juste des commentaires, en passant. Je n'y fais jamais vraiment attention. » Pas vraiment, juste un peu. Parfois. Puis il en parlait à Rina. « Depuis la sortie de l'article. » Il s'était juré d'être honnête avec Ji Hoon. Tendant sa main, il tapota la sienne, cherchant à le rassurer comme il le pouvait. Il se rapprocha à nouveau de lui, alors que sa main frottait désormais doucement son dos. « Hé, ce n'est pas grave ! Je ne t'en veux pas, d'accord ? Ça va... Et puis, c'est de ma faute, après tout. Je n'ai rien dit, je les ai laissé parler. » Sa main retrouva maintenant sa cuillère avec laquelle il se mit à massacrer un bout de son gâteau vert. « Ce n'est pas ce qu'ils disent sur moi qui me gêne. C'est lorsqu'on s'en prend à toi. » Son sang n'avait fait qu'un tour. Peut-être méritait-il donc le blâme ?

Son regard se posa à nouveau sur le profil si parfait de son petit ami. « Hoonie... » Ce n'était qu'un murmure. Son cœur se mit à battre légèrement plus fort. Il l'inquiéta, soudainement. Ce qu'il disait... Ce n'était pas des menaces en l'air. Se tournant un peu vers lui, il froncé légèrement les sourcils, ses doigts serrant doucement son bras. « Vraiment, ça va.  » Mais les mots le frappèrent soudainement. Sa main se crispa sur le bras de son petit ami. « Ji Hoon ! » Déglutissant bruyamment, il se pencha vers lui, baissant d'un ton, de peur qu'on les entende. « Tu ne peux pas dire ce genre de choses ici ! » Son regard chercha le sien. Mais pourrait-il seulement lui faire comprendre ? « Tu crois que c'est ce que je veux ? Regarde-moi. Je vais bien. C'est moi qui l'ai frappé le premier, Ji Hoon. Il me l'a simplement rendu. » Et maintenant, quoi ? Il allait trouver des circonstances atténuantes à Kurino ?

Lâchant le Coréen, il souffla du nez. « Ne refais plus jamais de menaces pareilles, c'est compris ? » Il avait terriblement peur pour lui. Hors de question qu'il le laisse faire un bêtise pareille ! « Et je sais me défendre...  à peu près. » Il essaya de rire un peu, pour faire passer sa plaisanterie, mais le cœur y était moyennement. « Et si on prenait des cours de self-defense, ensemble ? Ou de judo ? Ou de taekwondo ? » Pour le comique de la scène, le Japonais fit un geste des bras comme pour se mettre en défense, dans une piètre imitation de guerrier chinois. « Au fait, tu n'aurais pas repris un peu de muscles ? » A nouveau, ses doigts tâtèrent le biceps de son petit ami. Levant la tête, Haruto lui adressa un sourire tendre et amoureux. Tout pour faire oublier à Ji Hoon son envie de meurtre. Parce qu'il refusait de le mettre en danger, même pour le défendre. Il l'aimait bien trop pour ça.

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     Jeu 6 Sep - 0:42

♡ Haroon ♡

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Haruto lui avait réappris à aimer. Avant lui, Ji Hoon savait aimer, Liang, le reste de sa famille. Il avait une loyauté sans faille pour les siens, pour ceux qui partageaient son sang. Il se disait que ce n’était pas possible de ressentir quelque chose d’aussi fort pour quelqu’un en dehors de son « clan » jusqu’à rencontrer ce Japonais, celui qui faisait briller ses yeux, battre son cœur. Il le rendait heureux, il l’aidait à s’élever toujours plus haut. Il était un don de Dieu, c’était comme ça qu’il aimait le considérer. C’était cet amour si pur, si puissant, qui l’empêchait de concevoir que l’on puisse blesser Haruto, qu’on puisse s’en prendre à lui d’une façon ou d’une autre. Les passions de cet homme devenaient les siennes, tout comme ses peines, ses joies, ses excitations. Dans ce cas de figure, il s’agissait de la même chose. Même s’il ne le montrait pas, Ji Hoon sentait sa colère, son indignation face à cette situation de profonde injustice. Cet homme lui était totalement inconnu, pourtant, sa haine était réelle. Si ses yeux pouvaient se poser sur lui, il était certain que Kurino regretterait ses agissements, finirait par ramper par terre, pleurant des excuses, amplement mérité.

Le Starbucks était un lieu frustrant. Si une certaine fierté lui était inspiré en venant dans ces lieux, en réalisant ses propres progrès à avoir réussi à se rendre ici tout seul, Ji Hoon regrettait de ne pas être chez eux, de ne pas pouvoir le serrer réellement dans ses bras, l’embrasser tendrement pour le consoler, lui remonter le moral, espérant que le gâteau et le latte caramel l’aideraient néanmoins. Se dire qu’on lui menait la vie dure lorsqu’il partait travailler allait désormais le rendre malade. Il y penserait toute la journée en songeant que là, tout de suite, on allait peut-être lui faire une remarque désobligeante, lui manquer de respect. Et s’il partait travailler avec une boule au ventre, lui qui avait été si passionné par ses études, si impatient de devenir officiellement psychiatre. Il se rappelait du sérieux avec lequel son mémoire avait été écrit, ces longues heures à le réécrire, le perfectionner, à lire, relire, lui faire partager ses doutes, ses craintes. Le Coréen sentait encore son cœur exploser de fierté le jour de sa thèse, en voyant le visage du jury si concentré et impressionné par son étude. C’était un moment incroyable qu’il était incapable d’oublier et se dire que des idiots venaient ternir son rêve, sa carrière, le mettait hors de lui.

Les mots de son homme étaient entendus, encrés en lui. Hors de question de les oublier, de pardonner. Dans sa tête, Ji Hoon pouvait voir la scène, pouvait s’imaginer ce qu’il avait ressenti. Si cela durait, n’était-ce pas normal qu’il se soit emporté ? Pourquoi personne ne pouvait comprendre, pourquoi tout le monde s’en fichait ? Pourquoi personne ne prenait sa défense ? Pourtant, n’était ce pas Haruto la victime, celui à qui on s’en prenait ? Mais rien n’était fait, personne ne pensait à lui, personne ne s’inquiétait pour lui. Si son collègue était si innocent, pourquoi lui avoir mis une raclée ? L’occasion était trop belle, de pouvoir frapper un « pédé », comme il le disait. Ji Hoon voulait le défendre, ce type devait payer mais pour le moment, quelles étaient ses possibilités ? Sa main glissa lentement dans son dos, le caressant tendrement alors qu’un doux sourire orna son visage. Un geste de tête approuvé ses mots. « Je vais pas te lâcher du weekend. » Coller à lui, dans l’incapacité totale de le relâcher. Savoir qu’on le rendait fautif mettait Ji Hoon en colère, terriblement en colère, mais il tentait de se maitriser.

Non, ce n’était pas de l’hypersensibilité. Non, Haruto ne l’avait pas harcelé, c’était tout l’inverse. Comment pouvait-on penser cela ? Avec lui-même, il se faisait la promesse de rétablir la vérité, quitte à torturer Kurino au préalable. « Comment est-ce qu’ils s’appellent ? » Il allait les tuer aussi, les torturer devant leur « ami » pour qu’il sache qu’il allait avoir le même sort, mais en pire. La scène se jouait déjà dans sa tête. « C’est un peu de l’intimidation, non ? » Il n’était pas spécialiste, on ne l’avait jamais vraiment embêté en face de lui. Dans ses souvenirs, il savait bien ce qu’on avait fait subir à Liang parfait, les remarques « juste comme ça », mais qui blessaient néanmoins. C’était du harcèlement. Et son Japonais lui mentait quand il disait qu’il n’y prêtait pas attention parce que c’était le cas. Au fond, ça le touchait plus que ce qu’il voulait bien admettre. L’article avait définitivement mis le bazar dans leurs vies. Ji Hoon s’en voulait de ne rien avoir vu, d’avoir été si égoïste. Les mots de son homme ne le rassuraient pas. Il fallait qu’il ouvre les yeux, soit attentif à ce qu’il se passait autour d’eux.

« Peu importe ce qu’ils disent sur moi, Baobei… » Ils allaient le regretter, tous. Oh, il allait le faire pleurer, ce con, il allait le faire regretter. Plus jamais il ne prononcerait son nom ou ne parlerait de lui sans trembler, sans pleurer, traumatisé éternellement, le Coréen se le promettait. Il allait le tuer, il allait le laisser comme mort, Ji Hoon le pensait et ne pouvait s’empêcher de le dire, écoutant à peine Haruto. Non, ça n’allait pas, il était en train de lui mentir éhontément. « Je le redirai à la maison alors. » Simple haussement d’épaule. Cela ne changerait pas d’ici là. Les mots qui suivirent ne lui plurent pas vraiment. son regard se posa vivement sur lui. « Quoi ? Le pauvre ? On va le plaindre ? Il l’a cherché, c’est mérité. Tu t’es défendu, je peux bien me défendre aussi, non ? Lui dire ce que j’en pense. » Il s’était déjà préparé psychologiquement à l’idée d’avoir potentiellement quelqu’un, le Coréen pourrait très bien recommencer le processus, en emmenant Haruto cette fois-ci. Son bras libéré, il resta un moment silencieux. « D’accord, plus jamais. » A la place, il allait les mettre à exécution, le plus vite possible. Il appellerait quelques connaissances ce soir. Son sang bouillonnait dans ses veines, son cerveau semblait être en ébullition. Hors de question qu’on assume qu’ils étaient faibles, gentils et peu loquace sous prétexte qu’ils étaient « gays ». Ji Hoon allait leur prouver.

Son sourire se fit presque amuser quand Haruto affirma pouvoir se défendre. Sa main glissa doucement sur son visage tuméfié. « Hm, oui, je vois ça… » Il avait connu des combattants plus convaincants quand même. L’idée des cours de self-défense le laissa un peu perplexe. « Pourquoi pas. J’ai toujours rêvé d’élargir mon cercle d’amis à des trentenaires mères au foyer. » Un petit rire glissa de ses lèvres. « Si tu veux, tu peux essayer le judo et le taekwondo. Qui sait ? Ce sera peut-être la découverte d’une vocation ? » Amusé de le voir prendre une pause de ninja, il l’imita, pouffant bêtement. Son regard fut attiré par son doigt qui touchait ses biceps, souriant fièrement. « J’ai fait un peu de muscu ces dernières semaines, tu aimes ? » Avec son laissé aller, quelques kilos s’étaient accumulés ici et là, il avait perdu de la force. « Fallait que je me reprenne sinon j’allais moins te plaire et t’aurais plus eu envie de moi. » Son sourire se fit malicieux, il plissa doucement le nez, contenant une terrible envie de l’embrasser. Ils avaient déjà trop abusé de bonnes choses !

Prenant un peu de café, il se saisit de son téléphone, répondant rapidement à un message de son frère avant d’aller faire un tour sur les réseaux sociaux, ne fonçant pas pour lire les commentaires désobligeants. Non, pas cette fois. Il se trouvait des talents d’espions, tapotant rapidement sur les touches tactiles, un petit sourire satisfait aux lèvres avant de le tourner vers Haruto. « Est-ce que c’est lui ? Kurino ? » Kurino, travaillant à l’hôpital de Haruto, préalablement étudiant à l’université de médecine de Tokyo, en psychiatrie. C’était bien lui. Ji Hoon le fixa, enregistrant son visage dans sa tête, se contenant même de faire un screenshot. « Il est moche. » Si laid. « Il doit être jaloux de toi. » Sa main se posa sur la cuisse de son homme, la serrant doucement. « Baobei, tu sais que je t’aime plus que tout au monde, hm ? » Plus que l’univers tout entier. Ses yeux tentèrent de capter les siens, il lui sourit amoureusement. « Je peux pas laisser quelqu’un te faire du mal, et s’en tirer comme ça. ça va me rendre malade. » Vraiment malade, il n’en dormirait plus. « J’ai connu pire que lui. » Bien pire, que ce soit en Corée, en Chine et même au Japon. Pour Haruto, il était prêt à affronter un minotaure, un cyclope, tous les ennemis de la mythologie, le monde entier. Pour lui, il était prêt à tout.



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     Ven 7 Sep - 0:37

♡ Haroon ♡

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Peut-être que ça l'atteignait effectivement un peu plus qu'il ne voulait bien l'admettre. Cependant, loin de lui l'idée de chercher à s'en plaindre. Peut-être avait-il fait semblant de ne rien voir ? Peut-être avait-il cherché à se rassurer lui-même en se disant que ce n'était rien ? Les petites piques lancées, il avait cherché à les éviter du mieux possible, mais certaines semblaient toutefois l'avoir touché sournoisement. En vérité, Haruto ne s'en souciait pas vraiment. Du moins, pas pour lui-même. Il s'inquiétait toujours pour Ji Hoon. Son homme traversait une sombre période, et il se disait qu'à côté, ce n'était rien. Comment pourrait-il se plaindre, à côté de ce que Ji Hoon vivait ? Ce n'était pas lui qui recevait tous ces commentaires négatifs. Ce n'était pas lui qui s'était retrouvé du jour au lendemain sans travail. Il devait même s'estimer chanceux que ce ne soit que ça. Pourtant, il trouvait injuste qu'ils ne doivent ne serait-ce qu'essuyer la moindre petite critique. De quel droit ? Ils n'avaient rien fait de mal. Ils ne faisaient que s'aimer. Un amour pur et sincère, comme très peu de ceux les critiquant devaient connaître. Ce n'était que des jaloux, voilà ce que se répétait Haruto. A force, il aimerait bien y croire.

Mais en vérité, c'était bien plus compliqué. Ce n'était pas que de la jalousie. C'était plus violent que de simples critiques. C'était plus inquiétant que des regards dégoûtés. Ce n'était pas que de la méchanceté. En nombre, les homophobes ne craignaient pas de se montrer et se faire entendre. Kurino avait trouvé sa faiblesse et s'en donner depuis à cœur joie. Le débordement d'aujourd'hui avait été cherché, provoqué. Sûrement que son collègue avait cherché ça dès que l'article était sorti. Après tout, il était toujours humiliant de se faire devancer par un cadet, et ce genre de personne avait souvent du mal à faire la part des choses. Haruto payait sa réputation de prodige volé à son aîné. Il se sentait déprimé rien que d'y penser. Lui qui n'aspirait qu'à exercer le métier dont il avait toujours rêvé, le voilà pris dans l'engrenage terrifiant d'une vengeance puérile. Le pire dans tout ça, c'était qu'il risquait de perdre son emploi à cause de Kurino. Mais ça, évidemment, il se garda bien de le dire à Ji Hoon. Après tout, aussi injuste cela pouvait être, c'était à lui de faire profil bas pour éviter d'attiser la haine de Kurino à son égard. Ne pas provoquer de vague en osant se défendre face à ces homophobes. Cette pensée lui donna envie de vomir sur les mocassins de grande marque du doyen.

Il avait tellement envie de se serrer contre Ji Hoon ! Sûr qu'il se rattraperait ce week-end. Mais les questions de son petit ami avait tendance à l'inquiéter. Pourquoi ne le croyait-il pas lorsqu'il lui certifiait que ce n'était pas si grave ? « C'est important ? Pourquoi tu veux savoir ça ? » Haruto avait peur de connaître la réponse. Poussant un bref soupir, il se passa une main dans les cheveux. Etait-ce vraiment de l'intimidation ? Le psychiatre semblait avoir perdu toute notion d'analyse. « Je n'y prête pas vraiment attention. C'est vrai... Il y a des bruits de couloir, des sous-entendus à peine voilés ou des commentaires carrément désobligeants, mais... » Il avala une boule de salive. Lui-même ne se trouvait pas crédible. Depuis tout petit, Haruto s'était refusé à se sentir victime du comportement des autres à son égard. Il savait qu'il avait peu d'amis, mais ce n'était pas pour autant que ses camarades le détestaient. Lors de ses études supérieures, il n'avait pas loué plus de liens que ça avec les autres étudiants de sa promo. Cela ne signifiait pas pour autant qu'ils le détestaient non plus. Voilà pourquoi, à ses yeux, il en allait de même avec ses collègues. Mais il fallait croire qu'il se trompait. « C'est juste le temps que ça leur passe. » Et tout irait bien ? Même lui n'en était pas certain.

« Non, pas ''peu importe'' ! » Il fronça les sourcils. Il était plutôt drôle de constater combien Haruto se fichait bien de ce que l'on pouvait dire sur lui, mais combien il s'énervait lorsque l'on se risquait à dire du mal de son petit ami devant lui. « Tu ne mérites pas ça, mon amour... Et j'ai envie de cogner tous ces idiots. » La frustration qui en résultait le rendait irritable et à fleur de peau. Voilà pourquoi il n'avait pu s'empêcher d'attaquer Kurino. Néanmoins, sa haine semblait bien loin derrière celle de Ji Hoon. Les propos de ce dernier le choquaient. Il ne pouvait proférer de telles menaces ! Et si on l'entendait ? Et si on le dénonçait ? Mais surtout... Il l'en pensait capable, et c'était bien ça qui lui faisait peur. Il lui frappa le bras, le menaçant du regard. Qu'il arrête ! Haruto s'inquiétait sincèrement pour lui. « Je ne te demande pas de le plaindre. Mais ce genre de menaces ne me font pas rire. Encore moins si elles sont sérieuses. Tu comprends ? » Il le fixa droit dans les yeux. « Je ne veux pas te perdre. D'aucune manière. Et Kurino ne mérite pas que tu t'énerves pour ça. » Mais parviendrait-il vraiment à minimiser les événements face à Ji Hoon ?

Haruto cherchait donc à détendre l'atmosphère, sans être certain d'y parvenir totalement. Juste histoire que Ji Hoon oublie son envie de meurtre. Heureux de le voir sourire, il essaya de continuer sur cette voie-là. Il pencha la tête pour appuyer son visage contre la paume de son petit ami. Il avait fait au mieux lors de cette bagarre stupide, qu'il le croit et le félicite ! « Hé ! » Son rire se mêla au sien. « Tu prendrais le risque de laisser ce corps de rêve au milieu d'un groupe de femmes au foyer esseulées ? » D'un geste du bras allant de sa tête à ses cuisses, Haruto se désigna lui-même, avant de pouffer bêtement. Pourtant, son idée de se mettre aux arts martiaux ne lui avait pas semblé si mauvaise, en la disant. Il eut un rire embarrassé. « Tu ne m'accompagnerais pas ? » Il ne pouvait cacher sa légère déception. Mais son sourire demeurait. Hors de question de le faire culpabiliser ou l'obliger à le suivre ! « Peut-être. Je vais y réfléchir. Rina m'a proposé de l'accompagner à ses cours de yoga, sinon. » Son rire se fit plus appuyé. La méditation serait peut-être plus conseillée, à ce niveau. Constatant alors les muscles de son petit ami, Haruto s'enquit de sa forme physique. Il appréciait beaucoup, même si ça lui donnait des pensées peu catholiques sur le coup. « J'ai envie de mieux les voir. Et de voir ce que tu es capable de faire avec. » Son sourire trahissait ce qu'il sous-entendait. « Tu sais que je t'aimerai même dodu. » Sa main retrouva le genou de Ji Hoon. « Mais j'apprécie les efforts que tu fais pour me plaire. Tout ça, rien que pour moi... » Il avait bien envie d'en profiter, mais il devait se tenir.

Se mettant à manger le reste de son cheesecake, Haruto observait Ji Hoon du coin de l’œil. Que faisait-il sur son téléphone ? Il n'allait quand même pas lire les nouveaux commentaires le concernant ! Il avait bien envie de le lui arracher des mains. Buvant une gorgée de son latte quand Ji Hoon lui montra son écran, il fronça les sourcils avant de poser le gobelet sur la table. « Qu'est-ce que... ? Comment ? » Il n'eut même pas la présence d'esprit de nier. De toute façon, c'était trop évident. Haruto était même étonné que son aîné soit aussi idiot pour mettre toutes ces informations sur le Net, qui plus est, un réseau social. « Ji Hoon... Tu me fais peur. Qu'est-ce que tu comptes lui faire ? » Attrapant doucement le poignet de son petit ami, il le força à baisser le bras pour oublier son téléphone un instant. A nouveau, il chercha son regard. « Tu sais, moi aussi, je t'aime plus que tout au monde. C'est pourquoi je suis tellement en colère, ces derniers temps. J'aimerais aussi avoir des noms et pouvoir y mettre un visage, pour toutes ces personnes qui te harcèlent, écrivent des choses atroces sur toi avec l'excuse de l'anonymat. Mais je ne peux pas. Et c'est très frustrant. »

Il ferma un instant les yeux, avant de soupirer. « Kurino représente tout ça. Le frapper m'a fait beaucoup de bien, même si je me suis pris un plus gros coup en retour. Je me dis que c'est mérité. Pas parce que c'est moi qui l'ai attaqué le premier, mais... Parce que je ne suis pas capable de te défendre comme il le faut. Ça me met en colère contre moi-même... » Il baissa les yeux, et sa main chercha timidement la sienne. « Toi, tu serais capable de... » Tuer pour lui. « Je me sens tellement impuissant face à ton malheur, ces derniers jours... Est-ce que je suis un bon petit ami ? Est-ce que je ne pourrais pas faire plus ? Est-ce que je te mérite vraiment ? Je n'arrête pas de me poser des questions. » Il eut un bref rire dénué de joie. Ses yeux retrouvèrent les siens. « Je te demande pardon, Hoonie... Je ne veux pas te perdre. Ne fais pas quelque chose que tu regretteras, juste parce que j'ai eu ce que je méritais. Et laisse-moi lui rendre la monnaie de sa pièce, à Kurino. Je veux lui faire passer l'envie de se moquer de toi. De nous. » Du couple formidable qu'ils formaient. « Et si tu m'entraînais ? » Pour cette bataille qui semblait sans fin. Eux contre le monde entier.

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     Sam 8 Sep - 2:17

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Tomber amoureux d’une personne du même sexe était vraiment une si mauvaise chose pour qu’on agisse envers eux comme s’ils étaient des criminels ? Comme s’ils faisaient le mal autour d’eux ? Au fond, ça ne devrait regarder personne, qui on aime, ce que l’on fait dans l’intimité. Le Coréen avait beaucoup de mal avec sa situation, mais apprendre qu’un homme s’en prenait au sien pour des raisons aussi abjectes le rendait fou. Personne n’avait le droit de venir le briser, de lui faire du mal, de s’en prendre à Haruto, d’une façon ou d’une autre. Son cœur épris connaissait parfaitement l’homme qu’il aimait et ses sourires ne le trompaient plus. Ji Hoon pouvait voir quand il n’allait pas bien, quand quelque chose semblait le tracasser, ce qui était le cas actuellement. Ses yeux ne souriaient pas, au fond, la situation le blessait plus que ce qu’il disait. Le voir agir ainsi lui brisait le cœur, de le voir si fort mais de savoir qu’au fond, il pouvait être si fragile. Le protéger était un besoin vital pour le Coréen qui ne pouvait laisser son homme comme ça. Il voulait l’aider, être là pour lui. Le sortir de cette situation, qu’on comprenne qu’il n’y était pour rien.

Le café était bruyant, ce qui l’arrangeait assez. L’un comme l’autre pouvait parler sans que l’on ne les entende ou prête réellement attention à eux. Ji Hoon affectionnait désormais ce sentiment d’être un anonyme parmi d’autre, qu’on ne le reconnaisse pas. Pas de regard curieux, pas de murmure. Il était une personne normale qui prenait un café avec son petit-ami dans cette immense capitale qu’était Tokyo. Le visage de son homme n’était pas aussi beau à voir, un peu enflé, un peu blessé, cela ne faisait que d’attiser sa colère. Il prendrait bien soin de lui dès qu’il en aurait l’occasion. Pourquoi ne pas l’inviter au restaurant, maintenant qu’il avait osé sortir ? Dans le restaurant coréen où ils aimaient tant aller. Jisoo les attendait peut-être. Ou bien faire simplement comme il le disait. Rester à la maison et le câliner encore et encore, tout le weekend. Tantôt devant un film, tantôt en silence dans le salon, tantôt dans leur chambre… Tout ce qu’il voulait, c’était de retrouver un sourire sincère sur son visage, qu’il puisse oublier ce qui lui était arrivé, ces mauvaises langues, cette bagarre.

Ji Hoon voulait tous les noms, toutes les informations pouvant l’aider à les retrouver, à leur faire payer ce qu’ils faisaient subir à l’amour de sa vie. C’était une honte, c’était un scandale et il allait leur faire regretter de s’en prendre à l’être que Lee Ji Hoon chérissait plus que tout. Son amour, son trésor. « Pourquoi est-ce que je ne voudrais pas savoir ? » L’art et la manière de dévier le sujet. Ou absolument pas, au fond. De toute manière, le Coréen saurait comment trouver ces informations et les utiliser, ce n’était en soi pas vraiment un problème. Il ferait mieux de ne pas insister, de peur que son petit-ami prenne vraiment peur et trouver réellement un moyen de l’en empêcher. « Mais quoi, Haruto ? On peut pas laisser faire ! » Non, les laisser faire, c’était autoriser ce comportement, c’était accepter ce qu’ils disaient, ce qu’ils faisaient, c’était leur laisser croire qu’ils avaient raisons. C’était leur donner l’autorisation de frapper plus fort encore ensuite, de les blesser davantage et pour Ji Hoon, c’était totalement hors de question de courber l’échine, de se laisser faire. Non, il allait leur apprendre, il allait montrer de quoi ils étaient capables. Leur faire regretter ce comportement puéril et blessant.

Ça ne leur passerait pas et ça, Haruto devait le comprendre, quand bien même c’était peine perdue. Ses lèvres se pincèrent en l’entendant parler de les frapper encore, il secoua doucement la tête. « Inutile d’essayer de me défendre. Ça changera rien, ça va pas les arrêter. » Il avait appris avec le temps que cogner simplement n’apportait rien au final. Il fallait installer une crainte véritable, tenace, durable. Asservir sa domination sur l’autre. Ce n’était que comme ça que l’on réussissait. S’il n’était pas aussi fort que Liang pour trouver des plans, il était plutôt doué en manipulation. Il trouverait facilement quoi faire. La tape de son petit-ami le ramena sur terre, il fronça les sourcils en le regardant. « Hm, je comprends. J’arrête. » Il n’en parlerait plus devant lui, il ne voulait pas le mêler à tout ça de toute façon. Ses lèvres se pincèrent, peu convaincu par l’argumentation de son compagnon, il le fixa un instant, secouant doucement la tête. « Tu me perdras pas. Et crois-moi qu’il le mérite. » Peut-être qu’il allait prendre pour tous les autres, pour tous les anonymes qui postaient sur eux sans réfléchir, sans état d’âme.

La conversation prit plus de légèreté grâce au Japonais. Son cerveau tentait d’imaginer ces cours de self-défense avec des femmes d’âge mûrs. S’amusant de le voir offusquer, il prit un air choqué ensuite, le détaillant de haut en bas. « Ah ! Non, tu as raison ! Vraiment une mauvaise idée, elles vont toutes te vouloir ! » Même pas une once d’ironie, Ji Hoon savait que toutes rêveraient d’avoir un homme comme Haruto près d’elles. « T’iras pas ! » Mais judo ou karaté pourquoi pas. L’accompagner restait une autre histoire, il resta songeur un instant. « Hm, si pourquoi pas ! ça pourrait être drôle. Tu crois que y a des cours pour adultes ? » Pas qu’ils se retrouvent au milieu d’enfant d’école élémentaire. « Eh bien ? Le yoga et la relaxation, ça va pas t’aider à te défendre. » Son sourire se fit doux et amusé. Il laissa à Haruto le loisir d’admirer ses muscles qu’il tentait de ramener à la vie, souriant niaisement à sa remarque, il se pencha vers lui pour qu’on en l’entende pas. « Ce soir, je te montre tout. » Regard coquin à l’appui. Il était heureux d’apprendre que son homme l’aimerait même dodu, bien qu’il comptait continuer ses efforts.

Incontrôlable, il retrouva Kurino sur les réseaux sociaux, sans forcément s’expliquer à son homme. Le visage de ce dernier l’aida à comprendre qu’il était bien devant la bonne personne. Il ne répondit pas à sa question, gardant pour lui ses plans. Son bras baissé, il l’écouta attentivement. Oui, l’acharnement sur internet était compliqué, l’option de la facilité pour ces personnes pas assez courageuses pour venir directement. C’était probablement pour ça qu’il était si abattu et pas combatif comme d’habitude. Ils semblaient tous irréels, comme des petites voix dans sa tête lui murmurant combien il était inutile, combien il n’avait aucun talent. Attentivement, Ji Hoon écoutait son homme parler, peiné par son désarroi, par l’impuissance qu’il exprimait. Ses yeux se baissèrent, il chercha sa main sans l’interrompre jusqu’à la fin. « Baobei… Je veux pas que tu me défendes. Pas la peine, tu sais bien que ce qu’il dit est faux. » Peu importe ce qu’il disait, de toute façon. Il serait effectivement capable de tuer pour lui, mais au fond, il était persuadé que l’inverse était vrai. « Au fond, tu sais bien que tout ce que je suis capable de faire pour toi, tu le serais tout autant. » Sa main osa caresser tendrement sa joue. « Si je tiens debout, si je suis dans ce café aujourd’hui, c’est uniquement grâce à toi. Parce que tu es là pour moi chaque jour, que tu m’encourages, que tu m’aides. Sans toi, je serais plus rien. » Et il le pensait, sincèrement. Haruto ne semblait pas réaliser le soutient précieux qu’il avait été. « T’es pas un bon petit-ami, tu es le meilleur. Non, inutile de faire plus. C’est parfait comme ça. Ce que tu fais, ta façon de faire. Parfait. On s’est déjà mis d’accord sur la dernière question. On se mérite pas, on est fait l’un pour l’autre. » Le deal avait été fait il y a quelques mois déjà ! Ji Hoon se retenait de l’embrasser. C’était difficile, il regrettait d’être dans un lieu public. Il ne répondit pas ensuite, passant directement à sa demande à laquelle il répondit d’un hochement de tête. « Oui. Et si tu retournais avec moi à la salle de sport ? Ca fait longtemps qu’on y était plus tous les deux. » Sa main caressa son bras. « Et on pourra voir pour t’entraîner à te défendre et à mettre K.O. ce connard de Kurino. » Un petit rire quitta ses lèvres. il ferait tout pour aider Haruto, tout pour l’aider à se sentir mieux. Hors de question de le laisser douter, lui qui était, après tout, la plus belle chose qui lui soit arrivée.



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