song of storms + HAROON ♥

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     Dim 9 Sep - 2:19

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Ce n'était pas vrai. Ce n'était pas possible. C'était un cauchemar. Quelle idée il avait eu de prendre sa voiture pour aller il ne savait où ! Serrant Takochi contre lui, Haruto se redressa, le cœur en panique. Le typhon Jebi avait fait de gros dégâts dans la capitale japonaise, sur tout l'archipel ! Pourquoi Ji Hoon avait-il crû malin de sortir alors que l'alerte était donnée ? Et pourquoi ne l'avait-il pas retenu ? Ils avaient pensé qu'il avait encore le temps, que l'averse durerait plus longtemps avant que la tempête ne suivent. Mais les vents avaient été plus rapides, et maintenant, le Japonais crevait d'inquiétude. Son téléphone restait désespérément muet, et ses appels étaient automatiquement coupés. Il essayait de se rassurer en se disant que ce devait être les lignes qui étaient coupées, à cause du typhon. Pas de quoi s'inquiéter, hm ? Tout allait bien. Ji Hoon avait réussi à se mettre à l'abri juste avant que la catastrophe naturelle ne s'abatte entièrement sur la ville. Oui. Il était sain et sauf. Une fois de plus, le psychiatre se faisait trop de souci. Après ce qu'ils traversaient, il était logique qu'il soit constamment nerveux. Il devait simplement gérer ce stress permanent. Peut-être devrait-il tout de même se rendre aux cours de yoga proposés par Rina ?

Se laissant tomber sur le canapé, Haruto enfouit son visage dans le pelage noir du petit caniche. Takochi chouinait dans ses bras. La nervosité avait gagné son petit corps dès les premières pluies. Cela fascinait Haruto, cette faculté qu'avaient les animaux de pressentir une catastrophe avant même qu'elle ne s'abatte complètement sur l'espèce humaine. Il jeta un nouveau regard à son téléphone. Rien. Ce n'était pas grave. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles. Takochi gesticulait dans ses bras, cherchant à lui lécher le visage. Poussant un soupir plus agacé qu'il ne l'aurait voulu, Haruto la posa à côté de lui, juste avant de se relever. La chienne jappa doucement, sautillant sur les coussins. Mais son papa n'écoutait pas. Trop nerveux pour rester en place, il faisait les cent pas. Même s'il n'avait pas particulièrement froid, les poils de ses bras étaient hérissés. Un frisson lui parcourait l'échine et un poids lui alourdissait le cœur. Son regard se perdit dans la ville éprouvée par les vents violents et la pluie incessante. C'était terriblement impressionnant. La nuit commençait à tomber. Toujours aucune nouvelle de Ji Hoon. Haruto se figea devant la fenêtre de leur appartement. Heureusement, cet immeuble était neuf et aux normes, ils n'avaient pas eu besoin d'évacuer. Ou peut-être auraient-ils dû ? S'ils avaient dû se rendre dans un centre d'accueil, peut-être n'auraient-ils pas été bêtement séparés. Mais pourquoi ne l'avait-il pas retenu !

Son téléphone collé à l'oreille, son bras libre serré contre sa poitrine, Haruto insulta la voix de la boîte vocale. Il n'eut pas le cœur de laisser un nouveau message. L'angoisse commençait à lui donner des nausées. Fourrant l'appareil mobile dans la poche de son pantalon, il se demanda ce qu'il pouvait bien faire. Attendre ? Encore ? Il en avait assez. Maintenant que le vent s'était calmé, il pouvait bien sortir à la recherche de son petit ami, non ? Takochi aboya. Devait-il l'emmener avec lui ? Il ne pouvait pas l'abandonner ici. Appuyé contre le bar séparant la cuisine et le salon, Haruto ferma les yeux. Il sentait cette boule grandir dans son cœur. Un mauvais pressentiment. Il avait essayé tant bien que mal de le retenir. De ne pas écouter cette voix pernicieuse qui lui chuchotait continuellement que quelque chose n'allait pas. La sonnerie de son téléphone le tira de ses sombres pensées. Takochi, les deux pattes sur le dossier du canapé, à l'affût d'une réaction de son papa japonais, stoppa ses couinements. Fébrilement, Haruto répondit, après avoir constaté que c'était un numéro inconnu qui tentait de le joindre. La voix peu assurée, il déglutit. A l'autre bout, une fois douce s'enquit de son identité. Kamiya Haruto, oui. Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Lee Ji Hoon ? Oui. « Il est... C'est mon compagnon. » Il pinça les lèvres, se fichant bien de ce que cette femme pouvait en penser.

Un accident. A cause des vents violents et de la pluie diluvienne. Son monde s'écroula. D'ailleurs, Haruto se laissa tomber sur un des tabourets. Il sentit ses nausées le reprendre. La voix de la jeune femme était beaucoup trop conciliante. Non. Impossible. Mais il ne parvenait pas à prononcer la moindre parole. Les larmes commençaient à brouiller sa vue. Il renifla le moins bruyamment possible. Comment pouvait-il se rendre à cet hôpital ? Ses jambes tremblaient. Il avait raccroché sans remercier l'infirmière l'ayant prévenu, ne l'avait même pas saluée. Dans un geste mécanique, il enfila veste et chaussures. Attrapant ses clés et son porte-feuilles. Il embrassa Takochi sur le crâne, s'excusant de ne pouvoir la prendre avec lui. Dans un calme inquiétant, il frappa à la porte de leur voisine, Yabuki-san – une vieille dame qui vivait seule. Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle porta une main à sa bouche en voyant la mine de Haruto. Sans un mot, elle accepta de s'occuper de la petite chienne. « Je peux prendre votre vélo, Yabuki-san ? » Celle-ci accepta. Les yeux brillants de son voisin, et sa mine déconfite devaient être suffisamment expressifs. S'inclinant devant la vieille dame, Haruto s'en alla.

C'était maintenant que la panique le gagna tout à fait. Dans sa poitrine, son cœur battait à tout rompre. Son estomac se tordait douloureusement. Les mains tremblantes, il sortit la vieille bicyclette de sa voisine de l'abri à vélo. Grimpant dessus, il essaya de ne pas trop réfléchir. Ji Hoon avait eu un terrible accident. La voiture avait été emportée et s'était encastrée dans un mur. Ou ailleurs. Des larmes commençaient à couler sur ses joues. Poussant sur ses jambes, Haruto roulaient le plus rapidement possible dans les rues de leur quartier, jusqu'à l'hôpital le plus proche. Cela le faisait réaliser une chose encore plus cruelle : Ji Hoon avait dû se trouver non loin de l'appartement, avant de faire cet accident ! Dans un état grave. Soins intensifs. Haruto peinait à y croire. L'infirmière avait-elle réellement dit tout ça ? Ne le retrouverait-il pas simplement allongé dans un lit, le bras en écharpe ? Si seulement ! Le Japonais ne parvenait plus à avoir une seule pensée correcte et logique. Autour de lui, ses compatriotes commençaient à sortir de chez eux pour constater les dégâts de Jebi. Haruto, lui, debout sur les pédales, lançait sa bicyclette le plus rapidement possible. Tant pis s'il ne serait pas présentable. Le plus important était de se retrouver près de Ji Hoon.

Lorsque l'hôpital fut en vue, il en ressentit un profond soulagement. Abandonnant le vieux vélo sans l'attacher sous l'abri prévu à cet effet, Haruto courut dans le hall d'accueil. S'il ne se rendait pour ainsi dire jamais dans cet établissement, il savait d'instinct de médecin qu'en général, il n'y avait pas autant de monde. Malgré tout, la discipline nipponne faisait que le personnel se hâtait sans courir inutilement, les visiteurs s'inquiétaient pour leurs proches sans hurler, les blessés patientaient en sachant que s'ils n'étaient pas pris de suite en charge, c'était parce qu'un pauvre infortuné méritait des soins plus rapidement. Haruto lança un regard circulaire tout autour de lui, espérant voir Ji Hoon lever son bras plâtré, un sourire navré aux lèvres. Il ne l'aperçut nulle part. Son cœur tomba dans son estomac, il se sentait défaillir. Un infirmier s'approcha alors de lui pour lui demander s'il avait besoin de soins. « Non je vais bien, mais mon compagnon... Il a eu un accident de voiture... Ji Hoon. Lee Ji Hoon... » Tâtonnant dans la poche de sa veste, Haruto sortit son téléphone. Ce fut en essayant de le déverrouiller qu'il remarqua combien il tremblait. Ravalant une boule de salive, il s'excusa auprès de l'infirmier qui attendait patiemment qu'il y arrive. « C'est lui. Lee Ji Hoon. Né le 16 décembre 1992, en Corée du Sud. » L'infirmier le remercia et lui indiqua un siège où patienter le temps qu'il se renseigne. Haruto le rattrapa juste avant qu'il ne se retourne. « Il était accompagné ! Notre bichon ! Kimyaki... Lui, regardez ! » Haruto lui montra une photo de Ji Hoon et Kimyaki. S'il continuait comme ça, on allait le prendre pour un fou.  

Assis sur un siège de la salle d'attente, Haruto ne pouvait empêcher le spasme nerveux de sa jambe droite. A côté de lui, une jeune femme au poignet serré dans un bandage murmurait tout bas. Ce ne fut qu'après un certain moment que le psychiatre comprit qu'elle priait. Devait-il en faire autant ? Combien de temps avait-il fixé les aiguilles de l'horloge fixée au-dessus du bureau de l'accueil ? L'infirmier revint vers lui, s'inclinant légèrement. « Kamiya-san ? Veuillez me suivre. » Le ton pouvait être tout autant celui de l'homme qui se contentait de le guider vers la chambre de son petit ami en train de faire un somme pour se remettre de ses émotions que de celui qui le menait un peu à l'écart pour lui annoncer une terrible nouvelle. S'il en avait été impressionné juste avant, maintenant, la retenue nipponne lui sortit par les yeux. Son cœur battait à lui en faire mal. « Voici la chambre de Lee-san. Nous ne pouvons vous accorder que quelques minutes, puisque vous ne faites par partie de la famille, Kamiya-san. Je suis désolé. » Haruto pinça les lèvres. Pas de la famille. Il était son compagnon ! Néanmoins, sachant qu'on lui accordait là une faveur, il se contenta de s'incliner en le remerciant. « Et pour Kimyaki ? Il est avec lui ? » Une question qu'il réalisera plus tard combien elle était absurde. « Je suis désolé, Kamiya-san. Aucun chien ne se trouvait près de votre compagnon, lorsqu'il a été pris en charge par les équipes médicales. » Haruto accusa le coup. Que faire ? Il s'inquiétait certes pour Kimyaki, mais il devait voir Ji Hoon. S'inclinant une nouvelle fois, il entra dans la chambre. « Ji Hoon... Hoonie. » Il renifla bruyamment, se précipitant sur lui. « Mon amour... » Se penchant vers lui, Haruto captura ses lèvres, l'embrassant encore et encore. « Comment tu vas ... ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » Le soulagement de le voir ne chassait pas pour autant son mauvais pressentiment.

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     Lun 10 Sep - 0:46

♡ Haroon ♡

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Ji Hoon était un homme courageux, qui n’avait certainement pas peur d’un typhon. Kimyaki était un peu malade, il toussait, ne mangeait pas beaucoup, cela suffisait à rendre le Papa qu’il était terriblement inquiet et le faire appeler leur vétérinaire qui était encore ouverte pour consultation. Le typhon ne devrait pas vraiment toucher Tokyo de toute façon, si ? Non, probablement pas, il pourrait passer dans l’après-midi sans aucun problème. C’était important de s’assurer que le petit bichon allait bien. il avait assuré à son petit-ami qu’il pouvait y aller seul, ce n’était pas très loin et il avait besoin de faire des choses tout seul, d’aller loin tout seul. Il se remettait doucement, comme il pouvait, recommençait à vivre, à retourner à la salle de sport. Son retour avait été calme, personne ne l’avait regardé bizarrement, il n’avait entendu aucun propos déplacé, même quand il y était allé avec Haruto une fois. Ça l’avait rassuré, ça l’encourageait à continuer à se battre, à avancer vers la bonne direction, à réaliser qu’il pouvait remonter la pente et redevenir celui qu’il était, peu importe ce qu’on disait, ce qu’on essayait de lui faire croire, ces mauvaises personnes qui les jugeaient, les traînaient dans la boue.

Il restait Lee Ji Hoon, ce Coréen aux origines chinoise qui était né dans un coin perdu de la Corée. Avec sa propre personnalité, son caractère marqué, sa façon d’être. Il ne pouvait être défini que parce qu’il était tombé amoureux d’un homme, que par sa sexualité, ça n’avait aucun sens, c’était stupide. Ill voulait se reprendre, remonter la pente et le hurler au monde. Oui, il aimait Kamiya Haruto mais non, ça ne changeait rien à ce qu’il était, à sa façon de poser devant un appareil photo, sa façon d’être, d’agir, de faire ce qu’il faisait. C’était totalement différent et Ji Hoon espérait le faire comprendre le plus rapidement possible, que l’on puisse le voir. Voir qu’ils étaient le couple le plus beau, le plus solide et le plus incroyable qui puisse exister. Qu’ils s’aimaient, vraiment, d’amour. Que c’était séreux, sincère et qu’il voulait que le monde entier le voit, les envie. Parce qu’on les envierait assurément. Parfois, il regardait Haruto et il songeait combien leur histoire d’amour était unique en son genre, était incroyable. Lui-même aurait du mal à y croire s’il ne la vivait pas. Ils avaient été meilleurs amis pendant si longtemps, secrètement, inconsciemment amoureux l’un de l’autre.

Ji Hoon ne pouvait s’empêcher d’y penser avec un sourire ému, à ces soirées alcoolisées, à rire comme des idiots, à se calmer, se regarder et pouffer encore bêtement. Son cœur qui battait gaiement dans sa poitrine dès qu’il entendait son rire, qu’il le voyait sourire. Il se souvenait de combien il le trouvait adorable, combien il le trouvait beau. Qu’il avait envie de le faire rire exprès, juste parce que le voir heureux le rendait heureux. Ce n’était pas aussi évident dans sa tête, il ne se l’avouait pas totalement mais si, il l’aimait, il l’adorait déjà. Ce Japonais si timide qui se révélait soirée après soirée, qui lui parlait, l’aidait à apprendre le japonais, lui montrait la vie locale. Se montrait parfois si doux, quand sa main serrait la sienne, quand il le serrait timidement contre lui lorsqu’il allait mal. Ses déclarations maladroites, quand il l’avait appelé son « meilleur ami » pour la première fois et que Ji Hoon s’était sincèrement senti honoré qu’il le considère ainsi. Il avait déjà eu des meilleurs amis, mais jamais il n’avait ressenti ça, cette fierté en se disant qu’il avait cette place de choix dans le cœur de son ami. Que secrètement, il aimerait tout de même être un peu plus que ça.

C’était de belles années, qui faisaient parti de leur histoire. Bien évidemment qu’il se sentait nostalgique parfois. Nostalgique de ce début de relation adorable. Quand il avait réalisé ses sentiments, ce sentiment explosif qu’il avait ressenti quand Haruto l’avait embrassé pour la première fois. Cette crainte, ces doutes, cette excitation des débuts. Dans la voiture, la radio lui chantait Kotoba Ni Dekinai, ses lèvres se pincèrent avant de fredonner. Cette chanson qui était un peu la leur, hymne de leurs peines, hymne de leur amour. ils partageaient des souvenirs intenses mais Ji Hoon ne voudrait pas forcément les revivre. Il y repensait avec émotion, avec nostalgie, néanmoins, il savait bien que désormais, leur relation était différente. Elle avait évolué, elle s’était solidifiée. Il n’était plus question de douter pour un rien, de ne pas « oser » quelque chose. Leur famille était au courant et ils assumaient leurs sentiments, l’amour qu’ils se portaient, leur sexualité qui n’était pas forcément évidente au début. Il aimait la relation qu’ils avaient désormais. Ce n’était plus l’adorable hésitation des débuts, c’était assuré, c’était doux, c’était passionné. C’était l’amour fou, l’amour comme on n’en connaissait qu’un dans une vie, dans son existence.

Perdu dans ses rêveries concernant l’amour, peu concentré sur la route, il sentit sa voiture partir un peu sur le côté, le faisant sursauter en réalisant cela. Les vents s’étaient levé, le typhon rejoignait Tokyo. La panique dans ce quart de seconde, un coup de volant totalement idiot, Ji Hoon ne contrôlait rien alors que la voiture se retournait, s’encastrant dans un mur voisin. Un choc rapide, violent, qu’il n’eut même pas vraiment le temps de voir venir. Ses yeux s’étaient fermés, pour ne plus s’ouvrir, Ji Hoon se retrouvait inconscient, n’entendant pas les cris, puis les sirènes au loin. Il n’entendait plus rien, plongé dans un étrange brouillard. Tout tournait dans sa tête qui avait pris un coup après l’accident. Tout était troublé, et s’il ne se réveillait plus ? Comme prisonnier de son corps, incapable de bouger, de parler. Il avait envie de hurler. Qu’il était vivant, il voulait vivre ! Il ne voulait pas mourir. Son cerveau, cruel, lui rappelait ce qu’il pouvait perdre. Haruto, sa mère, Liang, ses sœurs, son petit frère, les gens qu’il aimait ou plus ou moins. Sa carrière qui devait repartir en flèche, sa conquête du monde ! Tous ses rêves, ses ambitions ! S’il mourrait maintenant, qui allait se souvenait de lui ? Qui saurait que sur terre, ce Lee Ji Hoon avait existé ? On allait l’oublier, d’ici quelques années, on ne parlerait même plus de lui.

S’il partait aujourd’hui, il n’aurait même pas eu le temps de dire au revoir à ceux qu’il aimait, il n’aurait même pas eu le temps de leur dire combien ils avaient compté pour eux. S’il devait mourir, il laisserait Haruto, leur belle histoire d’amour s’arrêterait là, maintenant, un point final jusqu’à ce qu’ils se retrouvent un jour, dans une autre vie ou après la mort. Ji Hoon ne voulait pas attendre. Il ne voulait pas laisser Liang, son frère, sa moitié. Abandonner sa mère, à peine retrouvé. Laisser cette vie-là. Le choc était violent, il se sentait faible, fébrile, comme s’il n’avait plus aucune force. Mais il voulait continuer à vivre, il voulait rester dans cette vie. Au loin, il lui semblait voir son père et Ji Hoon hurlait, hurlait comme pour voir s’il pouvait l’entendre. Il l’aimait, il lui manquait, il était désolé. Désolé de l’avoir laissé, de ne pas avoir été à ses côtés alors qu’il poussait son dernier souffle, d’avoir passé sept ans loin de lui, en ne l’appelant que trop peu de fois. Il regrettait ce temps perdu, qu’il ne soit pas là, avec eux. Il aimerait tellement être près de lui, le serrer dans ses bras, retourné pêcher avec lui. Mais pas maintenant. Pas tout de suite. Il ne voulait pas le suivre. Pas rester avec lui, non, pas encore. Il lui semblait que son père lui avait effleuré la joue, il voyait son sourire. Ce sourire fier, fort, assuré, un peu rieur. Ce sourire si particulier qu’il lui avait légué. Tu dois vivre, bonhomme.

Ses yeux s’ouvrirent. Son cœur battait rapidement, il se sentait faible. Ses yeux captaient le plafond blanc, une machine raisonnait à côté de lui. Il était dans un lit d’hôpital et il se retenait de pleurer, fermant les yeux, il souffla doucement. Il était vivant. Un bandage lui serrait la tête, des aiguilles perçait ses bras. Mais il était vivant. Seul dans une chambre morne, mais vivant. Regardant autour de lui, un médecin finit par entrer, pour l’ausculter rapidement, lui demandant de rester allonger. Ils viendraient pour les analyses plus tard, beaucoup de patients arrivaient, ils prenaient en priorité ceux en urgence vitale désormais. En sortant, il l’entendit rapidement dire à une infirmière de garder un œil sur lui, il semblait en état de choc, faisait de l’hypertension. C’était mieux de le surveiller. Ses yeux se fermèrent un instant, il avait peur de les garder fermer trop longtemps, de ne plus pouvoir les ouvrir. Ce n’est que lorsqu’il entendit la porte s’ouvrir brusquement qu’il les rouvrit à nouveau. Son cœur rata un battement, un léger sourire flotta sur ses lèvres. « Haruto… » Il était venu… Il était enfin là. Il n’était plus seul.

On l’avait prévenu et ça le rassurait. Après tout, il avait mis son numéro en numéro d’urgence à contacter dans son téléphone. Il grimaça un peu quand il m’embrassa plusieurs fois. « Arrête… Tu me fais mal… » Ou plutôt, la sensation lui semblait étrange. Sa voix était faible, il avait un peu de mal à parler correctement. « Pourquoi tu m’embrasses et m’appelle mon amour ? On fait pas ça avec son meilleur ami… » Son regard se leva vers le sien, perplexe, dubitatif, suspicieux. C’était une drôle de façon de gérer l’amitié mais dans la panique, tout le monde avait sa propre façon de réagir. Un sourire se dessina sur son visage, il tourna la tête. « Je rigole… » Il espérait tout de même avoir eu sa petite vengeance par rapport à l’année passée. Pour ses questions, il n’était pas vraiment capable de répondre. Comment est-ce qu’il allait ? Son corps semblait tout endormir. Et ce qu’il s’était passé… « Je sais plus… Je crois que je roulais et la voiture… Elle est partie et… » Un long silence suivi avant que ses yeux s’écarquillent. « Kimyaki ? Où est Kimyaki ? » La panique l’envahit en songeant au bichon dans la voiture. Il était dans sa cage pour le transporter, est-ce que quelqu’un l’avait récupéré ? « Il est… Il est pas mort, hein ? » Il le lui dirait, n’est-ce pas ? Ji Hoon l’espérait, il voulait y croire. Il n’aurait pas le droit de lui cacher quelque chose comme ça. « J’ai cru… J’ai cru que j’allais mourir Haru… » Un rire dénué de joie quitta ses lèvres, il avait eu si peur, sa vision fut brouillée par des larmes qu’il contenait encore. « J’ai vu mon père ? J’ai rêvé que je voyais mon père. » Rêvé était plus politiquement correct, même s’il voulait se persuader que c’était lui, Lee Jong Dae. Que c’était lui qui l’avait poussé à nouveau vers la vie.

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     Mar 11 Sep - 0:32

♡ Haroon ♡

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Son cœur était lié à celui de Ji Hoon, Haruto en avait toujours été convaincu. Il y avait quelque chose entre eux d’inexplicable. Cet amour si fort, cette flamme qui brûlait dans son cœur de façon si douce et agréable. Ils s'aimaient de façon inconditionnelle. Un amour pur et profond, qu'importe si des étrangers se pensaient malin en s'en moquant. Ils ne comprenaient pas, n'étaient que des jaloux, voilà tout. Ce qu'il vivait était aussi puissant que réel, et Haruto savait qu'il ne pourrait plus jamais aimé quelqu'un comme il aimait Ji Hoon. Son meilleur ami, son amant, son tout. Bien qu'ils soient différents, ils avaient réussi à se trouver, et ça, c'était merveilleux. Il le pensait sincèrement. Il n'échangerait leur histoire pour rien au monde. Malgré les hauts et les bas, ils s'étaient retrouvés, ils s'en étaient sorti. Malgré cette amnésie, malgré ces fiançailles stupides, malgré cet adultère, malgré cet article qui les exposait de façon cruelle. Malgré tout, en dépit de tout, ils s'aimaient. Peut-être de façon trop effrontée pour il ne savait quelle force, mais Haruto était prêt à tout surmonter pour son petit ami. A tout accepter.

Même le fait qu'il se montre si préoccupé pour leur bichon. Il fallait dire que Kimyaki tenait plus de l'enfant chéri que du simple animal de compagnie. Ce n'était pas qu'un chien, c'était leur bébé. Si Haruto aimait tout autant Takochi, il devait avouer que le bichon avait une place toute particulière dans son cœur. Dans leur cœur à tous les deux. Bien sûr, lui aussi s'inquiétait pour Kimyaki, mais de là à immédiatement courir chez leur vétérinaire ? Si le typhon ne balayerait pas Tokyo de façon aussi spectaculaire que le Kansai, les vents seraient tout de même plus forts que la normale. Mais Haruto s'inquiétait sûrement pour rien. Il aurait simplement aimé resté collé à son petit ami le temps que la météo se calme, tout les deux sur le canapé, leurs petits chiens blottis à leurs côtés. Une sieste, même, pourquoi pas ? Haruto avait eu l'ordre de rester chez lui, les rendez-vous avaient été annulé. Et le voilà à tourner en rond en se faisant du souci pour son homme trop téméraire. Il aurait dû le retenir. Son impatience commençait à le démanger. Il avait besoin de faire quelque chose. La pauvre Takochi semblait bien incapable de lui donner une idée. En vérité, le Japonais avait l'esprit trop préoccupé pour réfléchir correctement.

Ce ne fut que lorsque son téléphone sonna que sa tête se mit en marche. L'angoisse désormais justifiée, il ne savait pas réagir correctement, seulement obnubilé par une seule chose. Des mots qui s'imprimaient douloureusement dans son cœur ; Ji Hoon avait eu un accident. Sur le coup, rien d'autre ne comptait. Sa voiture ? Tant pis si elle était irrécupérable. La seule chose qu'il espérait était que son compagnon soit sain et sauf. Il se mit à courir dans l'appartement pour récupérer ses affaires. Et bien qu'il se précipitait, il avait la désagréable impression d'être tout de même trop lent. Une fois Takochi déposée chez leur voisine et après un dernier bisou – sur le crâne du petit chien – le Japonais se dépêcha de se rendre à l'hôpital le plus proche. Heureusement pour lui, c'était toujours à Shinjuku et jamais il n'avait pédalé aussi vite. Dans sa tête se jouaient des scénarios horribles qu'il n'avait même pas envie de reformuler. Sinon, des larmes commençaient à noyer ses yeux, et c'était lui qui risquait l'accident. Il le savait. Il l'avait eu, ce mauvais pressentiment. Ils étaient liés, comme cette légende du fil rouge. Haruto le savait. Ji Hoon était l'amour de sa vie. Et s'il le perdait ? Il freina sèchement à un feu, reniflant ses larmes en les essuyant d'un revers de la main. Non. Il n'avait pas le droit de penser à des choses pareilles !

Ses sombres pensées l'accompagnèrent jusque dans la salle d'attente de l'hôpital. Il se revoyait, un peu plus tôt. Il aurait dû le retenir. Lui dire que Kimyaki n'avait sûrement rien de grave, un simple refroidissement. Après tout, maintenant que Ji Hoon ne rechignait plus à les accompagner lors de leurs promenades, les petits chiens s'en donnaient à cœur joie, et le Japonais les soupçonnait de faire durer le temps de la balade. Avec les vents qui se levaient, rien de bien étonnant à ce que le bichon attrape un rhume, non ? Bien évidemment, il ne pouvait blâmer Ji Hoon pour s'inquiéter pour leur bébé. Les yeux clos, les sourcils froncés, les bras serrés contre sa poitrine, Haruto essayait de se rassurer. Si ça avait été grave, on l'aurait emmené dans une pièce séparée dès son identité déclinée. Mais, et si on le traitait différemment parce qu'ils formaient un couple homosexuel ? Ce qui le rassurait était qu'on l'avait tout de même contacté. Ji Hoon l'avait indiqué comme personne de confiance à contacter en cas d'urgence, et cela le rendait encore plus amoureux. Lui aussi avait procédé au changement, il y avait de cela de longs mois auparavant. Ce n'était pas vraiment le moment de se sentir heureux à ce sujet, mais Haruto ne pouvait s'empêcher d'y penser.

Lorsque, enfin, un médecin vint le trouver pour le guider auprès de Ji Hoon, Haruto était en train de penser à leur avenir commun. Ils avaient encore plein de choses à faire, à découvrir. Il voulait voir des projets se concrétiser avec son petit ami. C'était pourquoi il voulait rester positif. Mais l'émotion le gagna très rapidement lorsqu'il l'aperçut allongé là, sur ce lit d'hôpital. Il réalisa soudain ce que Ji Hoon avait dû ressentir les jours suivant son accident lors de ce séjour à la montagne. Attendant à peine qu'ils soient seuls, il s'était précipité sur lui pour l'embrasser sans vraiment réfléchir à ce qu'il faisait. Son cœur rata un battement. Deux. Cinq. Les yeux écarquillés sous la panique, il fixait Ji Hoon sans savoir quoi lui répondre. Non... Il ne pouvait pas avoir perdu la mémoire ! Pas ce cauchemar une fois encore ! « Je... C'est... Tu... » Il en perdait son japonais. Haruto se rendait compte qu'il ne serait pas aussi fort que Ji Hoon. Qu'il n'arriverait pas à faire semblant. Il avait trop besoin de lui. Déglutissant bruyamment, il serra sa main dans la sienne, prêt à lui dire. Certes, il savait que le choc pouvait être fort, mais avait-il le choix. « C'est pas drôle ! » Il avait même crié, s'empêchant de justesse de le frapper pour sa blague de mauvais goût. Ses yeux traduisaient sans mal l'inquiétude qu'il avait de le voir ici.

« Je suis désolé, j'aurais dû te retenir... » Mais avec les si, ils pouvaient refaire Paris, et ce n'était pas vraiment dans ses projets. « J'ai eu si peur... » Mais il n'osait pas dire à haute voix de quoi. Collant son front au sien, il l'embrassa ensuite doucement, avant d'embrasser tendrement ses lèvres. Se redressant lorsque Ji Hoon demanda après leur bichon, Haruto pinça les lèvres. Sa main serra un peu la sienne. « Ils ont dit qu'il n'y avait pas de chien à tes côtés lorsque les secours sont arrivés sur place... » Où était passé Kimyaki ? « Je te promets de le chercher partout. Je ferai le tour de Tokyo en vélo, s'il le faut. » De l'hyper-centre jusqu'aux banlieues résidentielles. « Ne t'inquiète pas, d'accord ? Pense à ta convalescence. » Son pouce caressa le haut de sa main. Oui, même s'il comprenait l'angoisse de ne pas savoir où se trouvait le petit chien, il ne pouvait sauter du lit comme il le voulait pour aller le chercher partout. Visiblement, le choc avait été important, et Ji Hoon avait besoin de repos. Haruto se promit de ne pas rentrer sans avoir la moindre information au sujet de leur bichon.

Les paroles de son petit lui firent froid dans le dos. Mourir ? Il en tremblait rien que d'y penser. Tirant la chaise des visiteurs près du lit, Haruto s'y assit. Avec attention, il écouta Ji Hoon lui parler de ce qu'il avait vu. En tant que médecin croyant en la science, il n'avait jamais admis qu'il y ait pu avoir quelque chose après la mort. Cependant, depuis qu'il sortait avec Ji Hoon, il avait souvent admis croire en ces vies antérieures où il avait déjà connu son petit ami. C'était pourquoi il croyait ce dernier lorsqu'il lui disait avoir vu son père. « Il y a plein de témoignages et d'études menées sur les expériences de mort imminente. Beaucoup sont encore inexpliqués. » Son regard se baissa vers leurs mains liées. « Dans ton... rêve, il te disait quoi, ton père ? » Il était prêt à l'écouter tout lui raconter. Il le croirait. Approchant leurs mains de ses lèvres, il les embrassa tendrement. « Et tes médecins ? Ils t'ont dit quoi ? Tu étais longtemps inconscient ? » Son regard courut sur le corps recouvert d'un drap de son petit ami. Devait-il se montrer curieux et demander à pouvoir consulter le dossier de son compagnon « En tout cas, compte sur moi pour être ton médecin personnel. Je mettrai ma blouse. ~ » Il laissa un rire lui échapper alors qu'il s'approchait de lui pour frotter son nez au sien. Maintenant qu'il y pensait, Ji Hoon ne bougeait pas beaucoup. Un frisson lui courut dans le dos. Non. Ce n'était qu'une impression. Lui souriant du mieux qu'il le pouvait, il cherchait ses mots, n'osant plus lui poser la moindre question. Ce fut ce moment-là que le médecin choisit pour entrer à nouveau dans la chambre ? Déjà ? Haruto se retourner vers son homme. Il ne voulait pas déjà le quitter ! Serrant sa main dans la sienne, il ne parvenait pas à le lâcher. L'amour de sa vie. Ji Hoon avait besoin de lui, autant que Haruto avait besoin de lui.

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     Mer 12 Sep - 0:22

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Ji Hoon avait été inconscient. Allongé sur ce lit d’hôpital, son esprit semblait le lui rappeler, lui hurler qu’il avait été stupide, qu’il pourrait être mort. Une infirmière compatissante soufflait qu’il était chanceux. Sans doute, mais au fond, n’avait-il pas un peu provoqué le destin ? Ce qui était arrivé aurait pu être évité si, bêtement, l’idée de soigner immédiatement le bichon ne lui était pas venu. Son cœur se serrait à l’idée que le petit chien n’ait pas survécu. Il en serait le seul coupable et cette pensée le hantait, le clouait à ce lit. Il avait envie de hurler, de demander à quelqu’un de le retrouver, d’appeler sa famille, Haruto, leur demander d’aller le chercher. Néanmoins, assommé par des anti-douleurs, il n’arrivait pas à réagir, il n’arrivait pas à s’exprimer. Le Coréen avait envie de pleurer, de fuir, mais il savait bien qu’il n’arriverait pas. Ses yeux fixaient la porte dès qu’il arrivait à les garder ouvert, espérant qu’on vienne le voir. Enfin, il espérait surtout que Haruto vienne. Il adorait sa famille mais il avait besoin de le voir lui, de lui demander pardon d’avoir été si obstiné, de ne pas être resté près de lui. Ils auraient pu passer une belle journée, collé l’un à l’autre, à paresser tandis que le monde s’écroulait dehors.

Avait-il rêvé ? Etait-ce la réalité ? C’était si étrange, de revoir son père, le revoir après toutes ces années, comme s’il était vraiment là, près de lui. Un jour, il avait confié à son frère jumeau avoir quasiment oublié le son de sa voix, il ne parvenait plus à la reproduire totalement dans sa tête. Mais là, il l’avait entendu. Clairement, distinctement. Comme s’il était près de lui, comme si son père l’avait retrouvé pour le protéger. Désormais, Ji Hoon regrettait sa panique, son envie de revenir si rapidement à la vie, de rouvrir les yeux. Il aurait dû en profiter, lui demander comme il allait, s’il ne souffrait plus désormais. Son père avait traversé des années horribles, de douleur qu’il tentait de masquer par un sourire qui se déformait de plus en plus avec le temps. Là, il lui semblait apaisé. Comme avant ? Oui, sans doute comme avant. Quand leur famille semblait si heureuse, si insouciante. Ji Hoon aimerait parfois revivre ça, retourner en arrière, avoir quatorze ans à nouveau, juste pour une journée. Là, c’était ce qu’il aimerait. Se lever le matin, et simplement avoir quatorze ans. Ne pas être à l’hôpital, ne pas avoir joué au con. Mais il était trop tard.

Le bruit des machines le stressait, il voulait se rendormir, il voulait le revoir, mais il se disait que ce n’était sans doute plus possible, maintenant qu’il avait retrouvé ses esprits. Voir Haruto entrer dans la chambre le soulagea terriblement. Enfin, il était là. Enfin, il ne serait plus seul. Qu’il l’embrasse avec autant de vigueur lui fit un peu mal et il en profita pour faire une blague qui ne sembla pas trouver le succès escompté auprès de son petit-ami. Pinçant les lèvres, il le fixa un instant, se retenant de rire en l’entendant crier. « Désolé, fallait que je la fasse… » Qu’il réalise le traumatisme que cela avait été pour lui, d’entrer dans cette chambre dans laquelle il se rendait chaque jour depuis une semaine passée. Ça avait été un enfer. Qu’il perde la mémoire était horrible, le Coréen avait réalisé qu’il ne pourrait plus être qu’ami avec lui. Ils étaient encore amis, quelque part, leur relation n’était pas que celle d’un couple. Ils avaient trouver un équilibre parfait entre la complicité, la confiance et la folie de l’amitié qu’ils avaient, mêlé à la passion, la tendresse et l’inconditionnel d’un amour longtemps ignoré.

« Non, c’est ma faute, j’aurais pas dû être si bête… » Se croire plus fort que le monde, que les dieux. Quel idiot ! Fermant les yeux quand son front se colla au sien, il s’excusa dans un souffle, trouvant la force de répondre à son baiser plus tendre. Le petit bichon blanc lui revint soudainement et il tenta de trouver auprès de Haruto, une réponse à une interrogation terrible. Où se trouvait-il ? Son visage se décomposa en entendant qu’ils ne l’avaient pas trouvé. « Mais… Mais il était dans la voiture… » Bien sûr qu’il allait s’inquiétait, mais une petite voix lui soufflait que Haruto ne le laisserait pas insister et qu’il allait peut-être crier s’il essayait. Non, il valait mieux revenir sur le sujet plus tard. « Si dehors c’est calme… Tu vas le chercher, hein ? » Il ne pouvait pas être mort, Kimyaki étai quelque part, il les attendait. C’était une véritable certitude, impossible qu’il en soit autrement. Ji Hoon sentit le besoin néanmoins de parler d’autre chose, de ce qu’il avait vécu, ressenti. Cette impression d’être mort, qu’il n’allait pas survivre. Il voulait partager cela avec Haruto.

« Mort imnente ? » Cette expression le glaça, il pinça les lèvres. Sa main finit par légèrement serrer la sienne, il resta bêtement à fixer devant lui, répétant ce mot dans sa tête. Il en avait probablement entendu parler aussi mais le terme japonais ne lui disait rien. « Au début, je le voyais de loin, il marchait vers moi en souriant. Il m’a effleuré la joie et il m’a dit que je devais vivre. » Ce qu’il avait fait, Ji Hoon avait toujours été obéissant avec son père. Ses lèvres se pincèrent, ses yeux brillaient un peu, il resta silencieux quelques secondes. Il finit par regarder à nouveau son petit-ami. « Tu penses que c’était vraiment lui ? On aurait vraiment dit lui. » Ji Hoon voulait tellement s’en convaincre, se dire que dans son malheur, il avait eu la chance de le revoir une dernière fois avant de le retrouver dans (il l’espérait) de très nombreuses années. Les nouvelles questions de son petit-ami le laissèrent un instant pensif, il secoua la tête. « Non, on m’a rien dit, ils ont pas eu le temps. » Ce n’était pas pressé, s’il y avait quelque chose de grave, on lui en aurait déjà parlé, n’est-ce pas ? Un petit rire malicieux quitta ses lèvres en entendant la déclaration de son petit-ami, il plissa doucement le nez. « Coquinou. » Il avait hâte, si hâte.

Sans frapper, le médecin entra dans la chambre s’excusant de les déranger. Son compagnon devait sortir maintenant, la visite était terminée. « Non, s’il vous plait, je veux qu’il reste… J’ai vraiment besoin qu’il reste. » Il faisait parti de sa famille, l’avoir à ses côtés dans l’épreuve était ce qui comptait le plus. Son dossier serré contre lui, le médecin semblait embarrassé avant de hocher la tête. Il reviendrait le voir plus tard. Un sourire rassuré se forma sur son visage, il était rassuré de savoir que son homme pouvait rester. Sa main se leva pour caresser sa joue. « Tu pourras appeler Liang et lui dire ? » S’il appelait sa mère, elle ne comprendrait peut-être pas. Son regard se fit plus doux sur son homme, glissant doucement dans son cou. Il était si heureux de pouvoir le regarder, d’être en vie. Si reconnaissant d’être en vie, oui. Que son regard puisse se perdre dans le sien, que sa main puisse toucher sa main, ses lèvres embrasser les siennes. « Je t’aime, Baobei. Je te le dis pas assez souvent… » Il le lui disait au moins une fois par jour, en bon couple niaiseux qu’ils étaient, mais ce n’était pas assez. « Je vais être prudent maintenant. Je veux pas être dans un monde où tu seras pas là. » Aucun intérêt, non. Absolument aucun. Son sourire se fit tendre alors que sa main tomba sur sa cuisse. Il était tellement fou de lui.

Cependant, sa folie amoureuse prit fin alors qu’il tentait de bouger sa jambe, la sortir du lit. La seule partie non-douloureuse de son corps. Ji Hoon voulait essayer de se lever, se redresser, mais impossible de les bouger. Son cœur rata un battement, il s’anima soudainement, ses mains se posèrent sur ses propres cuisses. « Haruto… Mes jambes ! J’arrive plus à bouger mes jambes ! » En se réveillant, il avait pensé qu’elles étaient un peu faibles, endormies, que ça allait revenir, mais non. Il ne ressentait rien, ne parvenait pas à les bouger. Poussa vivement la couverture, il les regarda pour s’assurer qu’elles étaient bien là, la panique l’envahissait immédiatement. « Je les sens plus, j’arrive plus à les bouger Haruto. Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi j’arrive pas à les bouger ? » Des larmes coulaient sur sa joue, il tentait de comprendre, il ne comprenait pas. Non, pourquoi ? C’était passager ? Qu’est-ce qui se passait ? Il ne pouvait pas perdre ses jambes ! Il n’arrivait pas à rester assis longtemps avant de devenir fou. C’était impossible. « Haruto… C’est… Tu penses que ? Haruto ? » Il voulait qu’il le rassure, mais comment le pourrait-il ? Il était psychiatre, il n’avait pas accès à son dossier. Sa main se plaqua sur sa bouche, il tenta de se calmer, il ne pouvait pas pleurer comme un gamin, mais la panique et la peur s’y mêlait. « Qu’est-ce que je vais faire ? » Là, c’était terminé, il n’avait plus aucun avenir, plus aucun but, plus aucune raison d’être. Peut-être qu’il aurait dû s’accrocher à son père, aller avec lui. Sa main chercha celle de Haruto, la serrant fort dans la sienne, comme pour l’aider à se rappeler sa plus belle raison de vivre. Lui.


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     Jeu 13 Sep - 0:51

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Savoir Ji Hoon dans un lit d'hôpital rendait Haruto plus que nerveux. Il essayait de se rassurer au mieux. Son homme était en vie. Bien sûr, il pensait à Kimyaki, mais il ne pouvait partir à sa recherche tant qu'il n'était pas certain que son compagnon aille bien. C'était primordial. Haruto avait besoin de le toucher, de lui parler. De l'embrasser, de lui montrer qu'il était là. Il n'avait pas tous les détails de l'accident, mais il s'en voulait. Si seulement il avait insisté ! S'il s'imposait un peu. Combien de fois Ji Hoon le lui avait reproché ? Certes, ils trouvaient souvent des compromis, mais dans ce genre de scénario, il n'aurait pas dû le laisser faire. Et le voilà dans une chambre d'hôpital, le souffle coupé de voir l'homme qu'il aimait allongé sur ce lit. Il n'avait pas eu le temps de demander ce qu'il avait exactement, mais se disait qu'il pourrait bien se renseigner par la suite. Il était déjà heureux de pouvoir le voir. Il était tout à fait possible aux équipes médicales de lui interdire l'accès à sa chambre. Après tout, sur les papiers, il ne faisait pas partie de sa famille. Aux yeux des officiels, il n'était rien pour Ji Hoon. Son meilleur ami, au mieux. Mais cela ne lui garantissait rien. C'était pourquoi le Japonais était reconnaissant envers le médecin qui le laissa le voir en tête à tête. Il en profita, évidemment. L'embrasser un peu trop passionnément, pour un convalescent. Mais Haruto en avait terriblement besoin.

Sa main serrait la sienne. Elle était chaude, réconfortante. Ji Hoon était bien en vie. Tout allait bien. Il devait simplement se remettre du choc. Mais Haruto crut défaillir. Il l'avait oublié ? Une amnésie ? Pourquoi le sort semblait-il s'acharner sur eux ? Ce n'était pas juste ! En une micro-seconde, le Japonais crut se sentir aspiré par un énorme trou noir. Une détresse immense lui envahit le cœur. Un véritable catastrophe ! Il sentait la panique secouer son corps... Puis un soulagement sans nom. Pourquoi jouait-il avec ça ? Haruto lui crierait dessus plus tard – avec une petite tape, en prime. Pour le moment, il était plutôt rassuré ; si Ji Hoon plaisantait ainsi, c'était que ça n'allait pas trop mal ! « Non, vraiment, ce n'était pas nécessaire. » Mais il lui sourit néanmoins. Il ne pouvait lui en vouloir. Haruto s'en voulait encore bien trop pour lui avoir fait subir sa perte de mémoire, à l'époque. Bien qu'il n'en avait pas vraiment conscience, que ce n'était pas vraiment de sa faute. La cicatrice sur sa tempe restait une trace visible de cette accident. Parfois, elle lui faisait un peu mal, sans qu'il ne parvienne à savoir si c'était réel ou une douleur fantôme.

Un doux sourire navré ornait ses lèvres. En vérité, ni l'un ni l'autre n'avait à se faire pardonner. Ce n'était de la faute de personne. Ni l'un ni l'autre n'avait souhaité cet accident. Tout comme ni l'un ni l'autre n'avait voulu perdre Kimyaki. Où se trouvait le bichon à l'heure actuelle était un véritable mystère qui inquiétait énormément Haruto. Où était-il ? Ce petit chien si précieux, dans tous les sens du terme. Il s'inquiétait, le pensant perdu et apeuré. Il était dans sa cage, mais on lui avait certifié qu'il n'y avait aucune trace d'un chien. La cage s'était-elle ouverte sous le choc et Kimyaki en avait-il profité pour s'enfuir, apeuré par l'accident ? Non. Il n'aurait jamais laissé son papa préféré seul, blessé, et inconscient. Quelqu'un avait dû l'emmener. Mais qui ? Haruto se jura de mener son enquête, une fois qu'il serait certain que son petit ami était entre de bonnes mains. « Je te le promets, mon amour. On retrouvera notre bébé. » Son pouce caressa sa main et, tendrement, ses lèvres se posèrent sur son front. « Un secouriste a dû le prendre avec lui pour le rassurer et s'en occuper le temps que tu ailles mieux. » Pour lui, c'était l'explication la plus logique et la plus probable. Beaucoup plus que l'idée farfelue qu'un Chinois l'ait kidnappé pour le service en plat du jour. Evidemment, Haruto se garda bien de faire la plaisanterie.

L'expérience qu'avait vécu Ji Hoon était étrangement fascinante. « Imminente. Il y a plusieurs témoignages comme le tien. Ça chamboule un peu mes croyances, mais... » Son sourire se fit plus tendre encore. « Je veux bien croire que c'est vrai. » Pourquoi pas, après tout ? La mort restait le plus grand mystère de la vie. Et bien que Haruto soit sans religion, l'expérience vécue par son petit ami le touchait réellement. Il voyait l'émotion dans ses yeux, l'entendait dans sa voix. Ce n'était pas par charité qu'il lui disait croire en son histoire. C'était parce qu'il l'aimait, et que s'il lui disait l'avoir vécu, il le croyait. Tout simplement. Ici, Haruto ne voulait pas chercher la logique. « En tout cas, je lui suis reconnaissant de t'avoir renvoyé auprès de moi. » C'était un peu égoïste, mais Haruto ne pouvait le cacher. Qu'aurait-il fait s'il avait appris le pire, en venant ici ? Assurément, il n'aurait pas survécu. Ji Hoon était son tout, la pièce manquante du puzzle qu'était son existence. Si la vie était elle aussi un mystère, le Japonais pensait avoir trouvé la clé de la sienne. Ji Hoon. Il se sentait complet depuis qu'il l'avait rencontré, depuis qu'ils s'aimaient passionnément sans se mentir à eux-mêmes.

Oui, Ji Hoon était son univers. Il était donc normal qu'il s'inquiète, s'interroge sur ce qu'il lui était arrivé, s'il était blessé. Il ne semblait pas trop mal en point, mais sait-on jamais. Son rôle de compagnon était également de le faire au moins sourire. Mais l'inquiétude était trop palpable, et Haruto avait besoin de savoir. Comme s'il l'avait pressenti, le médecin entra peu de temps après qu'il ait posé la question à son homme. Partir maintenant ? Non ! Il venait à peine de le retrouver ! Ce n'était pas juste. Mais connaissant les procédures, le Japonais se demandait s'ils étaient un peu plus compatissant dans cet établissement. Que Ji Hoon le retienne fit bondir son cœur dans sa poitrine. Offrant un sourire au médecin, il le remercia d'une courbette respectueuse. Il pouvait rester encore un peu. Se tournant à nouveau vers son compagnon, Haruto lui adressa un sourire plus large encore. « Ne t'inquiète pas, je vais le prévenir. » Un certain malaise demeurait entre Liang et lui, mais puisqu'il était le jumeau de l'amour de sa vie, Haruto faisait tous les efforts possibles pour qu'une entente au moins cordiale se fasse entre eux. Et puis, lorsque ça concernait la santé de Ji Hoon et le savoir sain et sauf après un accident de voiture, les deux hommes ne pouvaient que s'entendre sur le fait d'être soulagé que Ji Hoon soit en vie. Se penchant vers lui, il l'embrassa tout doucement, tendrement. « Je ne me lasse pas de l'entendre... » Son sourire se fit taquin. « Saranghae. Nan nikkeo ya. » Oui, il était tout à lui, pour toujours !

« Tu as plutôt intérêt. De toute manière, je te suivrais. » C'était une déclaration un peu effrayante, mais Haruto ne pouvait le cacher. Il ne pouvait imaginer un monde sans Ji Hoon. C'était terrifiant. Il ne comprit pas de suite ce que son petit ami essayait de faire. Son regard interrogateur se posa sur lui. Mais sûrement n'avait-il pas envie de comprendre. C'était une sensation étrange. Comme une douche glacée s'abattant sur lui. Comme s'il n'était pas vraiment là. Non, impossible. Il était encore dans la salle d'attente, en vérité, et vivait l'un des pires scénarios auxquels il pouvait penser. Reculant légèrement en lâchant sa main, Haruto le regarda écarter la couverture. Levant ses mains pour tenter de le calmer, il ne savait quoi faire. Sa bouche s'ouvrit, se referma sans avoir prononcé le moindre mot. Il n'arrivait pas à bouger ses jambes... Le regard du Japonais se posèrent sur ces dernières. Paraplégique ? Cela expliquait sûrement la chambre individuelle, plutôt que le lit dans une pièce partagée et séparée d'un rideau pour l'intimité, en attendant qu'on vienne le voir et éventuellement le raccompagner. Cela expliquait l'indulgence du médecin. Haruto lutta contre les larmes qui lui remplissaient les yeux, il renifla bruyamment pour les retenir.

Rapprochant la chaise du lit, il chercha ses mots. « Ji Hoon... Hoonie... » Mais que lui dire ? Son cœur se brisait en apercevant les larmes de l'homme qu'il aimait plus que tout au monde. Pourquoi le malheur devait-il s'acharner ? Ji Hoon ne méritait pas ça. Secouant la tête, Haruto ne parvenait pas à s'exprimer. Sa main serra fortement la sienne. « Mon amour... On va trouver une solution, on va... » Non, il ne devait pas craquer. Pas devant lui. « Je vais tout faire pour qu'on me dise ce qu'il s'est passé. Je vais exiger de voir tes radios. » Son autre main se posa sur la joue de son compagnon, pour qu'il le regarde. « On va se battre. Je vais contacter le meilleur spécialiste. » Ji Hoon devait à nouveau marcher. Ce n'était pas possible. C'était un cauchemar ! Se levant de sa chaise, Haruto s'autorisa à s'asseoir sur le lit, tout contre Ji Hoon. Il le serra contre lui, ravalant ses larmes. Ne pas pleurer, pas ici. Ses mains caressèrent les cheveux de son homme, il lui embrassa le haut du crâne. « Je suis là... quoiqu'il arrive. » Tous les deux, ensemble. Pour toujours.

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     Jeu 13 Sep - 23:55

♡ Haroon ♡

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Sans doute que plaisanter serait ce qui l’aiderait à tenir le coup. On pouvait bien admettre que sa blague n’était pas bien drôle, qu’elle avait provoqué la panique chez son petit-ami, mais au fond, ils pouvaient relativiser. Cela montrait bien que ça pourrait être pire. Il se demandait comment il aurait réagi s’il apprenait que Haruto était son petit-ami en se réveillant amnésique, d’apprendre tout ce qu’ils avaient vécu ensemble. Sans doute ressentirait-il la même chose que son homme un peu plus d’un an auparavant. De la panique, il rejetterait tout cela. Il trouverait ça impossible avant de trouver ça, justement, trop possible. De réaliser, d’avoir peur. Cette même peur de ne plus être celui dont Haruto était tombé amoureux. Et s’il n’arrivait plus à retrouver celui qu’il était avant sa perte de mémoire ? Et si, finalement, son homme se lassait de lui ? Sans doute tout un processus à recommencer et en toute honnêteté, il ne se sentait pas la force de reprendre à zéro. Plaire à Haruto était un défi quotidien et depuis quelques temps, il essayait vraiment de le séduire à nouveau après s’être bien trop laissé aller ces dernières semaines. Il ne voulait pas avoir l’air faible, il voulait toujours devenir meilleur.

Avec les années, l’effet positif qu’avait le Japonais sur lui était indéniable. Sa façon de faire, de voir la vie avait évoluée en un esprit plus positif et optimiste, il l’avait adouci. A force de l’aimer, de lui monter tout ce qu’il y avait de plus beau, probablement avait-il changé à son tour. Sa mère et ses sœurs lui avaient fait remarquer qu’il semblait tout simplement plus heureux qu’avant, qu’il s’était calmé, dans sa façon d’être, d’agir envers les autres. Probablement était-il aussi moins cruel, il n’avait plus cette même haine qui l’avait longtemps habité. Rencontrer cet homme il y a six ans avait été la meilleure chose qui lui soit arrivé de toute sa vie. Partager son existence avec celle d’une personne aussi merveilleuse et incroyable était une chance qu’il ne croyait pas mériter. Kamiya Haruto, un nom qui était encré en lui, qui faisait de lui l’homme qu’il était devenu, qui le poussait à devenir meilleur, à toujours se lancer des défis. Son petit-ami l’encourageait toujours, était son principal soutient et celui qui comptait désormais le plus à ses yeux. L’avoir à ses côtés aujourd’hui était primordial et il était terriblement soulagé qu’on l’ait appelé pour qu’il le rejoigne aujourd’hui.

Cet accident pouvait-il être considéré comme une nouvelle preuve du destin ? Que ce dernier s’acharnait contre eux encore et encore, inlassablement ? Qu’avaient-ils bien pu faire pour mériter un acharnement pareil ? Si Kimyaki leur avait été enlevé, Ji Hoon ne se le pardonnerait pas. Il était le meilleur petit chien qui existe, le plus beau, le plus intelligent, le plus exceptionnel, sans même exagérer. Il avait toujours été près de lui, lui avait apporté son soutient canin dès que possible avec sa petite joie de vivre. Le souvenir de ce jour abominable où Haruto l’avait quitté ne le quittait pas, se souvenant de ce petit nuage d’amour qui se collait à lui pour le rassurer, lui rappeler qu’il était là pour lui, qu’il ne comptait pas l’abandonner. Sa présence au quotidien le rendait heureux, lui faisait du bien. Sa manière de se blottir contre lui, de le fixer avec ses petites billes noires quand Ji Hoon lui parlait, comme s’il le comprenait. Clairement, ce bichon était plus qu’un animal. C’était leur bébé, rien qu’à eux. L’enfant qu’ils ne pouvaient de toute façon pas avoir. Il tentait de croire les mots de Haruto, de s’y accrocher, hochant simplement la tête. « Oui… On va le retrouver… » Ils devaient le retrouver, ce n’était même pas envisageable de ne plus l’avoir avec eux.

Que son petit-ami le croit et ne le juge pas sur ce qu’il avait cru vivre le rassurait. Il put sourire un peu en l’écoutant, notant le mot plusieurs fois dans sa tête. Imminente, même s’il n’en comprenant pas le sens sans le mot mort. Il savait que Haruto avait un esprit bien plus scientifique et cartésien que lui. Il aimait comprendre les choses, leur trouver une logique, une raison, un but, il y avait forcément une explication à chaque évènement. Liang était un peu comme cela aussi, mais d’une manière bien plus poussée. Quant à lui, son esprit était un peu plus libre, rêveur, se laissant facilement emporté dans l’imaginaire et le mystique. Il n’aimait pas forcément quand il y avait des explications, il aimait se dire que tout n’était pas écrit, que la vie était faite de mystère, qu’il y avait des choses plus fortes qu’eux. Comme ce qu’il avait pu vivre avec son père. Sa main serra plus fort celle de son homme, il sourit encore davantage. « Moi aussi… Je suis pas prêt à te quitter. » Non, son cœur avait envie de continuer à battre pour lui, toujours plus fort.

Le médecin vint les interrompre, et rapidement, Ji Hoon parvint à le convaincre de le laisser encore un peu avec son compagnon. Tant mieux, il ne voulait pas rester tout seul ici. Il avait besoin de son petit-ami près de lui, pour le rassurer, l’aider à se sentir mieux. Il sourit après être certain qu’il allait appeler Liang pour le tenir au courant. Le Coréen ne savait pas où était son téléphone, peut-être n’avait-il pas survécu à l’accident ? Ce n’était pas le plus important. Rappeler à son Japonais qu’il l’aimait. Ji Hoon le lui dirait encore plus souvent désormais. Personne n’était éternel et partir sans l’avoir dit une dernière fois serait une terrible erreur. Qu’il lui réponde en coréen avec un petit bonus fit sourire l’idiot qu’il était, lui faisant signe de s’approcher pour l’embrasser. « J’aurais pas dû te laisser regarder cette émission… » Avec ces adolescentes qui chantaient niaisement. Mais au moins, le point positif, c’était qu’entre le coréen et le japonais, il avait pu apprendre quelques phrases et expressions, ce qui gonflait son cœur amoureux de fierté. Ses sourcils se froncèrent face à sa morbide déclaration et il secoua la tête, rejetant formellement cela. « Non, même si un jour il m’arrive quelque chose, tu dois vivre d’accord ? Je veux que tu continues à vivre. » Ji Hoon continuerait à vivre à travers lui. Il savait qu’il aurait toujours la plus belle place dans son cœur.

Néanmoins, la douceur et l’amour le quitta pour laisser place à un sentiment d’effroi, de panique. Ses jambes. Il ne parvenait plus à les bouger, comme si elles étaient désormais totalement indépendantes de son corps. Mortes. Ses oreilles n’entendaient plus Haruto, ses bras tremblaient, il fixait ses jambes sans comprendre, ou plutôt, sans vouloir comprendre ce qui lui semblait être évident. L’accident avait laissé des séquelles qu’il n’avait même pas soupçonnés. Dans sa gorge, un hurlement restait coincé tandis que des larmes inondaient son visage. Il ne devait pas réagir comme ça, il devait appeler son médecin, lui demander des explications. Mais impossible de redevenir cohérent. Il serra la main de Haruto, s’y accrochant comme il pouvait, voyant déjà sa vie se briser, se terminer là. Lui qui adorait sortir, le sport, la danse ! Il ne pourrait plus jamais danser. Ni courir, ni rien faire. C’était comme l’enterrer vivant. Il n’y avait pas de solution, Haruto tentait juste de le rassurer, mais c’était terminé. Que pouvait-il faire ? Un médecin ne pourrait pas lui rendre ses jambes par magie. Il n’y avait tout simplement rien à faire. Son cœur était brisé, sa vie partait en fumée. Ses bras se refermèrent autour de lui quand il vint le prendre dans ses bras, son torrent de larme semblait refuser de se tarir.

« Et si on peut rien faire ? Et si je marche plus jamais ? » Et si le trajet jusqu’à la voiture était le dernier qu’il avait fait avec ses jambes. « Ma vie sera plus jamais pareille… » Et celle de Haruto non plus. Et si ce dernier s’épuisait à devoir s’occuper de lui ? Ils étaient encore jeunes, il n’avait pas besoin qu’on vienne le freiner, qu’on l’empêche de vivre. Et s’il finissait par le quitter ? Etait-ce horrible de penser qu’il aurait raison ? Ji Hoon n’aimait pas se dire qu’il allait devenir un poids pour lui, perdant toute indépendance. Ses larmes redoublèrent, finissant d’inonder son tee-shirt, il le serra plus fort. « Je pourrais pas vivre comme ça ! » Se décollant de son homme, il chercha sa respiration, suffoquant dans sa panique. Il angoissait en songeant qu’il a ait peut-être tout perdu. Qu’il allait devenir un être d’autant plus inutile. Ses doigts se serrèrent dans son dos. Il secoua la tête, séchant ses larmes après s’être calmé. « On doit appeler le docteur, pour savoir… »

Ce qu’il fit. Il ne tarda pas à arriver, comprenant immédiatement que son patient avait désormais conscience de son état. Ils n’avaient pas tous les résultats encore, il ne pouvait l’affirmer, bien qu’il se voulait encourageant. Cela pouvait être une parapésie, donc une paralysie incomplète. Une lésion des nerfs, situés dans la moelle épinière et qui relient le cerveau aux membres et aux organes, empêche la transmission des stimuli. Il écoutait, les yeux brillants, silencieux, ce que disait le médecin. Ses explications sur son état de santé. La bonne nouvelle, c’était qu’il n’y avait « que ça », le reste allait se remettre rapidement. Il faudra une rééducation dans le meilleur des cas, des séances chez un kiné quoiqu’il arrive. Ils verront pour le traitement dès qu’ils en sauront davantage. Puis il était parti. Reniflant bruyamment, il ne put s’empêcher de pleurer à nouveau. « J’ai rien compris ! » Il utilisait des mots trop compliqués. « Je peux plus marcher et je comprends pas le japonais, on va me renvoyer dans mon pays ! » Secouant la tête, il espérait bien que ça n’arriverait pas. « Et je vais pas pouvoir marcher, je vais plus servir à rien. Tu vas me quitter, tu dois me quitter, je vais devenir un boulet accroché à ta jambe, tu mérites mieux que ça… » Beaucoup mieux que ça ! Haruto méritait le monde, ce qu’il y avait de plus beau. « Pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Hein ? Pourquoi ? » Et où était Kimyaki ? Si seulement il pouvait se réveiller, rouvrir les yeux. Réaliser que ce n’était qu’un horrible rêve.



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     Sam 15 Sep - 2:12

♡ Haroon ♡

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En apprenant que Ji Hoon avait eu un accident, Haruto s'était immédiatement inquiété pour lui. Mais pas seulement, ses pensées s'étaient également rapidement tournées vers Kimyaki. Il avait alors prié il ne savait quel dieu pour que le petit chien soit sain et sauf. Il avait espéré que Ji Hoon l'avait bien laissé dans sa cage. S'il l'avait simplement libéré en entrant dans la voiture, qui savait ce que le bichon aurait pu avoir comme blessures... Si ce n'était pire ! Mais le Japonais ne voulait pas y penser, au pire. D'un naturel généralement plutôt optimiste, il préférait se dire que l'amour de sa vie et leur bébé étaient sains et saufs. Qu'ils l'attendraient tous les deux bien gentiment à l'hôpital. Au point où il se disait que les deux auraient le même bandage au même bras-patte. Mais bien sûr, aussi beau, soigné, propre, et bien élevé pouvait être Kimyaki, il y avait peu de chances qu'on le laisse patienter avec son papa. Aussi, quand on lui apprit qu'aucun chien ne s'était retrouvé près de Ji Hoon à l'arrivée des secours, Haruto avait senti son cœur tomber dans ses chaussettes. Où se retrouvait-il ? Sous le choc, le Japonais n'avait pas pensé poser des questions. Bien sûr, il se promit de le faire dès qu'on le forcerait à quitter cette chambre.

Parce qu'un peu honteusement, et aussi fort pouvait-il aimer ce petit chien, Haruto avouait que Ji Hoon passait en premier, et qu'il s'inquiétait surtout pour lui. Certes, son homme s'autorisait le droit de faire des plaisanteries – douteuses, mais il ne voulait pas polémiquer là-dessus – mais le Japonais se disait qu'il ne serait rassuré qu'une fois toutes les informations sur son état obtenus. Il se disait qu'il pourrait faire jouer sa réputation, avant de se demander si Ji Hoon serait effectivement mieux traiter dans le service de l'hôpital qui l'employait. Avec les récents événements survenus, et son altercation avec Kurino, il n'était pas franchement rassuré. Ses collègues auraient-ils seulement pitié des malheurs qui leur tombaient dessus les uns après les autres ? Il en doutait fortement. Néanmoins, le Japonais se disait qu'il pourrait toujours proposer l'idée à son compagnon. Après tout, si les résultats étaient bons, Ji Hoon sortirait rapidement, et cette question ne se poserait même pas. Une fois de plus, Haruto pensait plus vite que le musique.

C'était peut-être cette histoire qui le troublait. Les expériences de morts imminentes le fascinaient, comme tous ces événements à peine explicable par la Science, par la logique. S'il disait avoir un esprit cartésien, le Japonais ne se refusait jamais à s'interroger. Il avait fait d'assez longues études pour comprendre une chose fondamentale ; il fallait laisser à la vie quelques uns de ses mystères. Il connaissait des tas de maladies mentales, de pathologies, de troubles, pour savoir que l'être humain restait la grande énigme de l'univers. Ainsi, Haruto choisissait de croire Ji Hoon. Tout naturellement. Peut-être n'était-ce que son amour pour lui qui lui faisait faire ce choix ? Qui savait. Croire en quelque chose après la mort avait quelque chose de rassurant. Pas seulement pour soi, mais pour nos proches partis trop tôt. A l'image du père de son compagnon. Pour ce dernier, avoir vu Jong Dae devait l'apaiser, en quelque sorte. Il est dans un endroit meilleur. En pleine santé, heureux. Des scientifiques avançaient là une ruse du cerveau pour faire face à la plus effrayante des expériences. La mort. Cette pensée le terrifia. Il ne pouvait associer ce mot et son homme. C'était une réalité impossible. Il ne pouvait même pas se l'imaginer, et préférait ne pas essayer. Ji Hoon était bien là, en vie, allongé devant lui. Son regard s'accrocha au sien, alors qu'il lui rendait un sourire amoureux. Pas prêt à le quitter. Haruto lui retourna silencieusement cette promesse d'un doux baiser.

Heureux de pouvoir rester avec son petit ami encore un peu plus longtemps, Haruto se laissait aller à quelques petites déclarations en coréen. Bien évidemment, il contacterait Liang. Il devait le rassurer. Mais d'abord, il voulait un peu profiter du temps qu'on leur accordait. Ce n'était pas dans tous les hôpitaux où l'on accepterait, passait en priorité la famille. Mais il n'était pas difficile à deviner combien ces deux hommes s'aimaient. Haruto n'avait pas peur d'être niais, avec Ji Hoon. Peut-être que s'il voyait un autre couple agir de la sorte, il lèverait les yeux au ciel en disant combien ils avaient l'air ridicules. Mais puisque c'était eux, il avait le droit de faire ce genre de déclaration particulièrement niaise, presque féminine. Il éclata de rire lorsque Ji Hoon mentionna Produce 48. « Kyou kara nekkoya, nekkoya. ~ » D'accord, il était un peu trop fan, ayant suivi chaque émission avec grande attention. Même si son homme râlait, il l'avait regardé avec lui. Un programme qu'ils pouvaient tranquillement suivre ensemble ! « M'en parle pas, tu sais combien je suis déçu que Miyu n'ait pas été choisie. Oh, tu savais qu'elle avait annoncé sa graduation ? » Lui, en tout cas, savait que son homme devait s'en ficher pour la simple – mais pas forcément bonne – raison que Miyu n'était pas la plus mignonne des candidates.

Le sérieux revint cependant bien vite. Non, Haruto ne pouvait vivre dans un monde où Ji Hoon n'existait pas. Cela l'effrayait. S'il essayait de seulement se l'imaginer, il ne voyait qu'un infini trou noir. Comme s'il n'avait rien. Parce qu'il n'y aurait rien, il le savait. Sa seule réponse fut un petit sourire un peu triste. C'était là une promesse qu'il ne pouvait pas vraiment lui faire. Sa vie serait finie. Il n'aurait plus la force d'aller de l'avant. Le malheur, après tout, n'avait pas déjà assez frappé à leur porte ? A croire que non. Et la réalité frappa une nouvelle fois de plein fouet. Ji Hoon ne sentait plus ses jambes, et Haruto doutait qu'une anesthésie lui ait été donnée. Cela ne signifiait alors qu'une chose, qui le plongea dans une profonde détresse. L'espace d'un instant, son cerveau fit un blanc, comme s'il rejetait violemment les faits. Il devait avoir mal compris. Ou Ji Hoon lui faisait une blague encore plus douteuse que la première. Et aussi cruel que cela aurait été, il l'aurait presque souhaité, quitte à craindre un retour de karma. Mais non. C'était vrai. Son compagnon ne pouvait jouer à ce point la comédie, et Haruto ne sut comment réagir face à ses cris, à ses pleurs. Le voir ainsi, réaliser ce qu'il se passait, lui brisait le cœur. C'était injuste, cruel. Haruto retenait ses larmes, s'interdisant de pleurer devait Ji Hoon. Pour lui, il devait se montrer fort. Se montrer confiant en l'avenir, même si l'univers semblait décidé à leur mettre des bâtons dans les roues pour l'envisager merveilleux.

Assis aux côtés de son homme, le Japonais le serrait fortement contre lui, ravalant ses larmes, quitte à renifler comme un gosse. Ne surtout pas craquer. Il se répétait ses mots. Il voulait hurler à Ji Hoon de se taire, mais n'y parvenait pas. Après tout, il ne pouvait se mettre à sa place. Pour dire vrai, il peinait même à croire que ce soit vrai. Ses bras serrèrent Ji Hoon plus fort contre lui, comme s'il voulait qu'il sache qu'il était là pour lui, qu'il le ressente jusqu'au bout de ses orteils, en priant bêtement qu'une réaction suive. Mais rien, évidemment. Pas de miracl de l'amour. « Arrête... Ne dis pas ça. Ne dis pas ça ! » La panique se saisissait de lui de façon vicieuse. Les yeux brillants, il ne cessait de fixer Ji Hoon, l'observant se décoller de lui. « Je t'en supplie, ne dis pas des choses pareilles... » Il y avait bien des solutions. Cependant, l'optimisme du Japonais était clairement en berne. « On ne sait pas ce que tu as. Elles sont peut-être juste endormies... » Mais lui-même ne croyait pas vraiment en ses paroles. Hochant vivement la tête, Haruto ne se résolut néanmoins pas à se lever. Il voulait rester près de Ji Hoon. L'encourageant à appuyer sur le bouton d'appel, il attendit nerveusement que le médecin arrive. Il s'agissait du même que précédemment. Sûrement était-il venu plus tôt pour annoncer les résultats à son patient. Maintenant, ils voulaient savoir. Ils devaient savoir.

Silencieusement, Haruto écouta ses explications. Fermant les yeux, il retint une fois de plus un flot de larmes. Un certain soulagement réchauffa son cœur. Il imprima les mots, devinant qu'il devrait réexpliquer la situation à son compagnon. Puisant dans ses connaissances, il se résuma mentalement la situation. S'inclinant devant le médecin, il le remercia, avant de se tourner vers Ji Hoon. Il leva deux mains pour tenter de le calmer, en vain. Le voir pleurer le plongeait toujours dans une profonde détresse, et Haruto avait peur de ne pas être à la hauteur pour le rassurer, pour le consoler. « Non, je vais t'expliquer... Hoonie... Mon amour... » Il bafouillait un peu, essayant d'attirer son attention, mais la panique apparente du Coréen n'aidait en rien. Une colère montait en lui. Pas contre Ji Hoon, mais contre ce malheur qui ne cessait de s'acharner. « Ça suffit, Ji Hoon ! » Il avait crié malgré lui, le regrettant immédiatement après. Sa main vint caresser le visage de son compagnon avec tendresse. Pinçant les lèvres, Haruto le fixa droit dans les yeux. « Arrête de dire des choses pareilles. Arrête de pleurer... » Il ferma un instant les paupières pour chasser ses propres larmes. « Parce que ça me brise le cœur. »

Prenant une profonde inspiration, il releva la tête, plongeant à nouveau son regard dans le sien. « Parapésie, ça veut dire, comme il l'a expliqué, une paralysie incomplète. Dans ton malheur, tu peux t'estimer chanceux, ça aurait pu être pire. C'est une perte temporaire de tes fonctions corporelles. Temporaire, donc pas définitif. » Avant de commencer à reprendre avec lui, Haruto s'était rassis auprès de Ji Hoon, lui serrant la main. « Une opération pourrait atténuer ou supprimer la paralysie, mais je pense qu'ils attendent de voir comment ça évolue. Personnellement, je te conseillerai la physiothérapie. Suivant le cas, ça peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, cela dépend. » Bien évidemment, il ne lui signifia pas qu'une guérison complète était rare. Se penchant pour l'embrasser doucement sur la tempe, Haruto serra son homme dans ses bras. « Je ne te laisserai pas tomber, tu entends ? Je refuse de te laisser te débrouiller seul. » S'écartant un peu, il laissa ses lèvres trouver les siennes en un baiser tendre et amoureux. Son front coller contre le sien, sa main libre lui caressa les joues pour chasser ses larmes. « Si tu veux, je m'arrange pour que tu sois traité là où je travaille. » Il s'écarta, montrant un air déterminé. « Je mettrai tout en place pour que les meilleurs spécialistes prennent soin de toi ! » Ses deux mains sur les joues de Ji Hoon, Haruto le força doucement à le regarder droit dans les yeux. Il devait y lire sa détermination. Son amour infini qui le poussait à déplacer des montagnes pour l'homme qu'il aimait. Pour l'amour de sa vie.



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     Dim 16 Sep - 0:40

♡ Haroon ♡

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L’intérêt que portait Haruto pour l’émission Produce 48 était aussi mignon que bizarre. Ji Hoon trouvait ça fascinant que cet homme, qui était psychiatre, aimait la complexité de l’homme, des maladies mentales, si respectable, parfois même viril et si sérieux, puisse être fan à ce point d’un feuilleton où des jeunes filles chantaient et dansaient en espérant devenir idole. Se moquer de lui pour ça ne lui était jamais venu à l’idée, bien au contraire. Il ne chouinait jamais quand il était l’heure de regarder, essayant de se laisser porter dans le jeu, de poser des questions. Dans un couple, à ses yeux, il n’était pas pensable de faire l’autre se sentir mal pour quelque chose qu’il aimait, qui le rendait heureux. Et étrangement, Haruto était heureux en regardant ça, ayant même ses favorites et se trouvant très déçu par le résultat final. Cette émission révélait encore un des nombreux paradoxes de Kamiya Haruto, qui faisait Lee Ji Hoon tomber toujours plus pour lui, le trouvant toujours plus charmant, plus adorable. On avait sans doute trop longtemps essayé de modeler son Japonais pour le faire entrer dans un moule, l’impression de le voir se révéler toujours un peu plus, assumer ce qu’il aimait, ce qu’il détester rendait son petit-ami fier de lui.

Si seulement ils avaient pu continuer de parler de ces filles, de Miyu, s’il le voulait. Son attention n’aurait pas été attiré sur ses jambes qui semblaient incapables d’obéir à son cerveau. Même dans ses pires cauchemars, jamais un scénario aussi horrible ne se produisait. Pour lui, c’était réellement un drame, quelque chose d’impensable. Ses jambes étaient importantes, c’était ce qui l’aidait à se déplacer ! Mille craintes tournaient déjà dans sa tête. S’il pouvait se voir, sans doute aurait-il honte de se montrer si ridicule, si faible, si stupide. Il se connaissait bien plus combatif, mais récemment, tout s’écroulait, tout ce qu’il avait, tout ceux en quoi il croyait. Sa terrifiante confiance qu’il se portait à lui-même depuis toujours se faisait toute petite, quasiment inexistante. Les choses n’allaient pas s’arranger, il avait l’impression de perdre ton son intérêt. Toutes ses qualités, ce qui faisait de lui quelqu’un qu’on avait envie de connaître, qui plaisait. A qui on s’intéressait. Ji Hoon avait toujours été le centre d’attention, peu importe où il se rendait. Les regards se posaient sur lui, personne ne pouvait rester indifférent, ne prononcer aucune opinion. Désormais, tout allait changer. L’opinion serait toujours le même. Un pauvre gars sans avenir, sans travail, dans un fauteuil roulant toute sa vie.

Son homme tentait de le rassurer comme il pouvait mais sa voix ne semblait pas l’atteindre. Ji Hoon ne voulait pas perdre l’usage de ses jambes, il n’arrivait plus à calmer cette vague de panique qui le gagnait en voyant sa vie se briser en mille morceau. Les paroles de Haruto ne trouvaient pas écho en lui, il n’arrivait tout simplement pas à y croire, à être convaincu qu’il y avait une façon de s’en sortir, que ses jambes dormaient peut-être. C’était totalement improbable mais le Coréen ne parvenait pas à l’exprimer, allant plutôt s’accrocher à son homme, le serrer fort dans ses bras, pleurer, encore et encore. Se coller à lui, espérant retrouver la force, se reprendre. Il devait appeler le médecin, tenter de comprendre ce qui se passait, ce que ses jambes avaient. Avec difficultés, il appuya sur le bouton, encouragé par le regard de son petit-ami, il patienta jusqu’à ce que le docteur fasse son apparition et lui explique son état de santé. Pas un mot ne trouvait définition dans son esprit, c’était horrible. Ji Hoon ne comprenait rien de ce qu’il disait, c’était tellement déstabilisant.

Et bien sûr, inutile comme il était, il semblait qu’il ne savait plus que faire une seule chose : chouiner, pleurer. Il n’entendait pas Haruto qui tentait de le calmer jusqu’à ce qu’il hausse le ton. Il trouva soudainement son calme, reniflant bruyamment, comme un enfant qu’on grondait pour qu’il cesse son caprice. Ses petits yeux pleins de larmes fixaient l’homme qu’ils aimaient, à nouveau si doux et tendre avec lui. Il ne voulait pas lui briser le cœur, il ne voulait pas lui faire de mal. Récemment, il lui en faisait bien assez. Lentement, il hocha la tête, comme pour promettre qu’il allait arrêter. « Désolé Baobei… » Respirant profondément, il tenta au mieux de ne plus pleurer, fixant Haruto en attendant qu’il lui explique ce qu’avait dit le médecin. Ji Hoon se sentait si chanceux d’avoir une personne comme lui dans sa vie, si doux, si patient, qui prenait la peine de lui expliquer avec autant de détails et des mots simples ce qu’avait dit son confrère. Temporaire, donc pas définitif, Ji Hoon imprima ce mot dans sa tête pour ne plus paniquer, pour ne plus céder à l’angoisse. Ça n’allait pas durer éternellement, c’était bien ce qu’il disait, non ?

« Physi quoi ? » Pourquoi ne pas faire une opération si cela permettait d’aller plus vite ? Qu’il retrouve rapidement ses jambes, qu’il remarche au plus vite ! Néanmoins, il savait qu’au final, il se rangerait à l’avis de son homme qui restait un spécialiste, un médecin. Il avait vu tout cela à l’université, non ? ses sourcils se froncèrent, il renifla encore un peu. « Tu penses que c’est mieux d’y aller doucement, alors ? » Une opération pourrait lui coûter des cicatrices sur son corps parfait, donc ça ne serait qu’en cas extrême. Dans tous les cas, cette nouvelle le rassurait, un jour, il serait en mesure de marcher à nouveau. Et même de danser ! Il voulait y croire, de tout son cœur, il voulait se dire que c’était possible, qu’il serait en mesure de bouger la totalité de son corps à nouveau. Il ferma les yeux en sentant ses lèvres contre sa tempe, appréciant la douceur dont faisait preuve son homme. Il en avait besoin, tellement besoin. L’amour de Haruto serait son principal remède pour le moment. Il hocha la tête pour dire qu’il comprenait bien qu’il ne le laisserait pas. Ji Hoon avait besoin de l’entendre, que son homme serait là pour prendre soin de lui, s’assurer, qu’il allait s’en sortir. Ses mains se posèrent sur ses joues pour appuyer le baiser qu’il lui donna, le prolongeant de quelques secondes. Au moins, il était encore envie. Il pouvait encore embrasser Haruto, il pouvait encore lui parler, le serrer dans ses bras. C’était le plus important. Un sourire se dessina sur ses lèvres, il hocha la tête. « Oui, je veux être près de toi. » S’assurer que Kurino ne jouerait pas au con à nouveau et qu’il avait bien compris la leçon qu’on lui avait récemment appris. Son cœur rata un battement alors que son regard se perdit dans le sien. « Je te fais confiance. » Plus qu’à n’importe qui d’autre. Cherchant encore ses lèvres, il passa doucement sa main dans ses cheveux. « Tu peux appeler Liang maintenant ? J’ai peur qu’il s’inquiète… » Il n’avait pas la force de le faire lui-même. Sa voix allait trembler, il allait pleurer… Non, ce n’était pas une bonne idée. Ne laissant pas son homme s’en aller tout de suite, il passa ses bras autour de lui, enfouissant son visage dans son cou. Si Haruto restait près de lui, tout irait mieux. Il allait s’en sortir, il voulait y croire.



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