mark your skin differently + Yurina

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     Sam 15 Sep - 21:00
Une cliente, des plus normale, très jolie, que dire de plus ? Rares sont les personnes qui se distinguent parmi la foule de gens qui sont passés sur le billard. Mais elle est particulière. Tendue, elle l’observe lui, c’est lui qu’elle a demandé, indirectement parce qu’elle voulait quelqu’un de calme. Ce n’est pas la femme tatoueuse qui a pris commande, c’est lui encore qui a tracé les lignes du tatouage sur feuille blanche avant de présenter plusieurs croquis et une prise de décision finale. Elle n’était pas très bavarde, ni même très tactile contrairement à lui qui se retenait malgré tout, sentant chez elle cette peur de la proximité qui le tendait autant qu’elle l’était. Pourquoi est-ce que ça lui rappelait des souvenirs ? Il en frissonne encore. Une fille de passage, juste le temps d’une cigarette et il ne la reverra plus, pourtant, il en avait été réveillés plusieurs fois dans la nuit, mal rasé et les cheveux en bataille, ses yeux cernés de deux demi-cercles violets et l’eau qu’il s’était jeté au visage pour essayer de faire disparaître l’anxiété. Il soupire, elle doit le voir aujourd’hui, le jour J était arrivé et il appréhendait, bien qu’il ne doute pas de son expertise en matière de travail, il craignait de l’approcher plus qu’elle ne le voulait, mais il devait le faire, elle était seule maîtresse de ses choix et de celui-ci en particulier. Graver sa peau à tout jamais n’était pas une décision à prendre à la légère. Le faire lorsqu’on est peu enclin à se laisser distraire quelques instants seulement était problématique et rares étaient les fois où il n’avait pas la solution, où ses tentatives pour détendre la cliente ne marchaient pas. Y arriverait-il ? Il était trop franc pour laisser cette occasion lui filer entre les doigts. Il ne saurait pas tenir sa langue si ses doutes s’avéraient confirmés. Cette violente et irrépressible envie de savoir, cette curiosité à laquelle il n’avait pas droit la concernant, il allait surement la laisser l’obséder. Le tatoué entre dans la salle d’attente, récupère la demoiselle en prononçant de sa voix calme, douce et suave son nom, puis il la laisse s’installer. Les dés étaient lancés, puisse le sort leur être favorable.
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     Dim 16 Sep - 15:33

" Mark your skin differently "
ft. Yurina & No Hwan



D’aussi loin qu’elle se souvienne, Yurina avait toujours été soumise à son paternel, terrorisée à l’idée de lui déplaire, convaincu que ses menaces, ses insultes, que la torture tant mentale que physique qu’il lui imposait, était quelque chose qu’elle méritait. Prisonnière de sa cage dorée, et n’ayant jamais connu autre chose, elle s’était dit que c’était normal, que la fortune dont il la faisait bénéficier justifiait amèrement qu’il critique tout ce qu’elle était, qu’il exige d’elle une obéissance aveugle, et qu’il contrôle jusqu’à la moindre bouchée de d’aliments qu’elle puisse ingérer. Toute sa vie, elle s’était pliée à cette autorisé, allant jusqu’à le laisser décider pour elle de l’allure qu’elle aurait, c’était normal non, qu’il ait un droit de regard sur son nez, sa mâchoire, la taille de son buste, puisqu’il payait les chirurgies? Et quand bien même elle ne se reconnaitrait plus dans un miroir… s’il le voulait, alors ça avait force de loi. Elle ne trouvait pas à s’en plaindre, trop habituée à ce cercle de violence, à cette absence de choix… Elle n’était qu’un pantin sans vie… puis il y avait eu Naoto. Cet abruti qui avait insufflé en elle une flamme de rébellion qu’elle ne parvenait pas à éteindre, une envie de liberté… un avant-goût vers une existence ou elle serait le propre maître de son destin. Et le hic, avec le fait de s’être sentie vivante une seconde de trop, c’est qu’elle ne pouvait plus s’en passer désormais.

Si son géniteur s’était imaginé que de lever la main sur elle, au point de la laisser pour morte, un an plus tôt (aka l’incident), finirait d’assouvir le contrôle oppressant qu’il avait sur elle depuis sa naissance, ou même, que ça suffirait à lui faire réintégrer son rôle de breloque, marionnette à sa merci, il s’était trompé. Quoi qu’il fasse, peu importe combien d’os il avait pu briser, ou de marques laissées sur sa carcasse, ce besoin maladif qui lui retournait l’estomac ne se dissipait pas. Elle voulait le contrôle de son existence… Alors soit, dans un acte de rébellion mal placé, elle s’était dit qu’un tatouage, juste un, quelque part qu’il ne verrait jamais, serait comme un pacte secret avec elle-même, d’un jour, lui échapper. Elle en était certaine. Le hic, cependant, c’était que le jour J, lorsque le tatoueur fort peu amical d’apparence, à ses yeux de bourgeoise, vint la chercher, elle questionnait sa motivation. La jeune Daimon demeura à une distance prudente du garçon, le suivant dans un silence pesant. Il allait devoir approcher… la simple idée la crispait, imperceptiblement. Elle était beaucoup plus réticente aux contacts… depuis l’incident. Tendue, elle força un sourire à l’égard du tatoueur, demandant, pour essayer de sa calmer. « Est-ce que je peux revoir le croquis? S’il vous plait. » … du tatouage. Elle avait opté pour le mot ‘’zero’’, secrètement cher à son cœur, en calligraphie simple, sur le côté de sa cage thoracique, là ou une vilaine cicatrice causée par une cote brisée ayant perforé ses chaires, demeurait visible. Timidement, elle osa demander, sans jamais le regarder. « … Vous m’avez dit pouvoir masquer une cicatrice d’enfance avec? » … Oh Yurina. Les seules cicatrices que tu gardes de ton enfance, elles sont psychologiques.  
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     Ven 28 Sep - 18:33
La morsure douloureuse du passé guettait chaque être sur cette terre, regrets, remords, qu’importe, Ho Hwan ne pouvait lire que les conséquences désastreuses de ces boulets enchainés aux chevilles de ses patients qui ressemblaient étrangement aux siens. Il laisse un sourire en coin en guise de sécurité minimale offerte, une promesse à peine tenue en allant récupérer le cahier à dessins. « Oui, bien sûr » simple réponse à une question destinée à faire gagner un peu plus de temps avant de passer entre ses doigts. Elle le craint, lui, comme si elle le voyait, ce démon caché sous sa peau, bien loin derrière l’ancre, ce qui coulait dans ses veines. Il frissonne, c’est imperceptible. Le tatoueur passe une main négligée dans ses cheveux, dépose docilement le dessin sur la table avant de se positionner en face. Ses yeux ne croisent jamais les siens, prudente, petite biche effrayée par le prédateur qu’il ne veut pas être. Avoir un ascendant sur les autres est flatteur, mais il est pour lui symbole de tous ces tourments auxquels il ne veut pas être associés, ceux qu’il tente d’évincer de sa vie, de fuir plutôt que de les affronter. Une main dans sa nuque, acquiesce, abaissant son masque à la recherche d’un regard qui ne se pose jamais sur lui. « Oui, ce sera un peu plus douloureux, les cicatrices sont une zone sensible » il sait qu’elle ment, que les marques qu’elle lui avait montrées n’étaient pas des vestiges. « Plus les cicatrices sont récentes, plus elles sont douloureuses, je préfère vous prévenir » il aurait voulu la tutoyer, lui dire qu’elle n’était pas si discrète qu’elle le pensait, mais sa curiosité il devait la ranger sagement pour ne pas faire fuir la cliente. Il n’a pas à se mêler de sa vie et pourtant…

Réprimant cette envie de lui poser des questions indiscrètes, il patiente, le masque de porcelaine ne se fondrait jamais avec la jeune femme, il en savait quelque chose et il le lui disait subtilement, la douleur ne s’efface pas, elle s’estompe tout simplement. « C’est un très joli motif… une protection, pas vrai ? » Son sourire, doux, calme et surtout ses yeux, amplis de sous-entendus, il savait. Il le lui disait clairement, savait-elle décrypter les signaux ? L’instinct de survie pousse à développer ce sixième sens qu’elle possède sans l’ombre d’un doute, ultime chance d’échapper à un prédateur. Lui n’était qu’une brebis galleuse égarée qui se pensait loup et elle ce qu’il craignait le plus.
    
 
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