we don't stay down + HAROON ♥

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     Lun 17 Sep - 1:07

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Les mains crispées sur le volant, Haruto fixait la route devant lui. Le rouge du feu de signalisation lui égratignait la rétine. Il déglutit. Ses tentatives de discussion n'avaient pas eu de francs succès, et en réalité, il ne pouvait même pas en vouloir à Ji Hoon. Celui qui était le plus stressé, ce devait être lui. C'était aujourd'hui que son compagnon rentrait à la maison, après plusieurs jours passés à l'hôpital. Le docteur Kamiya n'avait pas réussi à demander son transfert, mais il était parvenu à récupérer son dossier pour qu'il suive sa physiothérapie et sa rééducation dans l'hôpital où il exerçait. Il avait alors passé ces derniers jours à rendre visite à son homme, restant à ses côtés le plus longtemps possible. Pendant un temps, il avait envisagé de lui cacher le fait qu'il avait retrouvé Kimyaki, mais il avait rapidement compris que ce n'était pas la meilleure des idées. Le bichon l'accueillerait de toutes façons avec affection, et Ji Hoon en serait forcément bouleversé. Haruto l'avait retrouvé le soir-même. Après avoir réussi à joindre Liang, il était retourné sur les lieux de l'accident, où il avait interrogé les commerçants les plus proches. Oui, un petit chien blanc avait bien été aperçu. C'était un pompier qui l'avait ramené chez lui. Après s'être renseigné sur la caserne ayant envoyé une équipe sur le lieux de l'accident, le Japonais s'y était rendu. Il n'y avait pas de trace de bichon, mais on lui avait gentiment donné l'adresse du pompier l'ayant gardé, après qu'il se fut présenté et qu'il eut montré quelques photos de Ji Hoon et Kimyaki, de lui et Kimyaki, d'eux et Kimyaki, et d'eux, Kimyaki et Takochi.

« Oh, j'y pense ! La petite Megu va avoir un bichon ! » Haruto tourna brièvement la tête vers Ji Hoon pour lui sourire. Il s'agissait de la fille du pompier. La pauvre petite s'était très vite attachée à Kimyaki, déjà prête à devenir sa nouvelle maman. Elle était tellement folle de ce petit chien, qu'elle avait insisté pour en avoir un à elle. C'était son père qui avait prévenu Haruto, après avoir pris des nouvelles de Ji Hoon. Beaucoup de monde lui écrivait pour connaître l'état de santé de son compagnon. Il avait même eu un appel de Ji Soo, la serveuse de leur restaurant coréen favori. Et, chose complètement hallucinante, un message de sa propre mère. Par quel moyen cette dernière avait été mise au courant, Haruto ne le savait pas. Haruno, éventuellement ? Quoiqu'il en était, il lui avait poliment répondu. Cela faisait un bon moment que les relations avec Haruka n'était plus que cordiales. L'annonce du divorce de ses parents l'avait bien touché, mais il ne voulait pas se mêler de leurs histoires, et encore moins prendre parti. Son père avait laissé la maison familiale à sa femme, pour aller vivre avec son amante. Haruka, néanmoins, clamait toujours et à qui voulait l'entendre que Keisuke reviendrait vers elle. Mais ces histoires, Haruto ne les racontait pas à Ji Hoon. Ce dernier traversait déjà assez d'épreuves. De plus, il doutait que cela l'intéresse vraiment, amoureux ou pas.

Garant le véhicule prêté par Rina à la place attitrée à leur appartement, Haruto éteignit le moteur sans pour autant faire mine de bouger. Se passant nerveusement la langue sur sa lèvre inférieure, il décrocha sa ceinture, avant de se tourner vers Ji Hoon. « Tu es prêt ? » Le ton était faussement enjoué, sa voix était même partie dans les aigus mal contrôlés. S'il lui adressa un sourire sincère, celui-ci fut plus navré qu'autre chose. Haruto sortit de la voiture, pour se diriger vers le coffre, duquel il sortit le fauteuil roulant de son petit ami, avant de le déplier et de claquer la portière derrière lui. Il avait envie de pleurer. Comme s'il réalisait enfin que la vie de Ji Hoon avait définitivement changée. Certes, il restait un espoir qu'il retrouve l'usage de ses jambes, mais les chances étaient minimes. Il voulait sincèrement y croire, mais il avouait que, parfois, son moral ne l'aidait pas à positiver. Ravalant ses larmes, il positionna le fauteuil à côté de la voiture, le bloquant avec les freins avant d'ouvrir la portière côté passager. « J'ai réussi du premier coup, t'as vu ? » Il laissa un rire un peu maladroit quitter ses lèvres. Effectivement, ouvrir et fermer ce fauteuil n'était pas la chose la plus facile à faire. Mais ces derniers temps, Haruto avait repris le sport, et surtout, la musculation. Après l'accident de Ji Hoon, il avait eu besoin de se vider l'esprit. De trouver quelque chose à faire qui l'aide à se sentir moins inutile. Comme si le hasard voulait lui faire signe, il avait alors constaté que le numéro de son ancienne coach figurait toujours dans sa liste de contacts. Il n'avait pas hésité une seconde avant de l'appeler.

Certes, il n'était pas encore Hercule, mais il avait la force nécessaire pour aider Ji Hoon à s'extirper de son siège, pour l'installer sur son fauteuil. Une fois assuré qu'il était bien installé, Haruto verrouilla la voiture, puis se positionna derrière le fauteuil et le poussa vers l'immeuble. Heureusement, ils ne croisèrent personne jusqu'à leur appartement. « Okaeri. ~ » Il le laissa rouler dans l'appartement, souriant aux petits chiens qui l'accueillirent à force de petits jappements joyeux. Fermant la porte derrière lui, Haruto posa le sac de sport contenant les affaires de son homme sur le canapé. Ôtant sa veste, il s'approcha de Ji Hoon, l'aidant à en faire de même. « Comme je te l'ai dis, j'ai un peu changé la disposition des meubles. » Il ne savait pas s'il avait bien fait. En vérité, il avait peur de vexer son petit ami. Il craignait que ce dernier lui reproche d'être trop concerné, trop inquiet. Trop paternel ? « Tu veux boire quelque chose ? » Se dirigeant vers la cuisine, il se rendit compte que tous les meubles seraient difficilement accessibles pour son compagnon. Se retournant vers lui, il fit son possible pour ne rien montrer de son trouble. « Et si on commandait ce soir ? »

Son appréhension devenait presque palpable. Il le savait, et luttait contre ses sentiments. En vérité, il craignait de vexer Ji Hoon d'une façon ou d'une autre. Il savait très bien qu'il ne pouvait se mettre à sa place, qu'il ne pouvait qu'à peine s'imaginer ce qu'il traversait actuellement. Alors, il s'interrogeait ; était-il vraiment un bon soutien pour l'homme qu'il aimait ? Et s'il le décevait ? Haruto avait peur de n'être d'aucun réconfort pour Ji Hoon. « Ta mère a proposé de venir t'aider. » Mais il était sûrement déjà au courant. Un ange passa. Kimyaki en profita pour grimper sur les jambes de son papa préféré. Haruto l'avait bien vu, à jauger la situation, ses deux pattes avant sur les genoux de Ji Hoon. Takochi, elle, tournait autour du fauteuil. Se décollant de l'îlot central, Haruto se dirigea vers les siens. Le petit caniche lui sautilla sur les jambes, et il se baissa pour la prendre dans ses bras. « Tu nous as manqué, à tous. Mais je crois qu'ils ont pris l'habitude de dormir dans notre lit. » Il eut un rire bref, avant de se pencher pour caresser le crâne du bichon. Takochi en profita pour lécher la joue de son autre papa. « On regarde un film ? » Déposant le petit chien par terre, il se pencha vers Ji Hoon, pour l'embrasser, cette fois-ci.

Sa main caressa tendrement sa joue, avant qu'il ne se redresse. « Je suis vraiment heureux que tu sois revenu. Je me suis senti seul sans toi. » Sa voix était chargée d'émotion. Ces derniers jours, il avait tout fait pour ne rien montrer, pour être fort devant son petit ami. « Demain, je t'accompagnerai à ton premier rendez-vous. J'ai réussi à m'aménager un créneau. » Il sacrifierait tout pour lui, de toute manière. « Mais on ne parle pas de ça maintenant, d'accord ? J'ai vraiment très faim ! » Haruto essayait de se montrer le plus enjoué possible. Il se dirigea vers le canapé, attendant que son compagnon le rejoigne. Il voulait voir s'il pouvait se débrouiller seul, et surtout, s'il lui demandait de l'aider. Bien qu'il lui ait promis jouer les infirmiers à domicile, Haruto ne souhaitait pas ôter toute initiative, tout effort de la part de l'homme qu'il aimait. Son rôle était avant tout de le soutenir et de l'encourager. Parce que c'était ça également, être un couple. Et surtout, Haruto n'oubliait pas que son amour pour Ji Hoon était plus fort que tout. Pour le meilleur, mais aussi pour le pire. Et il faisait la promesse de rester à ses côtés quoiqu'il advienne. Leur couple était plus fort que tout, et il le prouverait !

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     Mar 18 Sep - 0:21

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Le trajet lui semblait interminable. Ses yeux détaillaient le paysage urbain de la mégalopole nippone, ses mains poser sur ses jambes qui ne répondaient toujours pas à ses appels désespérés. Quitter l’hôpital avait une dimension terriblement réelle. C’était comme retourner à sa « vraie » vie après tout ce temps et Ji Hoon en était sincèrement effrayé. Retrouver l’appartement, dans lequel il se mouvait si aisément auparavant, réaliser que tout serait une épreuve, qu’il ne serait plus en mesure de cuisiner, d’attraper des verres, des assiettes. Ils étaient grands tous les deux, donc la cuisine leur correspondait bien. Elle correspondait moins bien quand on faisait à peine un mètre vingt de hauteur, assis sur ce fauteuil. C’était terrifiant, le monde réel. C’était à peine s’il entendait Haruto lui parler, prêtant que trop peu attention à ce qu’il disait, répondant évasivement parce qu’il n’avait tout simplement pas écouté ce qu’il disait. Il n’en avait pas grand-chose à faire, que cette gamine ait bientôt la chance d’accueillir un bichon. Selon lui, actuellement, ce n’était pas possible de se concentrer sur ce qu’il disait, trop obnubilé par ce besoin de rester calme, de ne pas se jeter par terre et hurler de plein poumon. Il était perdu, il avait peur d’affronter cette réalité qu’il fuyait. A l’hôpital, il pouvait se forcer, au moins un peu.

Sa famille était venue le voir, sa mère l’avait serré longtemps dans ses bras, luttant pour ne pas pleurer, elle ne savait même pas quoi dire. Juste qu’elle était heureux de le voir, de l’entendre parler, qu’il restait « lui ». Certes, Ji Hoon ne pouvait plus marcher, mais ses capacités mentales n’avaient pas été affectées, et surtout, par-dessus tout, il était vivant. Hua n’aurait pas supporté de le perdre, lui aussi. Sa plus grande crainte était de voir un de ses enfants partir avant elle et la pensée que cela aurait pu arriver ne la quittait pas. Quand elle était là, il tentait de sourire, de positiver, de rire avec elle. Sa mère était la dernière personne sur terre qu’il voulait voir malheureuse, et il tentait comme il pouvait de décrocher un sourire sur son visage, de la rassurer, lui dire que ça allait s’arranger, des mots auxquels il ne croyait pas, jusqu’à ce qu’elle referme la porte, lui permettant de laisser tomber son sourire faux, soupirer longuement. Le Coréen ne croyait pas en sa « guérison », qu’il retrouverait sa mobilité un jour. Il était certain d’être désormais condamné à vivre au crochet des autres, à ne plus rien pouvoir faire totalement tout seul et cette idée le plongeait dans une douleur indescriptible.

La voiture se gara devant l’immeuble qu’il ne regarda pas. Sa tête hocha mollement à la question de son homme. Ce n’était pas comme s’il avait réellement le choix, d’être prêt ou non. Il ne l’était pas, il n’avait pas envie, mais il fallait bien rentrer, retrouver ce que sa vie avait été avec tant d’élément en moins. Pinçant les lèvres, il contenait ses larmes en voyant Haruto ouvrir le fauteuil roulant de le rétroviseur. Qu’il l’aide à s’installer avait déjà été humiliant pour lui, même s’il savait que c’était stupide, qu’il ne devait pas voir ça ainsi. C’était plus fort que lui, cette impression de dépendre de lui, que son petit-ami allait plutôt devenir un infirmier pour lui que son compagnon. « C’est grâce à la muscu ! » Il tenta de sourire et rire avec lui-même si leurs conversations sonnaient faux, comme toutes celles qu’ils avaient depuis l’accident. Tendant les bras pour qu’il l’aide à s’installer dans le fauteuil, il baissa les yeux alors que le Japonais l’amenait jusqu’à leur chez eux. Son cœur se remplit de bonheur et de soulagement en voyant le petit nuage blanc courir vers lui.

Son corps se pencha vers l’avant, veillant à ne pas tomber, pour caresser Kimyaki, lui parlant doucement. Il s’excusait pour l’accident, heureux de voir qu’il n’avait rien. Toujours aussi mignon, toujours aussi heureux. La voix de son homme attira son attention, il balaya rapidement l’appartement du regard. « Oui, c’est très bien comme ça. » Un sourire rassurant aux lèvres, il hocha la tête. Il n’y avait pas de problème avec la disposition des meubles, il s’en fichait assez en réalité. Ce n’était pas ça qui allait forcément le déranger, ce n’était pas comme s’il allait faire quoique ce soit de plus. Ce serait plus facile de passer avec le fauteuil, mais il n’avait accès à rien. « Non, c’est bon. » Il n’avait pas soif, il n’avait envie de rien. Kimyaki trouva le moyen de grimper sur ses jambes et Ji Hoon put le serrer conte lui, s’excusant encore dans toutes les langues que le bichon connaissait, embrassant son crâne, flattant son flanc. « Oui, si tu veux. On peut commander. » Son regard se leva vers Haruto, il le contempla quelques secondes avant de reporter son attention sur Kimyaki. Il était si heureux de le retrouver, il avait eu si peur pour lui.

« Je veux pas qu’elle vienne m’aider. » Il ne voulait pas la voir trop souvent, hors de question qu’il se fasse du mal inutilement en disant des choses qu’il n’allait pas penser, en agissant comme l’idiot qu’il n’était plus. En plaisantait de détails qui ne l’amusaient pas. Les chiens semblaient particulièrement excités ce soir, Takochi sautillait partout, impatiente de recevoir l’attention qu’elle exigeait en permanence. « Je m’absente quelques jours et ils prennent toujours cette habitude… » Haruto n’était pas assez ferme. Il rit un peu, songeant que bien souvent, ils trouvaient le moyen de les rejoindre, trouvant chacun une place dans le lit, souvent à leurs pieds pour ne pas se faire trop rapidement renvoyer. Son nez se plissa en recevant un coup de langue du caniche, il pouffa bêtement. « Tu as une idée du film que tu veux voir ? Pas un truc trop dramatique, ni qui fait peur. » Il avait besoin de s’évader un peu, de rêvasser, pas de pleurer, pas d’être angoissé. Il vivait dans son propre filme d’horreur dramatique. Ses lèvres répondirent à son baiser, il tenta de lui sourire. « Je suis là maintenant. » Et il ne savait pas si c’était vraiment une bonne chose, finalement. Il ne se sentait pas bien, quelque chose n’allait pas.

Le rendez-vous à venir lui faisait peur. Parce qu’il était encore dans l’expectation, il avait encore un peu d’espoir au fond de lui, de pouvoir marcher à nouveau, que ses jambes le supportent, qu’il y arrive. Ces rendez-vous pourraient lui faire comprendre que cela ne servait à rien d’espérer, que c’était terminé pour lui. « C’est à quelle heure ? » Probablement avait-il déjà demandé, mais il n’en avait plus le moindre souvenir. Néanmoins, on ne devait pas en parler maintenant. Ses lèvres se pincèrent avant de doucement rouler l’une contre l’autre. Restant un instant immobile, il délogea Kimyaki de ses jambes, roulant jusqu’au canapé où se trouvait Haruto. Un silence gagna l’appartement jusqu’à ce qu’il pose finalement ses yeux sur son petit-ami. Dans sa tête, tant de choses se mélangeaient. Bien entendu, il était reconnaissant envers son compagnon, pour tout ce qu’il faisait pour lui, pour sa patience, pour sa dévotion, sa fidélité. Combien de personnes pouvaient se vanter d’être dans la situation dans laquelle il se trouvait et avoir quelqu’un comme Haruto auprès d’eux ? Trop peu, sans doute.

Alors, était-il ingrat à ce point ? Etait-il un monstre, que de trouver ça insupportable ? « Arrête d’agir comme ça avec moi. » Son extrême gentillesse, sa façon si douce de lui parler, ses rires, son enjouement feint. Tout sonnait si faux, c’en était insoutenable. Ji Hoon ne voulait pas de cette empathie poussée à l’extrême, de cette pitié. Parce que c’était bien l’impression qu’il lui donnait. L’ancien modèle avait l’impression d’être prit en pitié, aussi bien par le personnel médical de l’hôpital, que par ses proches. Ces conversations inutiles et stupides qu’ils n’auraient jamais eu sinon, ce timbre de voix qu’ils employaient pour s’adresser à lui. Il se sentait encore plus isolé, encore plus différent qu’il ne l’était déjà. « Arrête de me parler comme si j’étais ton fils autiste ou je sais pas trop quoi. » Son ton avait été sec malgré lui. Bien sûr qu’il savait que son Japonais pensait bien faire, qu’il essayait de lui remonter le moral, de lui faire oublier ce qu’il vivait. Cependant, ça ne fonctionnait pas, bien au contraire. Il baissa les yeux, secouant la tête. « Je veux pas que tu me traites comme si j’étais en sucre et que j’allais m’effondrer dès que tu me parles normalement. Je veux que tu me parles normalement, que t’agisses normalement. Qu’on en parle. C’est là, Haruto, je peux pas oublier que mes jambes fonctionnent plus, que je suis coincé dans ce truc. C’est pas honnête que d’agir comme si c’était rien. » C’était important, c’était omniprésent et inutile de ne pas en parler, d’éluder le sujet. « Je suis content que tu sois là pour moi, mais j’ai pas envie de devenir un de tes patients. Je veux pas être que ça. » Parce qu’au fond, s’ils continuaient ainsi, il allait le devenir. Haruto le réveillerait le matin en lui demandant s’il avait bien dormi, en parlant de sa journée ennuyeuse à mourir à venir d’une voix enjouée. Non, hors de question de voir cela arriver. Ji Hoon ne voulait pas le perdre et il était hors de question qu’il laisse ainsi son couple dépérir. Il ne le supporterait pas.


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     Mer 19 Sep - 0:07

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Serait-il d'un soutien assez important pour Ji Hoon ? N'allait-il pas tout gâcher en s'inquiétant trop pour son homme ? Haruto se sentait légèrement démuni. Lorsqu'il avait appris la date de sortie, il avait fait son possible pour que tout soit prêt, à la maison. Il y avait les meubles à pousser, des objets à rendre atteignables. Le plus grand souci restait la douche. Sous conseil du médecin qui suivait Ji Hoon, il avait fait installer des barres pour que son petit ami puisse s'y glisser, et un siège adapté. Il avait demandé à Rina si elle pouvait lui prêter sa voiture, la sienne ne pouvait plus rouler. De toute façon, il n'aurait pas eu le cœur de conduire le véhicule avec lequel son compagnon avait failli perdre la vie. Se rendre à l'hôpital grâce aux transports en commun ne le gênait pas plus que ça. Il ne pouvait faire plus cliché japonais. Cependant, il n'y pensait pas le moins du monde. La seule chose qui l'avait obsédé ces derniers temps – qui l'obsédait toujours un peu – était l'état de santé de l'homme qu'il aimait. Il avait du mal à se concentrer dans son travail, mais tenait bon. Pour lui, pour eux. Il ne voulait pas baisser les bras, ou même montrer une baisse de régime. Il s'en voudrait, s'il cédait au moindre relâchement. Il devait rester fort pour Ji Hoon. Lui prouver qu'il pouvait être un véritable pilier, un soutien sans faille.

Haruto s'était rendu chaque soir au chevet de son compagnon. Il venait lui raconter sa journée, lui ramenait même parfois à manger, et dînait avec lui. Il lui montrait les messages de soutien, puis se permettait de grimper sur le lit pour le câliner le plus longtemps possible. Lorsque le moment de le quitter arrivait, il avait toujours un fort pincement au cœur, une boule se formait dans la gorge, et il faisait traîner les au revoir. Ce n'était jamais facile. Bien sûr, devant Ji Hoon, Haruto s'efforçait de rester fort, se refusant à pleurer. Du mieux possible, il lui souriait, lui parlait de façon détaché en cherchant des sujets de conversation variés. Il ne voulait pas parler de cet accident, comme si c'était lui qui n'était pas prêt. En vérité, cela ne l'avait frappé qu'une fois de retour chez lui, après s'être rendu à l'hôpital pour la première fois, après l'annonce de son accident. Il aurait pu le perdre. Comme ça, aussi simplement. En une fraction de seconde, il aurait pu perdre l'amour de sa vie, la personne qui comptait le plus au monde. Et, seul dans leur grand lit, Haruto avait enfin pu pleurer. Que deviendrait-il s'il perdait Ji Hoon ? Cette réalité lui faisait peur. Il s'était alors promis de rattraper le temps gâché, ces derniers mois. Ils méritaient leur bonheur.

Néanmoins, la première chose à faire était de l'aider à retrouver l'usage de ses jambes. Ce ne serait pas facile, les chances étaient infimes. Mais Haruto avait contacter le meilleur spécialiste, exigé qu'il soit suivi par le plus éminent médecin lors de sa rééducation. Ayant obtenu son transfert, Haruto ferait tout pour connaître l'avancée du dossier. Mais chaque chose en son temps. Ils devaient avancer petit à petit, et l'une des premières étapes étaient de familiariser Ji Hoon avec leur appartement à la disposition légèrement modifiée. Il l'avait vaguement notifié à son petit ami. C'était pourquoi une angoisse permanente le prenait à la gorge. Mais bien décidé à ne rien en montrer, Haruto lui avança son fauteuil, lui souriant tendrement. Il hocha la tête. Reprendre le sport avait été sa meilleure idée depuis un long moment. Ses séances de musculation, il les avait souvent évoquées avec lui, lors de ses visites. L'aidant au mieux à s'installer, Haruto le poussa jusqu'à leur appartement, sans vraiment lui demander s'il le souhaitait. Après tout, il avait fait pas mal de progrès avec le maniement de sa chaise roulante prêtée par l'hôpital. « On pourrait faire de la muscu ensemble, t'en dis quoi ? » Une petite activité de couple, suivant les possibilités de Ji Hoon. Il fallait forcément chambouler leurs habitudes, qu'ils le souhaitent ou non.

Observant avec affection le petit bichon retrouver son papa, Haruto sentit son cœur déborder d'amour. Enfin son homme était de retour ! Certes, il appréhendait les jours à venir, mais pour l'heure, il préférait profiter de sa présence dans cet appartement qui lui semblait bien trop vide lorsqu'il ne s'y trouvait pas. Forcément, les retrouvailles avec Kimyaki avait quelque chose de très émouvant. Pourtant, sa bonne humeur retomba un peu lorsqu'il se rendit compte combien il agissait de façon peu naturelle. Il était évident que Ji Hoon le remarquait, lisant en lui comme dans un livre ouvert. Devant la réaction de son homme, Haruto se retrouva interdit. « Je comprends, mais je me disais que par précaution... Peut-être un ou deux jours... ? » Bien sûr, il ne pouvait le forcer à accepter que Hua se rende chez eux pour aider son fils. En vérité, cette idée révélait surtout l'immense inquiétude du Japonais, qui ne parvenait pas vraiment à formuler sa pensée avec des mots pesés. Baissant les yeux sur Takochi, ce dernier sourit légèrement, avouant sa faute. Oui, il avait tendance à laisser ces petits chiens faire ce qui leur plaisaient, lorsque Ji Hoon n'était pas là. Parce qu'il se sentait seul, et que ces deux boules d'amour le consolaient à leur façon. « Mais ils sont si mignons, je n'arrive pas à les chasser. Surtout quand tu n'es pas là. » Ce n'était évidemment plus un reproche. Ça n'avait rien à voir avec ces soirées où son compagnon l'abandonnait pour assister à il ne savait quel événement mondain. Aujourd'hui, cette époque semblait bien lointaine, alors que ce n'était qu'une question de mois.

« On peut regarder une série ou un film comique, si tu veux ! On va sûrement trouver, sur Netflix. » Oui. Ji Hoon ne pouvait avoir vu toute la bibliothèque du programme. Mais d'abord, le Japonais ressentit le besoin pressant d'embrasser son petit ami. Il y avait de l'émotion dans le baiser, de l'amour débordant, presque désespéré. « Oui. Tu es là, c'est tout ce qui compte. » Il s'en voulut. Il se sentait horriblement égoïste. Ji Hoon souffrait clairement de sa situation, et Haruto ne lui trouvait rien de plus intelligent à dire ? « Demain matin, 9h. » Lui aussi appréhendait ce rendez-vous. Il se demandait quel serait le verdict de son confrère, priant il ne savait quel dieu pour que le diagnostic soit encourageant, malgré les maigres chances qu'avait Ji Hoon de retrouver l'usage de ses jambes. Devant lui, Haruto voulait se montrer optimiste. Il le devait. Des personnes retrouvaient l'usage de leurs jambes, il lui avait fait part de ces petits miracles sans vraiment souligner la nature exceptionnelle de cette guérison. Il ne voulait pas y penser actuellement. Il ne voulait pas que Ji Hoon y pense trop non plus, cherchant à lui faire oublier ce qu'il se passerait le lendemain. Simplement une soirée, ensemble. Comme avant.

Mais c'était stupide, il aurait dû le savoir. Ce n'était pas un détail. Ce n'était pas rien. Il s'agissait du futur de Ji Hoon, il s'agissait de ses jambes, d'un rétablissement pas vraiment assuré. Pinçant les lèvres, maîtrisant au mieux le flot de larmes qui risquaient d'inonder ses yeux à tout moment, Haruto fixait son petit ami. Il avait raison. Il ne pouvait pas continuer à agir ainsi. Baissant légèrement la tête, il admettait son erreur. Sa peur. Les mots de Ji Hoon le frappaient en plein cœur, et il encaissait sans broncher. Parce qu'il avait raison de le lui reprocher. Haruto n'avait pas le droit de se prendre pour son infirmier personnel, et il se mentait à lui-même s'il se disait ne pas en avoir l'air. Maintenant qu'il y pensait, il s'était imposé lorsqu'il avait fallu l'installer dans le voiture, ne lui demandant pas s'il devait pousser sa chaise. Il agissait comme un garde-malade, et cette pensée le dégoûta lui-même. Roulant ses lèvres l'une contre l'autre, il releva alors la tête, pour plonger à nouveau son regard dans le sien. Oui, ils devaient parler. Faire comme si de rien n'était n'aiderait en rien la situation dans laquelle ils se retrouvaient. « Excuse-moi... C'est juste que... » Il releva la tête, les yeux tournés vers le plafond. Interdiction de pleurer devant Ji Hoon, il se l'était promis !

Fermant les paupières, Haruto prit une profonde inspiration avant de laisser son regard se perdre à nouveau dans le sien. « J'ai peur de craquer. J'essaye d'être ton meilleur soutien, mais... j'ai l'impression de ne servir qu'à ça, m'occuper de toi. » Il eut un sourire triste. « La vérité, c'est que tu souffres et que je ne sais pas quoi faire pour te soulager, pour t'aider à aller mieux. Alors je me dis, autant que mes connaissances en médecine nous soient utiles, mais alors, je me perds dans mon rôle de petit ami. » Il prit une autre inspiration. C'était peut-être le moment de se montrer honnête, de dire ce qu'il avait sur le cœur. « Et ça m'évite de trop penser. Parce que sinon, je me rends compte combien je t'en veux. » Son regard accrocha le sien, avant de se baisser à nouveau. « Je t'en veux d'en avoir fait qu'à ta tête, une nouvelle fois, de ne pas m'avoir écouté. » Mais c'était injuste. « Puis ensuite, je me dis que c'est stupide, alors je m'en veux à moi. Parce que je n'ai pas été fichu de te retenir, car comme d'habitude, j'ai été incapable de m'imposer. » Il eut un rire dénué de joie, et se redressa, arpentant la pièce. « Je suis en colère, mais je ne sais pas à qui je dois en vouloir ! Parce que c'est pas juste ! Parce que j'ai l'impression que le sort s'acharne, et qu'on ne s'en sortira jamais ! » Les larmes coulaient, mais Haruto ne le remarqua que trop tard. « Parce que j'ai failli te perdre, putain ! » Ses mains sur son visage, il recula, mais la nouvelle disposition des meubles le perturba, et il se cogna les orteils dans la table basse. Jurant violemment, il se mit à rire. Un rire désespéré, alors qu'il s'approchait de Ji Hoon. S'agenouillant devant lui, il posa sa tête sur ses genoux. « Je crois... Je crois que je n'avais pas vraiment réalisé... Mais c'est vrai... ça s'est vraiment passé. » Sa colère s'était soudainement envolée, alors qu'il relevait un regard humide vers celui de Ji Hoon. « Promets-moi de te battre... Je ne suis qu'un égoïste, et j'ai vraiment besoin de toi. » Ses mains agrippaient le pantalon de son compagnon. Haruto le fixait droit dans les yeux. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Pour une seule promesse, celle d'être à Ji Hoon jusqu'à la fin.

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     Mer 19 Sep - 23:48

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Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Les journées à l’hôpital avaient été longues, interminables, n’ayant comme seule distraction, les nombreux examens et soin qu’on lui faisait dans la journée, les visites de sa famille et surtout, celle de Haruto plus tard, quand il avait fini sa journée de travail. Bien sûr que le voir lui faisait du bien, il n’attendait que ça. Avec attention, il l’écoutait parler de ce qu’il avait fait, de ce qu’il avait mangé pour le déjeuner, de ses patients, de ses collègues qu’il commençait à connaître comme s’il les avait déjà rencontrés. Ils dînaient parfois ensemble, discrètement et enfin, il pouvait recharger sa jauge d’amour qui se vidait bien vite sans Haruto près de lui. S’il n’aimait pas le voir agir avec si peu de naturel, il avait néanmoins ce besoin terrible de sentir sa chaleur, de voir son sourire, d’entendre le son de sa voix, qui lui rappelait qu’il était vivant et que malgré tout ce qu’il traversait, il était heureux de vivre. Heureux d’être encore auprès de lui. Il ne voulait pas connaître ce qu’il y avait après la vie parce que ça n’en valait pas la peine sans son petit-ami. Il avait pu lutter, encore et encore, contre ses propres sentiments, contre leur amour, mais ça avait été une erreur. Parce que l’aimer et être aimé de lui étaient ce qu’il y a de plus beau.

Rentrer lui faisait peur. Retrouver sa vie d’avant, sans ce qu’il aimait le plus. Il était désormais coincé, figé dans un corps qu’il ne reconnaissait pas, avec des hématomes, des petites cicatrices et deux jambes hors d’usage. Il détestait son propre corps, lui qui avait toujours été son premier fan. C’était horrible, abominable, mais il ne pouvait rien y faire, il n’arrivait pas à trouver l’espoir qui devrait l’animer. Auprès des siens, il devait rester optimiste, il devait continuer à sourire, même s’il n’y croyait pas, même si, avec tout ce qui arrivait, il se disait que ça ne pouvait qu’empirer. Qu’une force divine voulait le clouer au sol. On avait bien essayé avec ce scandale, de l’enfermer entre quatre murs. Mais il avait surmonté cela, il était ressorti. On avait trouvé le moyen de l’enfermer à tout jamais. C’était terrible, de penser ainsi. D’avoir l’impression de l’amener dans une nouvelle prison qui formait son propre appartement. Il ne parvenait pas à écouter Haruto, tentait du mieux qu’il pouvait de plaisanter avec lui sur cette nouvelle musculature. En réalité, ce nouveau corps lui faisait peur, parce qu’il lui plaisait, parce qu’il l’attirait.

Sa sexualité, où en était-elle ? Il n’avait pas pu en parler à son médecin, tentant ses propres recherches sur la toile et cela semblait tellement confus. Probablement compromis. Il n’avait pas encore eu l’occasion de véritablement tester mais il craignait bien de ne le sentir qu’à peine. Il tenta de hocher la tête à sa proposition, pas certain que cela arrive un jour, même s’il devait continuer à se muscler, à s’occuper de son corps, ou du moins, ce qu’il pouvait encore utiliser. Rapidement, ses inquiétudes laissèrent place au soulagement de retrouver son adorable bichon, le serrant contre lui, il refusa derechef la présence de sa mère chez eux. Il l’aimait, il l’adorait, mais il ne voulait pas lui causer de problème. Elle s’était toujours donnée à fond pour sa famille, elle avait le droit de penser à elle, elle ne devait plus s’inquiéter pour lui désormais. Du moins, plus autant. « Non, je veux pas qu’elle s’occupe de moi. Elle a des choses plus intéressantes à faire. » Hua était une mère poule, toujours là pour s’occuper de ses poussins, mais il fallait qu’elle apprenne à prendre soin d’elle, à s’occuper d’elle en priorité. Après toutes ces années, elle méritait sa part de bonheur.

« J’arrive pas à les chasser non plus, tu sais… » Quand Haruto l’avait quitté, Kimyaki avait dormi avec lui chaque nuit. Ils ne pouvaient blâmer son homme, il savait que les deux petits chiens savaient profiter des failles pour braver les interdits et se faire une place dans l’endroit le plus confortable de la maison. Le programme de la soirée importait peu. Ji Hoon voulait juste s’installer, ne plus penser à ses jambes devant un film qui n’allait pas le faire pleurer ou l’angoisser. Son quota de larmes était largement dépassé pour les trois années à venir. Un hochement de tête fit office de réponse quant à l’heure du rendez-vous. Demain, neuf heures. Il avait peur, il craignait que cette rééducation ne serve à rien, qu’il ne puisse plus jamais tenir sur ses jambes. Haruto ne le disait pas, mais il avait pu lire sur internet, combien il était rare de retrouver toute sa mobilité, combien il fallait être chanceux pour remarcher à nouveau. Quelles étaient les chances qu’il soit parmi ceux étant capable de remettre un pied devant l’autre un jour ?

La façon dont lui parlait Haruto ne lui plaisait pas. Il détestait cette façon qu’il avait de s’adresser à lui, cette gentillesse poussée à l’extrême, ces sourires faux, ces conversations vides. Il aurait pu le lui dire plus gentiment, mais il n’y arrivait pas. Ses mots dépassaient sa pensées, il s’en voulait de le blesser, lui qui se donnait totalement à lui, qui le soutenait comme personne. Néanmoins, la situation n’était plus viable et il avait besoin que cela change, que son homme prenne conscience de tout cela. Sa colère s’évapora en l’entendant s’excuser, il secoua la tête. Il n’avait pas besoin de lui demander pardon. Non, ce n’était pas ce qu’il voulait. Mais quelque part, il ne regrettait pas ses mots, car Haruto lui parlait enfin. Il lui parlait vraiment. haruto était son meilleur soutient, sans forcément tout sacrifier pour cela, sans forcément adopter un rôle. Qu’il admette lui en vouloir lui serra le cœur, mais il le comprenait, car Ji Hoon s’en voulait aussi de ne pas avoir été raisonnable, d’être parti comme ça, sans l’écouter. D’avoir brisé sa vie. Sa vision se brouilla progressivement en l’entendant parler, secouant la tête sans parvenir à lui hurler qu’il ne devait pas s’en vouloir à lui-même. Il n’y était pour rien.

Le monde s’acharnait contre eux, sans qu’ils n’aient rien demandé, sans qu’ils n’aient fait de mal à quiconque en s’aimant ainsi. Des larmes finirent par couler de ses joues en voyant celles de son homme inonder les siennes. Il secoua la tête, reniflant bruyamment. Il ne l’avait pas perdu, il était encore là, il était vivant. S’il avait frôlé la mort, il en était revenu. Il ferma les yeux en l’entendant jurer après s’être fait mal, le fixant s’approcher de lui ensuite. Ses mains glissèrent dans ses cheveux, caressant son dos. Il choya sa joue quand il releva la tête, tentant d’essuyer ses larmes. « Je veux que tu me parles Haruto… Je veux plus que tu gardes tout ça pour toi… » Il avait besoin de savoir ce qu’il ressentait. Dans cette histoire, le Coréen n’était pas le seul touché, cela affectait son petit-ami, les personnes proches de lui. « On a le droit de pleurer parfois… » Pas toujours, mais de temps en temps, comme maintenant. Prétendre que tout allait bien les empoisonnait. Ils ne se comprenaient pas, portaient un masque trop lourd pour eux. Ji Hoon avait besoin de comprendre ce que son homme traversait. « Je suis tellement désolé de te faire subir tout ça. J’aurais dû t’écouter, c’est ma faute, pas la tienne. Tu peux m’en vouloir. » Il avait toutes les raisons du monde de le détester pour ça.

« J’ai si peur Haruto, si peux de pas y arriver… » Se battre devenait si difficile, quand il avait l’impression d’être figé au sol, qu’on allait le tacler dès qu’il se relèverait, que ce serait toujours plus douloureux. Bien sûr qu’il allait essayer, parce qu’il voulait s’en sortir, il voulait retrouver sa vie. Il voulait retrouver celui qu’il avait été, arrêté d’être mélodramatique. Si seulement cela pouvait arriver… lentement, il fit signe à son homme de se relever, glissant jusqu’au canapé, il se plaça devant, relevant l’un des accoudoir, il s’aida de ses bras pour s’y glisser, tentant de s’y installer au mieux avant de repousser le fauteuil. « Viens près de moi. » Il passa rapidement ses mains sous ses yeux, attrapant le visage de son petit-ami pour l’embrasser tendrement. Il l’aimait tellement et il ne voulait pas le voir souffrir comme ça, le voir aussi démuni. « J’ai peur de plus réussir à être l’homme duquel tu es amoureux. » Celui qui était si vivant, si gai, si sûr de lui. « C’est pas que mes jambes, c’est tout. Depuis quelques temps, j’ai l’impression de plus être moi-même. » De devenir une autre personne qu’il détestait. Qui ne lui ressemblait plus. Et cette personne n’était en rien l’homme qu’aimait Haruto. Qui le faisait rire, qui le charmait, qui le rendait fou. Non, il était actuellement la pire version de lui-même et il était condamné à vivre avec. « J’ai besoin que tu restes comme tu es. Pas un médecin, pas un infirmier, mais toi. Kamiya Haruto, mon petit-ami… L’amour de ma vie. C’est pas grave si tu craques, je veux que tu me parles. Je sais que c’est difficile pour toi, je vois bien tout ça… » Il était fatigué, il se surmenait. Et ça, Ji Hoon ne pouvait le supporter. Ses lèvres trouvèrent encore les siennes. « Je serai toujours avec toi. » Quoiqu’il arrive, il voulait être en mesure de prendre soin de lui, de le rendre heureux à nouveau. De lui prouver l’amour qu’il lui portait.



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     Ven 21 Sep - 0:19

♡ Haroon ♡

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Toutes ces journées d'angoisse n'avaient pas vraiment aidé Haruto à croire à un miracle. Après tout, en tant que médecin, il savait pertinemment que son petit ami ne guérirait pas du jour au lendemain, qu'il lui faudrait du temps pour récupérer l'usage de ses jambes. Le Japonais se renseignait auprès de ses collègues, posant des dizaines de questions chaque jour, demandant une précision sur une réponse donnée plus tôt, proposait des alternatives aux soins. Et forcément, à force d'interroger ses collègues, ces derniers lui avaient posé des questions en retour. Son compagnon était paraplégique. Il semblait que la sympathie de ces collègues lui était revenue. On lui assurait que Ji Hoon serait bien traité, qu'il n'avait pas à s'en faire. On lui accordait le droit de se rendre aux séances s'il le voulait, à condition que son petit ami accepte sa présence. Rina venait le voir tous les jours, des visites plus longues qu'à l'ordinaire. S'il réfléchissait bien, il lui semblait même qu'elle passait la majorité de ses pauses avec lui. Haruto n'était pas certain d'en être reconnaissant ou agacé. De toute façon, il se savait sur les nerfs. Durant toute la durée du séjour de Ji Hoon à l'hôpital, il avait été d'une humeur massacrante. S'il avait fait de son mieux pour paraître poli avec ses patients et à l'écoute, il avouait que ce n'était pas la même avec ses proches. D'ailleurs, il savait qu'il devrait s'excuser auprès d'eux.

Lorsque Hua était passé, une fin d'après-midi, Haruto n'avait pas été au meilleur de sa forme. Il espérait lui avoir tout de même témoigner le plus grand respect. Elle était passée avec son Soo Young, pour la traduction si jamais la conversation risquait de tourner en rond, problème de langage. Haruto lui en avait été énormément reconnaissant, lorsqu'elle lui avait fait part de son désir de venir s'occuper de son fils, une fois celui-ci de retour ici. Bien sûr, il l'avait remerciée. Ce dont il n'avait pas pensé sur le coup était le fait que cela gênerait le fils en question. Après tout, Hua avait été d'un soutien sans faille lorsque cet article était sorti, quelques semaines auparavant. Elle avait même été une présence nécessaire, familière, rassurante pour Ji Hoon. Haruto avait donc été loin de se douter qu'il la refuserait aujourd'hui. Néanmoins, il n'était pas d'accord avec son explication. Hua vivait pour ses enfants. Certes, il comprenait très bien ce qu'il sous-entendait. Sa mère avait le droit à ses petits plaisirs de la vie quotidienne, comme faire du shopping ou boire un café avec des amies. Mais ce que Haruto savait – du peu qu'il la connaissait – c'était que Hua annulerait un rendez-vous avec le président si l'un de ses enfants avait besoin d'elle. C'était une mère dévouée, dont l'amour pour ses filles et ses fils n'avait pas d'équivalent.

Cependant, le Japonais ne répondit rien. Cela ne servirait pas à grand chose d'essayer de raisonner Ji Hoon. De plus, celui-ci était assez grand pour savoir ce dont il avait réellement envie. Sûrement se rendrait-il compte combien les journées étaient longues, sans personne avec qui avoir une vraie discussion. Parce qu'aussi fort Haruto pouvait aimer Kimyaki et Takochi, ces derniers ne répondaient pas lorsque l'on discutait avec eux, aussi étrange que cela pouvait sembler pour des petits chiens si intelligents. Ces adorables petites boules de poils qui en faisaient un peu trop souvent à leur tête. Son regard se posa sur le bichon, puis sur le caniche. « Ces enfants gâtés. » Mais pouvait-on les blâmer ? Il n'y avait pas de chiens plus mignons ! Ils formaient tous les quatre un belle petite famille. Une famille que l'on mettait un peu trop souvent à l'épreuve. Haruto tentait tant bien que mal de se dire qu'un jour, tout s'arrangerait. Qu'ils pourraient enfin vivre leur amour sans se soucier de soucis à venir. Bien sûr, personne n'était jamais sûr de rien, concernant son avenir. Cela l'aidait un peu à relativiser. Le karma ne pouvait toujours se retourner contre eux ! Quoiqu'ils aient fait, d'ailleurs. Le Japonais se disait parfois qu'ils avaient dû commettre des actes épouvantables, dans leur vie précédente, pour mériter ça. Fréquenter Ji Hoon lui ouvrait l'esprit vers des croyances mystiques.

Les mots de Ji Hoon le touchèrent en plein cœur. Bien sûr, il avait totalement le droit de lui reprocher cette hypocrisie que lui-même ne supportait pas. Haruto ne pouvait pas continuer à se mentir à lui-même. Cette situation lui faisait peur. Et si Ji Hoon ne guérissait jamais ? Mais ensuite, il s'en voulait terriblement de penser une chose pareille. En tant que compagnon, il devait se montrer d'un soutien sans faille. Mais visiblement, il n'y parvenait pas vraiment. Pas du tout. Et ce fut à ce moment-là qu'il laissa sortir ce qu'il avait sur le cœur. Lui aussi craignait de se perdre dans son rôle. Il ne voulait pas devenir le garde malade de l'homme qu'il aimait. Il était son petit ami, pas son infirmier. Bien sûr, Haruto était prêt à l'aider, à le soutenir, mais il devait laisser Ji Hoon se débrouiller. Le laisser essayer, pour guérir. Ses pensées restaient confuses malgré tout. Il en voulait à Ji Hoon, il s'en voulait à lui-même. Puis se disait que ce n'était de la faute de personne en particulier. Si on pouvait prévoir ce genre d'événements, cela ne s'appellerait plus des accidents. Personne n'avait voulu ça. Mais cela le rendait fou. Parce que justement, il ne pouvait en vouloir à personne. Ses larmes coulaient sans qu'il ne s'en préoccupe. Elles étaient plus sincères que les derniers sourires qu'il avait pu offrir à Ji Hoon. Il aurait pu le perdre pour toujours. Et cette pensée seule le terrifiait.

La tête sur les genoux de son petit ami, Haruto se laissa aller. Ces jambes qui ne ressentaient plus rien. Même pas sa chaleur, encore moins sa présence. C'était injuste ! Il renifla plusieurs fois, essayant de reprendre contenance, quand les mains de son homme le caressèrent tendrement. Relevant la tête, il plongea son regard dans celui du Coréen. Il déglutit, hochant doucement la tête. « Oui... Je sais... » Il avait essayé de se montrer fort, mais avait lamentablement échoué. Haruto n'avait pas voulu faire pleurer son homme. Il s'en voulait. Secouant la tête, il pinça les lèvres. « Non, ce n'est de la faute de personne. C'est juste... Horrible. » Un rire dénué de joie le prit à nouveau. Sa main se posa sur celle de Ji Hoon. « Tu n'es pas responsable, d'accord ? Ne t'en veux pas. De toute manière, on ne peut pas revenir en arrière. On doit regarder vers l'avant. » Ses yeux se baissèrent, il les ferma. Oui. Ils ne remonteraient pas le temps pour empêcher cet accident d'avoir lieu. Ils devaient accepter que cela se soit passé. Ils devaient accepter que Ji Hoon était bloqué dans une chaise roulante parce que ses jambes ne répondaient plus, aujourd'hui. Cela ne signifiait pas pour autant qu'ils devaient perdre espoir. Ses deux mains capturèrent celles de son compagnon. « Tu as le droit d'avoir peur. » Son regard se fit sérieux. Haruto renifla pour maîtriser ses larmes. « Mais tu n'as pas le droit de m'abandonner. Compris ? » Il le soutiendrait.

Se redressant après que son homme lui ait fait signe, Haruto l'observa se hisser sur le canapé. Il se retenait de toute ses forces pour ne pas se précipiter vers lui pour l'aider. Il y arrivait très bien tout seul ! Son cœur se gonflait d'orgueil en le voyant réussir. C'était son homme ! Le Japonais ne pouvait contenir un petit sourire fier. Rangeant correctement le fauteuil roulant sur le côté, il s'approcha de son homme, l'embrassant amoureusement. L'espoir lui revenait. S'asseyant à ses côtés, Haruto ne décolla pas ses lèvres des siennes. Lorsqu'ils s'écartèrent l'un de l'autre, Haruto passa un bras sur les épaules de son homme, se collant à lui. Sa main caressant tendrement l'épaule de Ji Hoon, comme pour lui montrer sa présence. « Tu es peut-être différent, mais ça ne veut pas dire que je t'aime moins pour autant... » Bien sûr, Haruto comprenait ce que son homme voulait dire. Il posa son regard amoureux sur lui, l'écoutant avec toute l'attention du monde. Il eut un sourire triste, ne sachant comment le rassurer au mieux. Fermant les paupières, il apprécia le nouveau baiser échangé. Qu'importe la situation, lorsqu'ils s'embrassaient, Haruto avait l'impression que tout s'arrangeait.

« Tu n'as peut-être plus l'impression d'être le même, mais le Ji Hoon dont tu parles est toujours là. Je le sais. » Il serra sa main dans la sienne, fixant un instant leurs doigts liés. « Je suis désolé pour m'être perdu dans mon rôle... Je ne veux pas devenir ton garde-malade. Ce dont tu as besoin, c'est de ton petit ami. » L'amour de sa vie, et lui de la sienne. « Je veux juste que tu saches que, quoiqu'il arrive, je resterai auprès de toi. » Inspirant, expirant, Haruto releva la tête. « Ne dis pas ça comme ça ! On dirait que tu vas... » Non. Il n'osait le prononcer de vive voix. Rapidement, il combla l'espace entre eux pour l'embrasser à nouveau. Un échange doux, devenant ensuite plus passionné. Ses lèvres glissèrent sur la joue du Coréen, puis dans son cou. Il marqua joliment sa peau, se fichant bien qu'on le remarque le lendemain, à l'hôpital. « Saranghae. » Son front se colla à sa tempe. Il l'embrassa tendrement sur la joue, avant de reculer un peu sur le canapé. En écartant les bras, Haruto invita Ji Hoon à s'y glisser en s'allongeant contre lui. « Toi aussi... T'es inquiétudes, je veux que tu m'en fasses part. » Ses bras se refermèrent sur son corps. « Tu sais, Hoonie... On va retrouver l'homme que tu étais, auparavant, et je suis sûr qu'il aura tout de même changé. » En mieux encore. « Regarde, par exemple si tu y penses, lorsque je l'ai rencontré, il venait d'essayer de me voler mon portefeuille. » Haruto sourit tendrement à Ji Hoon. Et aujourd'hui, il lui avait volé son cœur.

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     Sam 22 Sep - 1:52

♡ Haroon ♡

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Ji Hoon faisait souvent semblant, dédramatisait pour sa famille, pour sa mère, ses sœurs, son frère, faisait en sorte que tout allait bien, au fond, qu’il prenait la situation avec philosophie. Avait-il le choix d’agir autrement ? Non. Liang et lui étaient devenus les pilier de la famille, ils devaient être forts, ceux sur qui les autres pouvaient s’appuyer, compter en cas de problème. S’ils devenaient eux-mêmes un problème, c’était bien qu’il y avait un problème quelque part. Néanmoins, avec Haruto, c’était différent. Haruto était son havre de paix, dans ses bras, il pouvait se laisser aller, ne pas avoir l’air plus fort, plus fier, plus n’importe quoi. Il avait découvert cela avec lui, cette impression d’être exactement comme il était, sans essayer de jouer un rôle, sans mentir. Il ne forçait jamais le trait. Avec lui, il se sentait libre de pleurer, de douter, de rire, de poser des questions stupides, d’être un être humain comme un autre, en montrant ses forces mais surtout ses indénombrables faiblesses. De mettre en avant ses qualités sans masquer ses défauts. Son petit-ami lui permettait de partager tout ce qu’il avait toujours de cacher, il le réconfortait, le rendait heureux, il était là pour lui de toutes les façons possibles.

Néanmoins, depuis cet accident, cela semblait différent. Haruto semblait faux, agissant davantage de manière professionnelle, tentant de lui sourire, de lui parler de tout et de rien comme si rien n’avait changé, comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes. Ji Hoon le connaissait, il le savait dépassé, il savait qu’il essayait juste de faire au mieux, de prendre soin de lui comme il le pouvait. Pour le Coréen, c’était trop froid. Il ne se sentait pas libre de dire ce qu’il voulait, répondait évasivement à ses questions, ayant presque peur de le contrarier. Cela ne pouvait plus durer. Leur couple était fort, assez solide pour pouvoir tout se dire. Pour se comprendre, pour supporter la vérité. Ji Hoon avait besoin que son homme cesse ses sourires qui sonnaient si faux, qu’il arrête de prétendre que tout allait bien. Qu’il s’ouvre à lui, tout simplement. Qu’il lui dise ce qu’il ressentait, comment il se sentait, s’il n’allait pas bien. Peu importe la situation dans laquelle il se trouvait, le Coréen voulait être là pour lui. Il voulait prendre soin de lui. Il voulait le rassurer, le consoler, il voulait qu’il s’ouvre à lui et lui permette de résoudre tout ce qui n’allait pas.

Cet accident était difficile à encaisser et, s’il y avait bien une personne qui pouvait l’aider à surmonter cela, c’était bien l’homme près de lui. Cet homme qui lâchait enfin tout ce qu’il avait sur le cœur, qui se confiait enfin à lui. Ils avaient le droit de pleurer, de se laisser aller. Ça faisait du bien, de libérer tout ce qu’il portait sur son dos sans oser craquer. Le convalescent ne voulait pas que son compagnon garder pour lui sa souffrance, qu’il tente d’avoir l’air fort pour il ne savait quelle raison totalement stupide. S’il avait besoin de pleurer, qu’il pleure, s’il voulait crier, qu’il crie. Des larmes coulaient sur ses propres joues, n’ayant pas réellement imaginer qu’il puisse ressentir tout ça. Ses mains le caressaient avec tendresse, tentant de le consoler comme il pouvait. C’était horrible, mais c’était comme ça. Et ils devaient apprendre à vivre avec désormais. « Oui… Vers l’avant. » Ils devaient faire comme ça. Ne pas penser à ce qu’ils perdaient. Avec un peu de chance, il allait retrouver l’usage de ses jambes et tout allait redevenir comme avant. L’accident n’allait pas être empêché, il devait juste tout donner pour remonter la pente, pour retrouver ce qu’il avait perdu ou reconstruire sa vie.

Son pouce caressait la joue de son homme, il hocha doucement la tête. « Compris. Je peux pas t’abandonner de toute façon… » Hors de question, il l’aimait beaucoup trop. Après l’avoir un peu éloigné, il réfléchit un instant avant de trouver un moyen de s’installer sur le canapé. Il répondit au sourire fier de son homme, son cœur battant de joie dans sa poitrine, plus de voir ce joli croissant de lune sur son visage que d’avoir accompli cet exploit. Ses lèvres retrouvèrent fièrement les siennes, il l’embrassa longuement, tendrement, sans le lâcher quand il s’installa à côté de lui. Pour l’instant, il l’aimait encore, mais dans les prochains moi, cela pouvait changer, s’il réalisait combien il était difficile d’entretenir une relation avec un paraplégique. Leurs rêves devaient changer, tout comme les projets plus ou moins fous qu’ils envisageaient. Pour oublier tout ça, il retourna l’embrasser. Quand il l’embrassait, le monde n’existait plus, il oubliait ce qui le tracassait, ce qui lui faisait de la peine.

Ji Hoon écoutait son homme lui parler, lui remonter le moral comme il pouvait. Il voulait le croire. Croire que celui qu’il avait été, celui qu’il adorait tellement était encore là, quelque part en lui. Qu’il dormait pour réapparaître bientôt. Son regard ne lâchait pas celui de son petit-ami, touché par ce qu’il disait, heureux de l’entendre dire tout cela. Un garde malade, il n’en avait pas besoin. Il hocha timidement la tête pour approuver ce qu’il disait. « J’ai besoin de toi, oui. Mon amour. » Son seul et unique amour, celui qu’il aimait plus que tout, le plus important. Sa personne préférée. « Oui, je sais… » Qu’il serait là, qu’il ne le laisserait pas tomber. Ce que Ji Hoon craignait, c’était de voir son homme emprisonner à lui, qu’il ne soit plus heureux, mais n’ose pas le quitter. Il en serait malade, de ne pas réussir à faire son bonheur comme il l’aurait voulu. Il serait toujours avec lui, Ji Hoon n’avait pas vraiment pensé ses mots. La réaction de Haruto l’aida à comprendre, il eut le temps de s’excuser dans un souffle avant que ses lèvres ne se fasse prendre par les siennes et la conversation stoppa net, comme le monde. Ses bras glissèrent dans son dos, perdant le fil quand l’échange se fit passionner. Son cœur battait à tout rompre, il ferma les yeux, appréciant ses attentions dans son cou alors que ses doigts se perdaient dans ses cheveux.

« Moi aussi je t’aime… » Il s’aida de ses bras pour venir se blottir dans les siens, fermant les yeux pour humer son parfum. Ji Hoon voulait vraiment retrouver l’homme qu’il avait été. Sa confiance en lui, son charisme débordait, son aisance. Il n’avait pas envie de changer, juste de redevenir ça, de redevenir cet homme-là, en pleine forme, en pleine santé. Avec ses deux jambes. Pouffant à l’anecdote, il plissa le nez, lui volant un baiser. « Je comptais te le rendre, c’était juste pour me prendre une bière ! » Il l’aurait reposé plus loin ensuite. Pouffant encore il frotta son nez contre le sien. Leur rencontre était épic, dans ce bar, cette nuit-là, le jeune Coréen qu’il était de dix-neuf ans à peine, qui cherchait à se sociabiliser alors qu’il ne parlait pas un mot de japonais. Ce portefeuille trot tentant, lui qui était bien plus discret d’ordinaire, évitait ce genre d’action pouvant lui causer du tort. « Au fond, je pense que quelque chose à dû me pousser vers toi. On devait se rencontrer ce soir-là. » Sa main glissa sur sa joue, il posa sa tête sur son torse. « Tu sais, comme la légende du fil rouge. Je l’ai suivi depuis Seokgyo, je l’ai perdu un peu parfois, mais je devais trouver l’autre bout. » Sa main attrapa la sienne. « Un lien magique qui nous uni. La distance a pu l’étirer, on a pu l’emmêler en faisant des erreurs, mais il pourra jamais casser. » Jamais. Quand deux amants étaient destinés, le fil rouge était indestructible.

Leurs souvenirs étaient beaux, Ji Hoon aimait se rappeler tout ça. Leur rencontre, ces années de naïveté, à ne pas réaliser combien ils s’aimaient. Ces voyages qu’ils avaient fait ensemble, ces moments forts de leur relation. Il était si chanceux de l’avoir, d’être avec lui. « Tu sais, quand on y pense bien, l’homme que moi j’ai rencontré ce soir-là… Il a bien changé depuis. » En mieux, beaucoup, beaucoup mieux. A l’époque, il était parfait pour ce pseudo voyou voleur de portefeuille, mais Ji Hoon l’aimait de plus en plus. « T’étais si timide… Si Japonais… » Un petit rire quitta ses lèvres. Il lui avait plu quand même. Quand il tentait de communiquer avec lui. « Mais t’es toujours aussi patient. » Et le Coréen lui était terriblement reconnaissant. Désormais, Haruto osait davantage, il ne se laissait plus faire, comme lors de l’interaction avec Kurino. « Tu me rends si fier de toi. Quand tu oses dire ce que tu penses, quand tu t’affirmes… ça me rend vraiment très fier. » Qu’il ose poser ses opinions, camper sur ses positions. « Tu sais qu’on m’enviait beaucoup à l’hôpital ? Une infirmière m’a dit qu’elle avait jamais vu un petit-ami aussi… Je sais plus le mot. Quand quelqu’un est toujours là, demande des nouvelles, essaie d’aider… » Haruto était un petit-ami attentionné et impliqué, il reconnaissait bien sa chance. « Que t’étais doux et gentil aussi. Je lui ai bien rappelé que t’étais qu’à moi ! Exemplaire unique et pas du tout à vendre. » Ses lèvres se posèrent sur les siennes. « Elle a été prévenu, interdiction qu’elle t’approche ! » Et toutes les autres infirmières, d’ailleurs, parce qu’il avait entendu dire qu’elle n’était pas la seule à avoir été charmé par ce bel homme qui venait voir son petit-ami qui venait d’avoir un accident. Haruto était son homme, à lui, et juste à lui.




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     Dim 23 Sep - 20:46

♡ Haroon ♡

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Aussi terribles pouvaient être les conséquences de cet accident, il n'y avait rien qu'ils puissent faire pour remonter le temps. Haruto se disait qu'il donnerait tout pour empêcher quelque chose d'aussi horrible se passer, mais il savait très bien qu'il devait aujourd'hui accepter la vérité, aussi cruelle fut-elle. Il ne pouvait que deviner l'état psychologique dans lequel se retrouvait son homme, même si ce dernier acceptait de lui déballer tout ce qu'il pouvait avoir sur le cœur. Il y avait des choses qui ne trouvaient jamais de mot assez fort et précis. Ils devaient désormais vivre avec cette cruelle vérité ; les jambes du Coréen ne le portaient plus. Il ne pouvait plus marcher, cloué sur une chaise roulante. Néanmoins, malgré le peu d'espoir, malgré les doutes, au fond de lui, le Japonais voulait y croire. Un petit miracle, rien que pour eux. N'avaient-ils pas déjà assez souffert du retour de karma ? Le méritaient-ils vraiment ? Bien sûr, il savait également qu'il ne trouverait pas vraiment de réponse à ses interrogations. Comme il le disait, ce n'était de la faute de personne. Un bête accident qui bouleversait leur vie.

Ce qu'ils devaient aujourd'hui maîtriser, c'était cette peur qui leur serrait le cœur et leur contaminait l'esprit. Ils ne devaient pas la laisser gagner, ne devaient pas s'abandonner à elle. Haruto ne savait pas vraiment comment y arriver complètement, mais ce qu'il savait, c'était qu'avec Ji Hoon, il était prêt à tout affronter. Son inquiétude s'amoindrissait en sa compagnie. Lorsqu'il se retrouvait contre lui, tout allait forcément mieux. Avec tout ce qu'ils vivaient, ils auraient pu depuis longtemps abandonner ou, pire, se séparer. Leur amour était cependant plus fort que tout ça. Plus fort que ce karma qui s'acharnait à leur donner des retours de bâton. Ils ne pouvaient pas s'abandonner. C'était ensemble qu'ils étaient les plus forts. Après tout, que serait-il advenu de lui, après sa chute sur cette piste de snowboard ? Si Ji Hoon l'avait abandonné, ce jour-là, Haruto n'aurait plus été que l'ombre de lui-même. Un pâle copie du Kamiya Haruto d'aujourd'hui. Le baiser qui lui avait donné son meilleur ami l'avait ramené à lui, comme le prince d'un conte de fée. Parce que sans ses souvenirs d'avec lui, ces souvenirs qui faisaient ce qu'il était aujourd'hui, le Japonais n'aurait plus vraiment été vivant. Un simple survivant qui essayait de retrouver sa place dans un monde incomplet. Il aurait toujours cherché quelque chose, sans savoir vraiment quoi, mais en sachant que c'était là. Dans sa mémoire, dans son cœur. Et il aurait sûrement été trop tard lorsqu'il aurait trouvé sa réponse.

Sa réponse à son existence entière, le sens de sa vie. Ji Hoon. Grâce à lui, son monde était enfin complet, comme son cœur. Un seul cœur qui battait à l'unisson, leur amour qui trouvait vie lorsqu'ils se retrouvaient ensemble. Haruto n'osait même pas essayer d'imaginer ce que serait une vie sans ce Coréen qui avait tout balayé dans sa vie, de son mode de vie à sa façon de penser. Cet homme pour qui il ferait tout, se retrouvant si fier à le voir s'en sortir seul, sans besoin de lui demander de l'aide. Non, il ne pouvait être son garde-malade. Il était son petit ami, son compagnon. L'amour de sa vie. Pas son patient. Haruto s'était toujours promis de ne jamais le psychanalyser, cela valait pour toute forme de suivi médical. Bien sûr, il souhaitait l'aider. Il le soutiendrait quoiqu'il advienne, et il était important que Ji Hoon le comprenne. Voilà pourquoi le Japonais l'encourageait à avancer, à se battre pour prouver au monde entier que même un handicap ne l'arrêtait pas. Le Ji Hoon d'avant n'était pas mort, juste endormi au fond de lui, voilà tout. Lui qui avait toujours été si sûr de lui, ambitieux, presque insolent envers la vie. Lui qui méritait que le monde se mette à genoux devant lui. Il surmonterait cette nouvelle épreuve, comme il les avait toutes surmontées jusqu'ici. Et Haruto resterait à ses côtés pour l'y encourager et pour l'y aider. Ils ne se laisseraient pas abattre. Après tout, ils étaient jeunes.

L'optimisme lui revenait, alors qu'il embrassait son petit ami. Avec douceur, avec amour. Il ne voulait pas penser à quelque chose de tragique ou il ne savait quoi encore. Peut-être que Ji Hoon ne s'en était pas rendu compte, mais ses mots lui avaient fait comme un choc électrique. Haruto rejetait toute forme d'adieu, de près ou de loin. « Et moi de toi. » Un couple inséparable, amoureux. Oui, Haruto avait tout autant besoin de Ji Hoon. Sans lui, sa vie était vide de sens. Rien qu'en l'embrassant, il se sentait comme un adolescent en plein émoi qui connaissait sa première fois. C'était un sentiment exquis dont il ne se lassait pas le moins du monde. C'était aussi doux que passionné. Dans sa poitrine, son cœur battait à tout rompre. Lorsqu'il se retrouvait dans les bras de Ji Hoon, Haruto se sentait bien. Vraiment bien. Et à sa place. Lorsqu'il le serrait dans ses bras, il savait qu'il avait trouvé ce qu'il avait longtemps recherché, sans même en avoir conscience. Il l'aimait, oui. Et s'il le pouvait, il le lui répéterait dans toutes les langues connues et oubliées. En serrant Ji Hoon dans ses bras, Haruto se rendait une nouvelle fois compte de quelque chose qu'il avait pourtant depuis longtemps accepté ; il ne le laisserait pas tomber. Il ne l'abandonnerait pas. Il comprenait que son homme ait besoin de retrouver l'usage de ses jambes, et il l'aiderait. Mais il ne l'en aimait pas moins pour autant.

Un sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu'il se remémora cette soirée-là, puis, quelques années plus tard, l'aveu du Coréen. Il avait tenté de lui subtiliser son portefeuille ! Et dire qu'il n'avait rien remarqué, et l'avait même invité à boire une bière avec lui et ses amis. Il lui avait même payé son verre ! Un comble ! Mais loin de le fâcher, cette anecdote le faisait sincèrement rire. « Une bière que tu as eu, je te signale ! T'as dû me trouver bien stupide ! » Il lui pinça doucement la joue, sachant qu'il ne pouvait lui en vouloir. De plus, Ji Hoon lui avait assez souvent répété combien il n'aimait pas les Japonais. Sauf lui, bien entendu. Frottant son nez contre le sien en pouffant bêtement, ce dernier serra un peu plus son petit ami contre lui, appréciant la caresse sur sa joue. En l'écoutant parler, il lui octroya quelques baisers sur le haut du crâne, humant le parfum envoûtant de son shampoing. « Je crois aussi. » Il sourit dans la masse de cheveux qui lui chatouillait le nez. Redressant la tête, Haruto la pencha ensuite un peu, pour mieux observer le profil si parfait de son homme. « Non, il ne cassera pas. Tu sais que j'ai commencé à croire en ce genre de choses grâce à toi ? » Et non pas à cause de lui. Souriant à Ji Hoon sans qu'il soit sûr de le voir, Haruto pensa avec affection combien il s'était épanoui grâce à lui.

Ji Hoon avait donc raison, il avait changé. En mieux, le Japonais l'espérait ! Si timide, si Japonais... « Mais je le suis encore ! » Il éclata de rire. Ses doigts caressèrent tendrement la joue de son homme. « C'est grâce à toi, tu sais. Tu m'as rendu plus fort. Tu ne dois même pas t'en rendre compte... Pourtant, je sais que je te dois beaucoup. Tu es la plus belle chose qui me soit arrivé. Ma plus belle rencontre. » Et peu importe qu'il ait tenté de lui subtiliser son portefeuille. « Parfois, je me demande ce qu'il se serait passé si je n'étais pas sorti, ce soir-là, comme d'habitude. Je n'arrive pas à me dire qu'on se serait loupé pour de bon, je me dis qu'on se serait retrouvé malgré tout, un peu plus tard. Parce que oui, il y a ce fil rouge qui nous relie. » Plus de doute à avoir, aujourd'hui. Dans cette vie, comme dans toutes les autres, ils se retrouveraient. « On s'est bien trouvés. » Faire ressortir le meilleur de l'être aimé. Haruto, lui, était également fier de son homme. Fier qu'il ait arrêté ses activités douteuses pour se lancer à la poursuite de son rêve. Certes, ces derniers temps, la vie lui balançait des épreuves éprouvantes, mais Ji Hoon ne devait baisser les bras. « C'est pour être digne de toi. Et puis, je sais que mon comportement trop docile nous a valu des problèmes. Avant, je ne voyais pas l'utilité de m'affirmer, je n'aimais pas les conflits, mais... ça voulait dire m'écraser, et je l'ai trop fait. Si j'ai changé et que je continue à changer, j'espère que c'est pour le mieux, parce que je le fais pour nous. »

Son sérieux s'envola cependant très vite après l'aveu de son petit ami concernant cette infirmière. Haruto fit mine de réfléchir. « Un petit ami si... sexy ? » Il pouffa bêtement. « [color=#4682B4]Attentionné ? « C'est parce que je suis fou amoureux. Tu as bien fait de lui dire. » Il sourit dans le baiser qui lui donna Ji Hoon, y répondant tendrement. « C'est à moi de dire ça ! Bon, en soit, je ne pouvais pas vraiment râler, puisque c'est leur métier, mais j'ai fait remarqué à leur chef de service que c'était étrange qu'il y ait autant d'infirmières à ta charge, et que tu aies besoin de tellement de soins nécessitant d'être touché. » Il fronça les sourcils. « Tu te souviens que je suis venu un soir et qu'il y avait cette infirmière au cheveux courts qui te palpait le bras ? » Haruto secoua la tête, encore choqué qu'elle ait osé lui répliquer que ça pouvait toujours être utile. « Comme si ça allait t'aider ! Sauf si tu as prévu de marcher sur les mains. » Il le serra un peu plus fort. « Il n'y a que moi qui ait le droit de te palper comme ça. Ah, et à propos de massages... » Son air redevint sérieux, presque timide. « J'en ai appris quelques uns, censés te faire du bien... » Un peu de rouge commençait à colorer ses joues. Il l'avait bien dit que le Kamiya Haruto de leur rencontre était toujours là ! « Ce sont des massages pour t'aider à stimuler certains nerfs, pour tes jambes, mais aussi... le reste. » Il pinça les lèvres, avant de chercher son regard. « Je me doute que ce n'est pas la priorité dans l'immédiat, mais... Est-ce que le médecin t'a dit si tu pouvais avoir une activité sexuelle ? » Sa main caressait doucement son dos. Certes, le sexe ne faisait pas tout dans un couple, mais ils étaient deux adultes parfaitement épanouis. C'était une question légitime pour un couple aussi amoureux et uni qu'ils formaient tous les deux. Peut-être que ce serait difficile pour Ji Hoon d'en parler, mais Haruto avait besoin de savoir.  

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     Lun 24 Sep - 0:26

♡ Haroon ♡

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Leur histoire était unique, Ji Hoon en était persuadé. Qui pouvait témoigner d’un amour aussi fort, aussi exceptionnel ? Ils s’étaient connus tellement par hasard, sans même y penser. Le fil s’était raccourci pour qu’ils puissent finalement se rencontrer durant cette belle soirée d’été, dans un bar qui n’avait rien de spécial à ses yeux, sauf la personne qui s’y trouvait. C’était tellement incroyable. Quand il regardait Haruto, quand il repensait à l’étudiant qu’il avait rencontré ce soir-là. Son cœur se réchauffait toujours, en se remémorant cette soirée, la terre qui lui avait semblé immobile pendant une seconde, quand cet inconnu s’était retourné vers lui, quand il avait vu ces grands yeux brillants pour la première fois, quand il lui avait sourit poliment et remercié pour ce portefeuille que Ji Hoon n’était pas parvenu à voler. Peu importe, il n’avait pas eu de portefeuille mais il avait pu rencontrer celui qui serait son grand amour, le seul qu’il pourrait connaître dans sa vie, celui avec qui il voulait finir ses jours. A l’époque, il était trop immature, encore trop jeune pour comprendre, pour voir ce que cet homme allait représenter pour lui. Désormais, il en avait pleinement conscience, et il pouvait chérir ces souvenirs d’une autre époque.

Son regard se perdait sur le visage de son homme, il était encore aussi beau. Ils avaient l’air plus adultes désormais. Haruto avait perdu l’air enfantin qu’il arborait à ce moment-là, quand bien même son sourire mutin faisait son apparition la plupart du temps. Son sourire était probablement ce qu’il y avait de plus beau chez lui, même s’il était difficile de choisir ce qu’il préférait. Sans doute que six ans en arrière, le jeune Ji Hoon de dix-neuf ans avait déjà été marqué par la beauté de ce Japonais qui l’avait si gentiment accueilli à sa table, à qui il avait proposé un verre. Penser à tout cela l’aidait à oublier la situation dans laquelle il se trouvait, l’aidait à penser à des choses plus douces, plus heureuses. Ji Hoon ne voulait pas retourner à cette époque, ils en avaient fait du chemin pour en arriver là et leur relation telle qu’elle était aujourd’hui lui plaisait beaucoup. Bien trop pour avoir envie de perdre la proximité qu’il avait. Ils étaient tellement dans la retenu ! Se touchaient un peu, jamais trop (déjà trop pour de simples amis, en réalité), mais désormais, il se disait qu’il ne serait plus en mesure de se contrôler. Il avait besoin de l’embrasser, de passer sa main dans ses cheveux, de le caresser. C’était devenu une drogue qu’il ne pourrait pas retirer.

Contre Haruto, tout semblait plus simple, la situation devenait plus supportable, il était bien. Il ne pourrait être mieux. Un petit rire fier quitta ses lèvres. Eh oui ! Il l’avait eu, son verre, payé de la poche de ce très gentil Japonais qu’il avait tenté de dépouiller quelques secondes plus tôt. Sa gentillesse l’avait surpris, peu habitué à ce que quelqu’un soit spontanément aussi gentil avec lui, ou du moins, qu’un homme le soit. « Pas du tout. J’étais content que tu sois gentil avec moi et que tu me payes un verre. » Son sourire se fit amuser, il fronça les sourcils quand son homme lui pinça la joue. Evoquant sa théorie sur le fil rouge qui les liait, il appréciait les baisers de son homme sur le haut de son crâne, faisant de son mieux pour se blottir davantage contre lui. Entendre que Haruto avait commencé à croire en cela lui faisait plaisir. Il savait bien que ce n’était pas le genre de croyance qu’avait son homme, parfaitement athée et cartésien. Pour le Coréen, ça faisait du bien de croire en quelque chose. Il pratiquait mal sa religion, était sans doute tout ce que Dieu ne voulait pas, quand bien même à ses yeux, c’était les Chrétiens qui durcissaient la religion. Tant qu’on s’aimait, ce n’était pas un péché. « Tu dois y croire, ça existe, le fil rouge. Ma mère m’en parlait déjà petit, pour mon père et elle. Elle disait qu’au bout de mon fil rouge, il y avait la femme que j’allais épouser… » Un petit sourire amusé orna ses lèvres en regardant Haruto.

Son sourire se fit plus doux, son regard ne se détachait pas de lui en entendant sa déclaration. Le Coréen n’était pas certain de lui avoir réellement autant apporté, du moins, il se disait que son petit-ami avait évolué par lui-même également, mais l’idée de l’avoir aidé à se révéler lui plaisait. Cela allait dans les deux sens. Après tout, Haruto l’avait assagi, lui avait permis de trouver une certaine sérénité, un bonheur qu’il n’avait jamais envisagé. Ils faisaient ressortir le meilleur chez l’un et l’autre, avaient trouvé un équilibre inimaginable. Effectivement, si ce soir ils s’étaient manqués, Ji Hoon voulait aussi croire qu’ils auraient pu se trouver d’une autre façon, ailleurs, une autre rencontre, probablement tout aussi étonnante. Leur rencontre était surprenante, amusante, unique. Se rencontrer dans un bar était en soi banal, mais l’un qui tentait de voler l’autre était surprenant. Il avait pu le raconter à l’une des infirmières qui lui avait curieusement demandé comment est-ce qu’il avait rencontré son petit-ami, ça avait facilement fait le tour du service, tous surpris et amusés. « Très, très bien trouvé, même. Comme dit la légende, le fil peut pas se briser, il peut juste s’emmêler ou s’étendre, d’une façon ou d’une autre, on se serait trouvé. » Qui sait ? Peut-être que s’il n’avait pas bougé de Seokgyo, Haruto l’aurait même trouvé là-bas, lors d’un séjour en Corée du Sud, pourquoi pas à Busan ?

« Je t’aimais comme tu étais avant, je t’aime encore plus aujourd’hui, moins timide, moins docile… Je me demande à quel point je vais t’aimer dans le futur… » Son regard se leva vers lui, il alla poser ses lèvres sur sa mâchoire, retournant rapidement se blottir contre lui. A l’hôpital, ils avaient fait sensation auprès du personnel, leur histoire ne laissait pas indifférent. Deux hommes, à priori hétérosexuels, qui étaient tombés amoureux, ayant mis quatre ans à le réaliser. On avait du mal à le croire, et pourtant, c’était bien vrai ! Il sourit quand Haruto tenta de trouver son mot et Ji Hoon gonfla les joues, secouant la tête. « Non, mais elles devaient le penser aussi ! » Il était sexy, on ne pouvait le nier, mais ce n’était pas el mot employé. Le Coréen hocha la tête à la seconde proposition. Attentionné, exactement. Il était plutôt fier d’avoir un homme comme lui à ses côtés, tout le monde le jalousait un peu ! Il avait droit au cliché des « ah, les gays sont toujours si tendres/doux/ajouter cliché idiot » mais il s’y était fait, prenant soin de toujours les corriger. Cela n’avait rien à voir avec une sexualité, mais bien avec l’homme parfait qu’était Kamiya Haruto. Sa perfection à lui et rien qu’à lui.

Amusé quand il évoqua son petit harem d’infirmière, son sourire se fit un peu trop fier. Il aimait encore plaire et qu’on s’occupe de lui. « Elles faisaient très bien leur travail ! » Il n’avait pas à se plaindre, on l’avait clairement chouchouté et ça l’avait un peu aidé à relativiser la situation. On lui apportait l’attention nécessaire, Ji Hoon aimait qu’on le mette au centre de l’attention, qu’on s’intéresse à lui, à sa vie, à sa personne. Son narcissisme revenait même parfois. « La chef de service venait aussi me voir souvent ! » Il les charmait toutes. S’ils n’étaient pas ensemble et amoureux, ils auraient fait un magnifique duo de séducteur. Riant en repensant à cette infirmière qui aimait bien le toucher sans que cela n’ait vraiment raison d’être, il pinça les lèvres, hochant la tête, indiquant qu’effectivement, il s’en souvenait. « Peut-être qu’ils essaient justement de tester quelque chose de nouveau. Marcher avec les bras ? Elle massait bien en tout cas ! » Son sourire se fit mielleux en regardant Haruto, cherchant à le taquiner, il le serra plus fort. Voyant le visage de son homme redevenir sérieux, il l’imita, curieux quand il évoqua les massages. Censés lui faire du bien ?

Un sourire se dessina malgré lui sur ses lèvres en le voyant rougir, il ne put s’empêcher de lui pincer la joue. Il était si mignon. « Me faire du bien comment ? » Il voulait plaisanter, mais son sourire sembla soudainement un peu crispé. Des massages faits pour le stimuler. Stimuler le bas de son corps, en entier, s’il comprenait bien. Ses lèvres se pincèrent, la conversation devenait sérieusement. La conversation devenait gênante. Il s’écarta un peu de Haruto, fixant le sol un instant. Ils devaient en parler, c’était normal. La sexualité faisait partie intégrante de tous couples adultes normalement constitués. Ji Hoon avait toujours été intéressé par le sexe, il avait sauté le pas assez jeune parce qu’il voulait savoir ce que ça faisait, et longtemps, il avait papillonné à droite, à gauche, sans jamais se poser vraiment. Il avait multiplié les partenaires, comme pour briser son propre record idiot. Avec Haruto, le sexe avait pris tout son sens. Ils étaient bons, très bons et leur sexualité était incroyable. Se dire que tout ça était peut-être terminé était difficile à encaisser. « Non, il m’en a pas vraiment parlé mais… » Son regard se posa sur Haruto, il tenta de sourire. « Je sens pas grand-chose là non plus, enfin… » Il trouvait ça si embarrassant d’en parler, presque humiliant, même si c’était totalement stupide. C’était son petit-ami, il n’allait pas le juger, ils devaient en parler. « J’ai pas vraiment essayé, j’ai peur d’essayé. J’ai lu des trucs sur internet, des gars qui ressentent plus rien. Genre ça marche mais ils le sentent pas. » Ca lui faisait peur, de ne plus jamais vraiment ressentir de plaisir sexuel lors de leurs ébats. Il trouverait bien un moyen, il voulait relativiser, mais le sexe avec Haruto avait toujours été des plus orgasmiques, il allait avoir besoin de temps pour faire son deuil. « Je veux bien qu’on essaie tes… Massages, mais sinon, on trouvera bien. Tu sais qu’on peut trouver du plaisir en donnant un orgasme à son partenaire ! » Il allait se focaliser sur Haruto, cela leur irait bien aussi, au final. Du moins, Ji Hoon s’en convaincrait. Il devait rester optimiste, quoiqu’il arrive.


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     Mar 25 Sep - 0:45

♡ Haroon ♡

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Si on lui posait la question, Haruto serait bien incapable de répondre ; pourquoi avait-il accepté Ji Hoon à sa table, ce soir-là ? Pourquoi lui avait-il proposé de lui payer sa bière ? Il y avait eu quelque chose dans son sourire qui l'avait charmé. Quelque chose dans son regard qui l'avait envoûté. En vérité, le Japonais ne pouvait l'expliquer. Il se souvenait simplement de cette entente qui leur avait semblé si naturelle. Pourtant, ils ne partageaient pas vraiment de points communs. Ils étaient même plutôt opposés dans bien des domaines. Mais c'était peut-être ça qui avait fait qu'ils tombent amoureux ? D'accord, ce soir-là, Haruto était à des années lumières de se douter que cet étranger se révélerait être l'amour de sa vie. Durant de longs moins – trop longues années – ils avaient parfaitement joué le rôle de meilleur ami, chacun dans la vie de l'autre. Peut-être que Ji Hoon même un peu mieux. L'étudiant qu'il avait été s'était longtemps montré distant, tout en souhaitant secrètement que ce Coréen si charismatique, si charmant, si parfait à ses yeux, que ce Coréen si spécial reste dans sa vie et ne l'oublie pas. Parce que le Japonais ne pouvait se mentir, il avait été sacrément ennuyeux, au début de leur relation – alors purement amicale.

Ji Hoon avait complètement tout chamboulé dans sa vie. Et si au départ, Haruto s'était montrer ennuyé, au fond, il appréciait réellement quand cet étranger débarquait sans crier gare. Encore aujourd'hui, il lui en était reconnaissant, car sans ce Coréen un brin intrusif, le futur psychiatre n'aurait sûrement pas connu la lumière du jour durant toute la durée de son doctorat. Lui, sans s'en rendre compte, l'avait calmé sur les sorties trop arrosées, les soirées du week-end se finissant au petit matin. Ensemble, ils avaient trouvé cet équilibre sans jamais vraiment le chercher. Au fond, ils le voulaient sans vraiment le savoir. La présence de Ji Hoon dans sa vie était devenue primordiale. Il lui manquait sans qu'il ne s'en rende tout de suite compte. Plus les jours passaient, et plus il voulait le voir, espérant qu'il franchirait cette porte pour le déranger dans ses études. Le Japonais regrettait, aujourd'hui, les fois où il l'avait repoussé. Ces fois où il lui avait fait sentir que sa présence n'était pas nécessaire, alors qu'il regrettait, une fois la porte refermée derrière Ji Hoon, un silence emplissant son petit appartement d'étudiant.

S'il y avait des choses à refaire, Haruto se disait souvent qu'il voudrait remonter le temps. Pourtant, il lui semblait clairement que les événements s'étaient déroulés comme ils avaient dû se dérouler. Il leur avait fallu tout ce temps pour réaliser qu'ils s'aimaient plus qu'ils ne l'avaient d'abord soupçonné. Une attente à la hauteur de leur amour, après tout. Ce fil rouge les avait attiré l'un à l'autre, malgré la distances et les chemins détournés empruntés durant quatre ans. Cela faisait six ans qu'ils se connaissaient. Souvent, Haruto ressentait ce sentiment étrangement contradictoire. Six ans, ça lui semblait bien peu. Sa rencontre avec Ji Hoon semblait dater de la veille. Pourtant, il avait également l'impression de le connaître depuis bien plus longtemps. « Est-ce que le fil rouge nous lit à travers le temps ? Je pense qu'on était déjà liés dans nos vies antérieures... » Voilà le genre de choses qu'il n'aurait prononcé auparavant. Des paroles bien loin de la logique que son esprit cartésien appréciait tant. Aujourd'hui, croire à des vies passées et futures, des existences autre, mais toujours vécues par eux, tout ça lui paraissait plus que possible. Parce qu'il lui était impossible de croire qu'une vie sans Ji Hoon puisse exister.

« C'est pour toi que je m'efforce de devenir de plus en plus parfait chaque jour. Pour que tu tombes chaque matin encore plus amoureux de moi ! Pour te garder, parce que je suis vraiment égoïste, tu comprends ? » Haruto ne le voulait rien qu'à lui. « Mais en vérité, je sais très bien que c'est moi qui suis sous ton charme. Tu m'as bien eu ! » Il laissait un petit rire lui échapper avant de lui embrasser tendrement le haut du crâne. « Dire que je me moquais de ces filles que tu charmais et qui tombaient sous ton charme à peine un mot de ta part prononcé. Je suis tombé dans le piège tête la première. » Mais le sourire qui illuminait ses traits témoignait sans mal de son absence totale de regrets. Tomber amoureux de Ji Hoon – ou plutôt, s'être rendu compte de ses sentiments pour lui – était la plus belle chose qu'il lui soit arrivé. Aussi savait-il combien son homme était fatal, lorsqu'il s'agissait de déployer ses charmes pour obtenir ce qu'il souhaitait. Et qu'est-ce que Lee Ji Hoon souhaitait toujours ? De l'attention. Forcément, puisqu'il passait ses journées à plusieurs kilomètres de là, dans un autre hôpital, Haruto n'avait pu le surveiller comme il l'aurait voulu. Autant pour son moral et sa guérison, que pour des raisons plus égoïstes. Sa jalousie, par exemple. Certes, il était passé pour un petit ami très attentionné, mais hors de la chambre, le Japonais s'était également montré possessif, n'hésitant pas à faire comprendre ce qui ne lui plaisait pas dans le comportement de ces infirmières, qui restaient des femmes avant tout !

« Tu leur plaisais beaucoup plus ! » Il fronça les sourcils, mais son sourire chassa sa moue aussi vite qu'elle avait déformé ses traits. Ji Hoon avait toujours son petit succès, où qu'il aille. Ça lui faisait plaisir de le voir sourire si fièrement. Quelque part, c'était ce que Haruto voulait lui démontrer. Malgré tout, Ji Hoon restait ce jeune homme aux charmes indéniables. Même si le Japonais se montrait un peu (beaucoup) jaloux, il restait fier, lui aussi. Son homme pouvait ainsi constater qu'il n'était pas fini. « Tu essayes de me rendre jaloux ? Parce que tu as réussi. Je n'ai pas le choix ! Je vais te chouchouter encore plus. Tellement que tu les oublieras toutes ! » Chouchouter. Pas soigner. Choyer, aimer. Lui faire comprendre combien la vie méritait d'être vécue, lorsque c'était près de la personne aimée. Haruto s'était donné pour mission de rendre la vie aussi agréable que possible à son petit ami – sans jouer le rôle de garde-malade. « Je vais devoir éliminer toutes celles t'ayant toucher un peu plus que nécessaire. Dommage. » Il secoua la tête d'un air grave, avant de pouffer bêtement. « Je masse beaucoup, beaucoup mieux ! » Il lui pétrit le bras, histoire de lui faire comprendre qu'il ne souffrait d'aucune comparaison.

Mais ces paroles le menèrent vers une autre idée qui lui rappela ses questions concernant un sujet bien précis. Un sujet qu'il avait craint d'aborder, les premiers jours. Après tout, ce n'était pas encore d'actualité. Ji Hoon avait besoin de repos complet. Pas d'agitation inutile – aussi vital que le sexe pouvait parfois sembler au Japonais. Faire l'amour avec Ji Hoon était le summum de leur relation. C'était dans ces moments-là où ils ne faisaient vraiment plus qu'un, simplement guidés par leurs envies, leur passion commune. Mais aujourd'hui ? Où en était Ji Hoon, à ce propos ? Haruto ayant peur des réponses, il n'osait poser les questions. Ses connaissances n'étaient que limitées, et il ne connaissait dans le détails les éventualités possibles. « Te faire du bien. » Prenant une profonde inspiration, il attendit donc sa réponse. La gêne lui parut soudainement insupportable. Certes, ce n'était pas lié au sexe en lui-même, le Japonais en avait pleinement conscience. Ce qui gênait était cette possibilité de ne plus jamais connaître ce qu'ils avaient partagé. La mâchoire serrée, il attendait donc le verdict, se demandant s'il pouvait garder la face. Ils pourraient faire sans. Sûrement. Ou avec, dépendamment du point de vue. Mais pour le moment, Haruto ne voulait pas trop se projeter.

Regard légèrement baissé, il écoutait Ji Hoon. N'avait-il pas osé poser la question. Son regard sérieux se posa à nouveau sur lui. Se redressant à son tour, il se disait qu'une posture plus sérieuse était de mise, pour un sujet somme toute important, dans la vie d'un couple si amoureux. Le sexe ne faisait certes pas tout. « Ne te réfère pas trop à ce que tu peux lire sur Internet, d'accord ? On découvrira ça ensemble. » Sa main lui caressa tendrement le dos de la sienne. Il lui sourit ensuite. Un sourire sincère, amoureux. Malgré le sujet, Haruto était touché par les paroles de son compagnon. « Ah ça oui, je sais... » Restait gravée dans sa mémoire l'image du visage de Ji Hoon lorsqu'il atteignait l'orgasme grâce à lui. Sa petite fierté. « Je sais qu'on s'en serait passé mais, c'est une nouvelle expérience, en quelque sorte. Et je vais tout faire pour qu'elle te soit autant agréable qu'à moi. » Sa main se leva pour se perdre dans ses cheveux. Ses yeux observaient son profil parfait. « Je me sens vraiment horrible parce que... C'est l'une des premières questions qui m'a traversé l'esprit. 'On pourra encore faire l'amour ?' » Sur ses lèvres s'étira un sourire navré.

« Cet accident ne détruira pas notre couple. D'aucune façon. » Il lui attrapa doucement le menton pour plonger son regard dans le sien. Ses lèvres embrassèrent alors les siennes. « Allez, viens. » Se laissant à nouveau tomber contre le canapé, il fit signe à Ji Hoon de s'installer contre lui. Ses mains se posèrent alors sur chacune de ses tempes, qu'il massa lentement. « C'est Rina qui m'a parlé de massages tantriques. Entre ça et le yoga... » La vie sexuelle de sa meilleure amie devait être sacrément épanouie. « Normalement, ça se pratique entièrement nus... Mais il y a des yeux innocents qui nous observent. » Il laissa un sourire éclairer ses traits, alors que ses bras capturaient Ji Hoon. « Hoonie... Promets-moi de tout me dire, d'accord ? Quand tu te sens mal, si tu as des pensées trop sombres, si tu te poses des questions, si tu as envie de me crier dessus... » Son nez s'enfouit dans la masse de ses cheveux, dont il inspira longuement le parfum. « Tu es mon tout. Je ferai tout ce que je peux pour te rendre heureux, tu le sais, hm ? » Il le serra plus fort, son ventre collé au dos de son petit ami. Haruto ne le laisserait pas tomber, même s'ils traversaient d'énormes difficultés. Ji Hoon lui était trop précieux pour risquer de le perdre encore.  

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     Mer 26 Sep - 0:45

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Les croyances autour du fil rouge étaient multiples, Ji Hoon ne les connaissait pas toutes. Il savait qu’on racontait cette légende un peu partout en Asie, avec plus ou moins de similitude. Au fond, avec le temps, on pouvait se faire sa propre légende, croire qu’en effet, ils étaient liés à travers toutes ces vies, qu’ils se retrouvaient toujours. Encore et encore, inlassablement, parce qu’ils étaient fait pour se rencontrer, pour être ensemble, deux parties d’un même cœur qui ne pouvait battre correctement qu’une fois réuni avec sa moitié. C’était ce qu’était son Japonais pour lui, un être unique, un être incroyable et fabuleux qu’il voulait toujours retrouver, peu importe la vie qu’il menait. Il voulait y croire, car rien ne les prédestinait à se rencontrer. Il était Coréen, vivait dans un village de campagne dans le sud de la péninsule. Haruto était Japonais, vivait à Tokyo, grande mégalopole nippone. Quels étaient les chances que ces deux hommes se rencontrent un jour ? Les probabilités étaient faibles, sachant que Ji Hoon ne s’était tout simplement jamais imaginé aller vivre au Japon. Visiter, une semaine, pourquoi pas. Mais y vivre ! L’idée lui aurait semblé folle, alors qu’il était bien trop attaché à son pays, à sa culture.

Pourtant, voilà où ils en étaient. C’était écrit quelque part, sinon, comment serait-ce possible ? Comment aurait-il pu avoir la chance de rencontrer Kamiya Haruto, ce garçon si timide, si gentil, qui l’aiderait sans vraiment le vouloir à s’intégrer dans ce pays ? Son principal contact japonais, celui qui allait le familiariser à la langue, l’aidant à apprendre ses kanjis, à prononcer les mots plus ou moins correctement, quand bien même il avait encore quelques lacunes. Son japonais s’était d’ailleurs nettement amélioré depuis deux ans, à partir du moment où ils avaient vécu ensemble durant un mois. Ils se parlaient beaucoup, à force, Ji Hoon parlait plus en japonais qu’en chinois et coréen réunis. Il ne pratiquait quasiment plus cette dernière, songeant qu’il devrait chercher des amis Coréens pour éviter de perdre la langue de son pays natal. Au fond, ça lui faisait plaisir de parler mieux la langue de son pays d’adoption, de ne plus autant chercher ses mots, ça lui donnait plus d’assurance quand il parlait aux autres, il osait répondre au téléphone quand un numéro nippon l’appelait. Avant, chaque conversation formelle l’angoissait, il était incapable d’utiliser les termes les plus respectueux. Maintenant, il y arrivait un peu près.

« T’as pas besoin d’être parfait ! » Son homme l’était déjà à ses yeux. Exactement comme il était. Ce n’était pas une question d’être niais, ou une vieille phrase pour le draguer bêtement. Ji Hoon secoua la tête, riant doucement en l’écoutant parler. « Pas besoin de changer, je tombe amoureux de toi tout le temps sans que tu fasses rien… Oh ! Là ! Encore une fois. » Son sourire se fit amusé, sa langue pointa entre ses lèvres. il l’aimait tellement, sans que son homme n’ait besoin de forcer le trait, de faire quoique ce soit. Son homme le garderait sans problème, Ji Hoon serait toujours irrémédiablement amoureux de lui, toujours plus. Depuis six ans, son cœur battait plus fort, dès qu’il le regardait. Il était tombé amoureux de lui ce soir-là, sans le réaliser, sans même s’en douter, parce que ce Japonais l’avait envouté d’une manière toute particulière, il lui faisait perdre la tête et il l’avait rendu dingue, d’autorité fou amoureux de lui. C’était devenu sa drogue, son amour était une addiction de laquelle il ne souhaitait trouver aucun remède. Haruto devait continuer à l’aimer, l’aimer toujours plus, pour toujours, c’était d’une importance capitale et il n’était pas prêt à faire la moindre concession. Il devait l’aimer pour l’éternité. Sourire fier aux lèvres, il haussa les épaules. « Eh oui ! Et t’es encore pire qu’elle, toi, j’ai même pas essayé de te séduire… » Du moins, pas consciemment. Il tendit le cou pour aller l’embrasser, fièrement.

Les infirmières à l’hôpital les avaient adorées. Ji Hoon ne saurait dire qui elles avaient préférés, si c’était l’un d’eux ou leur couple. On les trouvait mignon, ils étaient si amoureux. Ah oui ! Bien sûr qu’ils l’étaient. Le Coréen ne s’était pas lassé de parler de Haruto, expliquant comment il l’avait rencontré, comment il avait réalisé qu’il était en réalité amoureux de lui, comment ils s’étaient finalement mis ensemble. La déclaration d’amour de Haruto, quand il l’avait rejeté. Un vrai roman romantique ! Elles l’écoutaient avec attention, fascinées par cette drôle d’histoire d’amour qui n’avait rien à voir avec ce qu’elles avaient pu connaître. Un sourire heureux illumina son visage à l’idée de se faire chouchouter et Ji Hoon n’essaya même pas de le rassurer. « Faudrait BEAUCOUP me chouchouter pour que je les oublie… » Les éliminer n’étaient pas la solution, il secoua simplement la tête, riant en le sentant tâter son bras, il hocha la tête, comme impressionné. « C’est déjà mieux qu’elle ! C’est toi le meilleur de toute façon. » Et Haruto devait le savoir.

La conversation perdit de sa légèreté quand Haruto décida d’aborder un sujet plus sérieux. La sexualité. Il ne doutait pas que ses massages pouvaient lui faire du bien mais il craignait de ne même pas sentir ses mains sur son corps, d’être allongé et rien. Un froid glaciel qui glisserait dans son corps. Bien sûr que le Coréen s’était renseigné de son côté, le sujet était bien trop important pour être considéré de manière trop légère. Ne pas se référer à internet était un conseil compliqué. Il n’était pas médecin, il n’avait pas de confrère, ou de livre à se portée pour comprendre ce qui lui arrivait. Internet lui expliquait simplement, il y avait des témoignages. A son niveau, c’était le plus rapide et le plus « crédible ». Néanmoins, il hocha la tête, baissant légèrement les yeux. « D’accord, si tu veux. » Le découvrir ensemble risquait d’être encore bien plus humiliant que de chercher des articles sur la vie sexuelle des paraplégiques. Ji Hoon voulait relativiser. S’il n’arrivait plus à ressentir les choses, il ferait tout pour donner le plus de plaisir à son homme, pour qu’il continue de connaître ces orgasmes. Haruto savait de quoi il parlait, ils y trouvaient toujours leur compte, en voyant l’autre atteindre l’apogée.

« Je me suis rapidement posée la question aussi. J’ai toujours pas vraiment la réponse. » Un silence. « Ce sera juste plus jamais comme avant. » Et cette pensée lui faisait du mal, puisqu’avant, ils étaient bons, vraiment très bons. Leur vie sexuelle était parfaite, il y avait une alchimie fantastique entre leurs corps et sans doute que ça ne serait plus jamais le cas puisque l’un des corps ne répondait plus à l’appel. Il voulait croire qu’ils trouveraient une nouvelle façon de faire l’amour, ce serait différent mais leur couple était assez fort pour surmonter ça. Ca n’allait pas le détruire, Ji Hoon approuva la conviction de son homme, répondant tendrement à son baiser avant de se retourner et se laisser à nouveau tomber contre son torse. Il ferma les yeux, appréciant son massage, bien que ses sourcils finirent par se froncer. « Massage tant-quoi ? » Quel mot étrange ! Il se demandait si ça avait un quelconque rapport avec ce qu’il pouvait imaginer. « Un massage romantique ? » Ses yeux s’ouvrirent pour regarder son homme, il tira la langue, petit hommage à sa naïveté passée lors de leur premier séjour à la montagne. « On sera tout nus tous les deux ? On ira dans la chambre ! » Les petits chiens resteraient devant la porte, ils savaient qu’ils ne devaient pas les déranger quand la porte était fermée.

Ses mains se posèrent sur les siennes, il hocha d’un geste de la tête à ce que lui disait son homme. « Promis, je te dirai tout. Pareil pour toi, d’accord ? Je veux plus que tu gardes tout ça pour toi. Je veux que tu me dises quand quelque chose va pas, quand tu te sens pas bien. » S’il l’agaçait, s’il se sentait surmené par tout ce qui se passait, submergé par ses émotions. Ji Hoon ne voulait pas être un boulot accroché à sa jambe, il voulait être là pour lui. « Je veux être là pour toi. Moi aussi je veux tout faire pour te rendre heureux. Ton bonheur est tout ce qui compte pour moi. » Il avait la chance de sortir avec la personne possédant le plus beau sourire de l’univers tout entier et cela depuis sa création, ce serait une honte que de ne plus le laisser voir. Sa main se leva pour le forcer à approcher son visage du sien et l’embrasser. « Dis, et son on passait un weekend au chalet de ton père ? » Il laissa un ange passer, son regard toujours bien encré dans le sien. « Je sais que la dernière fois, ça s’est pas bien passé, mais préviens ton père avant et on apportera nos draps et un protège matelas ! On pourrait faire ça quand ça ira un peu mieux ? » Il avait envie de partir de Tokyo, de se retrouver avec son petit-ami, juste eux deux, loin de la réalité. Ça leur ferait du bien à tous les deux.


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