grandma's theme + HAROON ♥

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     Mer 17 Oct - 1:03

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Il faisait ce qu'il fallait. C'était ce que Haruto se répétait encore et encore, serrant les dents et souriant à ses supérieurs, ainsi qu'à ses collègues. Ayant échappé aux urgences de nuit, le jeune psychiatre devait aujourd'hui se tenir à carreau. Plus de demi-journées d'annulées, ou de vacances prises sans soldes. Comme lorsqu'il était étudiant, le prodige Kamiya se montrait rigoureux dans son travail, exemplaire de son attitude. En vérité, il rongeait son frein. La promesse faite avec Ji Hoon en vue, il tenait bon. Heureusement, il exerçait un métier qu'il aimait et qui le passionnait. Si l'environnement de travail ne le satisfaisait plus, il se disait qu'il devait simplement encore le supporter pour peu de temps. Néanmoins, il préférait ne pas trop s'avancer et n'avait même pas parlé de son projet à Rina. S'il avait confiance en elle, Haruto savait également combien les oreilles étaient baladeuses. Et puis surtout, il ne souhaitait pas non plus leur porter malheur, à Ji Hoon et lui. Malgré son esprit cartésien, il gardait un automatisme japonais. Superstitieux dans certaines conditions. Mais ces derniers jours, tout était calme. Tout avançait doucement, mais sûrement. Les progrès de son compagnon étaient constants, et même si Haruto ne pouvait se rendre à toutes les séances de kinésithérapie, il lui demandait à chaque fois, sans faute, comment celles-ci se déroulaient.

Les jours passaient, se ressemblant presque, mais la routine actuelle lui convenait très bien après les récents événements. Le Japonais se disait que cela était le signe que tout se remettait en place, tranquillement. Mais bien sûr, tout ne pouvait continuer comme ça. Ce serait bien trop facile. Assis à son bureau, il mangeait innocemment le bentô aux saveurs chinoises préparé par son petit ami. Ce dernier se remettait à la cuisine, pour son plus grand bonheur. Haruto ne faisait que le strict minimum pour l'aider, lui laisser l'autonomie nécessaire. Jamais loin, il restait sur le canapé, un livre en main, à l'affût du moindre appel de Ji Hoon pour l'aider à atteindre telle étagère ou ouvrir tel placard. Les repas préparés par ce dernier étaient simples, mais toujours délicieux, et sa cuisine restait la préférée du Japonais. Il se perfectionnait dans les bentôs, et Haruto l'encourageait à noter tout ce qu'il faisait, lui ayant même offert un carnet où il pouvait consigner ses idées. « Pour quand on ouvrira Le Kimyaki. » Une promesse qu'il comptait bien tenir ! Aujourd'hui, Haruto souhaitait du concret. S'il savait que se lancer dans la restauration n'était pas le projet immédiat de son homme, il se disait que cela contribuait à l'entretien de leur rêve. Comme pour s'assurer que cela arriverait bien un jour, lorsque cela devrait arriver. Chaque chose en son temps, le Japonais le savait bien. Mais il souhaitait ainsi montrer à Ji Hoon combien il était sincère dans sa démarche ; un jour, ils auraient leur restaurant. Dès qu'ils auraient accompli tout ce qu'ils s'étaient juré faire avant.

Repoussant la boîte laquée, Haruto sourit à son écran de téléphone. « C'était délicieux, mon amour. Tu peux le noter aussi, celui-ci. » Tirant un mouchoir de la boîte en carton posée sur son bureau, il s'essuya la bouche sans quitter son homme des yeux. C'était leur tête à tête, chacun assis devant son déjeuner, le portable soigneusement positionné devant, comme pour avoir l'autre en face. « On fait du kimchi, ce soir ? J'avais promis d'en ramener à Haruno. » Jetant un coup d'oeil à sa montre, il constata avec déception que sa pause prenait fin, et que son prochain rendez-vous était celui d'une patiente plus que ponctuelle. Haruto s'autorisa tout de même un instant pour observer les contours de son homme, le menton posé dans sa main. « Tu es beau. Cette chemise te va merveilleusement bien. Commande en ligne ? » Il lui sourit, avant de se résigner à secouer la main devant son téléphone. « A ce soir, mon amour ! » Couper la communication était toujours difficile. Mais l'après-midi passerait vite, se répétait-il. Oui. Il suffisait de se vider la tête, et de revêtir sa veste de psychiatre dévoué à ses patients. Un exercice pas franchement difficile, il suffisait qu'il se concentre. Tout allait bien. Il n'avait pas à s'inquiéter.

Heureusement pour lui, Haruto ne pouvait se douter de ce qu'il se passait à quelques kilomètres, dans le quartier de Shinjuku. Kamiya Shizue sortait de son taxi, les jambes tremblantes, mais le sourire doux. Le chauffeur l'aida à monter sur le trottoir pour lui céda sa canne, avant de la quitter dans une humble courbette. La vieille dame inclina le haut de son petit corps tassé par les années. Un pas après l'autre, elle avança vers l'immeuble où vivait son petit fils. Combien de temps depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu ? Trop longtemps pour une vieille femme ! Une femme qui sortait de l'établissement retint la porte pour la laisser passer. Sûr qu'une retraitée comme elle ne pouvait être une délinquante. Shizue la remercia d'un sourire et d'un remerciement offert de sa voix éraillée et pourtant joyeuse. L'ascenseur patientant toujours au rez-de-chaussée, elle s'y glissa lentement, avant d'appuyer sur le bouton de l'étage qu'elle avait mémorisé. Se balançant de droite à gauche sans en avoir vraiment conscience, Shizue gardait le regard levé vers le petit panneau digital où défilaient les numéros des étages parcouru. Si elle n'y comprenait pas grand chose, elle trouvait la technologie fascinante.

Kamiya Shizue approchait de ses quatre-vingt-dix ans. Ancienne institutrice, elle était une voisine aimée de son quartier. Pas plus haute qu'un enfant de dix ans, il n'était pas rare de la voir se promener, courbée sur sa canne. Ses cheveux blancs étaient toujours montés en un chignon très serré sur le haut de son crâne, et elle ne portait jamais de pantalons. Les robes d'été étaient ses favorites, et il n'était pas rare qu'elle en porte sous un épais manteau, en hiver. Shizue était un cliché de grand-mère de drama, mais ne le savait pas, puisqu'elle n'avait jamais regardé la télé, préférant de loin écouter son poste de radio d'un autre temps, mais qui fonctionnait toujours suite aux nombreuses réparations de son mari. Aujourd'hui veuve, Shizue vivait une existence paisible dans sa petite maison de banlieue. Les Kamiya étaient des tokyoïtes depuis des générations, et la petite fille de la campagne avait adopté le mode de vie de feu son mari dès les premiers jours de leurs fiançailles. Un mariage arrangé, mais heureux, qu'un fils unique avait béni de sa présence. Après la naissance de son enfant, Shizue n'avait plus travaillé dans son école, se préoccupant uniquement du bonheur de sa chair et son sang, son précieux petit garçon. Ce fut donc tout naturellement, lorsque celui-ci se maria, bien des années plus tard, que Shizue se chargea d'aider sa belle-fille dans ses tâches ménagères. Et sa patience fut récompensée et son cœur comblé lorsqu'elle devint grand-mère. Ses trois petits-enfants étaient des merveilles, à ses yeux.

Cependant, les temps changeaient. Et l'une de ces merveilles n'avait pas grandi de façon conventionnelle. Du moins, pas dans ces dernières années. Ces derniers mois. Haruto éludait toujours les questions de sa grand-mère. Il avait quelqu'un dans sa vie. Cette personne était merveilleuse. Shizue souhaitait la rencontrer, mais son petit-fils ne semblait pas le comprendre. Le faisait-il exprès ? Elle ne voulait le croire, mais ne pouvait se résigner à attendre plus longtemps. De plus, puisque son fils se remariait, cela lui donnait une bonne excuse pour se rendre à Tokyo plus souvent. Haruto restant un gentil garçon, il lui avait donné sa nouvelle adresse, immédiatement notée dans le carnet d'adresse de sa grand-mère, toujours rapide lorsqu'il le fallait. Malgré son âge et sa petite stature, Shizue restait vive, autant du corps que de l'esprit. Sûrement Haruto l'oubliait parfois. Ou se disait que sa grand-mère paternelle avait bien trop à faire pour venir frapper à sa porte un soir de semaine.

Parce qu'il mentirait, s'il disait s'en douter. Tout, sauf ça. Aussi, le message de son père eut l'effet d'un seau d'eau glacée jeté en plein visage. « Ta grand-mère vient te rendre visite. Désolé, je n'ai pu écouter son message qu'à l'instant. » Haruto en eut le souffle coupé. A quelle heure devait-elle arriver ? Y avait-il seulement encore une chance de la rattraper ? Pouvait-il trouver une excuse pour ne pas la faire venir chez lui ? Devait-il appeler et prévenir Ji Hoon, ou se précipiter à la maison ? Il choisit la seconde option. Sa journée terminée, aucun rendez-vous n'attendait plus, et on ne pourrait lui reprocher de partir une dizaine de minutes avant l'heure. Néanmoins, pour ne pas attiser la curiosité de ses collègues, le docteur Kamiya fit son possible pour avoir l'air calme. Avec l'air le plus détaché possible, il s'enquit de ses rendez-vous auprès de Miku, qui confirma distinctement qu'il n'en avait plus. Dans ce cas, à demain ! A demain. S'il était toujours en vie. Fébrile, il trottina vers sa voiture. Avec un peu de chance, il la cueillerait à la sortie de son taxi ! Le ronronnement du moteur qui démarra ne couvrit même pas les battements paniqués de son cœur. Shizue était une grand-mère extraordinaire, mais très traditionnelle. Et Haruto ne lui avait jamais avoué que la personne merveilleuse partageant sa vie était un homme. Coupée des médias, il n'y avait que très peu de chances qu'elle soit au courant, et ses voisines préféraient les commérages de quartier aux frasques des idoles de la capitale. Shizue était également très conservatrice. Et s'il ne l'avait jamais entendu prononcé la moindre formule raciste, Haruto savait qu'elle avait la nostalgie d'un passé révolu dans le cœur.

Et alors que son petit-fils roulait un peu plus vite que d'habitude dans les rues de Tokyo, Shizue arrivait devant la porte de l'appartement que ce dernier partageait avec la personne parfaite pour lui, selon ses dires. La langue japonaise était formidable dans sa faculté à garder un secret jusqu'au bout. Comme par exemple, le sexe de la personne en question. Shizue voyait déjà une jeune femme timide et polie, une Nipponne au sourire doux et aux cheveux lisses, noires, et très longs. Et un petit ventre rond. Hors mariage ! Voilà pourquoi Haruto rechignait à la lui présenter. Bah ! Les temps changeaient, n'est-ce pas ? Et puis, elle connaissait son petit-fils. Sûrement verrait-elle une bague à l'annulaire de la jeune femme, annonçant des fiançailles prochaines. Deux mariages pour les Kamiya ! Si elle devait choisir, Shizue choisirait son petit-fils sans hésiter. Elle frappa trois petits coups de canne contre le battant de la porte. Si on regardait dans l’œilleton, on n'apercevrait uniquement le haut de son chignon blanc immaculé. Shizue arbora son sourire le plus adorable lorsqu'elle entendit un bruit derrière la porte. Avait-elle entendu un jappement ? Ils avaient un chien ! Deux ? Avec un enfant, ça allait être du travail ! Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle fut face à face avec la personne qui lui ouvrit. Elles étaient rares, celles que Shizue pouvait regarder dans les yeux. Et la plupart du temps, elles étaient assises alors qu'elle-même restait debout. Ce qui était justement le cas. Son petit regard perçant scruta les traits du jeune homme dans le fauteuil roulant. « Vous n'êtes pas mon petit-fils. Et encore moins enceinte. » Elle avait eu tout faux. Un infime espoir naquit en elle, même si cela devait malmener sa fierté ; elle devait s'être trompée. « Bonjour, excusez-moi. Je suis Kamiya Shizue. » La voiture de Kamiya Haruto venait de se garer, abritant en son sein un petit-fils et un petit ami paniqué.

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     Mer 17 Oct - 23:46

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Ji Hoon roulait partout dans l’appartement, enfilant rapidement sa chemise, qu’il reboutonna après s’être rendu compte qu’il s’était trompé. Les rendez-vous et la coordination, ce n’était pas forcément son fort. Les petits chiens le fixaient de leurs habituels regards curieux, se demandant ce que faisait leur humain. Pourtant, c’était quasiment tous les jours la même chose, un rituel ordinaire qu’il n’oubliait jamais. Déjeuner avec Haruto. Bien évidemment, parfois son petit-ami déjeunait avec des collègues ou lui-même recevait quelqu’un qui voulait bien lui tenir compagnie, néanmoins, le reste du temps, ce n’était que tous les deux et ça lui allait très bien. La journée, son petit-ami lui manquait. Il avait le temps long après lui. Il lui manquait et il comptait les heures avant son retour, tentant de s’entraîner le plus possible. Il tenait de plus en plus longtemps sur ses jambes et marchait légèrement plus vite, sans que cela ne soit vraiment fou non plus. Mais il avançait. Et il progressait, c’était bien tout ce qui comptait. Ils avaient monté (enfin, surtout Haruto) deux barres avec un tapis en dessous, au cas où il tombait. C’était important de s’entraîner chaque jour, de permettre à son corps de se muscler, de devenir plus fort. De redevenir petit à petit comme avant.

Filant dans la salle de bain, il s’observa rapidement dans le miroir. Au moins, sa beauté restait intacte, quoiqu’il arrivait. Il se sourit, observant son profil. Il avait un peu grossi, sa mère n’arrêtait pas de le lui répéter en lui demandant de faire attention. Tout en lui cuisinant des plats délicieux, bien évidemment. Il lui avait parlé de leur idée d’ouvrir un restaurant à l’avenir, glissant qu’il aurait sans doute besoin de quelques-unes de ses recettes. Elle n’avait pas vraiment semblé y croire mais avait tenté de cacher au mieux son air flatté d’entendre qu’il voulait utiliser ses recettes. Cela ne changeait néanmoins rien à son besoin de perdre du poids, il l’avait bien compris et comptait s’y mettre rapidement. Il s’organisait des courses de fauteuil, ça lui musclait un peu les bras, au moins ! Néanmoins, pour le moment, ce n’était pas le moment de penser à sa graisse qu’il devait perdre, certes. Sinon, il risquait de ne plus autant aguicher l’homme avec qui il avait actuellement rendez-vous. Un couple moderne, bien de 2018, comme dirait sa mère quand il lui avait parlé de leurs déjeuners.

L’ordinateur posé face à lui sur la table, il attendit que son homme l’appel, souriant jusqu’aux oreilles quand son visage pixelisé lui apparut à l’écran. « Hey Baobei ! » Le même bentô que celui de son petit-ami était devant lui. Ils l’avaient préparé ensemble la veille. Comme toujours, ils mangèrent en faisant la conversation. Comme toujours, c’était surtout Haruto qui avait des choses à dire, Ji Hoon n’ayant pas grand-chose à raconter en dehors des prouesses des petits chiens. Heureux en l’entendant dire que c’était délicieux, il répondit d’un hochement de tête. « Vraiment très, très bon, oui ! Je le note après. » Ils avaient déjà noté pas mal de choses, bientôt, ils allaient devoir faire un tri. Un nouveau hochement de tête approuva les paroles de son petit-ami. « Oui. Je vais commencer à préparer le chou après, comme ça il aura eu le temps de baigner un peu dans l’eau salé. » Un petit kimchi accéléré, mais Haruno ne verrait pas la différence de toute façon, c’était une novice en ce qui concernait le kimchi. Elle n’était pas Coréenne donc elle n’allait pas mal le vivre que ce soit un kimchi rapide, sans forcément suivre les grandes traditions ! Baissant les yeux vers sa chemise, il secoua la tête. « Non, je l’ai reçu ! C’est le cadeau d’une marque. » On lui envoyait ce genre de choses dans l’espoir qu’il poste une photo de lui avec sur Instagram, sans oublier de la citer, bien évidemment. La fin du repas arriva tristement et Ji Hoon secoua doucement sa main vers son homme. « A ce soir ! » Il était impatient.

Solitude, soupir. Le Coréen prit la bonne décision d’aller faire une sieste, se glissant jusqu’à la chambre, il grimpa sur le lit, bientôt rejoint par les deux petits chiens qui montèrent sur le lit sans la moindre gêne, se roulant déjà en boule à la place qu’occupait habituellement leur Papa Japonais. Un petit sourire orna ses lèvres, il glissa doucement ses doigts tantôt sur le pelage de l’un, puis sur le pelage de l’autre, les gratouillant jusqu’à s’endormir à son tour. Dans ses rêves, il pouvait toujours encore marcher. Il dansait, parfois il se promenait simplement au parc. Parfois, il courait en panique, mais pas une seule fois ce fauteuil ne s’était invité et c’était tant mieux. Il aimait dormir, il aimait rêver pour cela. Pour retrouver ses jambes, comme avant. Ji Hoon refusait de s’habituer à la vision de ses jambes malades, il voulait garder cette image de lui. L’image d’un homme valide, qui n’était pas à « mobilité réduite ». Il s’était rapidement mis à détester cette formulation.

Et durant cette sieste, il rêva aussi. Un rêve décousu, qui n’avait pas vraiment de sens. Aller chercher Haruto à l’hôpital après le travail, mais il se trompait d’endroit et passait son rêve à le chercher dans des lieux improbables, finissant dans l’hôpital de Busan où allait son père et il l’avait trouvé là-bas, dans un service de pédiatrie. Très bizarre. Juste quand son petit-ami allait lui montrer un bébé spécifique pour il ne savait quelle raison, il sursautant en entendant frapper à la porte. Les petits chiens sautèrent du lit rapidement pour manifester leur présence à la personne derrière la porte. Devait-il ouvrir ? Faire le mort ? La seconde proposition était tentante mais il opta finalement pour la première, s’extirpant du lit, il s’installa sur le fauteuil, se rappelant qu’il n’avait rien à craindre. C’était sécurisé de toute façon, probablement Madame Tanaka qui voulait lui faire goûter l’une de ses pâtisseries ! Il avait plutôt hâte d’ouvrir maintenant. Préparant son plus joli sourire, il ouvrit la porte, restant figé devant la femme face à lui. Qui était cette vieille femme ? Que lui voulait-elle ? Peut-être cherchait-elle sa voisine ? Elle était si petite ! Il resta perplexe quand elle lui fit remarquer qu’il n’était pas enceint, jetant un bref regard à son ventre. Heureusement qu’elle ne disait pas le contraire, il serait terriblement vexé. « Et vous êtes pas Madame Tanaka ! » Une grande déception.

Néanmoins, la déception fit rapidement place à la panique. Kamiya Shizue. Kamiya. Son cœur rata un battement dans sa poitrine. Pourquoi est-ce que Haruto ne lui avait pas dit que sa grand-mère devait venir lui rendez visite aujourd’hui ? Il n’était même plus présentable ! Il avait oublié d’enlever sa chemise, c’était une bonne chose, mais ses cheveux devaient être en bataille. Par réflexe, il passa sa main dessus pour les aplatir, se courbant un peu devant la personne âgée, le plus respectueusement possible. « Je suis désolé, je ne savais pas que vous deviez venir. Haruto n’est pas là. » Il parlait doucement, tentant au moins de camoufler son accent coréen en articulant correctement les mots. Rappelant les chiens, excités par la venue d’une nouvelle personne dans l’appartement, il recula pour qu’elle puisse entrer. « Je vous en prie, entrez. Il ne devrait plus tarder… » Il regarda la montre plus loin pour s’en assurer. Oui, il devait être en chemin, ou au moins sortir de l’hôpital. Son cœur battait si vite en fermant la porte derrière elle. il devait rester calme. Il ne devait pas s’emporter, tout allait bien se passer.

Après tout, il avait déjà rencontré plusieurs Kamiya avant, et ça s’était toujours plus ou moins bien passé. Sa mère, c’était différent, ce n’était pas une Kamiya. Il évita au mieux de détailler la vieille dame. Elle était si petite ! Comment avait-elle pu avoir une descendance si grande ? Haruto était grand, certes, mais Erena et Haruno l’étaient aussi ! A bien y réfléchir, Keisuke avait une taille plutôt standard, pas forcément petit sans pour autant atteindre le mètre quatre-vingts. Mais cela ne signifiait rien. Sa mère était plutôt petite et ils étaient tous relativement grand, en dehors de Sooyoung qui était la « puce » de la famille, comme le disait affectueusement Hua en parlant de sa fille aînée. Réalisant qu’il avait été silencieux depuis trop longtemps, il fut confus, se courbant encore pour s’excusez. « Pardonnez-moi, je ne me suis pas présenté ! Je suis Lee Ji Hoon, le… » Comment est-ce qu’on disait déjà ? Haruto le disait. Petit-ami, mais de façon plus officielle, moins familier ? mordillant sa lèvre, le mot lui revint enfin. « Je suis le compagnon de Haruto. Ravi de faire vote connaissance, Madame Kamiya. » Elle savait pour eux, non ? Haruto avait dit qu’il lui en avait parlé. Cela devait être vrai, mais il devait tout de même se présenter correctement pour ne pas passer pour un homme impoli devant cette femme. Après tout, grand-mère ou non, elle était liée à l’amour de sa vie, n’était-ce pas normal de vouloir paraître sous son meilleur jour devant elle ? Ah, si seulement il réfléchissait plus ! Si seulement il repensait à ce qu’elle avait dit en arrivant. Mais elle était âgée, c’était une petite démence. Pas du tout lié au fait que son homme ait pu potentiellement cacher qu’il était un homme. Non, impossible.


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     Ven 19 Oct - 0:02

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Kamiya Shizue s'était mariée à trente ans. Un mariage arrangé, mais paisible. Son mari avait été un homme bon, et ils avaient formé un couple idéal durant bien des décennies. Lorsque Kamiya Masaharu décéda, sa veuve se sentit profondément démunie. Et bien qu'ils n'avaient jamais été très démonstratifs, incarnations vivantes de la pudeur nipponne, elle savait qu'elle avait perdu sa moitié et serait incomplète jusqu'à la fin de ses vieux jours. Shizue s'était sentie hors du temps depuis son mariage. Jeune femme de la campagne, elle avait subi un choc incroyable en arrivant dans la grande Tokyo. Elle savait qu'elle serait immédiatement retourné vivre dans sa petite ville de campagne si Masaharu ne l'avait pas soutenue. Il ne lui avait jamais dit « je t'aime ». Elle non plus, d'ailleurs. Ils le savaient, voilà tout. Oh oui, elle l'aimait. Malgré son caractère taciturne et renfermé, Masaharu avait tout fait pour lui rendre la vie agréable. Elle, de son côté, s'était montré une épouse exemplaire. Discrète et dévouée, Shizue n'avait jamais élevé la voix, ne lui avait jamais demandé de laisser son journal pour lui faire la discussion. Ils aimaient le silence, et s'octroyaient mutuellement un calme dont ils avaient besoin. Lorsqu'elle était tombée enceinte, les jours de Shizue s'étaient illuminé, et la mère avait dédié sa vie à son fils, sans délaisser son mari pour autant. Nombre de leurs voisins les enviaient. Les femmes jalousaient Shizue, pour se montrer si épanouie à trente ans passés. Les hommes espéraient que leur épouse soit aussi dévouée.

Lorsque Keisuke avait épousé Haruka, Shizue avait espéré que son fils connaisse un mariage paisible, comme le leur. Le fils ressemblait au père, l'expression peut-être plus avenante, mais tout aussi beau, si ce n'était plus. Haruka, par contre, n'était en rien une épouse parfaite, même si elle tentait de s'en donner l'air. Ça, sa belle-mère l'avait très vite compris. Cependant, ce n'était pas ses affaires, et Masaharu se contentait de le lui rappeler à chaque fois qu'elle osait parler de leur fils unique. N'était-ce pas normal qu'une mère s'inquiète pour le bonheur de son enfant ? Quand Keisuke lui apprit qu'elle allait être grand-mère pour la première fois de sa vie, Shizue avait longtemps prié, et lorsqu'elle eut le bébé pour la première fois dans les bras, elle s'était dit qu'il était le plus beau qu'elle n'ait jamais vu, s'excusant auprès de son propre fils. Mais Erena avait été encore plus belle, et Shizue avait ressenti comme une paix de l'esprit en se disant que son fils avait eu deux beaux enfants, et que sa petite famille semblait parfaite. Malheureusement, son mari tomba malade. Il ne connut jamais son troisième petit enfant. La plus adorable des petites filles, Haruno. A la naissance de cette dernière, son fils lui proposa d'emménager avec eux, mais Shizue avait refusé – pour le plus grand bonheur de sa belle-fille. En vérité, elle voulait vivre son deuil dignement, dans la maison où se trouvait encore l'esprit de son défunt mari.

C'était cette vision simple du bonheur et de l'amour qu'avait Shizue. Elle était tombé amoureuse de son mari au fil des années, et se disait qu'un couple devait se découvrir. Si elle n'avait pas connu la passion dévorante, Masaharu avait été un bon époux et un bon père. Elle était fière d'être une Kamiya, en oubliant presque jusqu'à son nom de famille de jeune fille. C'était une histoire comme celle-ci qu'elle avait espéré pour son fils, marié par amour à une femme dynamique, ambitieuse, et vraiment belle. Et durant des années, elle avait eu raison. Lorsque son fils l'avait appelé pour lui annoncer son divorce, Shizue était restée debout près du guéridon sur lequel était posé le vieil appareil, les deux mains crispées sur le combiné. Sa retenue japonaise l'avait empêchée d'éclater en sanglots à l'annonce de la nouvelle, ou de crier lorsqu'il lui apprit qu'il allait se remarier. Ce ne fut que lorsqu'elle raccrocha, que Shizue eut une réaction étrange. Sortant dans le petit jardin à la japonaise, derrière leur maison, elle s'était assise sur le porche, et avait levé les yeux au ciel. Et pour la première fois de sa vie, elle avait levé le poing et réprimandé son défunt mari pour l'avoir laissée seule.

Mais l'amour était étrange et indomptable. Shizue voulait bien donner une chance à son fils, et se rendre à son mariage lui permettrait de revoir ses petits enfants. Peut-être rendrait-elle également visite à Haruka ? Si les deux femmes n'avaient montré qu'une entente froide et cordiale, aujourd'hui, Shizue la plaignait. Et comment allaient ses trois trésors ? Erena serait-elle seulement présente ? C'était toutes les questions que la vieille dame s'était posé durant de nombreux jours, avant de se décider à se rendre à Tokyo. De plus, elle s'inquiétait un peu pour Haruto. Ce dernier ne l'appelait plus aussi souvent, et ses appels ne duraient que quelques minutes. Shizue avait même renoncé à tirer le tabouret près du guéridon pour s'y installer. De nombreuses pensées lui avaient traversé la tête, auxquelles elle réfléchissait lorsqu'elle était allongée dans son lit, le soir. Son petit-fils lui cachait quelque chose ! Et sans savoir pourquoi, Shizue s'était persuadé que c'était lié à une histoire d'amour. Quelque chose de pur et merveilleux. C'était ce qui l'aidait à trouver le sommeil en ces temps troubles pour les Kamiya. Pouvait-elle aborder le mariage de son père ? Et si c'était un sujet sensible pour Haruto ? Elle aviserait. Et visiblement, elle avait vraiment besoin de revoir sa copie. S'était-elle trompée ? Impossible. Cet accent. Non, elle n'était pas Tanaka. Se présentant humblement, Kamiya Shizue espérait obtenir une explication. Les cambrioleurs étaient rarement en fauteuil roulant. Visiblement, le nom ne lui semblait pas inconnu. Un bon début. Un sourire affable tira les lèvres ridées de la vieille dame. « Ne lui en voulez pas, mon petit-fils n'est pas au courant. Oh ! » Levant les mains, elle émit un petit rire lorsque deux adorables petits chiens sautillèrent autour d'elle. Ils n'avaient jamais eu d'animaux.

Avançant dans l'appartement en serrant son petit sac à main, Shizue observa tout autour d'elle. L'appartement ne lui paraissait pas assez grand pour une colocation, mais elle lisait souvent dans le journal combien les loyers de la capitale était élevés. Son œil encore vif et curieux pour son âge, elle chercha un détail qui lui donnerait une idée sur la vie que menait son petit-fils. Se retournant lentement vers le jeune homme qui lui avait ouvert, elle le fixa sans perdre son sourire, bien que son esprit tentait de déchiffrer ce qu'il y avait à comprendre, entre les lignes. Lee Ji Hoon. Ce n'était pas japonais. La suite, elle n'était pas très sûre de comprendre. Non pas que l'accent du jeune homme soit très prononcé – au contraire – il semblait faire des efforts – mais plutôt dans l'utilisation d'un terme étrange. Shizue ne réagit pas de suite, cherchant à interpréter ce qu'il venait de lui annoncer. « Le compagnon … ? » Shizue essaya tant bien que mal de lier les informations en sa possession. Portant une main à son cœur, elle saisit enfin, et sa réponse s'échappa dans un souffle estomaqué. « Vous êtes Nord-Coréen ? » N'était-ce pas ce qu'ils disaient ? Compagnon, camarade ? Mais pourquoi celui de Haruto ? Son petit-fils s'était-il converti ? Pouvait-on se convertir à une nationalité ? Un pays ? Une idéologie, sûrement. La grand-mère se retrouva soudainement très inquiète. Ce jeune homme avait pourtant l'air normal. Elle avait envie de le rassurer et de lui dire qu'elle ne le dénoncerait pas.

Claquant la portière derrière lui, Haruto se retourna à peine pour verrouiller la voiture. Il devait faire vite, avant que sa grand-mère n'arrive. D'un geste rageur, il rangea son téléphone dans sa poche. Pourquoi Ji Hoon ne répondait-il pas ? Il devait faire une sieste. Ou du sport, la musique un peu trop fort. Les lèvres pincées, il entra le code pour pénétrer dans l'immeuble, se précipitant dans la cabine de l'ascenseur qui se refermait après qu'un couple en soit sorti. Haruto les salua à peine, l'esprit trop préoccupé. Comment empêcher sa grand-mère de venir ici ? « Tadai...ma. » Voilà un souci en moins. Puisqu'elle était déjà là. Son sourire fut mal assuré. « Grand-mère Shizue ! Qu'est-ce que tu fais là ? » Que faisait-elle déjà là ? Haruto posa une main affectueuse sur l'épaule de Ji Hoon, avant de le contourner pour serrer sa petite mamie dans ses bras. Cette dernière lui épousseta les manches de sa belle chemise. « Je voulais rendre visite à mon petit-fils préféré ! » Haruto eut un rire mal assuré, tapotant la tête de sa grand-mère. « J'ai rencontré ton compagnon» Son cœur rata un battement. Déjà ? Ils avaient déjà eu le temps de se parler et de se faire des confidences ? « Où sont vos toilettes, dis-moi ? » Haruto l'accompagna jusqu'à la porte, s'excusant pour les petits chiens qui les suivaient et reniflaient la vieille dame. Elle secoua la tête, puis le remercia avant de s'excuser pour s'éclipser dans la salle d'eau. Un ange passa, après que la porte fut fermée. Le Japonais s'humecta les lèvres, osant à peine regarder son petit ami. Il finit par avancer vers lui. « Je n'ai pas pu le dire comme il faut, excuse-moi. Bonjour, mon amour. » Et il se pencha vers lui pour lui donner un rapide baiser, avant de s'écarter pour poser ses affaires. Sa nervosité le rendait maladroit. « C'est ma grand-mère, Shizue. Je t'en avais déjà parlé, je crois ? Je ne savais pas qu'elle allait venir, haha... » Son rire fut de trop. Le sourire maladroit, Haruto se retourna vers Ji Hoon. « C'est quoi, ce look ? » Et lui, c'était quoi, ce déni ?

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     Sam 20 Oct - 0:50

♡ Haroon ♡

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Sa journée était calme, presque chiante, en réalité. Il ne voyait pas beaucoup de monde, ne sortait pas plus loin que son quartier, regardait un peu trop de film, se repassant tous les vieux dramas chinois et coréens qu’il avait pu regarder dans sa jeunesse, redevenant parfois nostalgique. Mei Lin était venue voir les films et dramas de Rainie Yang, qu’il regardait avec elle quand ils étaient plus jeunes. Il râlait toujours mais avait un sérieux crush sur l’article qui faisait que regarder cela ne la dérangeait pas. Il aimait bien prendre ce rituel avec sa sœur, puis voir ce qu’ils devenaient tous. Elle lui rappelait son amour pour Show Luo, même si Mike He était définitivement son favori à l’époque. Elle avait réussi à trouver des posters de lui et en accrocher dans sa chambre, rendant Sooyoung folle à l’époque. Elle ne le supportait pas. Malgré toute la culture taïwanaise qui avait envahi la maison des Lee pendant des années, il avait détesté son séjour là-bas. Probablement pas les bonnes conditions. Il promettait néanmoins à sa petite sœur de l’y emmener le plus rapidement possible. Ils n’avaient jamais passé de vacances ensemble. il pouvait emmener Haruto s’il voulait, avait-elle dit.

Parfois, il chantait, faisait un karaoké tout seul. Parfois, il se sentait vraiment seul, déprimait un peu. Il réalisait qu’il ne pouvait pas faire grand-chose, pensait à toutes les possibilités qu’il y avait, il y a seulement quelques mois à peine. Il avait envie de laisser tomber, mais le Coréen savait qu’il ne pouvait pas. Et après ? Qu’allait-il advenir de lui ? Non, il ne voulait pas commencer à envisager le pire. Dans ces moments-là, il envoyait un message à Haruto, un simple cœur, un mot d’amour, et il attendait. Dès qu’il avait une réponse similaire, il retrouvait un léger sourire. Il n’était pas seul. Il était là, il allait le rejoindre bientôt, il ne serait pas seul longtemps. Le soutient de son homme comptait énormément pour lui et il ne pourrait vivre sans lui. Sa vie avait été si insignifiante, pendant bien trop longtemps. Rencontrer Haruto, en tomber amoureux, vivre avec lui étaient ce qui faisait de lui le battant qu’il était. Qui l’aidait à sourire, à trouver le bonheur malgré tout. Parce que oui, au fond, il était heureux. Il était heureux avec ce qu’il avait. Son accident lui avait apporté une certaine humilité. On touchait à son physique, à ce qu’il avait de plus précieux. Il devait briller autrement.

Néanmoins, cette journée qui devait être ordinaire, ennuyante, prenait désormais une toute autre tournure. Sa petite sieste fut tristement interrompue et il ne savait pas bien s’il devait aller voir, ou s’il pouvait rester là, comme ça, à attendre que la personne se lasse et s’en aille. Avec courage, il avait osé y aller. Une vieille dame, si petite. Une si petite vieille dame, c’était étrangement fascinant. Cependant, la fascination ne fut que de courte durée. Haruto lui avait déjà parlé d’elle, bien sûr. Il aimait beaucoup sa grand-mère et regrettait de ne pas l’appeler aussi souvent qu’avant. Il allait la voir de temps en temps, sans lui. Bien évidemment, il comprenait. Une dame de son âge n’avait pas forcément la force d’accueuillir deux visiteurs et serait peut-être embêté d’avoir face à elle un homme qu’elle ne connaissait absolument pas. Ji Hoon était compréhensif, il savait bien ce que c’était. A partir d’un certain âge, on avait besoin de plus de tranquillité et c’était du travail, que d’accueillir une autre personne chez elle. Lui, néanmoins, n’hésita pas bien longtemps avant de s’écarter pour la laisser entrer dans l’appartement qu’il partageait avec son petit-fils.

« Ah oui ? Visite surprise ? » Il lui sourit gentiment, trouvant ça adorable qu’elle prenne la peine de venir le voir comme ça. Sa grand-mère était morte il y a quelques années déjà et son grand-père était mort quand il n’avait que quelques mois. Il aimerait bien avoir la chance de voir sa grand-mère débarquer chez lui comme ça, même si c’était impossible. Il ne savait pas si les parents de sa mère vivaient encore, cette dernière n’ayant plus de contact avec eux depuis son départ de la Chine pour la Corée du Sud. Elle n’en parlait jamais, mais parfois, il avait envie de chercher, juste pour voir. Pour les réunir peut-être encore une fois. Ji Hoon savait qu’au fond, sa mère était malheureuse de ne plus les voir, de ne pas savoir comment ils allaient, s’ils vivaient encore, s’ils ne manquaient de rien. Les petits chiens sniffaient curieusement cette nouvelle personne, n’écoutant pas leur Papa qui tentait de les chasser. « Asseyez-vous, si vous voulez ? » Il n’était pas à l’aise. Cela devait probablement se sentir, il en oubliait les fondamentaux ! Se présenter. Dire qui il était même si elle devait s’en doutait comme Haruto lui en avait déjà parlé.

Ou peut-être pas ? Il se figea quand elle répéta le mot, semblant chercher à comprendre. Il l’avait dit, n’est-ce pas ? Non ? Son cœur s’arrêta, il paniquait, n’osait plus bouger jusqu’à la question, semblant rétorque, qui suivit. Lui ? Nord-Coréen ? Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ? Est-ce que compagnon pouvait également avoir une connotation communiste ? Ou elle s’imaginait que tous les gays Coréens étaient forcément du nord ? Ji Hoon resta interdit, un rire nerveux quitta ses lèvres, incapable de répondre. Ou plutôt, il était incapable de trouver la réponse adéquate à fournir à la vieille dame. S’il disait oui, que se passerait-il ? Et s’il disait non ? Il avait envie d’appeler Haruto et de le supplier de rentrer pour lui donner des explications et s’expliquer avec sa grand-mère. « Qu’est-ce qui vous fait penser que je suis Nord-Coréen ? » Voilà, fichu. Elle allait le dénoncer, on allait le mettre en prison en le prenant pour un espion de Kim Jong Un et passer des heures et des heures à l’interroger. Son cœur battait vite, il avait envie de s’enfermer dans sa chambre, mais ce n’était probablement pas la solution.

Un énorme soupir quitta ses lèvres en entendant la porte s’ouvrir. Enfin. Enfin, Haruto était de retour et on allait pouvoir le laisser tranquille. Il le regarda entrer, visiblement surpris, du moins, il l’espérait, tentant un sourire maladroit quand il posa sa main sur son épaule, il observa les retrouvailles avec sa grand-mère. Son sourire se faisait désormais plus tendre, fondant devant cette vision si adorable. Il se montrait si doux. Ji Hoon restait en retrait, silencieux alors que quelques mois étaient échangés. Son petit-fils préféré. Le seul, il lui semblait bien. Elle lui parla de lui en le désignant comme son compagnon, mais le Coréen avait bien compris qu’elle n’utilisait pas ce mot dans le sens qu’il avait envisagé. Il aurait dû utiliser petit-ami. Sans bouger, il laissa son homme l’amener jusqu’à la salle de bain, fronçant les sourcils en le voyant revenir. « Bonjour. » Il répondit à peine à son baiser, attendant des explications, d’en savoir plus sur cette situation. Mais il pouvait bien attendre, cela ne vint pas, recevant à la place des explications sur qui était cette personne. « Haha. » C’était si drôle, tellement amusant. « Oui. T’en fais pas, elle a eu le temps de se présenter. »

Son regard ne se décrochait pas du sien, profondément mécontent de cette situation, il arqua un sourcil quand il eut l’audace de porter le sujet sur sa tenue vestimentaire. « Essaie pas de changer de sujet. » Inacceptable. Il avait envie de taper du poing mais restait là, à le fixer, pour lui faire comprendre qu’il était stupide. Il n’avait rien dit, ou du moins, il devait l’avoir dit, en omettant un détail important. « Elle m’a demandé si je suis Nord-Coréen quand j’ai dit que j’étais ton ‘compagnon’. » Un silence à le fixer, tentant encore de comprendre l’autre sens de ce mot. « Elle était très surprise de ne pas tomber sur une femme enceinte quand j’ai ouvert la porte. » Mordillant sa lèvre, il jeta un regard vers la salle de bain, tentant de comprendre toute cette situation. Il était vexé qu’il n’ait pas réellement parlé de lui, qu’il ait caché cela. Pourquoi ? Encore maintenant, ils devaient vivre dans le déni ? « Tu lui as pas dit que tu sortais avec un homme, hein ? Elle sait quoi, exactement ? Tu veux qu’on appelle quelqu’un pour jouer la fausse petite-amie ? » Ironie, il disait oui, Ji Hoon trouverait un moyen de le tuer.

Baissant les yeux, il lâcha un profond soupir. Il ne l’aidait pas. Que devait-il faire maintenant ? Faire son réfugié Nord-Coréen et se cacher dans la cuisine en attendant qu’elle s’en aille ? Ils devaient rappeler Yurina pour qu’elle vienne s’accrocher à son bras et qu’ils puissent encore jouer au faux couple ensemble ? « Sérieusement Haruto ? On en est encore là ? Après plus de deux ans ? » Ils prétendaient être totalement en accord sur ça, totalement assumer aux yeux du monde, mais pas devant tous les yeux, visiblement. Secouant la tête, il commença à rouler vers la cuisine, attrapant Kimyaki au passage pour le mettre sur ses jambes. Il ne voulait pas déranger ou mettre Haruto dans une situation inconfortable. Qu’il fasse ce qu’il voulait, même si ça le blessait un peu. Il pouvait comprendre, mais il pensait sincèrement que cela était passé. Qu’ils étaient passés au-dessus de ça. « Préviens-moi quand elle est partie, d’accord ? » Qu’il puisse retrouver ses quartiers, recommencer à vivre. Ne plus être trop vexé. Il devait essayer de comprendre Haruto. Il n’avait pas honte d’eux, non. Il voulait juste la protéger d’un amour si puissant.



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     Dim 21 Oct - 2:34

♡ Haroon ♡

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Jamais Shizue n'avait douté de son petit-fils. En le regardant, elle avait toujours vu son fils en lui. Keisuke, cependant, avait été moins à l'aise dans sa timidité et avait énormément travaillé sur lui-même, quitte à se faire violence pour se faire des amis. Shizue avait toujours craint qu'il se fasse brimer par ses camarades, mais son fils ne lui avait jamais rien dit à ce propos. Sûrement était-il trop fier pour l'avouer, ou était-elle trop inquiète et se faisait des idées. Elle savait que le fils ne voulait décevoir le père, et la prestance de Masaharu, son caractère taciturne et mystérieux appelait le respect, presque la crainte, même chez son propre enfant. Keisuke n'avait sûrement pas voulu décevoir son père, mais Shizue savait que malgré tout, ils s'aimaient profondément. Lorsque Haruto naquit, Masaharu et Keisuke avait longtemps discuté entre eux, et Shizue ne sut jamais ce qu'ils s'étaient dit. Elle n'avait pas insisté, trop heureuse de voir ces deux hommes si proches, peut-être pour la toute première fois de sa vie. Ce petit bonhomme qui venait de naître était destiné à être choyé, elle en avait été immédiatement persuadé. Et elle avait eu raison ! Masaharu semblait s'être adouci, Keisuke s'ouvrait beaucoup plus. La même année, il avait même eu une promotion. Un bon présage, avait pensé Shizue. Pour son fils, pour son petit-fils, pour sa famille. Elle avait même commencé à s'entendre avec sa belle-fille !

Oui, Haruto avait été un enfant aimé de tous. Même après la naissance de sa petite sœur, il restait le favori aux yeux de son père et de son grand-père. Entre hommes, entre Kamiya. Et ils s'étaient mis à imaginer sa descendance à lui, à ce petit garçon encore innocent. Sa propre mère s'était mise à fantasmer très tôt sur le futur de son aîné. Shizue, elle, s'était efforcé de jouer son rôle de grand-mère, lui apportant l'affection dont il avait besoin. Elle lui avait répété, de son ton maternel, ce dont elle pensait alors juste. « Tu épouseras la femme parfaite pour toi. » Oui. Que ce petit ne se laisse pas choisir sa destinée par quelqu'un d'autre, même si cette personne devait être sa mère. Et plus les années passaient, et plus Shizue avait du mal à comprendre Haruka. Certes, Haruto n'avait jamais semblé être intéressé le moins du monde par une vie de famille et un mariage, mais sa dévotion pour ses études aurait pu simplement faire comprendre à Haruka que d'autres choses passaient avant. Shizue n'avait jamais été de l'avis de sa belle-fille, concernant ces fiancées à lui présenter. Si elle avait connu un mariage arrangé heureux, elle savait qu'elle n'avait pas eu vraiment le choix. Mais les temps avaient changé, et Haruto était devenu un très beau jeune homme. Sa grand-mère ne doutait pas qu'il trouverait un jour quelqu'un pour construire son avenir personnel.

L'annonce des fiançailles rompues par son petit-fils n'avait donc pas pu faire plus plaisir à Shizue. Et si Keisuke ne lui avait pas vraiment dit explicitement, elle avait deviné que c'était parce que son petit-fils avait quelqu'un d'autre dans sa vie. Ce fut à ce moment-là qu'elle s'était mise à s'imaginer la vie de Haruto. Elle voyait une jolie jeune femme, un ventre rond, un petit appartement cosy en plein Tokyo. Au moins, elle avait eu raison concernant l'un de ces points. Mais sûrement ne s'était-elle pas attendue à ce que la personne derrière la porte soit un homme étranger en fauteuil roulant. Plusieurs pensées lui avaient alors traversé l'esprit. S'était-elle trompé d'appartement ? Cette personne était-elle le petsitter de ces deux chiens ? Ou est-ce que Haruto offrait-il l'hospitalité à un pauvre handicapé ? Elle ne doutait pas de l'honnêteté de son petit-fils, il ne pouvait lui avoir menti concernant son adresse. Et elle était certaine de ne pas s'être trompée. Surtout lorsqu'elle se présenta et que le jeune homme en face d'elle changea d'expression, un peu moins sur la défensive. Elle lui sourit gentiment, le remerciant avant d'en dire un peu plus sur elle, cherchant à en savoir davantage sur lui. « Oui, absolument ! Cela fait bien longtemps que je ne l'ai pas vu en chair et en os, et ses appels se font rares. » Shizue n'avait pu cacher sa tristesse à cette idée, mais elle ne voulait pas passer pour grand-mère trop envahissante.

Se penchant légèrement pour tapoter la tête des petits chiens qui la suivaient et la reniflaient, Shizue émit un petit rire en assurant son hôte que ce n'était pas grave, parce qu'elle aimait beaucoup les animaux. Le remerciant pour l'invitation à s'asseoir, elle s'installa sans trop savoir quoi dire, ou plutôt, en se demandant quelles questions seraient les plus pertinentes. La présentation qui fit l'inconnu de lui-même la laissa songeuse. Elle n'était pas certaine de comprendre, mais visiblement, la confusion était partagée. Elle resta interdite. N'était-il pas Nord-Coréen ? Elle l'avait vexé ! Ces deux peuples ne s'aimaient pas beaucoup, et que dire des relations entre la Corée du Sud et le Japon ! Shizue ne se sentit soudainement plus très à l'aise, se demandant si elle ne ferait pas mieux de s'en aller. Mais la porte qui s'ouvrit fit battre son cœur, et la vue de son petit-fils lui redonna le sourire. Qu'il était beau ! Même s'il était blond. Après l'avoir salué et étreint affectueusement, Shizue ressentit un besoin urgent. Suivant Haruto, elle s'enferma ensuite dans la salle de bain, observant la pièce d'un œil curieux. Rien ici n'était vraiment féminin. Ces deux hommes vivaient bien ensemble. Poussant un profond soupir, elle se demanda ce qu'il pouvait bien se passer dans la tête de son petit-fils.

Ce dernier paniquait, dans le salon de leur appartement, cherchant comment se sortir de cette situation délicate. Il avait beau se dire qu'il avait ses raisons, il savait que cela ne l'excusait pas vraiment. Plus maintenant. Et il s'en voulait, surtout vis-à-vis de Ji Hoon. Ce dernier méritait mieux. Et bien sûr, il avait deviné sans mal ce qu'il se passait. Haruto ne pouvait nier, encore moins mentir. Il déglutit en lui demandant de ne pas changer de sujet. Oui, il voyait juste. Il n'avait rien dit à sa grand-mère. Secouant la tête, il cherchait comment expliquer son point de vue à son compagnon, sachant très bien que quoiqu'il ose dire, il serait en tort. A juste titre. « Non ! » Hors de question de cacher cette relation pendant plus longtemps. Se mordillant la lèvre inférieure, Haruto se reprit, parlant d'une voix plus douce. « Bien sûr que non, je ne veux plus lui mentir. Je lui ai dit que j'étais en couple, et heureux. Et oui, j'ai fait l'erreur de ne pas lui préciser ton sexe. » Haruto ne pouvait que comprendre la déception de Ji Hoon. Ce dernier devait se sentir trahi, et il s'en voulait terriblement d'avoir de l'avoir une fois de plus déçu. A croire qu'il ne faisait jamais rien de bien, qu'il était purement incapable de faire la moindre chose correctement, lorsqu'il s'agissait de leur couple. « C'est juste... Elle est vraiment âgée, j'ai eu peur... Je voulais la préserver. » Et il ne parvenait même pas à s'expliquer correctement !

« Hoonie... Mon amour. » S'approchant timidement de son homme, il le rejoignit dans la cuisine. S'agenouillant devant lui, il attrapa Kimyaki pour le remettre à terre, malgré les protestations. Prenant les mains de son compagnon, il les serra d'autorité dans les siennes. « Je vais lui dire, mais j'ai besoin de toi, s'il te plaît. Tu es la personne la plus importante pour moi, celle que j'aime plus que tout au monde. Sans toi, rien ne va correctement. » Et il se redressa, pour l'embrasser tendrement. Un petit, discret, presque timide, raclement de gorge de fit entendre. Haruto se figea, le cœur tambourinant dans sa poitrine. Comme si le temps fut suspendu. Se détachant de Ji Hoon, il se releva, fébrile. Debout au milieu du salon, Shizue les observait. Son petit-fils essaya bien de lire son expression, sans grand succès. « Grand-mère, je... C'est... Ji Hoon et... » « Tu as du thé au jasmin ? J'aimerais beaucoup une tasse de thé au jasmin. » Haruto resta interdit. Pour la forme – et pour se donner une contenance – il fit mine de vérifier, tout en sachant pertinemment que nom. Il détestait ce thé. « Désolé, mamie, mais si tu veux, on a du thé vert... » Shizue secoua la tête, réitérant sa demande. Etrangement, elle ne sembla ni agacée, ni énervée. Elle se contenta de reformuler sa demande sur un temps poli, un petit sourire aux lèvres. « J'ai vu un combini non loin de l'immeuble. Tu devrais mettre dix minutes à faire l'aller-retour, grand maximum, avec tes longues jambes. » « Mais, mamie... » « Tiens, prends le porte-monnaie de ta grand-mère. Du thé au jasmin, d'accord ? » Haruto hésita, avant de s'y résigner. « Je... Je fais au plus vite. » « Prends ton temps ! » Et elle le salua d'un geste affectueux de la main.

Ce ne fut que lorsque la porte se referma derrière son petit-fils que Shizue accorda enfin son attention à Ji Hoon. « Vous m'accompagnez ? Cette cuisine ne semble qu'adaptée aux géants. » Elle se voyait mal se hisser sur ces trop hauts tabourets. Retournant dans le salon, elle s'installa sur le canapé, tapotant la place à ses côtés pour y faire grimper le petit caniche noir qui lui réclama aussitôt de l'affection, sur roulant sur le dos. « Tu es bien mignon, toi ! Oh... Il est autorisé à monter sur le canapé, au moins ? » Si ce n'était pas le cas, elle s'excuserait poliment. Un ange passa. « Vous savez, mon petit-fils a toujours été maladroit dans ses relations avec les autres. Mais vous si saviez, son père était pire ! Et je ne vous parle pas de feu mon mari. » Son regard rivé sur la chienne, elle la caressa tendrement. « Les hommes Kamiya sont spéciaux, mais très attachants, n'est-ce pas ? » Elle leva la tête pour enfin observer Ji Hoon. « S'il vous plaît, ne lui en veuillez pas trop. Je le réprimanderai moi-même pour ne pas avoir été plus explicite. Cela nous aurait évité ce quiproquo ridicule. Je vous présente mes excuses, d'ailleurs. » Elle s'inclina très légèrement, ses rhumatismes la faisant souffrir, mais lui offrit un doux sourire. Un autre silence s'installa. Si le sourire ne disparut pas tout à fait, l'expression de la vieille femme se fit plus sérieuse. « Dites-moi, Ji Hoon. Est-ce que mon petit-fils vous rend heureux ? » Elle attendit sa réponse. « Est-ce qu'il vous traite comme il faut ? » Son expression se fit presque inquiète. « Dites-moi... Vous vous aimez vraiment, n'est-ce pas ? L'expression sur son visage... Je l'ai bien vue. Mon petit-fils... Haruto vous aime profondément. Vous aussi, vous l'aimez, n'est-ce pas ? » Parce que tout ce que Shizue souhaitait, au fond, soit que son petit-fils soit heureux avec la personne qu'il aimait.

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     Lun 22 Oct - 0:26

♡ Haroon ♡

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Ji Hoon regrettait désormais l’ennui constant dans lequel il se trouvait. Cette routine bien trop répétitive où il attendait simplement le retour de son homme, lui demandait comment s’était passée sa journée, préparer le dîner, regarder un film et plus si affinité (il y avait toujours affinité, de qui se moquait-il ?) puis aller se coucher. Cette vieille dame venait tout bouleverser et selon lui, ce n’était pas pour le meilleur. Bien évidemment que réaliser la situation le blessait, le vexait. Le décevait. Haruto avait probablement parlé d’eux. D’une façon ou d’une autre, il était évident qu’elle savait qu’il avait quelqu’un dans sa vie, sinon, pourquoi chercher une femme enceinte ici ? Néanmoins, il ne lui avait pas parlé vraiment de lui. De qui il était. Elle ne devait même pas savoir qu’il était en couple avec un « étranger ». Qu’avait dit son Japonais, au juste ? Qu’il partageait sa vie avec quelqu’un, sans plus. Sans vraiment développer la chose, juste pour tenir sa grand-mère informée brièvement de sa vie avant de changer de sujet et de parler d’il ne savait quoi qui pourrait être plus intéressant que lui. Ce dont il doutait très clairement. Déjà deux ans qu’ils étaient un couple. Un vrai couple, avec tout ce que ça impliquait et Ji Hoon pensait que les barrières étaient tombées depuis, qu’ils assumaient tous les deux pleinement.

Et il avait eu tort. Le Coréen souriait à la vieille dame autant qu’il pouvait, gardant de la contenance. Shizue lui semblait si distinguée, si discrète, si calme. L’inverse de ce qu’était sa grand-mère, à vrai dire. La sienne n’avait rien de forcément distingué, elle était assez rustre, parlait fort, un peu directive. Les tensions montaient souvent entre elle et son fils cadet. Jong Dae et elle avaient le même fichu caractère, comme disait l’aîné Lee quand la famille se réunissait. Fichu caractère qu’il avait hérité à son tour, disait-on. Elle lui disait souvent qu’il était mignon, mais qu’il serait tout aussi pénible quand il serait plus grand. Cette vieille dame n’avait jamais caché sa petite préférence pour Liang. Il était beau, gentil, poli. Un ange ! ça ne le vexait pas, il réalisait bien que Liang était plus gentil et plus mignon, il l’acceptait sans mal. Jamais il n’avait été forcément proche d’elle, son père le forçait à aller la voir une fois par semaine et il avait toujours hâte de rentrer, même si elle faisait des gâteaux délicieux. Mais sa mère en faisait des meilleurs encore donc aucun intérêt. Le jour de son enterrement, le jeune ingrat avait grandement regretté son désintérêt. Elle était le dernier pilier qui soudait la famille Lee ensemble. Depuis, il n’avait plus revu son oncle.

Un petit sourire fut accordé à la grand-mère de son petit-ami, il hocha doucement la tête. « J’espère qu’il vous appelera plus souvent. » Cependant, hors de question de jouer l’avocat de Shizue. Il se souvenait encore amèrement de quand il avait dit à Haruto de passer plus de temps avec son père avant qu’il ne soit trop tard. Il ne voulait plus « passer sa frustration » sur lui, comme le disait si bien son charmant compagnon, psychiatre de surcroit. Un amour. Néanmoins, Ji Hoon avait déjà assez de matière pour se mettre en colère conte son cher et tendre pour chercher autre chose à ajouter par-dessus. Il resta silencieux, interdit, quand son homme rentra finalement, le laissant saluer sa grand-mère et échanger quelques mots avec elle avant de lui indiquer où était la salle d’eau. La vraie conversation pouvait commencer et il n’était pas heureux de l’entendre changer de sujet et badiner de la sorte alors qu’il rongeait son frein pour ne pas lui frapper les fesses, partie de son corps la plus facilement atteignable pour lui, bien entendu. Le Coréen ne lui laissa pas le loisir de changer de sujet. Il voulait ses explications.

Bon point pour lui, il n’acceptait pas l’idée d’embaucher une gueuse pour jouer la fausse petite-amie. Parce qu’elle aurait pu devenir réelle, comme le Coréen serait immédiatement reparti chez sa mère et qu’il aurait laissé Haruto tout seul. Ce n’était plus le genre d’affront que pouvait accepter le Coréen de la part de son petit-ami. Hors de question de se laisser avoir une fois encore. Arquant un sourcil à ses explications, ses lèvres se pincèrent doucement. « Ah, oui. C’est vrai que c’est qu’un détail, de préciser que tu sors avec un homme. C’est un truc qu’on oublie facilement. » Lui-même oubliait parfois que Haruto était un homme, puis il se déshabillait et, oh ! Surprise ! Quelque chose pendait entre ses jambes ! Toutefois, les explications se tenaient, en réalité. Elle était âgée, à son époque, ce genre de choses étaient moins « normales » qu’aujourd’hui. Le choc serait probablement plus grand. Quand son homme le rejoignit dans la cuisine, ses traits s’étaient détendus et il le contemplait, le laissant saisir ses mains sans l’interrompre. Un petit sourire se forma sur ses lèvres, il hocha la tête. « Oui, j’ai compris. Désolé. » Il était encore un peu colère, mais comme toujours, son Japonais avait trouvé les mots pour apaiser son cœur et il se pencha un peu pour répondre tendrement au baiser donné.

Baiser qui fut stoppé par un toussotement et il espérait pour une fois que Kimyaki couvait quelque chose. Même si ce serait très humain, comme façon de faire, mais son bébé était incroyable. Il n’osait pas se retourner quand son homme s’éloigna de lui, le fixant sans rien dire. En tout cas, c’était déjà ça de fait et en moins à préciser. Il laissa son homme bégayer, se retournant finalement face à la demande inattendue de l’aînée. Du thé au Jasmin ? Pourquoi si soudainement ? Peut-être dirait-elle que c’était un breuvage miracle pour soigner l’homosexualité ? Non, il ne devait pas penser à ce genre de choses. Il regarda Haruto chercher, sachant très bien qu’il n’y en avait pas. Ils avaient uniquement du thé vert, qu’il avait acheté pour sa mère. Et voilà qu’elle lui demandait d’aller en acheter. Mais non ! Il n’allait pas le laisser seul avec elle ? Non. Il ne lui ferait pas ça. Que faisait-il, là ? il ne rêvait pas, il prenait le porte-monnaie de Mamie ? Il partait ?! Elle allait le tuer. Elle allait le faire tomber du fauteuil et le frapper avec sa canne jusqu’à ce qu’il meure. Tué par une vielle dame de quatre-vingt-dix ans, voilà ce qui l’attendait. C’était horrible. Il avait envie de pleurer, de la supplier. Mais il ne bougeait pas, toujours dans l’expectation.

Timidement, il hocha la tête à sa demande, se demandant comment est-ce qu’il pouvait être aussi impressionné par une si petite dame. Ji Hoon se plaça non loin du canapé, sans trop s’approcher pour autant. Il l’observa accueillir Takochi près d’elle. Il espérait que la petite chienne vienne apaiser les tensions qu’il s’inventait dans sa tête. A sa question, il hocha une fois encore la tête, de la même façon. « O-oui… Normalement, elle peut aller que sur la couverture… » Mais ce n’était pas grave. Il avait abandonné toute idée de prendre un meilleur vocabulaire, ne pouvait se concentrer à la fois sur la situation et sur son japonais. Shizue reprit la parole, le laissant bête alors qu’elle défendait la façon de faire de Haruto. Elle lui parlait normalement. Sans la moindre gêne, sans que ce qu’elle avait pu voir quelques minutes plus tôt ne semble la déranger le moins du monde. Ji Hoon était tellement habitué à ce que cela se passe mal qu’il ne parvenait pas vraiment à y croire. Il se dépendait doucement en l’écoutant. « C’est de père en fils alors ? » Ce comportement un peu étrange, cette timidité, cette impression d’être toujours mal à l’aise quand il y avait trop d’inconnus. Il était vrai qu’il avait pu constater cela chez Keisuke également. Un sourire se dessina enfin sur ses lèvres à sa conclusion, et il approuva d’un petit mouvement de tête. « Oui, c’est vrai… » Du moins, c’était vrai pour le Kamiya qu’il connaissait le mieux. Spécial, mais tellement attachant.

En réalité, le Coréen était subjugué par cette conversation. Elle le prenait bien. Mieux que n’importe qui avant elle et cela le rassurait. Son cœur semblait soudainement plus léger. Il avait envie de la remercier, de la serrer contre lui. Mais il se contenait au maximum. Doucement, il secoua sa main devant son visage pour lui signifier qu’elle n’avait pas besoin de s’excuser. « Non, c’est… Ce n’est rien, vous ne saviez pas. » Un silence flotta. « Ne le réprimandez pas trop, d’accord ? Il pensait bien faire. » Ses yeux se baissèrent, il sourit légèrement. « Mais réprimandez-le un peu quand même, s’il vous plait. » Parce que son homme méritait qu’on lui tire les oreilles de temps en temps. Ce serait mérité. La prochaine question le surprit également, mais il n’eut aucun mal à répondre. S’il le rendait heureux ? « Je n’ai jamais été plus heureux que depuis notre rencontre. » Il illuminait sa vie, chaque jour, toujours plus intensément. Il hocha la tête à la seconde question. « Oui. Je sais pas ce que je ferais sans lui. C’est vraiment une personne merveilleuse. » La meilleure qui soi, mais elle devait le savoir. Elle l’avait vu naître, grandir, s’épanouir. Elle avait eu la chance de voir Kamiya Haruto devenir l’homme incroyable qu’il était.

Bien sûr qu’ils s’aimaient vraiment. Un grand sourire prit place sur son visage aux mots de la grand-mère de son homme. Si elle le disait, il pouvait la croire. Ji Hoon ne doutait pas de l’amour de son homme, mais il adorait tout de même quand quelqu’un le faisait remarquer ou l’avait simplement vu. « Je l’aime plus que tout au monde. » Il pouvait l’affirmer sans réfléchir, parce que c’était vrai, c’était un fait, tout simplement. Roulant jusqu’au canapé, il osa s’arrêter près d’elle. « Je peux m’asseoir à côté de vous ? C’est plus confortable. » Et c’était moins bizarre pour lui que de parler dans ce fauteuil. Attendant son approbation, il posa ses pieds sur le sol, pivotant pour s’asseoir, à une distant convenable de la vieille dame. « J’ai eu un accident de voiture il y a deux mois. Ça revient doucement. » Ji Hoon se sentait toujours le besoin de se justifier. « Haruto m’aide beaucoup pour ça. Il est un vrai soutient pour moi. Toutes les choses qui ont été installé pour me faciliter l’accès, c’est lui qui l’a installé. » Un petit sourire se dessina sur ses lèvres, toujours aussi reconnaissant. « Enfin, avec l’aide de Monsieur Kamiya également. » Il était très reconnaissant envers son père pour l’aide qui l’avait apporté. Un silence s’installa, il baissa les yeux vers Takochi, finissant par regarder à nouveau Shizue. « J’ai vraiment beaucoup de chance de l’avoir rencontré. Et je vous remercie du fond du cœur de le soutenir comme vous le faites aujourd’hui. De ne pas le juger, de ne pas le rejeter comme vous auriez pu le faire. Je sais que c’est très important pour lui que rien ne change entre vous. Merci beaucoup, Madame Kamiya. » s’écartant un peu, il se courba respectueusement vers elle, parvenant à ne pas tomber en avant. il se sentait bêtement ému, si heureux pour Haruto, d’avoir une grand-mère comme elle, qui l’aimerait et l’accepterait quoiqu’il arrive. Il le méritait. Il méritait tout le bonheur du monde.



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     Mar 23 Oct - 0:18

♡ Haroon ♡

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Shizue ne se plaignait que très rarement. Jamais il ne lui viendrait à l'esprit d'accabler son petit-fils parce qu'il l'appelait moins souvent, et venait lui rendre visite encore plus rarement. Tant qu'elle le savait heureux, c'était là le principal à ses yeux. Il en allait de même pour ses petites-filles. Lorsqu'elle avait appris que Erena et Haruno étaient des idoles reconnues dans tout le pays, la grand-mère avait eu du mal à se réjouir, se disant que cela pouvait être dangereux, se demandant si cela leur plaisait réellement – car elle en avait entendu des choses ! – ou craignant que leur popularité retombe du jour au lendemain. Bien évidemment, elle avait gardé tout ça pour elle, les soutenant du mieux qu'elle l'avait pu, le temps que ça avait duré. Elle avait acheté toute leur discographie, avait même offert des exemplaires à ses voisines en leur rappelant toujours avec fierté que c'était ses petites-filles. Lorsqu'elle avait appris que Erena quittait le monde de l'idoling, elle lui avait écrit une lettre, la félicitant pour sa carrière, l'encourageant à poursuivre ses rêves, et lui disant combien elle l'aimait, et que le plus important soit qu'elle soit heureuse. Haruno, elle l'avait appelé, et n'avait jamais été heureuse de l'avoir au téléphone. La cadette devenait une femme, et si elle en éprouvait un pincement au cœur, Shizue s'avouait très émue de constater combien elle était devenue sage et belle. A ses yeux, en tout cas.

La vieille femme aurait aimé être plus présente pour sa petite famille, suite au décès de son époux. Néanmoins, elle avait rapidement compris qu'ils se débrouillaient très bien sans elle. Tant mieux ! Se disait-elle. Celui qui l'inquiétait le plus, néanmoins, n'était pas son fils. Haruto avait toujours été un petit garçon différent. Chaque grand-mère voyait en sa progéniture des êtres forcément exceptionnels et différents, mais pour son petit-fils, Shizue le pensait sincèrement. Ce rêveur qui observait le monde et posait de drôles de questions auxquelles elle n'avait jamais prêté attention. C'était elle qui avait apaisé Haruka, lorsque celle-ci avait pensé voir un psychologue pour son enfant. « Il va bien. Il deviendra quelqu'un de bien. » Ce n'était pas forcément ce que sa belle-fille voulait entendre, mais au moins, ça l'avait calmé. Durant un temps. L'épouse de son fils était une femme stressée, autoritaire et directive. Ce que Shizue n'avait jamais été, ce qui faisait qu'elle avait énormément de mal à la comprendre. Elle ne pouvait envisager que Haruto épouserait une femme qu'on lui aurait choisi. Il avait sa vie, ses rêves. Et ceux-ci n'étaient sûrement pas ceux dont rêvait Haruka dans son côté. A l'annonce des fiançailles de son petit-fils, Shizue n'avait pas compris. Elle s'était évidemment gardée de faire tout commentaire, mais n'en pensait pas moins. Elle avait même cherché une excuse pour ne pas se rendre à la cérémonie !

Mais comment Haruto aurait pu imaginer que sa grand-mère le comprenne ? Son éducation et son âge l'effrayaient un peu. Il aimait énormément cette femme, et la peur de la décevoir d'une quelconque manière lui brisait le cœur. Pourtant, il voulait lui parler de Ji Hoon. De combien cet homme – eh oui ! un homme, mamie ! – le rendait heureux. Il avait bien essayé, sans y parvenir réellement. Shizue s'était mise à parler de mariage, d'arrière-petits-enfants. Sûrement n'avait-elle pas pensé à mal. Mais Haruto s'était trouvé incapable de la contredire, ou de lui préciser ce léger détail – trois fois rien – qui changeait la donne ; l'amour de sa vie était un homme. Il s'en voulait horriblement, évidemment. Et la colère de Ji Hoon à son encontre était plus que légitime. « Non ! Bien sûr que non. Ce n'est pas un détail. » C'était quelque chose qu'il fallait encore préciser, à l'heure actuelle. Très peu (trop peu) de personnes s'interrogeait sur le sexe des partenaires de ses connaissances. Et le Japonais se disait qu'un long chemin restait encore à parcourir pour que cela change. Voulant rassurer son homme et cherchant son soutien, Haruto ne put s'empêcher de lui montrer son amour de façon très naturelle pour lui ; l'embrasser. L'une des choses qu'il préférait faire, avec lui. Complètement accro, il ne pensait même plus à la présence de sa grand-mère, dans une pièce voisine.

Dans la même pièce. Que pouvait-il faire, maintenant ? Bien entendu, Shizue n'était pas stupide, elle avait compris. Il n'y avait que sa belle-fille pour croire à une profonde amitié très fusionnelle, si elle était témoin de cet échange déjà très intime. Haruto s'en voulait encore plus, se disant que, finalement, il aurait préféré lui dire, plutôt qu'elle les surprenne ainsi. La dernière chose qu'il souhaitait était que sa grand-mère ressente du dégoût en le voyant. Il bafouilla, cherchant à comprendre ce qu'elle essayait de lui faire passer comme message en répétant avoir besoin de son thé au jasmin. Depuis quand était-elle capricieuse ? Néanmoins, Haruto ne voulait pas braquer sa grand-mère, et il se doutait que cette soudaine envie de thé ne soit pas due au hasard. Voulait-elle rester en tête à tête avec Ji Hoon ? Son regard se posa sur son homme, visiblement pas très à l'aise. Il ferait vite. Très vite. Quitte à courir ! Se hâtant de ramasser sa veste, il attrapa le porte-monnaie de sa grand-mère, avant de filer en promettant de revenir rapidement. Pas le temps d'attendre l'ascenseur ! Il dévala les marches de l'escalier, risquant de se briser une ou deux fois la jambe. Et une fois dehors, ce fut à peine s'il ne courut pas jusqu'à la petite supérette. Heureusement, Shizue avait raison, il avait de grandes jambes, et elles lui servaient bien, aujourd'hui.

Dans l'appartement, la vieille femme était plutôt fière de son plan. Elle voulait apprendre à connaître cet étranger que son petit-fils aimait. « Oh, tu as entendu ? Uniquement sur la couverture ! Viens là... » Portant Takochi de ses bras tremblants, elle coucha la petite chienne qui couina à la place désignée. Puis, une étincelle amusée dans les yeux, elle se confia à Ji Hoon, de sa voix bienveillante. « Eh oui. Enfin, je pense que les Kamiya s'adoucissent avec le temps. Le père de mon époux m'effrayait beaucoup, même si au fond, il était très juste et bon avec sa famille. » Avait-elle le droit de confier autant d'anecdotes sur les Kamiya à cet homme ? Shizue se le donnait. Elle était même très heureuse que Ji Hoon confirme ses dires. Oui, les hommes Kamiya était spéciaux et attachant, il devait en avoir un bon exemple avec Haruto. Hochant doucement la tête, elle ne fit que lui dire ce qu'elle avait pu voir, et cela semblait lui faire plaisir. Elle eut un petit rire à sa demande. « Je vais essayer. Il m'a toujours eu avec ses grands yeux implorants. » Elle émit un petit rire aigu. « Vous savez, ce regard qu'il a quand il vous regarde droit dans les yeux, avec son petit sourire d'ange. Je suis sa plus grande victime ! Il a dû faire ses armes avec moi, le petit voyou. » Il avait l'air innocent, mais Haruto savait s'y prendre lorsqu'il souhaitait quelque chose.

« C'est merveilleux. » Si Shizue se permit de faire ce commentaire, c'était parce qu'il était sincère. Elle pensait vraiment que les deux hommes vivaient une belle histoire. Ce que pouvait lui répondre Ji Hoon la touchait réellement, et pas seulement parce qu'il parlait de son petit-fils, mais aussi parce qu'elle pouvait entendre la sincérité dans ses propos. Shizue voulait le remercier, le prendre dans ses bras, mais elle n'osait pas. Elle aimait déjà beaucoup cet homme ! Lui souriant alors qu'il approchait, elle acquiesça. Lorsqu'il lui apprit pour son accident, la vieille femme posa une main sur sa poitrine. « Oh mon dieu... Mon pauvre petit... » Elle l'écouta faire l'éloge de son petit-fils, un sourire à la fois peiné pour Ji Hoon et ému pour Haruto. « Je ne le savais pas si bricoleur... Ça me fait plaisir, ce que vous m'apprenez là, vous savez. Vu leurs caractères, Keisuke et Haruto se ressemblent, mais se disent peu de choses. C'était la même chose avec Masaharu – feu mon mari. Il y a toujours une certaine forme de pudeur, entre un fils et son père, qui est regrettée une fois qu'il est trop tard. » Sa main caressa doucement le pelage du caniche qui réclamait toujours plus de caresses. Elle ne releva les yeux que lorsque l'étranger reprit parole. Face à ses remerciements, elle se sentit rougir, faisant un geste de rejet de la main, bafouillant un peu. « Il n'y a pas de quoi me remercier, voyons... » Shizue avait toujours eu du mal avec les compliments. Se raclant la gorge, elle se redressa un peu. « Vous savez, Ji Hoon, ça ne date pas d'hier. Des histoires d'amour entre hommes, entre femmes. Ces personnes ne faisaient que se cacher, sans assumer, finissant malheureux ou comme des parias. Alors, c'est moi qui vous remercie. D'aimer mon petit-fils, et de ne pas en avoir honte. » Elle posa sa main sur le bras du Coréen, le pressant un peu, un doux sourire aux lèvres.

Dans l'ascenseur, Haruto trépignait, son sachet en plastique dans la main. Du thé au jasmin et de dorayakis, au cas où sa grand-mère essayerait de l'avoir en simulant une envie de dessert – son petit fils connaissait son péché mignon. Les étages ne défilaient pas assez vite. Il aurait dû prendre les escaliers ! Mais il avait déjà assez couru, quitte à passer pour un fou. Tirant sur le col de sa chemise, il sortit dans l'ascenseur, se postant devant la porte de leur appartement et souffla un coup. Tout ce qu'il espérait, c'était que les deux soit encore en vie, lorsqu'il entrerait. « Tadaima ! » Drôle de situation. Rêvait-il ? Ji Hoon était assis à côté de sa grand-mère. Et Takochi. « Vous avez appris à vous connaître ? » Encore ce rire mal assuré. Shizue se leva, approchant de son petit-fils. « C'est un jeune homme tout à fait correct, tu as bien trouvé. Tu veux bien me faire plaisir, mon chéri ? » Haruto pinça les lèvres, levant un regard incertain vers son compagnon, avant de le baisser vers sa grand-mère.

Mais trop tard, il ne vit pas la canne s'écraser sur son mollet. Poussant un cri qui était plus de surprise que de douleur, Haruto jeta un regard paniqué à Shizue. « Cesse de penser que je suis une vieille bigote ! » Ne comprenant pas vraiment, il se pencha pour masser son mollet. Finalement, elle avait plus de force qu'il ne l'avait pensé. « Vous vous aimez, tous les deux. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Rien ne me fais plus plaisir que de savoir mes petits-enfants heureux. Donne-moi ce sachet, je vais faire le thé. Oh, des dorayakis ! » Shizue émit un petit rire satisfait, avançant vers le coin cuisine de sa démarche sautillante. Haruto, lui, se dépêcha de rejoindre Ji Hoon sur le canapé. « Je... Vous vous êtes dit quoi ? » Il plissa les yeux, fixant son homme. « T'as pas utilisé ta technique de charme, hm ? » Shizue revint auprès d'eux, s'installant sur le fauteuil pour mieux les voir. « Mamie... T'as de la pâte azuki au bord des lèvres... » Voilà ! Il le savait ! « Tu vois, elle résiste jamais aux dorayakis. » Shizue toussota, s'essuyant la bouche à l'aide d'un mouchoir en papier. « Oublions ça ! Racontez-moi plutôt comment vous vous êtes rencontré... Parlez-moi de vous. » Le temps que l'eau chauffe, pour qu'elle puisse déguster le reste des dorayakis.

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     Mer 24 Oct - 0:25

♡ Haroon ♡

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Que son homme « omette » un détail comme celui-ci était blessait. Bien évidemment que Ji Hoon se doutait des raisons qui l’avaient motivé à mentir, néanmoins, il ne pouvait s’empêcher de voir plus loin, de se faire des films. Et si son petit-ami avait encore honte de lui ? Quand il y pensait, c’était terrible, mais il pouvait le comprendre. Plus jeune, il avait dû sans doute penser finir avec la fille parfaite, celle dont tout le monde rêvait. Au Japon, ça ne faisait pas forcément bon genre de sortir avec un homme, immigré de Corée du Sud, de surcroit. Ji Hoon comprenait ça, même si c’était difficile pour lui de se dire que peut-être que Haruto avait honte de lui. Il n’était pas à la hauteur de l’homme qu’il était. Déjà à l’époque, il avait été surpris de voir qu’ils devenaient amis. Vraiment amis, pas par pitié, comme en témoignait parfois la mauvaise humeur de son compagnon. Ils étaient si différents, c’était à se demander comment est-ce qu’ils pouvaient s’entendre. C’était l’une des nombreuses merveilles de l’amour qui les unissait. Néanmoins, des milliers de questions trottaient dans sa tête, il ne pouvait s’empêcher d’y penser, quand bien même il lui pardonnait, qu’il l’embrassait, qu’il le laissait partir sans hurler.

La réaction de la vieille dame était étonnante mais elle l’aidait à calmer son trouble. Un sourire sincère se dessina sur ses lèvres en la voyant accueillir Takochi près d’elle, préparer la couverture pour qu’elle ne salisse pas le canapé. Les Kamiya, des hommes bien complexes, visiblement. Le sien était le meilleur des trois, il en était persuadé. Malgré sa timidité et sa pudeur, il s’était dévoilé à lui, se montrait drôle, espiègle, entreprenant. Il n’avait pas de retenu, osait s’exprimer sans mal et Ji Hoon savait bien que ce n’était pas quelque chose qu’avait tous les Japonais, que le sien était exceptionnel. Au début, Haruto se montrait si réservé au début, osant à peine dire ce qu’il pensait, se trouvant un peu gêné quand il le touchait plus que nécessaire. Ji Hoon avait toujours eu besoin de le toucher. D’abord, ce n’était que l’effleurer, taper son épaule, attraper son bras pour lui montrer quelque chose. Puis de façon un peu plus poussée. Tenir sa main quand ils avaient trop bu, poser sa joue contre son épaule pour regarder quelque chose ou quand il était fatigué, le serrer dans ses bras pour quelques occasions. Bien évidemment, leur comportement avait nettement changé depuis, mais leur relation avait évolué, dans le meilleur sens possible.

Si Haruto n’avait pas d’enfant, cela voudrait-il dire qu’il était la version la plus parfaite des Kamiya ? Sans doute. Néanmoins, Ji Hoon espérait qu’ils puissent avoir un petit Haruto un jour. Et un petit Lee. Deux enfants, s’ils pouvaient faire appel à une mère porteuse un jour, ce qu’il espérait sincèrement. Cependant, il n’allait pas partager son envie de bébé avec la grand-mère de son homme, la tolérance et la bienveillance devait probablement avoir ses limites. Ji Hoon était heureux d’en savoir plus sur la famille de Haruto, sur ce grand-père qu’il ne pouvait pas connaître. Il souriait à Shizue, lui accordant toute son attention. Ah ! Les yeux de Haruto ! Qu’elle ne lui en parle pas, c’était une catastrophe, tout ce qu’il pouvait faire avec ses deux petites perles noires ! Ji Hoon éclata de rire, hochant vivement la tête. Oh oui, il savait tout à fait de quoi elle parlait, il voyait très clairement ce regard. « Il a fait ses armes avec vous, mais c’est moi sa plus grande victime maintenant ! Ce regard et ce sourire, dès qu’il veut quelque chose, ça manque pas ! » Et le Coréen tombait toujours dans le piège, en bonne victime consentante qu’il était avec lui.

Sans retenu, il pouvait s’exprimer librement, laisser voir ses sentiments, les partager avec Shizue, puisqu’elle demandait. Et oui, c’était merveilleux, comme il l’aimait. Haruto le traitait bien, et ils s’aimaient d’un amour véritable et sincère, quelque chose d’indescriptible, qu’il tentait de partager avec elle malgré tout. Il lui fit part de son accident, secouant la main pour lui dire que ce n’était rien en la voyant poser sa main sur son cœur. Ça allait maintenant, et il ne le lui disait pas pour qu’elle le prenne en pitié. Il voulait lui expliquer combien son petit fils était incroyable, qu’elle soit impressionnée par ses talents. Il sourit à sa réflexion, haussant les épaules. « Je ne pensais pas non plus. » Haruto n’était pas particulièrement bricoleur, mais il s’était bien débrouillé finalement. De plus, il avait pu partager quelque chose avec son père, une activité qu’il n’aurait sans doute jamais imaginé. Il ne comprit pas pourquoi elle disait « feu » pour son mari. Ji Hoon se demandait s’il avait été incinéré, sans oser poser la question. Il pinça les lèvres, comprenant bien les regrets de Keisuke, ou en quelque sorte. L’image de son propre père lui vint à l’esprit et il hocha doucement la tête. « J’espère que ça ne sera pas le cas pour eux. » Que Haruto allait réaliser.

Ji Hoon avait besoin de la remercier. Pour sa tolérance, sa gentillesse, tout ce qu’elle faisait aujourd’hui. Si, il y avait de quoi la remercier, mais il n’insista pas pour ne pas la mettre mal à l’aise. Oui, il savait que ça ne datait pas d’hier, mais ce n’était toujours pas évident dans l’esprit commun. Il sourit, hochant doucement la tête. Pas besoin de le remercier. Il regarda la main qu’elle posa sur son bras, souriant un peu plus. « Merci beaucoup, Madame Kamiya. » Pour absolument tout, il ne pouvait s’empêcher de la remercier. Elle était incroyable et il ne savait pas vraiment quoi dire de plus, profondément touché. Sa main se posa sur celle de la vieille dame et il la regarda, profondément reconnaissant pour ce qu’elle faisait, heureux d’avoir eu cette conversation avec elle. tellement, qu’il n’avait pas vu le temps passer et fut surpris d’entendre la voix de son homme raisonner. « Oh, okaeri ! » Il sourit pour le rassurer, qu’il comprenne que tout allait bien. Il regarda Shizue le rejoindre, un peu vexé d’être défini de « correct » alors qu’elle aurait pu dire incroyable, charmant, délicieux, merveilleux, tellement d’adjectifs plus adaptés ! Néanmoins, il garda sa frustration pour lui, posant vivement sa main sur sa bouche sous la surprise quand elle le frappa avec sa canne, pouffant bêtement. Bien fait ! Bien sûr que ça se voyait qu’ils s’aimaient ! Haruto était bête, il espérait que son homme comprendrait la leçon.

« C’est un secret entre ta Mamie et moi. » Il alla pincer sa joue, sa langue pointa entre ses lèvres, malicieux. Il lui raconterait plus tard, pour l’instant, il resterait dans le flou. Ji Hoon lui offrit un clin d’œil raté quand il lui demanda s’il l’avait charmé. « Héhé. Tu sais qu’on me résiste pas. » Sauf quand on s’appelait Haruka, visiblement, et encore ! Elle aussi, elle était sous son charme avant d’apprendre qu’il était en couple avec son unique fils ! Ji Hoon sourit en voyant la pate azuki sur le bord des lèvres de la dame, pinçant les lèvres. « Qui connait le mieux l’autre, entre vous deux ? » Un rire amusé quitta ses lèvres, s’aidant de ses bras pour mieux s’asseoir sur le canapé, près de son homme. L’ambiance badine prit soudainement fin à la question de Shizue et il sembla soudainement embarrassé. Leur rencontre, oui. Il aimerait lui raconter quelque chose de féérique. Comme dans un drama, ce serait bien. Mais avouer qu’ils s’étaient rencontrés parce qu’il n’était pas parvenu à lui voler son portefeuille, ça ne le faisait pas vraiment, surtout quand on voulait jouer au petit-ami parfait et idéal. Il laissa un ange passer, espérant que son homme vienne briser le silence, mais rien. « On s’est rencontré dans un bar, il y a six ans. C’était en 2012, j’étais au Japon depuis seulement quelques semaines. »

Son regard se posa sur Haruto, se remémorant ce beau Japonais de vingt ans qu’il était à l’époque, avec des cheveux beaucoup plus courts, mettant encore plus en valeur ses oreilles décollées. « On est rapidement devenu amis. Je connaissais personne, alors je me suis vraiment accroché à lui, en plus, il m’aidait pour le japonais ! » C’était d’ailleurs grâce à lui qu’il pouvait s’exprimer si aisément désormais, quasiment bilingue, selon sa propre estimation. Il pouvait suivre les conversations s’il n’y avait pas trop de monde et y répondre sans trop chercher ses mots. Mais elle ne l’interrogeait pas sur ses capacités en langue, ou du moins, pas directement. Hésitant à continuer, il regarda Haruto, comme s’il attendait son approbation, avant de reprendre la parole. « On a été amis pendant quatre ans avant de réaliser tout ça. C’est un peu bizarre. Avant lui, aucun homme ne m’avait jamais attiré, et il est le seul. » Sa main tapota nerveusement la cuisse de Haruto. En disait-il trop ? Sans doute. Il n’avait pas vraiment besoin de parler de sa sexualité avec cette femme qui allait trouver ça déjà bien compliqué ! « Enfin voilà… ça fait plus de deux ans qu’on est ensemble, maintenant. » Il sourit à son homme. Dans sa tête, ça faisait sans doute plus longtemps. Six ans. Même si son cœur lui appartenait depuis toujours.


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     Jeu 25 Oct - 0:42

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


S'il y avait une chose qui ravissait toujours les grands-mères, c'était bien de parler de leurs petits-enfants. Que ce soit pour les encenser d'être les plus merveilleuses personnes du monde ou pour les critiquer de ne jamais les appeler ou leur rendre visite. Shizue, elle, faisait partie de la première moitié. Elle adorait ses trois petits-enfants. Si elle disait ne pas avoir de préféré, elle devait avouer que Haruto réussissait toujours à lui voler son cœur de mamie, bien qu'elle soit très proche de Haruno et écrive souvent à Erena. Il fallait dire que Haruto était l'aîné, et surtout, le seul garçon. Ah, ce regard. Ces grands yeux magnifiques ! Combien de fois la pauvre dame était tombée dans leur piège ? Très souvent. Heureusement pour elle, Haruto n'avait jamais été capricieux, ne lui avait jamais fait de demande impossible. La plupart du temps, c'était pour se faire pardonner d'une bêtise qui – elle l'avait appris bien plus tard – n'avait même pas été de sa faute, mais de l'une ou l'autre de ses sœurs. Enfin, maintenant qu'elle y pensait, elle payait encore pour quelques abonnements de magazines scientifiques, pour lui. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Elle était vraiment heureuse qu'il ait enfin trouvé sa place, quelque part. Lorsqu'elle observait cet appartement, Shizue sentait les bonnes énergies qui s'en dégageait. C'était un foyer où régnait l'amour. Pour elle, c'était là le principal. Certes, cela la déroutait un peu, car elle aussi s'était laissé aller à quelques fantaisies sur la vie de son petit-fils, mais tout ce qui lui importait, au fond, était qu'il soit heureux.

Auprès de Ji Hoon. Cet homme était vraiment amoureux de son petit-fils, Shizue le voyait bien. La façon dont il en parlait, elle en avait le cœur tout retourné ! C'était si beau ! Encore mieux que dans ces dramas qu'elle regardait avec sa voisine – sa sortie hebdomadaire, se rendre chez sa voisine pour regarder le nouvel épisode de leur série du moment. Ils allaient très bien ensemble, et elle était ravie de l'avoir appris, bien qu'elle aurait peut-être aimé en avoir été informée plus tôt, et éventuellement d'une autre manière. Cela, néanmoins, ne diminuait en rien le soutien qu'elle voulait leur donner. Son rire fut donc tout sauf moqueur lorsque Ji Hoon lui avoua tomber dans le piège, lui aussi. « Je compatis... Mais on lui pardonne toujours, n'est-ce pas ? » Ils avaient de la chance que Haruto ne soit pas un psychopathe. Shizue aimait beaucoup le fait que Ji Hoon se confie si facilement à elle. Il était adorable, mais elle savait que ça ne se disait pas à un homme qu'elle venait de rencontrer et de surprendre collé aux lèvres de son petit-fils. Elle appréciait le fait qu'il lui parle de Haruto, elle pouvait ainsi en apprendre plus, comme par exemple le fait qu'il soit devenu bricoleur rien que pour lui, par amour. C'était adorable, et elle se sentit soudainement très fière de lui. Et apprendre ainsi que Keisuke et lui partageaient quelque chose – même si anodin – lui réchauffait son cœur de maman et de mamie. Combien elle aurait aimé que son fils et son époux se rapprochent aussi. Ils s'aimaient, mais ne se l'étaient jamais vraiment montré. Keisuke avait même – au prix d'un effort considérable, certes – retenu ses larmes lors de l'enterrement de Masaharu. Elle se souvenait de lui, droit, fier, le visage fermé et le regard lointain, alors qu'il la soutenait d'un bras puissant, près de la tombe. C'était Haruto qui avait le plus pleuré, ce jour-là.

Sur le coup, Shizue ne comprit pas pourquoi Ji Hoon la remerciait. Bien sûr, au fond, elle le devinait un peu. Ce ne devait pas être simple, pour eux, dans la vie quotidienne. Trop de personnes se montraient encore intolérantes envers les amours différents. Et si elle secoua la main en rougissant pour lui dire de se taire, elle lui adressa tout de même un sourire amical. Qu'il ne s'inquiète pas, elle continuerait à les soutenir. Et ce fut à son tour de remercier Ji Hoon. Ces mots, elle les pensait sincèrement. Qu'ils n'aient pas honte de cet amour qui les unissait, au contraire. Ce fut à ce moment que Haruto choisit de revenir. Il avait fait vite ! La vieille femme avouait être assez fière de son plan, mais peut-être aurait-elle dû lui demander des choses plus compliquées à rapporter ? Non, en vérité, si elle avait apprécié ce petit moment en tête à tête avec Ji Hoon, elle était vraiment heureuse de la présence de son petit-fils. En plus, il semblait leur avoir ramener de quoi accompagner le thé ! Parfait ! Mais avant ça, Shizue voulait lui faire comprendre sa bêtise pour lui avoir caché cette belle histoire d'amour. Haruto ne vit pas le coup venir, et la douleur fut fulgurante, comme un petit éclair. Mais il ne voulait pas se plaindre, il l'avait bien mérité, au fond.

Il en profita pour rejoindre son compagnon, alors que sa grand-mère leur tourna le dos pour s'affairer dans le coin cuisine. Et puisqu'elle entendait encore très bien malgré son âge, Haruto se mit à chuchoter. Fronçant les sourcils, il donna un très léger coup de coude à Ji Hoon, avant de lui sourire. Il n'insisterait pas, sachant très bien que son homme lui dirait tout plus tard. Son cœur rata un battement à son clin d’œil. Il était si adorable ! Et il savait très bien combien ça le faisait flancher ; il n'avait pas le droit ! Nouveau coup de coude pour lui apprendre à être si irrésistible ! « C'est ma mamie, tu la laisses. Je resterai toujours son préféré, même si tu lui fais du charme ! » Il fronça les sourcils, pour la forme. Mais sa bonne humeur reprenait très rapidement le dessus. Surtout quand sa grand-mère revint près d'eux, de la pâte de haricot rouge au coin des lèvres. Elle était incroyable ! Haruto éclata de rire, s'installant plus confortablement dans le fauteuil. Sa main chercha la sienne, qu'il serra légèrement. « C'est moi, bien évidemment. » « Mais qu'est-ce que tu racontes. Je te changeais les couches, moi ! » Le petit-fils eut un rire embarrassé. Shizue en savait bien trop, oui !

Sa question le surprit tout autant, en réalité. Il eut un regard incertain vers Ji Hoon, évitant celui de sa grand-mère. Cette dernière les observait silencieusement, les yeux plissés. Sûrement devaient-ils lui offrir une version édulcorée de l'histoire de leur rencontre. Haruto ne voulait pas qu'elle ait une mauvaise image de son Coréen. En fixant ce dernier, il espérait lui faire comprendre le message par télépathie, ou il ne savait trop quoi. Cela avait-il marché ? Visiblement ! Ou plutôt, Ji Hoon s'était simplement fait la même réflexion. Un sourire tendre aux lèvres, le Japonais l'observa alors qu'il parlait, se remémorant cette soirée. La plus belle rencontre de sa vie. Il hochait la tête pour approuver ses dires, riant un peu lorsqu'il expliqua s'être accroché à lui. « Un vrai pot de colle ! Non, en fait, il m'a un peu secoué, et grâce à lui, j'ai vu le soleil durant ma longue période de doctorat. » Shizue souriait, visiblement satisfaite de ce récit. « Vous vous êtes soutenus mutuellement... C'est bien ça, très bien. » Elle parlait en hochant la tête, comme si elle se parlait à elle-même, alors que ses yeux si bridés laissaient à peine entrevoir ses pupilles. Haruto observait tour à tour sa grand-mère, puis son compagnon. Son cœur battait doucement, diffusant une douce chaleur dans son corps. Il n'aurait pensé être assis un jour dans cet appartement avec Shizue, parlant du couple qu'il formait avec Ji Hoon. Ce dernier parlait si bien de leur histoire, Haruto ne pouvait s'empêcher de sourire comme un idiot. « C'est venu naturellement, on a réalisé être amoureux. » Il éviterait de mentionner les moments sombres qui avaient suivi la déclaration.

« Deux ans ! » Harruto pinça les lèvres, priant pour qu'aucun coup de canne ne suive. Shizue fronçait ses fins sourcils d'un blanc immaculé. « Oui, mamie... C'était compliqué, au début. » La vieille femme resta un instant silencieuse, avant de pousser un bref soupir. Elle fit un vague geste de la main tout en haussant les épaules. Visiblement, elle comprenait. Mais Haruto gardait la canne en visu, au cas où. « On a même adopté, tu as vu ? ~» Shizue sembla ne pas comprendre de suite, avant de rire en voyant son petit-fils prendre le petit chien noir sur ses genoux. « Voici Takochi, elle est mignonne, non ? » Sa grand-mère tendit les bras pour qu'il la lui confie. Haruto se redressa, posant doucement le caniche sur les genoux de sa chère mamie. Celle-ci grattouilla le crâne de Takochi. « Et le bichon, c'est Kimyaki. » Ce dernier en profita pour sauter sur le canapé et se lover contre la cuisse de son Ji Hoon. Haruto se rassit tout en caressant le petit chien blanc. « C'est ma famille. Je n'aurais pas pu rêver mieux. » Shizue lui sourit tendrement. « Ce n'est pas la famille que l'on t'imaginait avoir, mais c'est un très joli portrait. » Haruto en rougit un peu, baissant la tête. « Comment l'a pris Haruka, d'ailleurs ? » Petit flottement. « Pas très bien. Mais je ne veux pas en parler. » Sa main serra celle de Ji Hoon. Son ton avait été un peu sec, mais Haruto ne désirait pas évoquer sa mère, et surtout pas la réaction qu'elle avait pu avoir.

L'eau se mit à siffler, et il se leva pour aller la chercher. Shizue se sentait coupable pour avoir osé poser une question qui – il lui semblait bien – avait jeté un certain froid dans la pièce. Elle voulait tout sauf mettre son petit-fils en colère ! Penaude, elle continua à caresser la chienne, couchée sur ses genoux. Haruto revint auprès d'eux avec le thé pour sa grand-mère, et deux bouteilles de bières coréennes. Il avait visiblement retrouvé sa bonne humeur. « Ji Hoon s'est donné la mission de me faire préférer tout ce qui est coréen, plutôt que japonais ! » La vieille femme pouffa tout en se saisissant d'un dorayaki. « Mais je suppose que ce que tu préfères par dessus tout, c'est lui ? » Son petit-fils rougit devant son air espiègle. Il se tourna vers Ji Hoon, faisant mine de réfléchir. « Hm, oui... quoique le kimchi, c'est pas mal aussi ! » Il éclata de rire, avant de caresser la joue de son compagnon pour se faire pardonner. Il se saisit ensuite de sa bouteille de bière, et en versa le contenu dans un grand verre, qu'il porta ensuite à ses lèvres. « Dites-moi, Ji Hoon, que faites-vous dans le vie ? » Elle parut ensuite légèrement paniquée. « Votre état actuel vous permet-il de travailler ? » Haruto attrapa un dorayaki, avant de regarder Ji Hoon. Là aussi, il pouvait rester concis, s'il lui souhaitait. « Parlez-moi donc un peu de vous ! Et en contrepartie, je vous raconte des anecdotes sur mon petit-fils ! » Haruto toussota, manquant de s'étouffer avec sa pâtisserie. Shizue était incroyable ! Ji Hoon l'avait définitivement charmée, comme il l'avait charmé lui, six ans plus tôt.

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     Ven 26 Oct - 0:21

♡ Haroon ♡

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Le retour de son homme le décevait un peu. Pas qu’il n’aimait pas sa présence, mais il espérait en savoir un peu plus sur lui, sur son enfance, sur le garçon qu’il était. Pas que Haruto ne se confiait jamais sur cela, mais il voulait un autre point de vue, quelqu’un qui lui parlerait des petites bourdes de son homme, de comment il était, de choses dont il ne se souvenait probablement plus, comme sa mère le faisait parfois quand elle discutait avec Haruto, quand bien même ça ne durait pas bien longtemps, découragé en faisant de grands gestes et trouvant cela frustrant de demander à son fils de lui traduire en permanence. Ji Hoon n’avait pas vraiment la chance de pouvoir échanger avec les parents de son petit-ami. Son père était assez timide, faisait toujours attention à ce qu’il disait, cherchant l’approbation de son fils avant de dire quoique ce soit, relativement taciturne, il n’aimait pas tant parler. Sa mère, il savait que c’était peine perdue, ils ne la voyaient jamais et il doutait pouvoir développer la moindre complicité avec elle. Peu importe, il était bien parti avec Shizue ! Elle semblait déjà l’apprécier et la conversation était facile avec elle.

Parler comme ça lui faisait du bien. Il ne voyait majoritaire que ces murs, sa mère, Liang et Haruto. A force, il se sentait un peu seul, souhaitant aussi pouvoir rencontrer de nouvelles personnes. Elle l’écoutait, s’intéressait à ce qu’il disait, même s’il n’était pas bête. Elle avait envie de tout savoir sur Haruto, pas forcément sur lui, mais peu importe, il adorait parler de son petit-ami. Il était si fier de lui ! De tout ce qu’il faisait, aussi bien à la maison pour lui que dans son travail. Un psychiatre incroyable, si impliqué. Il était tellement intelligent, drôle, apprenait rapidement les choses et était si attentionné ! Ji Hoon l’aimait plus que jamais et il avait envie de le hurler partout où il pourrait. Shizue ne pourrait pas le blâmer, au fond, elle aimait tout autant que lui encenser ce garçon qu’elle avait vu grandir, qui était sa descendance. Ah, elle avait de quoi être fière de lui, oui ! Ji Hoon tentait néanmoins de se tempérer, de ne pas trop s’emballer quand il parlait, ne pas non plus donner des détails trop intimes sur eux, comme comment est-ce qu’il s’était rendu compte qu’il était amoureux de lui, puis tout ce qui avait suivi. Ça ne regardait qu’eux, de toute façon. Les moments difficiles qu’ils avaient traversé, comment est-ce qu’ils s’en étaient sortis. C’était leur histoire qu’ils chérissaient mais qu’ils gardaient.

Après avoir été frappé pour avoir été stupide, son homme arriva rapidement vers lui, cherchant visiblement un petit topo de ce qu’il avait manqué, ce que Ji Hoon lui refusa. Il n’avait pas besoin de savoir ! Surtout quand la vielle dame était encore à côté, ne pouvait-il donc pas attendre ? Il râla pour la forme au premier coup de coude, plissant le nez, il lui donna une tape en retour au second. Mais qu’il arrête ! Ses mots le firent sourire néanmoins, et sa main alla tendrement se poser sur sa joue, secouant doucement la tête. Il avait tellement envie de l’embrasser, il était tellement adorable ! Avec ses grands yeux ! Si beaux ! « Tu veux parier ? » Sa langue pointa entre ses lèvres, baissant cependant son bras en entendant la vieille dame revenir vers eux. Il lui offrit un sourire d’ange tandis qu’elle s’installait face à eux, faisant au mieux pour ne pas rire en voyant la pâte azuki au bord de ses lèvres. Elle aussi, elle était vraiment mignonne. Il avait envie de la garder avec eux, même s’il réalisait que cela deviendrait vite compliqué pour eux, de devoir se contenir en permanence. Serrant la main de son homme dans la sienne, il fut amusé de les voir se « disputer » après sa question, son regard se posa sur son petit-ami. « Je crois qu’elle gagne… »

Le regard qu’avait posé Haruto sur lui l’aida à comprendre qu’il devait omettre l’histoire du vol de portefeuille. Il fera son offusqué plus tard. Comme ça, il rejetait leur vraie rencontre ? Parce que c’était bien ce qu’il avait voulu faire ! Si Ji Hoon n’avait pas voulu le voler, ils n’en seraient pas là. Ce portefeuille à sa portée, qui fit couler son plan en voyant cet homme se retourner. Ce simple mouvement curieux pour voir ce qu’il se passait derrière lui, qui avait changé les vies des deux hommes pour toujours. Toutefois, oui, il avait envie qu’elle l’aime. C’était donc avec plaisir qu’il parla de leur rencontre et de leurs années d’amitié, ou plutôt, d’amour platonique dans le déni. Son visage se fit outrer aux mots de Haruto. Pot de colle ? « Eh ! C’est qui le pot de colle maintenant ? » Un peu tous les deux, mais c’état définitivement le Japonais qui passait le plus de temps lové contre lui ou à chercher un baiser ou de l’affection ! Ji Hoon lui donnait ça avec plaisir. Il avait besoin de sa grande dose d’amour et Haruto la lui donnait avec plaisir. Oui, ils s’étaient toujours (ou presque) soutenu mutuellement. Et comme le disait la personne la plus sage ici, c’était vraiment très bien. Ils avaient naturellement fini par réaliser et le Coréen ne pouvait regretter.

Même s’il y a un an de cela, oui, il regrettait. Son sourire s’effaça un peu, inconsciemment, il relâcha légèrement la main de son homme. Oui, deux ans, mais une année quasiment perdue. Il n’avait pas envie de se remémorer tout cela, il ne voulait pas y repenser. A quand il l’avait quitté, à ces mois horribles sans lui, à souffrir, tout le temps, rien que de penser à lui. A entendre encore et encore les mots horribles qu’avait prononcé Haruto. Puis ces promesses, encore et encore, rien ne revenait. Il avait fini par quasiment abandonner, perdre tout espoir. Mais ils en étaient là aujourd’hui. Ils s’était retrouvés. Il retrouva son sourire, perdu momentanément dans ses pensées quand Kimyaki vint se lover contre lui. Sa main glissa immédiatement dans son pelage tout blanc, gratouillant son ventre. « Ils sont vraiment très gentils tous les deux ! » Au fond, Ji Hoon rêvait de mieux encore. Un vrai bébé, un petit humain. Mais ça, il ne pouvait le formuler devant elle, souriant simplement quand elle nota que ce n’était pas la famille qu’elle l’imaginait avoir. Forcément, c’était surprenant.

Visiblement, il était l’heure des sujets qui fâchent. Haruka. Il serra la main de son homme un peu plus fort, lui souriant tendrement, comme pour le réconforter, mais le ton sec qui suivit prouva qu’il ne le prenait pas si bien. Il pinça les lèvres en le voyant disparaître dans la cuisine et Ji Hoon secoua simplement la tête. « C’est un peu compliqué… » Ou pas vraiment. elle n’acceptait pas leur relation, était raciste et bornée, même homophobe. Il la détestait ! Mais une fois encore, il devait apparaître comme parfait, donc gardait tout cela pour lui, laissant Haruto revenir, il lui sourit et le remercia pour la bière. Il rit un peu quand Haruto lui apprit son plan diabolique, souriant fièrement à la réponse de Shizue. Ah, il espérait bien ! Il devait être ce qu’il préférait même s’il n’était pas totalement Coréen ! voir son homme rougir l’amusa un peu trop avant qu’il ne s’offusque à nouveau. Ji Hoon lui donna une tape sur la cuisse pour se venger. « Je sais que tu me préfères moi ! » Ce qui était normal ! Il était ce que la Corée du Sud avait fait de mieux, même au-dessus de Samsung et de tous les produits cosmétiques.

Les deux questions suivantes étaient un peu compliquées pour lui. Ce qu’il faisait dans la vie, il n’en était lui-même plus vraiment sûr, néanmoins, probablement devait-il garder un peu d’optimisme et se persuader que le meilleur n’était pas derrière lui concernant cette carrière qu’il aimait tant. « Je suis mannequin, mais non, je travaille pas en ce moment, c’est un peu compliqué. Mais je me remets rapidement donc ça devrait aller ! » Il devait garder son optimisme parce qu’il n’était pas tout seul là-dedans. Il n’oubliait pas Haruto et ferait tout pour retrouver sa carrière afin que son homme puisse pleinement faire décoller la sienne et ouvrir son propre cabinet de psychiatre. C’était vraiment important pour lui, pour eux. Tout ce qui lui tenait à cœur impactait directement sur Ji Hoon qui voulait également se donner à fond pour le voir réaliser ses projets. Le deal suivant parut bien plus intéressant même s’il ne savait pas vraiment ce qu’il pourrait lui raconter. Regardant les pâtisserie plus loin, trop loin, il jeta un bref regard à son homme. « Tu peux m’en donner une aussi, s’il te plait ? » Il n’allait pas pouvoir les atteindre et il avait bien trop peur de tomber et de se ridiculiser s’il essayait. Le remerciant, il afficha son plus beau sourire. « J’aime beaucoup ce marché ! Je veux les meilleures ane… Les meilleures histoires courtes de Haruto ! » Anecdotes, c’était clairement trop compliqué pour lui.

Prenant un instant pour trouver par quoi commencer et ce qui était vraiment intéressant à dire, sans pour autant dévoiler quoique ce soit qui pouvait lui porter préjudice, il décida de faire assez simple. Sa famille. « Je suis né dans un petit village qui s’appelle Seokgyo, c’est tout au sud, au bord de la mer. Très beau ! » Son village lui manquait sincèrement, et ça lui brisait un peu le cœur de se dire qu’il ne verrait plus jamais la maison dans laquelle il avait grandi, que plus rien ne l’attendait là-bas. « Ma mère est Chinoise, elle vient de Pékin. J’ai un frère jumeau, deux petites sœurs et un petit frère. » Une très grande famille, oui. Mais ils avaient été très heureux comme ça, quand bien même il y avait eu beaucoup de disputes, ils étaient soudés et s’aimaient tous énormément. Il donnerait tout pour eux. « J’aime beaucoup danser et faire des tours de magie, même si j’ai un peu laissé tomber les deux. » Le premier, ce n’était pas vraiment son choix, néanmoins. Ji Hoon ne savait pas s’il devait parler de son père. Il n’avait pas vraiment envie de le faire en réalité, le sujet restait difficile et il faisait toujours tout pour l’éviter au maximum. Son regard se posa sur la vielle dame, il lui sourit, mordant dans le dorayaki pour se donner de la contenance. « J’ai pas grand-chose à raconter, je suis désolé… » Il se sentait tellement bête. « J’ai vécu un an en Chine avant d’arriver à Tokyo. Je préfère Tokyo ! Je pense que, même si j’essaie de convaincre Haruto de préférer tout ce qui est coréen, c’est lui qui m’a convaincu de préférer toutes les choses japonaises. » Il lança un regard malicieux à son homme. « Ma famille vit ici depuis quelques mois. Au début, j’étais arrivé avec mon frère jumeau, Liang. Il est très intelligent ! Il a pris le plus de cerveau avant notre naissance. » Il était aussi très fier de son jumeau, toujours encore. « On se ressemble pas du tout, aussi bien physiquement que pour la personnalité. Personne croit vraiment qu’on est jumeau. » Pourtant, c’était bien vrai ! Réfléchissant à ce qu’il pouvait ajouter, il jugea que c’était suffisant. Il préférait parler de Haruto, c’était un sujet bien plus intéressant. S’il adorait parler, il n’aimait pas vraiment s’exprimer sur des sujets trop personnels et sa vie en générale. Ce n’était pas pour rien qu’il ne s’était réellement dévoilé à Haruto que ces dernières années. « A votre tour ! Dites-moi tout sur lui. Comment est-ce qu’il était petit ? Il faisait des bêtises ? Je veux tout savoir ! » Dans les moins détails. Tous l’intéresserait, comme cela concernerait l’amour de sa vie.


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