It's time to move on |♥| HAROON

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     Sam 3 Nov - 1:15

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Ses yeux se levèrent pour croiser ceux de sa mère, assise face à lui. Elle lui sourit tendrement tendant le bras pour reprendre un peu de viande. Hua aimait passez du temps avec ses enfants, et elle tentait au maximum de rattraper le temps perdu avec ses aînés. Ji Hoon et Liang lui avaient affreusement manqué durant toutes ces années. Ils ne devaient pas imaginer ce que cela faisait pour une mère, de ne plus voir ses enfants, d’avoir des nouvelles seulement quelques rares fois. Si une partie d’elle leur en voulait un peu, elle comprenait et admirait leur décision, songeant que peu d’enfants comme eux auraient trouvé le courage de partir si jeune pour aider leur famille. Son époux en avait souffert, bien évidemment, mais il ne cessait de répéter que c’était de très bons garçons. Qu’il en était fier. S’il pouvait encore vivre, c’était grâce à eux, même si l’absence des jumeaux avaient été difficile pour lui. Elle avait eu le cœur brisé en le voyant chercher du regard ses deux plus grands enfants alors qu’il quittait ce monde dans un dernier souffle. Jong Dae serait probablement fier d’eux encore aujourd’hui, s’il pouvait se montrer un peu rude parfois avec ses enfants, il les aimait plus que tout au monde.

La mère de famille accorda un doux sourire au Japonais assis avec eux. Et ça, qu’en aurait pensé Jong Dae ? Elle aimait mieux ne pas y penser. Ji Hoon avec un homme, il n’aurait pu l’imaginer ! S’il réprimandait souvent son fils sur son comportement avec les filles, il en était secrètement fier. Un petit ricanement quittait ses lèvres quand il avait une nouvelle petit-amie, s’exclamant toujours qu’il allait finir par avoir un harem contenant toutes les plus jolies filles de la région ! Et finalement, voilà où en était le Don Juan. Bien évidemment, elle aimait beaucoup Haruto, même si elle s’avouait honteusement être un peu déçu que son fils ne soit pas tombé amoureux d’une femme. Elle misait toute sa descendance sur lui ! Un joli mariage avec une très jolie fille qui aurait su le dompter et le calmer, à qui il aurait fait plusieurs enfants. Au moins trois ! Ji Hoon disait toujours qu’il voulait trois enfants quand il était petit. Parce que cinq, c’était trop, mais qu’il trouvait ça important d’avoir plusieurs enfants. Il voulait des jumeaux, et encore un autre. Deux garçons et une fille. Elle espérait que cela soit encore possible, par une mère porteuse. Elle voulait de préférence que ses petits-enfants leur ressemblent. Ji Hoon était trop beau pour ne pas faire d’enfant comme lui !

Parfois, elle s’incrustait avec le petit couple, une manière pour elle de travailler son coréen pour Haruto. Il comprenait bien mieux que le chinois donc elle acceptait de parler cette langue pour lui, tentant de s’exprimer lentement afin qu’il puisse la comprendre quand elle parlait. C’était frustrant ! Elle aimerait tellement lui poser pleins de questions, apprendre à le connaître par elle-même et par à travers les yeux amoureux de son fils qui allait toujours l’idéaliser et en parler comme s’il était parfait. Elle voulait bien croire qu’il avait beaucoup de qualité, mais tout de même ! Elle avait pu constater par elle-même que c’était un jeune homme charmant, très attentionné et gentil avec Ji Hoon, qui prenait soin de lui comme il fallait, mais ce n’était pas assez. Qui plus est, il possédait des informations qu’elle ne pouvait pas forcément avoir. Qu’avait fait Ji Hoon ces dernières années ? Comment était-il ? Etait-il toujours gentil ? Quel genre d’homme était-il exactement ? Parce qu’avec elle, il n’était sans doute pas comme il était avec les autres. Avec elle, il était toujours adorable, à toujours la coller et à l’écouter parler en ayant toujours l’air intéressé. Néanmoins, elle n’était pas dupe, elle savait que son petit n’était pas aussi mignon et docile en dehors !

« Arrête de regarder Haruto comme ça ! » Ji Hoon pouffa, prenant encore un peu de riz. Sa mère cuisinait toujours divinement bien. La viande était parfaite, les légumes aussi, absolument tout. C’était une cuisinière née ! Ji Hoon affectionnait tout particulièrement ses plats chinois, puisque c’était évidemment ce qu’elle faisait de mieux, quand bien même Hua était très douée pour les plats coréens. En emménageant à Seokgyo, elle s’était achetée un livre de recette et les suivait encore à la lettre, quand bien même elle avait également tenté de coréaniser des plats chinois, comme un compromis. « Oh Ji Hoon, je peux encore regarder ton ami si je veux, non ? » Son sourire à elle se fit espiègle à son tour, secouant doucement la tête. « Haruto, est-ce que ça t’embête si je te regarde ? » Ji Hoon posa ses yeux sur son petit-ami, pour voir s’il avait compris, traduisant si besoin. Il aimait ce genre de repas, il ne manquait que Liang pour que ses personnes préférées soient toutes là ensemble.

Se laissant tomber contre le dossier de sa chaise, son regard se posa sur sa mère. « Oh, j’ai rencontré la grand-mère de Haruto ! Elle est trop mignonne ! Elle est toute petite et si adorable ! Elle m’a tout de suite adoré ! » Son regard se posa sur son homme avant de reprendre en japonais : « Je lui parle de Mamie Shizue ! » Au cas où il n’aurait pas compris. « Ah oui ? Elle est venue vous voir ici ? » Hua n’était pas surprise qu’elle ait adoré Ji Hoon. Il avait toujours trouvé comment se faire aimer de n’importe qui. Quand elle amenait des amis à la maison, elle vérifiait toujours au moment de partir que personne n’emmenait Ji Hoon. Ah, ce garnement ! Toujours là pour se faire remarquer et séduire les adultes présents ! Liang et lui faisaient toujours fureur, c’était les adorables petits jumeaux Lee, comme on les appelait dans le village. Elle secoua la tête doucement, lâchant un petit soupir. « Tu sais toujours comment séduire les vieilles dames, toi. » Elle regarda Haruto. « Quand il était petit, il était le chouchou de toutes les mamies, sauf de la sienne ! » Elle pouffa, trouvant l’histoire drôle, même si elle avait toujours été énervé lorsqu’elle critiquait Ji Hoon ou un autre de ses enfants. Elle n’avait d’yeux que pour Liang et Sooyoung, Jin Seok aussi, même si elle ne l’avait pas connu longtemps. De toute façon, elle n’avait jamais aimé cette méchante femme qui l’avait toujours considéré comme n’était « pas assez bien pour son fils ».

« Tu peux te déplacer avec des béquilles maintenant. Tu progresses vraiment vite, je suis très contente. » Ji Hoon sourit, assez fier de ses progrès. Il ne pouvait pas encore se passer de son fauteuil, il arrivait à avancer avec les béquilles pour des courts trajets mais tentait de les utiliser le plus possible. « J’essaie de m’entraîner le plus possible, depuis que Haruto m’a installé les barres. » Il les désigna plus loin, souriant à son homme qui avait pris la peine de le faire. Il ne savait vraiment pas comment il aurait fait sans lui. Hua resta un instant pensive avant de regarder le Japonais, elle sembla hésiter un instant, ne sachant jamais si elle pouvait poser ce genre de question. « Ji Hoon m’a dit que ton père allait se remarier. Comment le prends-tu ? Et tes sœurs ? » Hua sembla soudainement bien intriguée et nerveuse à la fois. Ji Hoon traduit à son homme au cas où, riant en demandant à sa mère depuis quand est-ce qu’elle posait ce genre de questions. « Comment vous l’a-t-il annoncé ? » Ji Hoon ne lui avait pas donné les détails et il doutait qu’elle allait également les avoir aujourd’hui. Ces soudaines questions étaient drôles, le fils ne comprenait pas vraiment, souriant à son homme. « Je sais pas trop pourquoi elle veut savoir ça d’un coup. Elle a vraiment l’air perturbé par le mariage de ton père ! Elle m’a posé beaucoup de question, surtout sur comment tu le vivais etc… » Très étrange ! Hua sembla un peu perdu, demandant à ce qu’on lui traduise ce qu’il venait de dire. Il s’exécuta, optant pour le mandarin pour qu’elle comprenne bien. « Elle espère que les questions ne sont pas trop indiscrètes ? Mais elle veut la réponse quand même. » Hua avait toujours été très curieuse et Ji Hoon savait bien qu’elle ferait tout pour connaître le fin mot de l’histoire. Il espérait toujours que cela n’embête pas trop son homme.


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     Dim 4 Nov - 2:20

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Depuis la visite impromptue de sa grand-mère, Haruto redoublait d'efforts pour apprendre le coréen. Cette rencontre, entre Ji Hoon et Shizue, avait été comme un déclic, à vrai dire. Lui faisant réaliser combien son compagnon avait progressé en japonais de façon encore plus flagrante. Quelques mois auparavant, il doutait que son homme aurait pu tenir une conversation de manière si assurée avec elle. Il en avait été extrêmement admiratif, avant de se sentir étrangement mal à l'aise. Lorsqu'il vit Hua pour la première fois quelques jours après la visite de sa grand-mère, Haruto s'était rendu compte combien son niveau ne volait pas haut. Ni en coréen, encore moins en chinois. Aussi, il s'était mis très sérieusement à étudier la langue paternelle de l'homme qui l'aimait, tout en reprenant les bases de celle de sa mère. Il avait proposé à Ji Hoon de regarder des dramas et émissions coréennes, en oubliant les séries américaines qu'il avait commencé. Il lui avait également demandé de lui parler plus souvent en coréen, répétant chaque phrase avec application. Pour le chinois, il s'était acheté un livre avec du contenu téléchargeable, qu'il écoutait durant ses trajets en voiture. Apprendre deux langues en parallèle était plus compliqué qu'il ne semblait, et parfois, le Japonais avouait qu'il avait pensé à laisser tomber l'une des deux. Mais il avait pris conscience de l'importance que ça avait pour Ji Hoon, même si ce dernier ne lui avait jamais fait de remarques sévères à ce sujet.

Ce soir-là, Haruto put constater ses propres progrès. Sa prononciation était légèrement meilleure, et il comprenait presque tout avant que Ji Hoon ne traduise. Parfois, il répondait même du tac-au-tac, sans attendre d'être sûr que ce soit bien ça. Il y eut bien un moment de flottement, peu après l'arrivé de Hua lorsqu'il répondit à côté à une question de cette dernière, mais en soi, il avait compris. Juste mal prononcé, un souci de vocabulaire. Pour le chinois, cependant, il préférait ne pas trop en faire pour la soirée. Il avait tenté un petit compliment sur le repas, en chinois, mais Ji Hoon lui avait appris que ça ne se disait pas dans ce contexte, lui apprenant une autre formule. C'était si compliqué ! Il aimerait tant converser avec Hua comme Ji Hoon l'avait fait avec Shizue ! Lui poser des questions sur l'enfance de son compagnon, lui demander de raconter elle aussi des anecdotes embarrassantes sur lui. Et lui parler de lui. La remercier. Il aimerait lui faire comprendre combien il aimait Ji Hoon, la rassurer en lui disant qu'il prenait soin de lui, et que c'était réciproque. Qu'ils s'aimaient. Sûrement serait-il trop timide pour lui dire tout ça, même s'il le voulait, mais il se disait qu'il le faudrait. Malgré les visites récurrentes de la mère de son compagnon, Haruto restait timide en sa présence. Bien sûr, il faisait de son mieux pour discuter avec elle, mais ce qu'il préférait, c'était d'écouter mère et fils parler entre eux. Ji Hoon semblait tout à fait différent, lorsque sa mère était là. Et Haruto adorait ça. Généralement, lorsque Hua s'en allait, il le taquinait juste après, tout en lui rappelant combien il trouvait ça adorable.

Savourant le plat préparé par Hua, Haruto lui rendit son sourire avant de baisser les yeux pour prendre une nouvelle bouchée. Il ne remarqua pas le regard qu'elle avait posé sur lui, avant que Ji Hoon n'en fasse la remarque. Relevant la tête, il leur jeta tour à tour un regard surpris. Avait-il fait quelque chose de mal ? Avait-il quelque chose sur le visage ? Attrapant une serviette pour s'essuyer la bouche, il hocha doucement la tête. « Non, absolument pas du tout. » Dans un coréen étrange, mais l'intention était là. Il imita Ji Hoon et se resservit un peu de riz. Il adorait la cuisine de Hua et l'accueillait volontiers lorsqu'elle venait chez eux pour le dîner. Au début, il s'en était voulu de la laisser cuisiner pour eux, chez eux. Mais il avait tellement failli faire rater ses plats en essayant de l'aider, qu'il avait fini par comprendre qu'il l'embêtait plus qu'autre chose. « C'est vraiment très bon. » Pour les compliments, il s'était entraîné, car il en avait tellement à lui faire ! Mais pas seulement, pour Ji Hoon aussi. Il rendit le regard à ce dernier, lui souriant amoureusement. Quoi ? Il avait peur qu'il lui vole sa mère ? Il n'était pas comme lui, à charmer tout ce qui bougeait. Il n'avait pas son charisme, encore moins son caractère extraverti. Hua devait même le trouver ennuyeux, à côté de son fils. Pas plus intéressant qu'une laitue. Ça le rendait triste, mais ça lui donnait une autre raison d'avoir envie d'apprendre le coréen et le chinois, pour toujours mieux communiquer avec elle. Pour qu'à ses yeux, Haruto mérite son fils adoré.

Haruto comprit que son compagnon parlait de sa grand-mère, et d'après ce qu'il en saisit, il ne faisait que des compliments d'un ton enjoué. Fier de lui, il sourit à Ji Hoon, lui assurant avoir compris. « Tu lui as dit que tu veux me voler ma place de préféré ? » Il eut un léger rire, avant de se tourner vers Hua. Ayant compris la question de cette dernière, le Japonais se permit de répondre. « Il y a peu de jours. Elle aime bien Ji Hoon. Il l'a séduite. » Il n'était pas sûr que cela soit l'expression appropriée, mais il espérait que ses efforts n'étaient pas vains. Il rit de bon cœur à la réponse de Hua, espérant avoir bien compris. Son regard glissa sur Ji Hoon. Bientôt, Haruto pourrait en savoir encore plus sur lui, car voilà déjà que Hua commençait à raconter quelques anecdotes. « Vrai ? Ça ne me... » Mince. Le verbe lui échappa. « Surprise, non. » Il rougit un peu, se sentant soudainement très bête. Il devait pratiquer plus ! « Pourquoi pas la tienne ? » Il avait posé la question timidement, ne sachant vraiment s'il pouvait se permettre de poser ce genre de question devant Hua. Ji Hoon lui avait un jour rapidement expliqué qu'il ne connaissait pas sa famille du côté de sa mère. Mais est-ce que cette dernière s'entendait bien avec celle de son défunt mari ? Haruto ne souhaitait pas commettre d'impair, mais il avait l'impression désagréable de marcher sur des œufs.

Heureusement, Hua lança un sujet sur lequel il ne se lassait jamais ; les progrès de Ji Hoon. Haruto en était si fier qu'il approuva en hochant la tête de façon répétée. Son sourire se fit amoureux alors qu'il passa de la mère de son compagnon à ce dernier. « Tu fais les meilleurs efforts. » Et il ne put empêcher sa main de se poser sur la sienne, la pressant doucement. Reportant son attention sur Hua, il lâcha son homme pour reprendre ses baguettes. « Je suis très fier de lui. » Chaque jour, Haruto pouvait constater les progrès de son homme. Il avait pu quelques fois l'accompagner à une séance de kinésithérapie, observant dans un coin sans faire de bruit. A chaque nouveau pas de Ji Hoon, c'était son cœur qui s'envolait un peu plus haut, porté par le bonheur de voir celui qu'il aimait remarcher petit à petit. Tout commençait à rentrer dans l'ordre, c'était merveilleux. Surtout qu'il n'y avait pas que les jambes qui commençaient à retrouver leur vigueur. Bien évidemment, Ji Hoon n'en était pas encore au point de pouvoir tenter de battre le record du cent mètres, mais le voir debout était déjà une victoire. Bientôt, Haruto espérait qu'ils pourraient plier ce fauteuil pour toujours. Que son homme lui annonce n'avoir besoin que des béquilles. Puis plus rien. Peut-être une canne, pour un temps ? Ji Hoon arriverait encore à être sexy avec cet accessoire.

Mais soudain, Hua parut pensive. Avait-il dit quelque chose de mal ? Haruto mâcha doucement, de peur d'avoir fait quelque chose de travers – une fois de plus. Avait-il trop mangé ? Ou pas assez ? Il s'était resservi, mais une petite quantité raisonnable. Lui avait-il précisé qu'il aimait beaucoup ce qu'elle leur avait préparé ? L'avait-il assez bien exprimé ? Mais quand Hua le regarda à nouveau pour lui poser de nouvelles questions, le Japonais resta interdit. Il n'osait ouvrir la bouche, de peur de se ridiculiser à nouveau. Parlait-elle vraiment de son père et de son mariage ? Elle avait mentionné ses sœurs, non ? Heureusement, Ji Hoon lui traduit aussitôt, mais cela ne fit que confirmer qu'il avait bien saisi le sens global de ses questions. Son regard croisa celui de son compagnon, incertain. Ce dernier sembla trouver ça drôle, mais Haruto, lui trouva cela un peu étrange. Que devait-il répondre ? Soudain, il se demanda s'il y avait des bonnes et des mauvaises réponses. Il eut un petit sourire mal assuré, ne s'étant sincèrement pas attendu que ce soit à ce genre de questions qu'il allait être confronté. Surtout parce qu'il s'agissait d'un sujet dont il évitait de penser, la plupart du temps. Même avec Ji Hoon, Haruto ne l'évoquait que très peu. Si le sujet venait sur la table, il se contentait de dire que si son père était heureux, c'était le principal.

Mais au fond, comment le vivait-il ? Et ses sœurs ? Comment leur avait-il annoncé ? « Ce n'est pas indiscret. » Il tenta de la rassurer en souriant. Néanmoins, Haruto avait du mal à cacher son trouble. Devoir y penser ce soir le prenait au dépourvu. L'amusement de Ji Hoon l'aida cependant. Ce n'était qu'une question comme une autre, pour apprendre à mieux le connaître. C'était ce qu'il voulait, non ? Devenir plus proche, avec celle qu'il considérait comme sa belle-mère. « C'était surtout bizarre. Parce qu'il divorce avec ma mère. » Haruto n'évoquait jamais le divorce de ses parents. « On a tous été surpris, mes sœurs et moi. Mais on accepte. Il est amoureux, c'est le principal ? » Il lança un regard à Ji Hoon. Lui qui avait déjà du mal à s'exprimer sur le sujet en japonais... Il posa doucement ses baguettes, avant de s'essuyer la bouche et de retenir de justesse un soupir. Souriant à Hua, il chercha à lui répondre au mieux. « Je l'accepte parce que je sais que ça n'allait plus avec ma mère. » Une hésitation. Se tournant vers Ji Hoon, il reprit en japonais. « Est-ce qu'elle sait que mon père trompait ma mère ? » C'était délicat à expliquer. Pinçant les lèvres, Haruto se dit que c'était un sujet épineux, en fin de compte. « Je veux juste... que mon père soit heureux. Mon opinion passe après. » Il lui adressa un petit sourire un peu timide. « C'est l'important. On est adultes tous les trois, mes sœurs et moi, on peut comprendre et accepter, même si c'est difficile, un peu. » Et Haruto n'avait pas le droit de demander à son père d'être exemplaire et de penser à sa famille avant tout autre chose, quand lui-même se montrait égoïste et vivait égoïstement son histoire avec Ji Hoon.

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     Lun 5 Nov - 0:09

♡ Haroon ♡

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Ji Hoon aimait ces repas avec sa mère et son petit-ami. Dans ces moments-là, il se disait que la relation qui l’unissait à Haruto était réelle et valide. Qu’elle avait du sens et que sa mère l’approuvait. Il l’espérait et en était quasiment certain. Sinon, pourquoi viendrait-elle manger avec eux ? Pourquoi passerait-elle si souvent pour les voir ? Enfin, elle venait principalement pour le voir lui, mais elle accueillait toujours Haruto avec un grand sourire, tentant de lui demander comment s’était passée sa journée. Hua l’aimait beaucoup, elle le trouvait gentil et charmant, toujours avenant. Il avait une très bonne éducation et regrettait parfois de ne pas avoir élevé Ji Hoon aussi bien que lui. Ce dernier lui avait expliqué que les Kamiya étaient des gens aisés, qu’ils vivaient à Tokyo de génération en génération, et que ses parents avaient une grande maison dans un quartier chic. Elle avait simplement souri, songeant que cela devait leur faire bizarre, d’être si différent, mais en même temps, n’était-ce pas ce qui pouvait faire la force d’un couple, les différences ? Que ce soit le milieu social, le caractère ou toutes les choses poussant à la différence. Hua en avait pleinement conscience également.

Après tout, elle et son défunt mari étaient très différents. Jong Dae et elle venaient également de milieu distinct, lui de ce petit village un peu perdu, elle d’une famille choyée par le régime. Le choc culturel avait été incroyable lorsqu’elle était arrivée à Séoul, d’autant plus quand elle avait posé ses valises chez ses beaux-parents, le temps que son époux construise la petite maison au bord de la mer. Il le lui avait promis ! Elle se réveillerait tous les jours au son des vagues, un doux air marin traversera ses poumons. Il l’avait charmé avec ça, lui disant qu’ils ne seraient sans doute jamais très riches, mais qu’ils seraient très heureux. Et il avait eu raison. Les débuts avaient été difficile, mais une fois installée, ils étaient sur un petit nuage. Leur petite maison avait pris forme, petite mais mignonne. Quatre chambres, parce qu’elle voulait beaucoup d’enfants. La politique de l’enfant unique tiraillait la Chine toute entière et elle ne voulait pas qu’un enfant connaisse la solitude par laquelle elle était passée. Hors de question. Tomber enceinte de jumeaux n’avait cependant pas été dans ses projets et à son jeune âge, elle avait été un peu paniquée, elle l’avouait bien, rougissant un peu néanmoins.

Le fruit de ses entrailles se manifesta pour mettre fin à ses rêveries. Jin Seok et lui étaient ceux qui étaient le mieux passés. Lui, parce qu’il y avait eu Liang avant et qu’il avait un peu préparé la sortie, Jin Seok, parce qu’après quatre autres bébés, c’était devenu n’importe quoi par là. Elle se contint de faire part de ses réflexions pour ne pas choquer son fils, si fragile, même quand il lui reprochait de regarder son petit-ami. Elle sourit à ce dernier qui confirma ne pas être embêté par son regard, hochant doucement la tête. Il était vraiment gentil et mignon. Ji Hoon avait bon goût, même si ça lui faisait assez bizarre de l’admettre. Parfois, elle y pensait et restait bête, se demandant comment est-ce que cela avait pu arriver. Puis elle haussait les épaules, reprenant ses activités. « Je suis très contente que tu aimes. » Hua faisait de son mieux pour parler doucement afin qu’il puisse la comprendre. Avec lui, elle ferait en sorte de ne pas perdre son coréen, c’était déjà ça ! Elle aimait cuisiner pour eux. Ils mangeaient beaucoup et ça lui faisait toujours plaisir de voir ses plats partir si vite. Elle avait bien vu que le Japonais avait voulu l’aider au début, mais elle n’avait pas vraiment eu la patience de lui expliquer un peu, appelant Ji Hoon pour qu’il vienne le récupérer et qu’elle soit enfin tranquille. Elle s’en voulait un peu, mais elle savait qu’elle avait ce statut particulier faisant qu’elle pouvait le martyriser et qu’il devait être gentil avec elle quand même. C’était le prix à payer pour sortir avec un enfant Lee.

« Ah ! Il fait toujours ça ! Faire en sorte qu’on le préfère. C’est insupportable, Ji Hoon ! » Ce dernier pouffa, relativement fier de lui. Il n’y pouvait rien, s’il gagnait facilement les cœurs. Sa mère ne pouvait rien dire, il savait qu’elle le préférait aussi. C’était évident. Le Coréen était doué pour gagner le cœur et l’amour des gens, surtout des femmes. Son regard se posa sur son homme qui cherchait ses mots. « Surprend. » Il trouvait ça drôle, que ce soit désormais lui qui apprenne sa langue, même si Haruto était clairement un bien meilleur élève que lui ne l’avait été. A sa question, il hocha les épaules. « Elle était conne. » Hua fronça les sourcils, donnant une tape sur son bras. « Ji Hoon ! – son regard se posa sur Haruto – mais c’est vrai, il a raison. » Elle détestait cette femme. Le fils décida de reprendre. « Elle ne m’aimait pas beaucoup. Quand j’allais la voir, elle m’ignorait ou critiquait tout ce que je faisais, encensant Liang et en me disant que je devrais être comme lui etc… » Il adorait son frère, mais l’entendre chaque jour, c’était un peu pesant. « Elle faisait ça pour tous sauf Liang, Sooyoung et Tae Il, l’un des fils du frère de mon mari. »

Ji Hoon était également fier de ses progrès. Un large sourire illumina ses traits en entendant sa mère et son homme en parler, il serra la main de ce dernier un peu plus fort. « C’est aussi grâce à vous deux. Vous m’aider beaucoup. » Ji Hoon ne savait sincèrement pas où il en serait sans sa mère et Haruto à ses côtés, tout particulièrement son petit-ami qui était le plus souvent avec lui et le soutenait chaque jour pour avancer. Leur vie allait bientôt redevenir normale. Leur vie sexuelle reprenait doucement, même si ce n’était pas encore comme avant, il pouvait à nouveau ressentir les choses et avoir des orgasmes. Ça le rassurait. Ça l’avait bien plus rassuré que de retrouver ses jambes. Il avait eu envie de le crier partout. Hier soir, il avait fait l’amour et avait eu un orgasme. Mais il s’était rapidement rendu compte que personne n’avait envie d’entendre ça.

Les questions de sa mère étaient surprenantes mais assez amusante de son côté. Hua était une femme curieuse, donc rien d’étonnant pour son fils qui espérait cependant ne pas mettre son homme mal à l’aise. Ji Hoon était si excité par ce mariage ! Il avait sincèrement hâte, n’osant néanmoins pas en parler avec Haruto, sachant très bien ce que ce dernier en pensait et qu’il ne le vivait pas très bien. Hua attendait sa réponse, fixant le jeune Japonais avec intérêt, rassurée néanmoins qu’il lui affirme que ce n’était pas indiscret. Elle ne voulait pas paraître intrusives ! Elle hochait la tête tandis qu’il parlait, souriante, comme rassurée. Oui, un divorce, ce n’était pas facile. Mais il était amoureux, ou bien avec cette personne, c’était tout ce qui comptait, n’est-ce pas ? « Oui, c’est le principal, j’imagine. » Il parla soudainement japonais et elle perdit totalement la conversation. Ji Hoon regarda son petit-ami, répondant dans la même langue. « Non, j’ai rien dit sur ça. Ni sur ce qu’on a vu au chalet ! » Un petit sourire se forma au coin de ses lèvres. Il y avait tout de même des choses qu’il ne lui racontait pas, ne sachant pas vraiment si son Japonais se sentait à l’aise avec le fait qu’il en parle librement, même avec sa mère. Cette dernière hocha la tête. « Tu es vraiment un gentil garçon. Je comprends que ce soit difficile pour vous, mais c’est bien de le soutenir. »

Ji Hoon approuva sa mère d’un hochement de tête, souriant à son homme avant de changer de sujet pour que ce dernier puisse souffler. « Maman, tu ne trouves pas que Haruto a fait d’énorme progrès en coréen ? » C’était même incroyable ! Son niveau avait totalement augmenté. Ji Hoon essayait de l’aider au maximum. Au début, ils regardaient des dramas ensemble, Ji Hoon lui préparait une petite liste de vocabulaire à apprendre dans la journée. Au fur et à mesure, ils essayaient de converser le plus possible en coréen, aidant son homme à s’améliorer, sans forcément le corriger s’il faisait une petite faute, seulement lorsque cela ne voulait rien dire. « Oui, j’ai remarqué ! C’est vraiment très bien, Haruto. Je suis très admirative. » La première fois qu’elle l’avait revu, ici, à Tokyo, il n’était pas aussi assuré. Il savait dire quelques petites phrases, sans qu’il ne puisse vraiment tenir une conversation. Ji Hoon s’absenta pour aller à la salle de bain, elle se pencha vers son beau-fils. « Tu sais, Haruto, je crois que tu parles mieux coréen que moi après des années en Corée ! Tu es très doué. »

Un ange passa, le regard de la mère de famille se posa sur le Japonais. Elle sembla hésiter avant de se pencher vers lui. « J’aurais besoin de ton aide. J’ai rencontré quelqu’un, je dois en parler à Ji Hoon. Tu comprends ? » Elle le fixa, essaya de voir s’il avait saisi sa demande. « J’ai peur de sa réaction, j’ai besoin d’un peu de soutien, peux-tu faire ça pour moi ? » Elle le fixa de ses grands yeux, le suppliant du regard. Elle savait que son fils avait mauvais caractère et n’était pas encore parvenu à surmonter la mort de son père. S’il ne l’écouterait pas, son petit-ami saurait être la voix de la raison. Il l’écoutait religieusement, n’est-ce pas ? Sa main avait saisi son bras, elle continuait à le regarder jusqu’à ce que la porte s’ouvre, où elle décida à lâcher son emprise, voyant son fils revenir. Si la nouvelle était bien passée avec ses filles, et qu’elle ne s’inquiétait pas pour Liang, elle craignait la réaction de ses deux autres fils. Elle comptait en parler à Jin Seok en dernier. Il fallait y aller avec encore plus de précaution. Il était son petit dernier, celui qu’elle verrait éternellement comme son bébé, elle avait réellement peur de lui annoncer et de lui faire de la peine, surtout qu’elle n’avait pas d’airbag pour amortir le choc cette fois-ci.

« Ji Hoon, j’aimerais te parler de quelque chose. » Son fils sembla tout ouïe, souriant à sa mère pour l’encourager à parler. Elle savait bien qu’elle pouvait parler de tout avec lui. « J’ai rencontré quelqu’un, nous nous fréquentons depuis quelques semaines déjà. J’aimerais vous le présenter. » Un blanc, un long silence, qui sembla interminable. La nouvelle avait été annoncé un peu brusquement pour le Coréen qui peinait à croire ce qu’il venait d’entendre. Son regard se posa sur Haruto, puis sur sa mère. Que venait-elle de dire ? « Hein ? Comment ça, rencontré quelqu’un ? » Genre, un ami ? Un camarade de mah-jong ? Quelque chose comme ça ? C’était ce qu’elle lui disait, non ? Non. Il savait bien que non, mais il espérait tout de même. Un rire nerveux quitta ses lèvres. « C’est une blague ? » Son sourire était rapidement retombé, n’ayant pu envisager cela. Non, ce n’était pas possible. Pas sa mère. Pas maintenant. « Non, je suis très sérieuse Ji Hoon, c’est bien pour ça que je t’en parle, non ? » Consterné, il secoua la tête. Non, elle n’avait pas le droit. « Mais tu peux pas faire ça, enfin ? Non. Enfin ? Non, c’est n’importe quoi, qu’est-ce que tu fous ? Comment tu peux me dire ça avec ton alliance au doigt, hein ? » Il désigna la main de sa mère, espérant encore entendre que c’est une mauvaise blague. « Ji Hoon, ton père est mort il y a presque quatre ans. C’était bien toi qui disais que je devais recommencer à vivre, non ? » « Ça voulait pas dire que tu devais sauter sur le premier mec venu ! Comment tu peux si vite passer à autre chose ? » Ses sourcils se froncèrent, ne semblant pas apprécier cette insolence. Sa main se leva pour lui donner une tape sur sa tête. « Je t’interdis de me parler comme ça ! C’est un homme très bien. Il tient un restaurant chinois et vit au Japon depuis vingt ans déjà. Il est très gentil et poli. » Ji Hoon secoua la tête, très peu convaincu par ce point. « Un Chinois en plus ! Mais maman, t’es tombée sur la tête ou quoi ? » le regard de la mère se fit plus dur avant de se tourner vers le compagnon de son fils, cherchant son soutien.


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     Mar 6 Nov - 0:23

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Au début, Haruto avait été un peu gêné face à Hua. Pas parce qu'elle le dérangeait, mais parce que la voir cuisiner pour eux, s'occuper de tout du début à la fin, le rendait mal à l'aise. Ji Hoon ne pouvant l'aider, il avait bien tenté de le faire à sa place, mais avait compris assez vite lorsque son compagnon l'avait attiré vers le coin salon. Il l'embêtait plus qu'autre chose. Aussi, il avait tenté de s'imposer pour la vaisselle, avec plus ou moins de succès. Les visites de Hua s'étaient faites plus fréquentes suite à l'accident de Ji Hoon, ce que le Japonais comprenait parfaitement. La mère s'inquiétait pour son fils. Parfois, il était même un peu déçu de ne pas la voir, lorsque cela faisait plus de trois jours. Il ne parvenait pas à savoir si c'était là une manifestation du manque de sa propre mère, un moyen de combler ce trou qu'elle avait elle-même creusé. Un moyen de se rattraper, aussi. Il n'oubliait pas le retour de karma, le craignant toujours. La présence de celle qu'il considérait comme sa belle-mère ne le dérangeait donc pas, bien au contraire. Il avait ainsi le sentiment d'être accepté dans la famille de celui qu'il aimait. Une bénédiction de la mère adulée. Ji Hoon lui avait confié qu'il n'était pas certain que son père eut réagi de la même manière, mais Haruto ne préférait pas y penser.

Il aimait beaucoup Hua, elle était gentille avec lui (maintenant) et lui parlait doucement. Leurs accents respectifs ne les aidaient pas toujours à se comprendre, mais Haruto faisait tous les efforts du monde pour qu'elle saisisse au moins le principal. Heureusement, Ji Hoon veillait toujours à ce que les deux s'entendent, jusqu'à ce qu'il soit fatigué de traduire. De moins en moins, ces derniers temps, car Haruto avait repris ses leçons avec assiduité. Son chinois étant toujours bancal, il préférait se focaliser sur le coréen, espérant que cela ne les gêne pas. Parfois, le Japonais se risquait à lâcher un mot ou deux dans la langue maternelle, mais il balbutiait comme un enfant apprenant à parler, et cherchait toujours le soutien de son homme. Depuis un moment de honte extrême où il avait choisi le mauvais ton et avait donc balancer un mot vulgaire à la place, Haruto se montrait toujours hésitant. Il s'en était voulu, s'excusant toute la soirée, jusqu'au départ de Hua. Même une fois couché contre Ji Hoon, il l'avait ressassé, se demandant si cela allait compromettre ses chances de séduire sa belle-mère. Depuis, il redoublait d'efforts et de prudence. Il se disait qu'il pouvait bien commencer en coréen, il la charmerait en chinois plus tard. Subtilement, l'air de rien. Aujourd'hui, des mots par-ci par-là, demain des expressions, et bientôt des phrases complètes.

Lui souriant doucement, il se pencha légèrement en avant. Il adorait quand elle cuisinait ; les saveurs de deux pays, parfois trois, se mélangeaient à la perfection. Pour plaisanter, Haruto avait dit à Ji Hoon qu'il ouvrirait ce restaurant avec sa mère. Bien sûr, pas devant Hua. Parce qu'il était timide, mais également parce qu'il craignait qu'elle pense que ce soit là leur projet futur. S'il pensait sincèrement ouvrir un jour un restaurant avec son compagnon, Haruto se disait que ce ne serait qu'une fois l'heure de la retraite venue. Il ne voulait pas peiner Hua, mais la charmer. Comme Ji Hoon charmait ces grands-mères. La sienne était tombée dans le piège. « On ne peut pas lui en valoir. » Cela sonnait étrangement à ses oreilles. Il se reprit lorsque Ji Hoon le corrigea pour son autre phrase. Il avait du mal, et détestait ça, lui qui avait toujours bien tout réussi. Cependant, il trouvait ça plutôt drôle que leurs rôles se soient inversés. Il avait toujours eu peur que son compagnon le trouve exaspérant, à le reprendre dès qu'il se trompait – même s'il avouait avoir parfois laissé quelques fautes passer, car il trouvait ça vraiment trop adorable (et qu'il ne souhaitait pas que Ji Hoon perde son accent si particulier).

Il fut surpris par la réponse que lui donna Ji Hoon. C'était une insulte, il l'avait comprise, évidemment. Les injures étaient ce que l'on apprenait le plus facilement, lorsque l'on apprenait une langue étrangère. Haruto n'osa faire la moindre remarque. Devait-il s'offusquer ? Ou bien rire ? Il se gratta l'arrière du crâne en poussant une petite exclamation ponctuée d'un rire nerveux, lorsque Hua répliqua. Apparemment, il n'avait pas posé la bonne question. Hochant la tête en écoutant attentivement, il essaya de comprendre, saisissant plus ou moins. Son sourire se fit navré, mais dans son regard brillait son admiration pour son homme. Aux yeux du Japonais, Ji Hoon était le meilleur. « Je comprends. Ça devait être dur pour le préféré. » Il le taquinait, espérant que Hua ne prenne pas mal le fait qu'il montrait ainsi qu'il savait que Ji Hoon était son petit favori. De toute manière, Ji Hoon était le préféré de tous. Le petit prince choyé par ceux qui l'aimaient. Peu étaient les personnes qui pouvaient se vanter qu'il les aime vraiment en retour. Haruto ne cachait jamais son admiration pour lui. Depuis qu'ils se connaissaient, il lui avait fait comprendre combien il l'enviait. Même cloué aujourd'hui sur un fauteuil, Ji Hoon restait le meilleur. Le Japonais s'émouvait à chaque nouveau pas, l'encourageant de son mieux, car il savait que son compagnon était le meilleur et pouvait tout braver. Sa main dans la sienne, il chercha à lui faire comprendre que ce n'était rien de compliqué, ce n'était pas une corvée de rester auprès de lui, de le soutenir pour qu'il guérisse. Il lui sourit tendrement, plus amoureux à chaque fois que leurs regards se croisaient.

Les questions de Hua le prirent de court. Haruto ne savait pas vraiment ce qu'il pouvait dire, et surtout, ce qu'il avait envie de dire. Lorsque son père lui avait annoncé son mariage avec Takako, il n'avait su comment réagir. Evidemment, il l'avait félicité, s'était même montré bizarrement enthousiaste. Mais une fois la porte refermée derrière son père, Haruto avait senti un poids sur le cœur, qui lui avait aussitôt assombri l'humeur. Le divorce de ses parents étaient bel et bien réel. Ji Hoon avait-il tout dit à sa mère ? Il les savait proche, mais se doutait qu'il n'irait pas jusque là. Soulagé néanmoins, il sourit à Hua pour la rassurer. Tout allait bien. Il fut étonné par la soudaine déclaration de la mère de son compagnon. « Oui, il reste mon papa. » N'avait-il pas utilisé le terme trop familier ? « Sa copine est gentille aussi. Ils forment un couple mignon. » En soi, Haruto n'avait effectivement rien à rapprocher à la nouvelle compagne de son père. Devait-il en dire plus ? Hua avait-elle eu assez de réponses pour qu'elle ne pense pas qu'elle l'embêtait ? Il craignait toujours de passer pour un introverti taciturne, comme l'avait été son grand-père, comme l'était un peu Keisuke, et même lui, parfois. Mais le compliment de Ji Hoon le fit sourire, et ses joues se tintèrent d'un rose pale. « C'est normal. C'est pour toi. » Il espérait que son niveau s'améliorerait encore, toujours plus. Là, le Japonais avait l'impression d'être un collégien, s'exprimant avec des phrases courtes, un peu bateau. « Merci infiniment. » Un peu trop poli ? Surtout avec la courbette qui accompagna ses mots. « C'est parce que Ji Hoon. » Grâce à Ji Hoon.

Quand ce dernier se leva, Haruto se dit que c'était sa chance de gagner un peu plus de points. Mais Hua fut plus rapide, le complimentant encore. Balbutiant, il la remercia encore. « Non, vous êtes mieux ! » Meilleure, on l'avait compris. Comment pouvait-elle dire une chose pareille ? Mais l'air sérieux de la mère de Ji Hoon lui fit passer tout envie de plaisanter à ce sujet. Il ravala sa salive, essayant de se concentrer sur ce qu'elle disait. Elle avait besoin de son aide. De son soutien. L'information principale mit un peu plus de temps à lui monter au cerveau. Rencontré. Quelqu'un. Il ouvrit de grands yeux. Non ! Elle ne pouvait pas lui demander de faire ça ! Un frisson lui courut dans le dos. Il espérait vraiment avoir mal compris, mais l'air si sérieux de Hua lui indiquait clairement qu'elle était sérieuse. Baissant les yeux vers sa main qui touchait son bras, Haruto ne sut quoi dire. « D'accord. J'essaye. » Mais dans quoi l'embarquait-elle ? Ji Hoon revenait déjà près d'eux, et Haruto en oublia même de faire remarquer qu'il était de plus en plus rapide pour faire sa petite affaire. Ses yeux fixaient son bol encore à moitié plein. Ah ! Un optimiste. Mais est-ce que cela allait vraiment l'aider. Nerveusement, il attendit que Hua lâche sa bombe. Jouer les étonnés ne lui vint même pas à l'esprit. Il n'osa même pas regarder Ji Hoon. Oh, cette nouille-là ! Parfaite ! Pas pratique avec les baguettes. Il s'y reprit à deux fois. Comment ça, rencontré quelqu'un ? C'était une blague ? Tout à fait ce qu'il avait pensé ! Haruto releva la tête en mâchant lentement. Ah, Ji Hoon ne souriait plus. Haruto n'avait plus faim.

Du coin de l’œil, il observa Hua. Mais que pouvait-il bien dire, exactement ? Ça ne le regardait pas. Comment la soutenir ? Ouvrant la bouche, il la referma aussitôt. Il ne comprenait pas tout, c'était pénible. Il écarquilla les yeux sous les piques de Ji Hoon. L'une d'elle le choqua. « Tu peux pas dire ça de ta mère. » Mais l'avait-il seulement entendu, alors que la main de cette dernière s'écrasait sur son crâne dans une petite tape pour lui remettre les idées en place ? Haruto essaya de suivre, tant bien que mal. Il doutait que son compagnon soit d'humeur à docilement lui traduire l'échange houleux qu'il venait d'avoir avec sa mère. Le regard que celle-ci posa sur lui le mit mal à l'aise. Pourquoi ? Il avait l'impression d'être tombé dans un piège. On se servait de lui. Pouvait-il s'absenter pour utiliser les toilettes ? Ceux de madame Tanaka, la voisine. Il dormirait chez elle. « Tu es Chinois aussi. » Oui, bravo. Malin, Kamiya. Mais ça lui avait échappé. Haruto ne comprenait pas la remarque de son homme à ce sujet. Déglutissant une ou deux fois, il prit une profonde inspiration. « Tu n'es pas content pour elle ? » Il se sentait bête, se disant qu'il sera d'une meilleure aide en japonais. « Laisse-la en parler ? » Son regard chercha celui de son homme. « Elle a le droit à une seconde chance. Elle peut être heureuse maintenant. » Bon, les mots étaient extrêmement mal choisis, mais ce n'était pas de sa faute. Le stress s'emparait de lui. Hua devait regretter de lui avoir demandé de la soutenir, sur ce coup. Et pour s'enfoncer, Haruto joua les gendres exemplaires. « Vous avez une photo de lui ? » Comme ça, Ji Hoon le retrouverait et lui referait le portrait. Bonne idée.

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     Jeu 8 Nov - 0:17

♡ Haroon ♡

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Hua devait admettre que la personnalité de Haruto allait bien à celle de son fils. Il était plus calme, plus doux, plus réfléchi. Ils s’apportaient beaucoup et c’était important. Au fond, voir combien son fils l’aimait l’avait aidé à accepter l’idée de cette relation homosexuelle. Si au début, certains facteurs n’étaient pas passés, comme les fiançailles du Japonais quand il était censé sortir avec son fils. Néanmoins, elle avait fini par l’accepter, se dire qu’il y avait des éléments qu’elle ne devait pas connaître. Ce qui comptait, c’était qu’il s’occupe si bien de Ji Hoon désormais et soit une personne bienveillante et attentionnée. Il aimait sincèrement son fils, et elle devait reconnaître que c’était le plus important. Bien évidemment, elle n’avait jamais craint qu’il ne se fasse pas aimer. Elle connaissait l’animal et il n’avait jamais eu de mal pour ça. Elle avait pu entendre les prénoms d’elle ne savait plus combien de filles. Il avait toujours voulu aller trop vite, et se lassait aussitôt. Ce qu’elle avait craint, c’était qu’il n’aime jamais réellement, qu’il devienne narcissique et ne recherche toujours que l’amour des autres, en gardant jalousement le sien. Son père n’avait jamais semblé s’inquiéter. C’était un Lee. Lui aussi, après tout, avait les plus belles filles à ses pieds avant de tomber sur la bonne ! Ces mots ne l’avaient jamais rassuré.

Ji Hoon n’était pas comme son père. Il était plus rêveur, fantaisiste, ambitieux, aussi. Jong Dae aimait la rationalité, il croyait ce qu’il voyait, aimait les réponses concrètes. Pour ses enfants, il voulait le meilleur. De brillantes études pour aller dans une grande université. Il les voyait médecins, avocats, professeurs. Sa crainte était que l’un d’eux suivent ses pas, quittent l’école trop tôt et se retrouve dans une usine. Finalement, aucun des cinq n’en étaient là, même si seulement deux avaient posé les pieds dans une université. Ils n’avaient jamais été totalement d’accord sur cela de toute manière. Elle encourageait ses enfants à faire ce qu’ils voulaient, à entretenir des passions, tandis que son époux les poussait à étudier durement pour réussir. Elle pouvait comprendre, même si elle pensait qu’il avait tort. C’était probablement une différence dans les cultures, il n’avait jamais été totalement privé de liberté, même si la Corée avait également connu un dirigeant totalitaire vingt ans auparavant, ce n’était pas comparable à la Chine communiste, du moins, c’était son argument favori quand il essayait de lui faire le moindre reproche. Les années difficiles sous l’armée rouge, la souffrance, les manifestations, tout cela. Il ne savait jamais quoi dire !

« Hey ! J’aime mes cinq enfants de la même façon, je n’ai pas de favoris ! » Ses traits se durcirent, du moins, elle essayant, riant en voyant le visage de son fils, faisant un geste de la main pour lui faire comprendre qu’il était bête. C’était vrai ! Elle les aimait pareils. Liang était un garçon très intelligent et adorable. Elle était si fière de lui ! Il l’avait toujours impressionné et elle avait toujours eu envie de le protéger un peu plus que les autres à cause de sa personnalité timide et introvertie. Soo Young était un peu comme lui. Sa fille ne se plaignait jamais, l’avait toujours aidé sans se plaindre. Elle était la plus casanière, et sa complice favorite pour les soirées détentes. Mei Lin était pétillante et drôle, pleine de malice et de bonne humeur. Elle avait une personnalité extravertie et mignonne. Jin Seok était son petit dernier, elle lui pardonnait tout rien qu’en le regardant. Il était très talentueux et très mignon. Ils avaient tous quelque chose d’attachant et ils étaient parfaits à ses yeux. Hua savait que probablement toutes les mères disaient ça de leurs enfants, mais les siens étaient parfaits et c’était vrai.

Questionner Haruto était probablement risqué, mais elle avait besoin de savoir comment son père s’y était pris, quand bien même le contexte était différent. Ji Hoon lui en avait déjà parlé et il avait tenté de lui expliquer plus ou moins comment cela s’était passé. Il était tellement excité par ce mariage, avait hâte de voir le costume de Keisuke, les différents convivent. Il voulait être au moment exact où il réaliserait qu’ils étaient tous laids, sauf Haruto et lui. Et il voulait danser avec Haruto. Oui, il s’y voyait déjà ! Lui tenir la main jusqu’à la piste de danse, se coller contre lui, lui murmurer des mots d’amour à l’oreille, ou ce qu’il comptait lui faire à la fin de la soirée, il ne savait pas encore, tout dépendra de son humeur. La voix de Haruto le tira de ses rêveries et un sourire niais se dessina sur ses lèvres, penchant la tête sur le côté, sa mère affichait la même expression. « Mhan, mais t’es trop mignon, j’ai envie de te manger ! » Il plissa le nez secouant la tête, définitivement charmé. Sa mère sembla un peu perdue. Ji Hoon avait parlé en japonais. « Je n’ai compris que mignon ! » Mais c’était déjà bien, non ? « Haruto est vraiment adorable quand il parle coréen. » Sa mère acquiesça d’un hochement de tête, souriant à l’attention du Japonais. En plus de bien parler coréen, il le faisait de façon mignonne sans le réaliser. Et sexy. Il adorait l’accent qu’il avait et il devait admettre que ça avait tendance à l’aguicher. Il préférait quand il le parlait lorsque sa mère n’était pas là. JI Hoon lui sourit amoureusement en l’entendant dire que c’était pour lui qu’il apprenait la langue.

S’éclipsant dans la salle de bain, Ji Hoon laissa son homme et sa mère. Cette dernière hocha la tête, comprenant bien les motivations de son « gendre », ayant eu les mêmes il y a bien des années. « Ah ! Maintenant peut-être, mais j’ai mis longtemps ! Ji Hoon et Liang ont appris à parler coréen au jardin d’enfants… Et ils ont appris plus vite que moi ! » En toute honnêteté, elle avait été un peu frustrée et c’était ce qui l’avait motivé à s’y mettre sérieusement. « Tu parles si bien coréen, en vivant au Japon, c’est vraiment incroyable. » Cette faculté à apprendre une langue étrangère… Ji Hoon et Liang l’impressionnaient beaucoup aussi lorsqu’ils parlaient si bien japonais. Elle était très fière d’eux. Néanmoins, sa fierté de mère laissa place à une demande plus compliqué. Elle avait besoin de l’aide du Japonais, parce que son fils l’écouterait sûrement. Il était amoureux, non ? Haruto pouvait lui faire entendre raison, il pouvait tout faire de lui ! Il l’avait rendu gay, donc lui faire comprendre que sa mère voyait un autre homme, il en était probablement capable aussi. Du moins, c’était ce qu’elle pensait. Elle connaissait son fils, mais elle admettait aussi que sa réaction était excessive.

Ji Hoon ne le prenait pas bien. Vraiment pas. Tout se mélangeait dans sa tête, il paniquait, n’entendait plus rien, pas même la voix de Haruto. Sa mère voyait quelqu’un d’autre. Non, ce n’était pas possible, pas elle, pas maintenant. Il n’avait jamais envisagé que cela puisse être possible, à ses yeux, son père était encore là quelque part, mais non. C’était faux. Il n’était plus là. Et voir sa mère avancer, reprendre sa vie le forçait à réaliser. Elle était parvenue à faire son deuil, le monde continuait, comme si lee Jong Dae n’avait jamais existé. Du moins, c’était bêtement ce qu’il se disait. Tout était bon pour discréditer ce type et il jeta un regard noir à Haruto qui lui rappela ses origines. Ah, celui-ci ne s’en rappelait que quand ça l’arrangeait ! De quoi se mêlait-il ? Pourquoi jouait-il les gentils soudainement ? Non, il devait être de son côté ! Il ne pouvait pas lui faire la morale, lui demander d’accepter ça. Hors de question. « Non, j’veux pas voir de photo de ce gars ! » Hua fronça les sourcils, songeant que son plan ne marchait pas très bien, elle regarda Haruto en pinçant les lèvres. « Tu joueras au gendre parfait plus tard, ok ? C’est pas le moment-là, t’as tout le reste de sa vie pour qu’elle t’aime. » En japonais, dans le texte, Hua poussa un cri de protestation. Il n’avait pas le droit de parler dans une langue qu’elle ne comprenait pas ! Il allait lui ôté son complice.

« Les Chinois, c’est les pires ! La pire des racailles ici, dès qu’un truc mauvais se passe à Tokyo, c’est forcément les Chinois. Maman, ils sont pas fréquentables ! » Cette dernière fronça les sourcils, ahurie en entendant cela. Elle ouvrit la bouche pour le remettre à sa place. « Non, mais Haruto, dis-lui ! Les Chinois qui volent des trucs, qui font n’importe quoi ! Dis-lui ! » Pourquoi est-ce qu’il ne disait rien ? Il le savait tout aussi bien que lui, tout le monde en parlait ! Madame Tanaka râlait toujours sur les Chinois. Bon, dans ces cas-là, Ji Hoon se vexait et défendait ce peuple qui n’était le sien qu’à certaines occasions. Pas ce soir. « Ji Hoon, ça suffit ! Rappelle-moi ta première langue ? Et le sang dans tes veines ? Et ça signifie que je suis une « racaille » ?! » Ce dernier fronça les sourcils, elle se tourna vers Haruto, croisant ses bras sous sa poitrine. « Et toi, tu as quelque chose contre les Chinois ? » Etait-il raciste ? Ça ne serait pas étonnant ! Son fils devait bien tenir son discours de quelque part. Hua ne comprenait même pas cette conversation et était très déçue par la réaction de son fils.

Un soupir quitta ses lèvres, elle chercha quoi dire de plus, mais semblait face à un mur. Son regard se posa successivement de l’un à l’autre. Hua avait l’impression de devoir se justifier, mais elle n’allait pas tomber bas au point de justifier la nationalité de l’homme qu’elle avait rencontré. « Ji Hoon, tu vas devoir l’accepter. J’ai toujours accepté tes choix, aussi difficiles pouvaient-ils être pour moi au début. » Elle se contint du mieux qu’elle put pour ne pas regarder Haruto. Elle l’aimait beaucoup désormais, inutile de le mettre mal à l’aise. Pinçant les lèvres, elle regarda finalement le Japonais. « J’ai rencontré son père à Pékin. Le pays venait de s’ouvrir, il a décidé de venir visiter le pays après son service militaire. C’était vraiment un très bel homme. Presque aussi beau que Ji Hoon. Tu as déjà vu une photo ? » Elle ignora Ji Hoon qui râlait à côté en lui demandant de ne pas changer de sujet. Se levant, elle alla prendre son sac à main, en sortant un petit album photo qu’elle emmenait partout. Elle l’ouvrit à la première page. « C’est nous, dans mon quartier où je vivais à Pékin. Il était là avec ses deux amis, là. Ici, c’est mon amie Wen Xiu et ma meilleure amie, Mei Lin. » Bien évidemment, sa fille s’appelait ainsi en son honneur. « Là c’est son "Papa" et là, c’est moi. J’étais la plus jolie des trois. Et lui le plus beau. » L’évidence même, encore une fois. Haruto pouvait le voir de ses propres yeux. Contemplant la photo avec nostalgie, elle réalisait qu’elle donnerait tout pour retourner au moment où a été prise cette photo. « Il n’est resté que deux semaines, mais c’était un vrai coup de foudre, je n’ai pas hésité à le suivre. » Elle parlait lentement, vérifiant toujours que Haruto le comprenne. Tournant la page, elle en montra une autre. Eux devant leur maison à Seokgyo, elle arborait un joli ventre rond. « Le jour où on a emménagé. J’étais enceinte de Liang et de cet idiot-là. » Elle désigna Ji Hoon qui râla rapidement pour la forme, fixant les photos de loin.

Tout était allé très vite dans leur histoire, Hua le savait. Elle était jeune, à peine un peu plus de vingt ans, mais ce n’était pas bien grave, elle avait la certitude d’avoir fait le bon choix. Elle sauta quelques pages, s’arrêtant à une photo de famille à sept. Elle tenait Jin Seok dans ses bras, Les filles étaient sur les jambes de leur père et les jumeaux, fièrement assis entre eux. « Mei Lin avait quatre ans, Sooyoung cinq, les jumeaux huit et le petit deux ans à peine. » Tous souriaient et étaient heureux. Jong Dae semblait si fier de ses filles, préférant les regarder avec son grand sourire plutôt que de fixer l’objectif. Revenant un peu en arrière, elle s’arrêta sur une autre photo, la tendant à Haruto. « Et là, c’est Ji Hoon qui pleure pour on-ne-sait quelle raison. Il pleurait souvent quand il avait trois ans ! On trouvait ça drôle, donc on l’avait pris en photo ! » Sourire fière et sadique. C’était sa vengeance pour lui avoir mal parlé. D’un geste sec, elle ferma le petit album, pour que Haruto ne se moque pas (trop) de son petit. « Ce que j’essaie de te faire comprendre, c’est que je ne vais pas oublier Papa. Je l’aimerai toujours, et personne ne pourra prendre sa place dans mon cœur. Il me manque terriblement chaque jour, je pense toujours à lui et je le maudis d’être tombé malade. Mais je dois continuer à vivre, Ji Hoon. Je ne peux pas vivre qu’avec mes souvenirs. Un jour, vous ferez tous votre vie, et il y aura des jours où je serais seule. Je ne le supporterai pas. » Les yeux de la mère de famille étaient humides, ceux de son fils probablement aussi, même s’il refuserait de le reconnaître, hochant lentement la tête. « Je suis désolé, je ne voulais pas te parler comme ça. C’est juste… Difficile de t’imaginer avec quelqu’un d’autre. » Elle hocha la tête, comprenant ce qu’il voulait dire. « On ne rencontre le vrai amour qu’une fois dans sa vie. Je suis heureuse que tu aies pu le recontrer aussi, Ji Hoon. » Elle tapota doucement le bras du japonais, même raciste. « Et je souhaite que vous puissiez vieillir ensemble, vraiment. C’est difficile de passer à autre chose, mais la vie doit continuer. J’ai des choses à vivre, avec vous, mais je sais que je ne peux pas toujours coller mes enfants. » Même s’ils pourraient faire un roulement pour la garder. Son regard se posa sur Haruto. « Si tu es sage, tu pourras regarder les autres photos. » Seulement s’il était sage.
 [/color]» Comme ça, Ji Hoon le retrouverait et lui referait le portrait. Bonne idée.

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     Ven 9 Nov - 0:26

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Haruka disait la même chose. Elle n'avait pas d'enfant préféré. Mais être le seul garçon et le premier de la fratrie avait aidé Haruto a avoir une place particulière dans le cœur de sa mère. Bien sûr, cette dernière idolâtrait tout autant ses filles, mais d'une manière différente. Bien sûr, elle les aimait tous. Et pendant longtemps, elle avait été une bonne mère. Elle avait eu sa façon particulière de les soutenir, les poussant à chercher le succès, mais les avait élevé d'une façon tout à fait honorable. Oui, contrairement à l'image qu'elle pouvait aujourd'hui donner, Kamiya Haruka était une bonne mère au foyer. Avec du recul, c'était là ce que se dirait Haruto. Sa mère avait sacrifié sa carrière pour lui, et plus tard pour ses sœurs. Il savait bien qu'elle ne le regrettait pas – et avait même cherché à le devenir le plus tôt possible – il ne pouvait n'y trouver que du respect. Sa bonne éducation venait en grande partie d'elle. Elle les avait choyé, les traitant en prince et princesses, des enfants rois, forcément meilleurs que les autres. Le beauté, l'intelligence, et le talent de ses enfants l'avait rendue fière. Mais c'était également cela qui l'avait perdue. Trop obnubilée par leur succès respectif, elle avait fini par vouloir les contrôler. Parfois, Haruto se disait que sa mère ne devait même s'en rendre compte, ne devait même pas comprendre pourquoi il lui en voulait. Un jour, le fils arriverait à pardonner à sa mère.

Lorsqu'il voyait la complicité entre Ji Hoon et sa mère, cela le rendait bizarrement triste. La complicité qu'il avait pu avoir avec Haruka n'avait été que factice, se disait-il alors. Pourrait-il vraiment renouer avec elle ? Haruto n'en savait rien. Il savait simplement qu'il pouvait faire le premier pas, et aller la trouver. Mais en vérité, il avait peur. Peur de la voir aujourd'hui, seule dans cette maison qui devait être maintenant trop grande pour elle. Dans ces moments-là, lorsqu'il pensait à elle, Haruto était en colère contre son père, et il réalisait alors qu'il ne l'acceptait pas. Il n'acceptait pas ce divorce, il n'acceptait pas ce remariage. Keisuke humiliait son ex-épouse, la mère de ses enfants. Malgré sa rancœur, Haruto trouvait que sa mère ne méritait pas un tel traitement. Mais pourrait-il l'affronter seul ? Ji Hoon accepterait-il de l'accompagner ? Ou Haruno ? Erena ? Il devait voir de ses propres yeux comment Haruka vivait la situation, mais n'en avait pas le courage. Il n'avait pas la force d'affronter la réalité des choses. Un peu égoïstement, il se disait qu'il devait s'occuper en premier lieu de son couple, et des épreuves qu'il traversait. Mais maintenant que Ji Hoon allait mieux, il tombait à court d'excuses.

Haruto en parlerait avec Ji Hoon, mais pas maintenant. La réaction de ce dernier le fit un peu rougir, et il n'osa regarder Hua, lorsque cette dernière protesta après l'avoir entendu parler japonais. Mignon. Pourquoi pas viril, pour une fois ? Certes, ce ne serait pas en parlant un mauvais coréen aux sonorités nipponnes qu'il allait redorer son image virile. Le Japonais se disait qu'il avait encore beaucoup de progrès à faire. Au mieux, il avait le niveau d'un collégien apprenant le coréen. C'était un peu frustrant, ses phrases étaient courtes et décousues, quand il ne cherchait pas ses mots ou n'en utilisait pas d'incorrects. S'inclinant légèrement face à Hua pour la remercier d'approuver les éloges de son fils à son propos, Haruto se dit que c'était loin d'être une corvée, il était même très heureux que cela plaise à son homme. C'était pour lui qu'il l'apprenait. Une preuve d'amour supplémentaire, parce qu'il voulait toujours être plus proche de lui, de toutes les façons possible. « C'est moins facile pour un adulte. J'aime beaucoup l'accent de vous, même si celui de Ji Hoon je préfère. » Il en rougit un peu. « Merci... C'est grâce à lui. C'est le plus doué des deux. Il parle beaucoup bien japonais ! Mais l'accent est perdu un peu. Ça me rend triste. » Et c'était pour lui également qu'il acceptait d'aider sa mère du mieux qu'il le pourrait. Sa demande, avec la révélation que cela impliquait, l'avait fortement décontenancé. Il doutait que Ji Hoon le prenne bien.

Et il avait raison, évidemment. Rien d'étonnant, en vérité. Comment était-il supposé contenir sa colère, quand lui-même avait des soucis à régler avec ses parents ? Haruto ne trouva les mots adéquats. C'était si frustrant, car il ne pouvait rien dire en japonais. Il sentit le stress le gagner. Hua comptait sur lui, mais que pouvait-il bien dire ou faire pour calmer Ji Hoon ? Le regard noir que ce dernier lui lança après qu'il eut osé lui rappeler ses origines chinoises, le fit baisser les yeux vers son assiette, penaud. Sa tentative suivante ne trouva pas de grand succès non plus. Quel idiot. Il évita le regard de Hua, sentant le sien sur lui. Elle devait être déçue et il s'en voulait terriblement. Relevant les yeux vers Ji Hoon, il pinça les lèvres. Il n'appréciait pas le ton qu'il utilisait pour lui parler. « Tu lui fais de la peine ! J'essaye simplement d'arrondir les angles. Et ne me parle pas sur ce ton, ou tu dors sur le canapé, ce soir ! » Lui aussi, en japonais. Il s'excuserait auprès de Hua plus tard. Mais Ji Hoon reprit, comme habité par une soudaine haine farouche envers les Chinois. Il n'était pas sûr de tout comprendre, cependant, et c'était encore plus frustrant qu'à l'ordinaire. Il comprenait qu'ils parlaient des Chinois, et certains mots horribles dans ce contexte précis. Trop surpris, Haruto ne put ouvrir la bouche lorsque son compagnon le prit à partie. Il ne savait quoi dire, balbutiant des mots parfois incompréhensibles. « Oui... je veux dire, non... pas toujours... pas forcément... » Bravo, Hua lui demanderait très certainement de la soutenir ! Pourquoi se montrait-il si stupide, ce soir en particulier ?

L'énervement de Hua le surprit encore plus. Il avait envie de se cacher dans un trou. Pouvait-il sortir de table et s'enfermer dans leur chambre ? Ses yeux se posèrent presque timidement sur Ji Hoon, ayant compris l'essentiel de la réplique de sa mère. Elle lui rappelait ses origines. Il sursauta lorsqu'elle s'adressa à lui, rougissant de plus belle alors qu'il se mit à bégayer. « N-Non, je... Je les aime. » Bon, pas tous. Il avouait un peu honteusement que Ji Hoon avait raison, mais ça, évidemment, Haruto ne le dirait pas devant Hua. Il se sentait comme pris au piège. Ses sourcils se froncèrent légèrement. Venait-elle de parler du fait des l'avoir accepté lui ? Comparait-elle les deux situations ? Le Japonais n'osait demander. Mais la conversation prit une drôle de tournure lorsqu'elle s'adressa à lui une nouvelle fois. Timidement, il secoua la tête. « Pas jeune. » Seules les quelques photos qu'il avait eu la curiosité de détailler dans la maison familiale Lee. Se redressant et s'avançant pour mieux voir, Haruto regarda d'un air sincèrement intéressé l'album photo que Hua avait sorti de son sac. Il se concentra pour comprendre. Son doigt se posa à la suite du sien sur le cliché. « Très beaux. Vous avez raison. » Et c'était vrai, bien sûr. Même s'il avouait que Ji Hoon était plus beau encore. Il sourit à sa belle-mère, écoutant attentivement. « Coup de foudre... » Il le répéta pour mieux l'imprimer. Levant les yeux vers Ji Hoon alors que sa mère le désignait, Haruto lui offrit un sourire timide. « Coup de foudre avec cet idiot-là. » A leur manière.

« Oh ! » Une photo de famille ! Ils avaient tous l'air si heureux. Au fur et à mesure que Hua disait les noms, Haruto fit glisser le doigt sur la personne nommée. « C'est une belle famille. » Dans tous les sens du terme, d'ailleurs. Mais son sourire s'élargit en voyant la photo de Ji Hoon en larmes. Il était si mignon ! Le Japonais poussa un petit cri. « Il est bizarrement chou, n'est-ce pas ? » Il s'autorisa à rire un peu, posant la photo sur la page de l'album. S'il osait, il demanderait à Hua de la lui donner. Il sursauta lorsqu'elle ferma l'album d'un geste sec. Qu'avait-il fait de mal ? Cette dernière se mit alors à parler, et l'émotion dans sa voix était palpable. Haruto jeta un regard en coin à son compagnon. Celui-ci ne pouvait rester de marbre face à la déclaration de sa mère. Même si le Japonais ne comprit pas tout, il saisit la fin et cela lui brisa un peu le cœur. Sa main chercha celle de Ji Hoon, qu'il serra doucement, dans un geste qu'il voulut réconfortant. Lui-même était profondément ému, même en ne comprenant que la moitié. Son regard croisa celui de Hua, et il hocha la tête, la remerciant. « On sait pas ce que la vie réserve à nous, c'est correct. Je veux la vivre avec Ji Hoon le plus longtemps possible. » Sa prise s'affirma sur sa main. « Est-ce cet homme vous rend heureuse ? Il vous traite bien ? » C'était des questions importantes que Ji Hoon n'oserait peut-être pas poser. A propos de ce dernier... « J'aimerais beaucoup ! Il y en a de Ji Hoon ? » Son sourire se fit malicieux. Tenait-il sa revanche ? « Je ne le connais pas encore assez à cette époque. » De toute façon, Haruto voulait toujours en savoir plus sur Ji Hoon.

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     Sam 10 Nov - 0:50

♡ Haroon ♡

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Les efforts de Haruto le touchaient sincèrement. Il le voyait apprendre durement le coréen, switchant parfois avec le chinois. Le plus souvent possible, il tentait de lui parler dans sa langue paternelle, pour des petites choses au début, puis une vraie conversation progressivement. Il trouvait les petites fautes de son homme vraiment mignonnes et ne se lassait pas de l’écouter parler coréen, même si Ji Hoon reprenait la conversation en japonais tout naturellement. Il ne voulait pas lui mettre la pression ou qu’il se sente forcé de parler dans cette langue. De plus, la langue nippone était leur langue à eux et il trouvait ça plus naturel de s’exprimer dans cette langue avec lui. Après tout, ils se parlaient en japonais depuis leur rencontre, souvent, il pensait même en japonais lorsque cela avait un rapport avec Haruto. C’était sa langue de l’amour, en quelque sorte. Comme il l’avait apprise la majeure partie du temps au contact de celui qui était alors son meilleur ami, elle avait une dimension étrangement romantique à ses yeux, même s’il y avait02 une pudeur dans les mots assez frustrante, n’exprimant même pas à moitié ce qu’il pouvait ressentir pour son Japonais. C’était une langue importante à ses yeux, qu’il pratiquait désormais avec plaisir.

Hua était tout aussi impressionnée de son côté. Elle complexait presque ! Bien qu’elle ait déménagé en Corée du Sud, elle ne s’était jamais intéressé plus que cela à apprendre la langue locale. Elle n’aimait pas trop les Coréens et aimait ne pas leur parler. Jong Dae parlait un mandarin quasiment parfait, donc elle n’avait pas dû à s’en faire. Du moins, jusqu’à ce que ses aînés commencent à parler coréen à la maison et qu’elle réalise qu’elle ne comprenait pas ce qu’ils disaient. Et si cela était un jour utilisé contre elle ? A partir de ce moment, Hua Lee avait décidé d’étudier durant la journée afin d’apprendre, quand bien même son cerveau semblait hermétique à cette langue. Il lui avait fallu bien des années avant de s’exprimer avec autant d’assurance que le petit-ami de son fils. Il semblait sincèrement déterminé et elle le trouvait adorable lorsqu’il faisait des erreurs, ça lui donnait un air un peu penaud. C’était drôle et mignon, mais elle se doutait bien que ce n’était pas ce qu’un homme de son âge voulait entendre. Il voulait être beau, fort et viril, ce qu’elle pouvait comprendre. C’est pourquoi elle décida de ne pas insister, souriant simplement à ce dernier.

« Tu progresses plus vite en coréen que moi en japonais à l’époque. Et j’ai encore un accent ! » Plus aussi marqué, certes. Néanmoins, on ne pouvait rater le fait qu’il était étranger à sa façon de prononcer certains mots ou à son amabilité à faire de longues phrases au lieu d’utiliser un petit mot qu’il ne connaissait pas ou ne parvenait tout simplement pas à prononcer. C’était une langue difficile ! Et son délicieux accent n’était pas prêt de s’en aller, parole de Ji Hoon. Il voulait continuer à charmer son homme en disant n’importe quoi, juste parce qu’il savait que ça sonnerait joliment aux oreilles de son petit-ami. Néanmoins, cette adorable conversation prit une fin tragique avec l’annonce fracassante de sa mère. Elle voyait quelqu’un et comme elle s’en doutait, l’annoncer à ce fils-là était difficile. Elle s’était sans doute fait trop d’illusions en imaginant que Haruto serait en mesure de tempérer son fils et ses sourcils se froncèrent en les entendant parler en japonais. Visiblement, ils se disputaient et elle s’en voulu en songeant que c’était à cause d’elle. Ji Hoon fixait son compagnon, sourcils froncés quand il répliqua. « Oui, bon. Désolé. » Il croisa ses bras contre son torse, l’air contrarié par la menace de Haruto. Il ne voulait pas dormir sur le canapé ! Et s’il tombait ? Son homme était si cruel.

Néanmoins, il retourna rapidement vers sa « haine » des Chinois, tentant de convaincre sa mère qu’ils n’étaient pas fréquentables. Une idée un peu bête, il y songerait plus tard. Il chercha le soutient du Japonais, sans réel succès. Il le savait tout aussi bien que lui ! Pourquoi Haruto restait désormais si silencieux ? Il ne l’avait pas été autant, quand Madame Tanaka en avait parlé ! Le lâcheur ! Tout ça pour se faire aimer ! Sa mère n’aimait pas les traitres, il le lui dira demain matin, pour être sûr d’avoir sa place dans leur lit. Hua sembla perdre patience, s’énervant à la fois sur son fils et son compagnon qui ne parvint pas à la convaincre en affirmant aimer les Chinois. Mensonge ! Elle le sentait d’ici ! Néanmoins, elle décida de ne pas insister, espérant sincèrement qu’il n’ait rien contre les Chinois, elle en serait vraiment très déçue, surtout que Ji Hoon ne pouvait en aucun cas nier ses origines. Il n’en avait pas le droit et elle avait tout fait pour qu’ils en soient fiers et sachent qu’ils étaient des êtres spéciaux et uniques.

Sa stratégie changea en sortant son vieil album. Elle espérait faire comprendre à son fils qu’elle n’allait pas oublier son père, qu’elle l’aimerait toujours. Que c’était l’histoire d’amour la plus marquante et forte de sa vie. Ji Hoon observait silencieusement. Ses parents étaient des canons de beauté, il le savait déjà, ces photos, sa mère les montrait souvent. Elle était très mignonne et son père se vantait toujours d’avoir épousé la plus belle femme de Chine et désormais de Corée, comme c’était là qu’elle vivait. Son regard se posa sur Haruto, il pouffa bêtement, tournant la tête à la fois embarrassé et fier. Il devrait se vexer que son homme reprenne l’insulte de sa mère, mais il ne pouvait s’empêcher de le trouver mignon. il secoua néanmoins la tête. Oui, un vrai coup de foudre. Il avait toujours envié ses parents et il se disait qu’il les avait surpassés, vivant une histoire d’amour encore plus belle et unique avec son homme. Leur coup de foudre avait été réel et violent, totalement inattendu. Un sourire plus large se dessina en voyant la photo de famille. Il se souvenait vaguement de cette journée où ils étaient allés voir un photographe pour immortaliser la famille. Un grand évènement ! Ils avaient eu chacun de nouveaux vêtements pour l’occasion et Hua avait veillé à ce qu’ils soient tous parfaits. Ils n’avaient juste pas envisagé combien cela pouvait être compliqué de faire poser de jeunes enfants énergiques. Le photographe avait dû user d’astuce, jouant avec une marionette pour les distraire et les faire sourire, même si cette photo n’était pas la mieux réussi, au final. Les filles et Jong Dae ne regardaient pas l’objectifs, Hua les surveillait du coin de l’œil. Il n’y avait que Liang et lui qui regardaient réellement, riant à cause du jouet. Une très belle famille, oui.

La dernière photo lui fit moins plaisir et il prit un air boudeur. Ce n’était pas très gentil de s’amuser de la souffrance d’un enfant. « J’étais triste et ils se moquaient. C’est pas chou ! » Il remercia mentalement sa mère de protéger sa dignité en fermant l’album. Elle secoua la tête à sa remarque, décidant de l’ignorer pour s’exprimer avec sincérité. Ce n’était pas facile pour elle, mais elle avait besoin que Ji Hoon la comprenne, qu’il cesse d’agir comme un enfant et puisse se mettre à sa place, comprendre ce qu’elle vivait. Elle devait continuer à vivre pour eux, pour ceux qui comptaient sur elle. Elle hocha la tête en entendant ses excuses, posant ensuite ses yeux sur Haruto. Ji Hoon en fit de même, souriant à son homme, il serra tendrement sa main dans la sienne. « Moi aussi, j’espère que ça durera très longtemps. » Il ne voulait pas perdre Haruto à cause d’une maladie. Rien que d’y penser, une terrible angoisse le gagnait. Hua hocha la tête. « Il me traite bien, c’est vraiment un homme bon. » C’était tout ce qui comptait. Etre heureuse n’était pas si simple que cela. Elle ne l’était pleinement que lorsque ses enfants étaient près d’elle, mais elle ne pouvait pas leur demander égoïstement. « J’espère qu’il le restera alors et que tu seras bien avec lui. » Ji Hoon lâcha un soupir malgré lui, il attrapa la main de sa mère. « S’il te fait le moindre mal, je le tue. » Et ce n’était pas une menace en l’air, il le ferait ! « Personne a le droit de te faire du mal. » Elle rit un peu en l’entendant, secouant la tête. « J’ai réussi à dresser quatre hommes, ça ne me fait pas peur, je peux me défendre ! » Ji Hoon émit un petit son outré en réalisant qu’elle l’avait inclus dans sa liste.

Cet album n’était pas une bonne idée mais le Coréen n’osa pas protester, sa mère semblait si fière de son album et de pouvoir montrer des photos à Haruto. Bien évidemment, ce dernier ne semblait intéressé que par les photos de Ji Hoon, ce qui était normal. Il ne connaissait pas trop cet époque et ce n’était pas surprenant. Il n’avait sans doute pas de photos comme ça ici, elle gardait tout précieusement. « Bien sûr qu’il y en a de Ji Hoon. Plein ! On ne pouvait pas prendre une photo sans qu’il ne court pour être dessus ! » Insupportable. Néanmoins, maintenant qu’elle y pensait, c’était sans doute précurseur de sa carrière actuelle. Fouillant dans l’album, elle s’arrêta finalement sur l’une d’elle. « Là, c’est la première fois que leur père amenait Liang et lui à la pêche ! Il était tout content. » Il posait avec sa petite canne à pêche, vêtu de vêtements kakis et de petites bottes en caoutchouc, Liang avait exactement la même tenue. « Ah, c’était bien la seule fois que tu était content d’y aller ! » Ji Hoon sourit, secouant la tête. Il détestait la pêche, il fallait se lever tôt et rester assis pendant des heures à ne rien faire, ça l’ennuyait affreusement. « C’était injuste, Papa m’emmenait toujours moi, jamais Liang ! J’avais envie de pleurer quand il venait me réveiller à quatre heures pour y aller. » Lui qui ne voulait que dormir. Il finissait par s’endormir sur l’herbe, réveillé par une tape sur le front. « C’est parce que Liang étudiait tous les weekends et qu’il savait que tu n’allais rien faire d’important. » Voir ses amis, dormir, c’était très important ! Gonflant les joues, sa mère l’ignora, cherchant une autre photo.

« Là, c’est Jin Seok tout nu. » Elle aimait montrer cette photo, pouffant avec Ji Hoon. Ils aimaient bien rire de cette photo. Elle continua à tourner les pages. « Ah ! Il tenait Jin Seok pour la première fois, c’était à l’hôpital ! Il n’osait pas bouger et a l’air tout crispé. » Ji Hoon se pencha pour regarder la photo. « Tu m’avais menacé de plus jamais me laisser jouer dehors si je le laissais tomber, j’avais peur ! » Un stresse incroyable pour un enfant de six ans. On ne se l’imagine pas. « Ji Hoon et ses copains d’école, à neuf/dix ans, il me semble. » Elle tendait à chaque fois la photo à Haruto. « Il me semble n’avoir que des photos de vous petit dans cet album. » Elle en avait d’autres, avec bien plus de photos. Il faudra qu’elle les ramène à l’occasion. « Ah ! Là c’est nous deux. Il avait quatre ans. » Elle le tenait sur ses jambes, c’était lors d’un repas de famille chez la mère de son mari. « J’étais si belle ! Et lui encore si mignon ! » Ah, si seulement elle pouvait retourner à cette époque ! « Tu es encore belle et je suis encore mignon. » Le sourire malicieux de son fils l’amusa, elle secoua la tête, regardant Haruto. « Il est vraiment incorrigible ! » Prenant l’album, elle le tendit au Japonais. « Je te le prête si tu veux. Tu pourras venir voir les autres albums un jour, si tu veux. » Elle lui sourit doucement, plutôt alléché par l’idée de se faire une soirée à regarder des albums, plongée dans ses souvenirs.

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     Dim 11 Nov - 3:01

♡ Haroon ♡

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Pour Ji Hoon, Haruto était prêt à faire beaucoup de choses. Notamment, s'améliorer dans les langues que pratiquaient son homme depuis son enfance. Si au départ, cela avait plus été une idée liée à sa curiosité de partager toujours plus de chose avec lui, cela était devenu une envie farouche afin de se rapprocher de lui, de lui montrer combien il l'aimait. C'était devenu vraiment très important pour le Japonais, et il s'y était envie mis avec assiduité. Ce n'était pas facile, mais avec le soutien de Ji Hoon, Haruto apprenait chaque jour. C'était même drôle, car leurs rôles se trouvaient échangés. Le Coréen était un très bon professeur, et son élève se montrait studieux. De plus, son compagnon le récompensait toujours pour ses efforts, rien de mieux pour le motiver à se surpasser. Bien évidemment, ce n'était pas la seule chose à prendre en compte – même si cela lui plaisait beaucoup. Haruto le faisait également pour mieux communiquer avec les proches de Ji Hoon. Notamment sa mère. Hua était un pilier important pour lui, et le Japonais l'avait compris il y avait bien longtemps. Aujourd'hui, il voulait être capable de communiquer avec elle sans avoir forcément besoin d'un traducteur (Ji Hoon) à proximité. Si leurs conversations restaient encore timides et bancales, Haruto cherchait de moins en moins ses mots – bien que des erreurs parfois cocasses subsistaient, mais cela ne rendait leurs discussions que plus drôles à chaque fois (ou embarrassantes pour lui).

Mais rien ne l'aurait préparé à entendre une requête comme celle que lui fit Hua une fois Ji Hoon enfermé aux toilettes. La nouvelle le surprit lui-même. Elle avait rencontré quelqu'un. Quelque chose lui disait que Ji Hoon ne le prendrait pas bien. Pas du tout, même. S'il faisait son possible pour ne jamais psychanalyser son compagnon, Haruto avait deviné que ce dernier n'avait toujours pas fait le deuil de son père. Ce serait un long chemin, compte tenu des circonstances de la mort et de la manière dont il l'avait appris. Haruto s'en voulait malgré tout, se disant qu'il n'avait été d'aucun soutien, à ce moment-là. S'il s'était montré plus perspicace et avait un peu réfléchi, il aurait pu éviter un choc émotionnel, laissant à son jumeau le soin de le lui annoncer calmement. Mais ils ne pouvaient remonter dans le temps et devaient vivre avec ça. Tout comme Hua devait vivre avec l'absence de l'homme qu'elle avait si longtemps aimé, le père de ses enfants. L'amour de sa vie, à ne pas douter. Haruto ne parvenait pas à se mettre à sa place, il ne le voulait de toute façon pas. Mais aussi, il s'agissait de la vie privée de la mère de son compagnon, il n'avait aucun droit de juger ses choix. Celui qui le prendrait, cependant, ce serait Ji Hoon. Rien d'étonnant, à bien y réfléchir. C'était sa mère, c'était la mémoire de son père. Comment Hua pouvait penser que Haruto parviendrait à le raisonner ? La seule chose qu'il fut capable de faire fut de le rappeler à l'ordre en japonais, mais il doutait que cela soit totalement efficace.

Au contraire, il s'enfonça un peu plus lorsque mère et fils amenèrent le sujet très épineux des Chinois sur le tapis. Qu'on se le dise, Haruto n'avait pas particulièrement quelque chose à dire sur eux. Mais il se demanda pourquoi on lui posait la question. Avaient-ils conscience qu'il restait japonais ? A bien y réfléchir, pendant longtemps Haruto avait eu du mal avec les Chinois, avec un en particulier. Mais il ne pouvait tous les blâmer juste parce que l'un d'entre eux tournait de façon un peu trop persistante autour de sa sœur. De plus, l'homme qu'il aimait était un métis. Sino-coréen, en plus ! Combien de ses compatriotes crieraient au scandale ? De plus, face à Hua, il ne souhaitait faire aucun commentaire à ce sujet, surtout lorsque ce n'était pas celui de la conversation initiale. Il pouvait y avoir des exceptions, et Ji Hoon devrait être le premier à le savoir. N'était-ce pas lui qui trouvait les Japonais laids et fermés d'esprit ? Certes, il n'avait pas totalement changé d'avis à ce sujet, mais n'avait-il pas trouvé une exception en lui ? Le Coréen ne pouvait se montrer de si mauvaise foi, même s'il s'agissait du nouveau compagnon de sa mère. N'était-il pas plutôt curieux de savoir à quoi il ressemblait ? S'il traitait bien sa mère ? Si cette dernière était heureuse avec lui ? Haruto trouvait sa réaction plutôt triste, et éprouvait du remord face à Hua. Visiblement, il avait échoué, étant incapable de procéder à sa requête. Elle avait mis au monde un enfant borné ! Elle devait bien le savoir, de toute façon. Peut-être ne connaissait-il pas plus têtu que Ji Hoon, mais Haruto l'aimait tout de même plus que tout. Et d'une façon ou d'une autre, il voulait l'aider à accepter le fait que sa mère pouvait elle aussi encore connaître le bonheur.

Sans pour autant oublier son défunt mari, comme elle souhaitait visiblement le faire comprendre à son têtu de fils. Haruto aimait toujours en apprendre plus sur son homme, même des faits ayant eu lieu bien avant la naissance de ce dernier. Il était même profondément touché que Hua lui montre ces clichés d'une autre époque, tout en lui en racontant l'histoire derrière la prise. C'était drôle et émouvant, on pouvait aisément deviner qu'elle ferait tout pour retrouver ces temps révolus. Jong Dae lui manquait, cela ne faisait aucun doute, et Haruto luttait contre la furieuse envie de la câliner pour lui montrer qu'il comprenait malgré la barrière de la langue, malgré leurs différences. Il réalisait néanmoins combien cela serait étrange et mettrait tout le monde mal à l'aise – même les petits chiens, sans aucun doute. La photo de famille était touchante, et l'amour partagé entre chaque membre s'y reflétait sans mal. C'était comme si Haruto comprenait enfin ce que Ji Hoon avait passé tant de temps à lui expliquer, à lui raconter sur les siens. Certes, lors de leur séjour à Seokgyo, le Japonais avait pu se rendre compte de combien les Lee était une famille profondément unie, mais il lui semblait que, ce soir, la boucle était bouclée. Cela l'émouvait. Plus que jamais, il regrettait de ne pas avoir eu la chance de rencontrer le père de famille. Même s'il avait compris que celui-ci n'aurait sûrement jamais accepté le fait que Ji Hoon et lui forment un couple. Après tout, rien n'était sûr, et ça ne le serait jamais.

Hua l'avait cependant emmené vers quelque chose d'un peu plus joyeux – bien que paradoxal. Une photo de Ji Hoon qui pleurait. L'explication de la mère le fit sourire. La protestation de son compagnon le fit d'autant plus rire. « Si regarde, avec ton nez qui fuit. » Pas franchement glamour, mais étrangement mignon. Le pauvre amour qui faisait sûrement un caprice. Hua vint à la rescousse en fermant l'album d'un geste sec qui surprit le pauvre Japonais. Sa main dans celle de Ji Hoon, il lui sourit. Leur histoire durerait très longtemps. Jusqu'à la fin. S'il le pouvait, Haruto expliquerait à Hua qu'il se savait lié à Ji Hoon, et qu'il était persuadé qu'ils s'aimaient dans toutes leurs incarnations. A la place, il commença à l'interroger concernant cet homme qu'elle fréquentait, prenant la place de fils curieux. Cela donna l'occasion au vrai fils de montrer qu'il y portait de l'intérêt, et Haruto les écouta sans les interrompre. Il fronça tout de même les sourcils lorsqu'il entendit la menace sur la vie du pauvre homme. Mais son sourire réapparut bien vite, et il pouffa à la réponse de Hua. La répartie de cette dernière le fascinait ! « Vous m'apprenez ? Parfois j'arrive pas à le raisonner. » Mais peut-être aurait-il dû le préciser avant qu'elle ne lui demande de l'aider ? « Je vais appeler plus souvent ta maman à la … pour m'aider avec toi. » Bien sûr, il plaisantait. Au moins un peu.

Les photos de Ji Hoon, voilà quelque chose qui l'intéressait énormément ! Avec une grande attention, il se pencha vers l'album, curieux d'en voir plus. Il éclata de rire lorsqu'elle lui répondit. « Pas étonnant. Il était déjà beaucoup … fait pour être pris en photo. » Plus photogénique que Ji Hoon, ça n'existait pas, Haruto en était persuadé. Et pourtant, dieu savait combien lui-même se trouvait beau et aimait se prendre en selfie ! Ah, Ji Hoon était si mignon. Il voulait garder toutes les photos que lui montrait Hua ! Suivant l'échange entre la mère et le fils, Haruto pouffa de plus belle. « Mon père m'emmenait aussi beaucoup, à la pêche. J'aimais. On a essayé d'y aller ensemble, mais Ji Hoon s'emmerdait. » Ah. Un instant. Ce n'était pas trop familier ? Il fut surpris par la photo de Jin Seok. Sa mère aimait faire la même chose, montrer une photo de lui bébé, dans son plus simple appareil. C'était embarrassant, et il compatissait avec le plus jeune. « [color=#4682B4]C'est une photo mignonne. !/color] » Celle où Ji Hoon portait son petit frère. Haruto se saisissait de chaque photo que lui tendait Hua, levant à chaque fois les yeux vers son compagnon pour lui sourire amoureusement. « Vous deviez être fière. Il est le plus beau. » Sûrement Ji Hoon devait être l'enfant le plus mignon de leur village.

Lorsque Hua lui tendit la photo où il posait tous les deux, une vive émotion s'empara du Japonais. La mère et le fils. Il pensa à la sienne. Haruka possédait elle aussi de nombreux albums contenant des centaines de photos de famille. Combien de clichés avait-elle pris de sa petite famille. Chaque enfant avait son album dédié. « Il a raison. » Hua était encore une très belle femme, et Ji Hoon pouvait se montrer mignon, et bien plus encore. « Vraiment ? Je veux avec volontiers ! » Regard en coin à l'attention de son compagnon. Il aurait sa petite vengeance, semblait-il. Ses yeux se reposèrent sur la dernière photo que Hua lui avait tendu. Son regard devint flou, et il devina sans mal qu'il était sur le point de se laisser submerger par ses émotions nés de sa culpabilité. Celle qu'il éprouvait face à Haruka. Se levant le plus lentement possible, il annonça en balbutiant qu'il allait ranger un peu, s'exécutant juste après. Ce n'était pas le moment de penser à ses relations avec ses parents. Appuyé contre l'évier, il chercha à se calmer. S'essuyant les yeux, il prit une profonde inspiration avant de revenir à table. Il voulait en savoir plus sur l'homme que fréquentait Hua, mais ce n'était pas à lui de poser les questions. Néanmoins, la curiosité l'emporta. « Vous l'avez dit aux autres ? » Comment ses enfants avaient-ils réagi ? Haruto se retourna vers Ji Hoon. « Tu dois lui pardonner et accepter. Son bonheur compte. » Mais peut-être se parlait-il un peu à lui-même. Pinçant les lèvres, il reprit en japonais. « Tu veux rencontrer cet homme ? Et si on organisait un dîner à quatre ? » Il ne voulait pas que Ji Hoon regrette sa réaction. Que lui aussi coupe les ponts avec sa mère. Mais cela n'avait rien à voir avec lui, Haruto le savait bien.

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     Lun 12 Nov - 0:09

♡ Haroon ♡

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La nouvelle devait passer, Ji Hoon n’était pas certain de pouvoir l’accepter pour le moment. Il adorait sa mère et il ne souhaitait que son bonheur. Néanmoins, il ne parvenait pas à retirer l’image de son père de son esprit, à se dire qu’elle avec un autre homme sonnait faux, sonnait comme une mauvaise blague, surtout quand il pouvait voir ces photos. Ils avaient toujours été très amoureux, son père lui disait parfois que le secret pour garder une femme, c’était de continuer à la charmer. Et sa mère était tombée dans son piège, il parvenait à la séduire tous les jours. Il ne pouvait pas l’emmener en voyage ou faire des choses folles, bien sûr, mais il trouvait d’autres moyens. Un bouquet de fleur, une danse romantique improvisée dans le salon, un repas cuisiné par ses soins après avoir refourgué ses enfants à sa mère. Il savait y faire et le bonheur de ses parents avaient toujours été évident. Ji Hoon croyait en l’amour grâce à eux. Il avait toujours espéré vivre ce qu’ils vivaient, et il avait effectivement eu cette chance, gardant à l’esprit le conseil que lui avait donné son père il y a bien longtemps. Chaque jour, il charmait Haruto, trouvait quelque chose pour le surprendre, le séduire. C’était très important.

Hua avait adopté la bonne stratégie en sortant ces photos. Elle avait pu atteindre le cœur de son fils qui n’avait pu rester de marbre devant ces clichés. Il les aimait autant qu’elle, même si la plupart du temps, il refusait de les regarder. Il n’aimait pas revoir l’image de son père, continuant à vivre dans un déni malsain qu’elle ne parvenait pas à briser. Elle ne voulait pas essayer, s’avouait-elle honteusement. Elle avait peur. Peur de sa réaction, peur de le briser. Non, c’était mieux comme ça, même si elle avait besoin de son approbation, qu’elle ne pourrait supporter que son propre fils la rejette. Bien sûr que c’était différent de sa relation avec son Japonais. Haruto était son Jong Dae, pas son Jiao, mais ce n’était pas la question. C’était difficile pour une mère, d’accepter que son enfant soit dans une relation homosexuelle, mais elle l’avait fait sans ciller, sans le moindre mal. Parce qu’elle aimait ses enfants plus que tout et que leur bonheur comptait avant tout. Elle voyait bien qu’il était heureux, qu’il le rendait heureux. Elle ne put s’empêcher de sourire en voyant son fils devenir si niais et glousser aux simples mots de son petit-ami concernant leur coup de foudre. Son bonheur participait au sien.

Ji Hoon décida d’ignorer Haruto, tirant simplement la langue quand il se moqua de sa photo, trouvant honteux que personne ne semble s’inquiéter qu’on le prenne en photo alors qu’il était certainement bouleversé par quelque chose. C’était honteux et tout le monde agissait comme si ce n’était rien. Qui plus est, sa mère semblait judicieux de se vanter de l’effet qu’elle avait sur les hommes de sa famille, ce qui était inacceptable. Elle avait raison, certes. Elle pouvait lui demander n’importe quoi et son avis comptait presque autant que celui de Liang et un peu plus que celui de Haruto. Ji Hoon réalisa avec terreur qu’il était à la merci à la fois de son jumeau, mais aussi de sa mère et de son petit-ami. Etait-il si facilement malléable quand il aimait ? Devait-il s’en inquiéter ? « Ah ! Eh bien, si j’avais su ! » Elle ne lui aurait pas demandé de l’aide, si elle avait su qu’il n’arrivait pas à toujours se faire entendre. « Elle pourra pas t’aider ! » Sa mère fronça les sourcils. « Bien sûr que si ! Ne t’en fais pas Haruto, appelle-moi. Je sais ce que c’est, que de devoir dresser un Lee ! » Elle y était bien parvenue avec son mari. « Eh ! Il va pas me dresser ! » Hors de question. Le Ji Hoon était indomptable.

« C’est vrai qu’il a toujours été un bon modèle. » Hua le savait bien, il aimait être pris en photo, il aimait qu’on lui dise qu’il était beau. Ji Hoon n’avait jamais feint, affirmant haut et fort que oui, il était très beau. Le plus beau, même. Il n’en avait absolument pas honte et continuait de le crier sur tous les toits, même auprès de ses amis. Elle connaissait bien sa stratégie, en tant que métis, il fallait faire entendre sa voix, persuader les autres qu’il était un être supérieur avant qu’ils n’essaient de le rabaisser. Liang n’avait jamais eu autant de facilité, il n’était pas aussi ouvert. Elle s’était toujours davantage inquiétée pour le premier né que pour le second. Ils avaient des personnalités si différentes et avaient souvent remercié le ciel qu’ils veillent si bien l’un sur l’autre. « Ehp ! Surveille ta langue Haruto ! » Ji Hoon pouffa à la remarque de sa mère qui regardait Haruto, sourcils froncés. Elle l’avait totalement adopté, on dirait. « Désolé Maman, il a sûrement entendu ce mot de moi ! Ennuyait, c’est mieux qu’emmerdait, Haruto. » Il lui sourit, pouffant un peu.

Il rit encore à la photo de Jin Seok, approuvant son homme qui jugeait le cliché comme étant mignon. c’était bien vrai. Surtout lui, parce qu’on avait tout de même vu des bébés plus mignons que Jin Seok. Heureusement pour ce dernier, il avait physiquement bien tourné. Rien d’étonnant en soi, puisqu’il s’agissait d’un Lee. Un très bon Lee ! Pas le meilleur, cela dit. Et Ji Hoon approuva encore Haruto. « Je suis encore le plus beau. » Sa mère pouffa, hochant la tête en réponse à Haruto, secrètement approuvant son fils également. « Oui. J’avais les plus beaux enfants, je m’en rendais compte dès qu’ils amenaient des amis à la maison ! » Les plus beaux garçons et les plus belles filles vivaient chez eux et elle était vraiment fière en le constatant. On complimentait ses enfants partout où elle les emmenait, elle redoublait d’effort pour les protéger, surtout ses filles ! Son regard devenait mauvais et elle était prêt à mordre si des hommes s’approchaient de Sooyoung ou Mei Lin. Interdiction de les approcher ! Mais elle était bien aidé pour cela, Ji Hoon menaçait tous les garçons du village tentant de séduire une de ses sœurs.

La mère de famille sourit, heureuse d’entendre son beau-fils accepter sa proposition, elle chercha déjà mentalement une date avant de hausser les épaules. « Tu passes quand tu veux. Tu m’enverras un message avant, comme ça je préparerai de quoi grignoter. » Ji Hoon fronça les sourcils, jetant un regard à son homme. Il allait devoir lui rappeler à qui était cette femme. C’était sa Maman ! Néanmoins, l’air qu’il afficha ensuite l’inquiéta et il lui sembla voir ses yeux briller avant que ce dernier ne s’enfuit dans la cuisine. Ses lèvres se pincèrent, il baissa les yeux. « Il ne va pas bien ? » S’enquit sa mère en mandarin, ayant visiblement remarquer son trouble. « Je pense que sa mère lui manque. Il n’a toujours pas renoué contact avec elle. » Hua resta un instant silencieuse, connaissant bien l’histoire derrière tout ça, comme Ji Hoon lui avait tout raconté. « Ji Hoon, je sais que tu n’aimes pas beaucoup cette femme, mais tu dois l’encourager à retourner la voir. C’est sa Maman, c’est important pour lui. » Ses yeux se posèrent sur sa mère, il chercha à argumenter, comprenant rapidement qu’elle avait raison, il finit par hocher simplement la tête. Il ne voulait pas que son homme soit malheureux et son bonheur ne serait complet que s’il renouait les liens avec celle qui l’avait mis au monde.

Son sourire fut accordé à son petit-ami qui les retrouva, le laissant se réinstaller et reprendre immédiatement avec une question. « Oui. Il ne manque que Jin Seok, je ne sais pas comment lui dire. » D’un coup, pour ne pas faire durer le suspense et amener immédiatement le sujet qui fâche ? Hua y songeait très sérieusement, même si ce n’était néanmoins pas la meilleure solution. « Je ne veux que son bonheur, vraiment. Tu le sais, non ? » Hua hocha la tête, souriant doucement. Elle savait bien qu’il prenait sur lui. Son regard se posa sur Haruto qui parla soudainement japonais, ce qui la perdit. Sa question laissa Ji Hoon silencieux avant qu’il ne secoue fermement la tête. « Non, je veux pas le rencontrer. S’il te plait, propose pas ça. » Ce serait bien la pire chose qui puisse arriver ! Un soupir resta coincé dans sa gorge, il posa son regard sur sa mère, hésitant un instant avant de parler. « Maman, je veux vraiment que tu sois heureuse, si c’est avec cet homme, alors d’accord. Tu as toute ma bénédiction, et j’espère qu’il te traitera toujours aussi bien que tu le mérites. » C’était le genre de phrase où le « mais » se laissait entrevoir, on pouvait le sentir, le voir se matérialisé à l’horizon. « Mais… S’il te plait, ne m’en parle pas et ne me le présente pas. » C’était égoïste, il le savait, mais il ne pourrait pas le supporter. L’idée même de le savoir avec lui était insupportable, pour le moment, il ne pouvait tout simplement pas encrer cette idée dans sa tête. Hua sembla un peu déçue, baissant la tête avant de la hocher doucement. « Oui. C’est d’accord. » Elle tenta de lui sourire, même si elle ressentait un petit pincement au cœur. Elle finit par se lever de sa chaise. « Je vais rentrer, il commence à se faire tard ! Je veux aller au marché tôt demain matin. » Avançant dans l’appartement comme chez elle, elle récupéra son manteau tandis que Ji Hoon se levait péniblement de sa chaise, appuyé sur ses béquilles. Son cœur avait plus de difficultés le soir venu. Elle les salua chaleureusement, rappelant à Haruto leur rendez-vous avant de quitter l’appartement du couple.

Un soupir quitta les lèvres du Coréen alors qu’il fermait la porte derrière elle une fois hors de sa vision. Son regard se porta sur son petit-ami. « Quelle soirée… J’aurais pas imaginé ça. » Il pouvait enfin reparler en japonais. Il préférait s’exprimer en coréen, évidemment, mais Haruto et lui communiquaient mieux en japonais et ça lui manquait un peu que Haruto puisse lui répondre par de longues phrases. Il semblait plus réel. « Je peux dormir avec toi ce soir ? » Son sourire se fit un peu malicieux, espérant tout de même que la réponse ne soit pas négative. Il ne lui avait plus rien fait après ça et s’était calmé tout de suite, ce serait donc profondément injuste que son compagnon se montre injuste et rude envers lui. « Tu comptes vraiment aller chez ma mère pour regarder cet album ? » Il espérait bien que non, ou qu’en tout cas, il le préviendrait pour qu’il puisse venir avec. Et les petits chiens viendraient aussi. Lentement, il s’approcha de son petit-ami, tenant fermement ses béquilles, il s’arrêta à sa hauteur, levant la tête pour l’embrasser. Tendrement, longuement. Comme pour oublier toute cette soirée. « Et si on allait rendre visite à ta mère ou l’invitait ici ? » Ca lui ferait mal de devoir passer du temps avec elle, mais pour Haruto, il pouvait le faire. Si ce dernier avait besoin de lui, il serait à ses côtés. Sa main se posa dans son dos avec la béquille et il alla doucement se serrer contre lui, pour le rassurer, qu’il comprenne qu’il était là pour lui. Qu’il n’allait pas le laisser tomber.


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♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Si elle avait su, Hua ne lui aurait sûrement rien demandé, oui. Haruto avait parfois du mal à raisonner son homme. Ce dernier était l'une des personnes les plus têtues qu'il pouvait connaître. Il leur arrivait même de se disputer pour rien, juste parce que Ji Hoon se montrait trop borné. C'était frustrant, mais le Japonais prenait souvent sur lui, capitulant plutôt rapidement. Ça ne le dérangeait pas vraiment, bien qu'il avouait qu'il aimerait que Ji Hoon se remette parfois en question. Cependant, son amour pour le Coréen était plus fort qu'un simple avis divergent. Et ces derniers temps, se brouiller avec lui était la dernière chose qu'il souhaitait. Leur couple traversait déjà assez d'épreuves comme ça. Un peu égoïstement, il espérait que l'annonce de Hua ne gâcherait rien entre eux. Soit, il s'agissait de la vie privée de sa mère, mais Ji Hoon était réellement le petit garçon à sa maman, et le deuil de son père n'ayant pas encore été tout à fait accepté, Haruto se doutait que cela le travaillerait, ces prochains jours. Mais l'atmosphère se détendit, quitte à le surprendre. Son compagnon cherchait même à plaisanter, et même Hua semblait plus détendue. Ce n'était pas gagné d'avance, mais il fallait croire que ces derniers temps, chacun avait appris à prendre sur lui. « Je vous remercie. » Haruto émit un petit rire face à la protestation de son homme. Posant les yeux sur lui, il lui adressa un sourire malicieux. Oh que si, il allait le dresser. « Si tu en as besoin. » Devant sa moue boudeuse, Haruto ne pouvait s'empêcher de rire.

Pour se faire pardonner, Haruto voulait bien rappeler combien Ji Hoon était beau. Déjà tout petit, il en avait la confirmation devant les yeux. Il se disait qu'il pourrait regarder des photos de lui pendant des heures, et ne pas se lasser. En grandissant, Ji Hoon était devenu plus photogénique encore, et sa carrière de mannequin semblait toute tracée. Le Japonais fut donc encore plus attristé à cette soudaine réalisation. Son compagnon était fait pour ça, mais on lui avait arraché son rêve. C'était terriblement injuste ! Il avait envie de s'insurger, mais sans savoir vraiment contre qui, aujourd'hui. Il savait que son homme devait prendre le temps qu'il fallait pour retrouver l'usage de ses jambes. C'était l'objectif principal, évidemment. Haruto ne le pressait pas à trouver un autre travail, le laissant se concentrer sur sa guérison. Il voulait danser avec lui au mariage de son père, et quand il y réfléchissait, c'était bien là la seule raison pour laquelle il avait hâte de se retrouver à ce mariage. Fermant un bref instant les yeux, le Japonais respira profondément. Ne pas y penser. Heureusement, Hua aimait parler de ses enfants, la fierté qu'elle avait en eux transparaissait autant dans sa voix que dans la lueur de ses iris noires. On ne pouvait l'écouter qu'en souriant, et c'était justement le cas du Japonais que fréquentait son fils – préféré, quoiqu'elle voulait en dire. Haruto voulut donc y aller de son petit commentaire, avant d'être sermonné comme un petit garçon. Pinçant les lèvres, il n'osa répliquer ou demander ce qu'il pouvait bien avoir dit de travers. Il n'en avait pas besoin. Comme à son habitude, Ji Hoon lui expliqua où résidait l'erreur. Clignant des yeux, Haruto rougit en comprenant. Affolé, il se confondit en excuses. En japonais.

Heureusement, la photo de Jin Seok le détendit un peu, même s'il plaignit le cadet de la famille Lee. Il avait l'impression qu'en lui montrant ces photos, Hua lui faisait comprendre qu'elle l'accueillait dans la famille, qu'elle l'acceptait. Après tout, elle venait de le gronder, quelques minutes auparavant ! C'était une belle famille, dans tous les sens du terme, pour le Japonais. Celui-ci fixait les clichés collés dans le petit album, espérant en voir d'autres. Toujours plus. Il avait conscience que leur enfance avait été différentes, et c'était pourquoi il souhaitait en savoir toujours plus à ce sujet. La sienne lui paraissait tellement ennuyeuse en comparaison à celle du Coréen. Haruto réalisait qu'ils ne partageaient pas grand chose de commun, et cela l'angoissait un peu. Bien sûr, il savait que leurs différences étaient également une force. Néanmoins, il ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'il se serait passé s'ils s'étaient rencontré plus tôt. Ou plus tard. A croire qu'ils s'étaient rencontrés au bon moment. Au fond, l'amour était une question de timing. S'il avait connu Haruto durant son enfance, Ji Hoon l'aurait très certainement jugé, peut-être même brimé ; et lui se serait tenu à l'écart, effrayé, rassuré dans cette bulle qu'il habitait en solo, à l'époque. S'il avait connu Ji Hoon plus tard, Haruto serait probablement marié à une femme qu'il n'aimait pas, et ils se seraient loupés. Constater qu'ils s'étaient rencontrés au bon moment renforçait cette idée d'amour véritable. D'idylle destinée.

Voilà pourquoi Haruto souhaitait être proche de ceux qui comptaient pour Ji Hoon. En l'occurrence, sa mère. Il l'appréciait déjà beaucoup, évidemment, mais il désirait nouer un lien plus fort encore. Il voulait qu'elle l'adopte, pas certain que ce soit totalement le cas. Il ne suffisait pas de la complimenter sur la beauté de ses enfants ou la sienne, elle savait déjà tout ça. Lui souriant, Haruto hocha la tête en la remerciant de sa gentillesse. Il ne louperait ce rendez-vous pour rien au monde, s'autorisant même à sourire à Ji Hoon. Qu'il ne le sous-estime pas ! Il l'avait vu faire avec Shizue. Mais son sourire retomba, pourtant face à une photo bien mignonne. Inévitablement, ses pensées se tournèrent vers sa propre mère. L'émotion qui se saisit de lui fut si fugace qu'il ne parvint à la contenir. Il devait avoir l'air si ridicule ! Appuyé contre l'évier, le Japonais se gifla mentalement. Ce n'était pas le moment. La conversation en mandarin parvint jusqu'à ses oreilles, et son cœur se serra. Il n'était pas compliqué de deviner qu'ils parlaient de lui, mais que pouvaient-ils se dire, exactement ? Le Japonais ne saisissait qu'un ou deux mots au passage, de plus, ils ne parlaient pas franchement fort. Une fois son trouble passé – à peu près – Haruto les rejoignit, comme si de rien n'était. Il ne voulait pas en parler. Pas maintenant. Mais quand ?

« Peut-être... Lui dire, comme ça. » Il fit un geste de la main, comme s'il voulait fendre l'air. Certes, ce n'était pas à lui de donner des conseils à Hua, surtout après le pauvre soutien dont il avait fait preuve. Mais Haruto voulait bien faire, se doutant qu'une telle annonce n'était pas simple à gérer. Retournant son attention envers son compagnon, il retrouva son japonais, incertain. Heureusement fit-il sa proposition dans sa langue natale, vu la réaction de Ji Hoon. Un nouveau déni, mais il ne lui fit pas remarquer. Il devait lui laisser le temps d'assimiler l'information. Sa mère voyait un homme, ce n'était pas son père, car son père était décédé quatre ans plus tôt. C'était un long chemin que son deuil. Restant silencieux, Haruto le laissa exprimer son point de vue sur la question. Sa main captura doucement la sienne, serrant légèrement ses doigts des siens. La déception de Hua était clairement lisible sur les traits de son visage, mais le Japonais ne fit aucun commentaire à ce propos. Il avait envie de la prendre dans ses bras pour la consoler. Se levant en même temps qu'elle, le Japonais pinça les lèvres. Cherchait-elle une excuse pour s'en aller ? Il ne savait quoi dire. Lui souriant du mieux qu'il le put, Haruto s'inclina pour la remercier une fois de plus du délicieux repas. « C'est promesse. » Il irait la trouver pour se plonger dans les souvenirs des albums photos de famille, que Ji Hoon l'accompagne ou non.

Debout dans le salon, Haruto fixait son homme, debout devant la porte. Cette vision l'émouvait toujours. Bientôt, Ji Hoon pourrait se tenir là sans béquilles. Ne sachant quoi faire et encore moins quoi dire, il restait planté là. Il voulait laisser son compagnon s'exprimer le premier. Voulait-il revenir sur l'annonce de sa mère, ou préférait-il au contraire éluder ? Son sourire se fit un peu plus assuré, et il pencha la tête sur le côté, comme s'il réfléchissait à la réponse à donner, suite à la question de son homme. « Les nuits se rafraîchissent, donc j'accepte que tu dormes contre moi. » Son sourire se fit taquin. Bien sûr, même fâché, il serait incapable d'envoyer Ji Hoon sur le canapé. S'ils s'endormaient brouillés, l'un finissait toujours par se coller à l'autre en demandant pardon d'une petite voix. Et la plupart du temps, ils finissaient par faire l'amour. « Et toi ? Quand as-tu prévu d'aller chez ma mamie, déjà ? » Haruto croisa les bras, mais n'en perdit pas son sourire plein de malice pour autant. De plus, il ne resta pas bien longtemps dans cette position, écartant les bras pour mieux accueillir son homme contre lui. « Regardez moi comment il se tient fièrement debout ! » Cela l'émouvait à chaque fois. Fermant les yeux, il combla l'espace entre leurs lèvres, l'embrassant doucement. Dans sa poitrine, son cœur se mit à battre frénétiquement, comme s'il vivait là leur premier baiser. Comme à chaque fois. Ses mains se posèrent sur les hanches de Ji Hoon, le tenant fermement contre lui. Sa bouche dansait avec la sienne, il sentait un feu grimper en lui.

Avant d'être rapidement éteint. Douche froide. Sa mère. Haruto rouvrit les paupières, interdit. Avait-il bien entendu ? Cela venait vraiment de Ji Hoon ? Restant silencieux un instant, Haruto se laissa câliner par son homme, le laissant le serrer contre lui. Instinctivement – et parce qu'il en avait terriblement besoin – il écarta les bras pour mieux le serrer contre lui. Des larmes se mirent à noyer son regard, et il serra les paupières jusqu'à s'en faire mal pour les contenir. Reniflant de façon peu charmante, il enfouit son nez contre l'épaule de son compagnon. « Non... Je veux pas. Je peux pas. » Il en tremblait presque. Sentant qu'ils se tenaient là, debout, depuis un petit temps déjà, il emmena Ji Hoon vers le canapé, pour lui accorder du repos. Il ne devait pas forcer, cela n'aiderait en rien. S'essuyant les yeux, le Japonais se mit à rire de lui-même. « Mais quel idiot... » Levant son regard vers Ji Hoon pour mieux capter le sien, il lui sourit tendrement, quoiqu'un peu tristement. « C'est rien. Ça va passer. C'est juste... Ta mère, ses anecdotes sur votre famille... ça me rend faible. » Plus qu'il ne l'était déjà. « Je veux pas la voir, Hoonie. Pour lui dire quoi, hein ? Avec le mariage de mon père qui approche... » Son sourire retomba. « Elle doit être dévastée. Et moi... Je l'ai laissée tomber. Elle a beau être comme elle est... Ma mère l'aimait sincèrement, tu sais. Et nous aussi, elle nous aimait. » Parce qu'à l'heure actuelle, Haruto n'était pas certain que ce soit encore le cas, surtout pour lui. « Je saurais pas quoi lui dire. Ça ne sert à rien. » Il secoua la tête, comme pour s'en persuader. Cherchant la main de Ji Hoon, il la serra dans la sienne, avant de se laisser doucement tomber contre le dossier du canapé. « Je suis désolé... C'est toi qui devrais être en train de me dire ce que tu as sur le cœur... » Se redressant un peu pour mieux voir Ji Hoon, Haruto lui sourit tendrement. « Comment tu te sens, dis ? » Presque timidement, il l'embrassa, histoire de lui montrer qu'il l'aimait et était là pour lui, à chaque instant.

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