It's time to move on |♥| HAROON

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     Mer 14 Nov - 0:07

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Ji Hoon ferait tout pour sa mère, et il se trouvait par conséquent incroyablement égoïste ce soir, de ne pas pouvoir réagir comme elle le souhaiterait. Il n’y arrivait pas, parce que c’était trop difficile à accepter, c’était voir sa famille évoluer, accepter ce qu’ils avaient perdu. Il ne pouvait pas être nostalgique de la vie qu’ils avaient avant. Il devait avancer dans la vie, même s’il devait affronter des épreuves difficiles, il était heureux. Il avait un bel appartement, vivant dans une ville incroyable, une vie sociale qu’il n’aurait pu imaginer, et par-dessus tout, il avait eu la chance de rencontrer Haruto. Il était dans une relation stable et heureuse. Non, bien sûr qu’il ne voudrait pas retourner en arrière, il savait qu’il n’aurait pu sauver son père, qu’ils avaient fait de son mieux pour lui offrir quelques années de plus grâce à des soins adaptés. Dès le début de la maladie, on l’avait su condamner, mais ça ne l’aidait pas à se faire à l’idée. Peut-être que s’ils étaient rentrés pour lui dire adieu, qu’il avait pu lui dire au revoir correctement. Il n’avait jamais pu le faire. Après leur départ, ils avaient pu appeler quelques fois, sans jamais penser que ce serait la dernière fois. Il ne parvenait même plus à se souvenir de leur dernière conversation.

Tout le monde réagissait différemment lors d’un décès, Ji Hoon le savait. Il pouvait le voir dans sa famille, Liang qui enfouissait cela en lui, Mei Lin qui en parlait, encore et encore, sans jamais pouvoir s’arrêter, Sooyoung qui pleurait dès qu’elle voyait une photo de lui, Jin Seok qui conservait sa peine tout en offrant une conversation à Mei Lin. Hua faisait de son mieux pour tout porter sur ses épaules. Elle devait gérer la peine de ses enfants et la sienne. Elle aimait se voir en Wonder Woman pour dédramatiser. C’était difficile de perdre son mari avec cinq enfants, même si deux avaient quitté le nid beaucoup trop vite. Sans emploi, sans être parfaitement intégré dans le pays, quand bien même elle avait obtenu la nationalité Sud-Coréenne il y a bien des années de cela. Elle avait hésité à prêter serment pour garder également la nationalité chinoise, avant de songer que cela ne lui serait d’aucune utilité. Ses enfants étaient Coréens, alors elle l’était aussi. C’était aussi simple que cela et elle se souvenait que cela avait fait très plaisir à Jong Dae. Il avait acheté une très bonne bouteille de soju et des Tteokbokki pour fêter ça, ainsi qu’un très joli hanbok. Il avait chantonné l’hymne coréen dans la voiture, totalement faux, blasphémant son nouveau pays. Un très bon souvenir, elle devait encore avoir des photos, elle les montrerait à Haruto quand il viendrait les voir.

Le voir triste lui faisait de la peine. Elle regrettait sa situation avec sa propre mère, aimerait l’aider si cela était possible, bien qu’elle en doute. Ce genre de chose devait se régler en famille et elle espérait que Ji Hoon le raisonne. A la place de la mère Kamiya, sans doute attendrait-elle cela de Haruto. Qu’il pousse son fils à revenir vers elle. C’était difficile pour une mère, d’être loin de son enfant. Elle en avait fait la douloureuse expérience quand Liang et Ji Hoon était partis, et ça lui avait brisé le cœur de se séparer de Jin Seok par la suite. Hua ne pouvait être pleinement heureuse qu’avec ses enfants autour d’elle. Bien sûr, elle ne connaissait pas cette femme, elle ne l’avait jamais rencontré, mais, quand bien même elle avait mal agi, elle ne devait pas être si horrible, même si Ji Hoon refusait de l’entendre. Après tout, Haruto était très gentil et très poli, il ne semblait pas traumatisé par une enfance effroyable, c’était bien qu’elle avait du bon en elle, la mère Chinoise en était certaine et son fils devait prendre la bonne décision et soutenir son compagnon. C’était la meilleure chose à faire.

C’était la réaction de son propre fils qui la déçu. Elle le contempla en silence, hochant la tête, incapable de protester. Elle n’en parlerait pas, oui. C’était promis. Pour le moment, c’était le mieux qu’elle puisse obtenir. Devait-elle regretter de lui en avoir parlé ? Aurait-elle dû le cacher ? Non, elle savait bien que non. Son fils était difficile, mais elle devait l’accepter. Il ne réagissait pas mal, ne se braquait pas, ce n’était un quelconque caprice ou il ne faisait pas sa mauvaise tête, il ne pouvait sincèrement pas accepter qu’elle en parle. Sans doute avait-elle fait le trop plein d’émotion pour la journée, elle décida de s’en aller, souriant à son beau-fils qui lui promis de passer. Elle l’attendait déjà, impatiente de pouvoir sortir ses albums photos et les commentés avec lui, quand bien même risquait-il de ne pas tout comprendre, ça ne l’embêtait pas de répéter. Hua espérait néanmoins que son fils accepte de venir également.

Une fois seuls avec son petit-ami, Ji Hoon resta quelques secondes silencieux avant de rompre lui-même ce silence. Une plaisanterie pour détendre l’atmosphère, même s’il espérait tout de même que son homme ne lui donne pas une réponse négative ! Il n’avait jamais dormi sur le canapé et refusait de commencer. Un sourire malicieux orna son visage, faisant tout de même mine d’être soulagé en entendant sa réponse. « C’est vrai, il commence à faire vraiment froid ! » Dormir loin de l’autre, surtout maintenant, c’était vraiment une très mauvaise idée. Riant un peu, il haussa les épaules. « Surtout que je suis très bon pour te donner chaud. » Sa langue pointa entre ses lèvres, amusé par ses propres propos. S’ils se disputaient comme tous les couples, ils trouvaient rapidement un terrain d’entente et (sauf situation grave comme fiançailles) se réconciliaient après quelques minutes. Ils avaient un assez bon équilibre. Ji Hoon admettait qu’ils avaient de la chance, même si parfois les disputes survenaient pour un rien. C’était leur personnalité et cette passion trop grande et incontrôlable qui les empêchaient de dédramatiser, sans doute. Son sourire se fit taquin en l’entendant parler de Mamie Shizue, et il haussa simplement les épaules. « Je sais pas encore. tu travailles tard la semaine prochaine ? Je pourrais passer une journée avec elle ! » Et surveiller ses faits et gestes pour s’assurer d’être avec sa mère quand Haruto irait la voir.

S’approchant de son homme, il se glissa entre ses bras, souriant, toujours très fier quand son homme vantait ses progrès. « Eh oui ! Sur mes deux jambes… » Mais c’était ses lèvres qui prirent le devant de la scène en allant embrasser son petit-ami. C’était difficile de se contenir quand ils n’étaient pas seuls, Ji Hoon avait le plus de retenu possible, surtout devant sa mère. Néanmoins, cette douce et chaleureuse ambiance prit fin, par sa faute. Ils devaient en parler et lui-même se surpris de lui dire cela, mais il le devait. Sa mère avait raison, il ne pouvait pas se montrer égoïste et ignorer la souffrance de son petit-ami. Il n’était pas pleinement heureux et c’était son rôle de tout faire pour changer cela, l’aider à se sentir mieux. Il détestait cette femme, c’était sans doute réciproque. Mais ils aimaient tous les deux Haruto, et ils devraient trouver un point d’entente sur cela. Une entente cordiale entre eux. Son petit-ami avait besoin de revoir sa mère et sa réaction le lui confirma. Ji Hoon fit de son mieux pour le serrer fort contre lui, faisant de son mieux pour garder appui sur ses jambes, il lui caressa tendrement le dos. Ses lèvres se pincèrent, il resta silencieux, même en l’entendant décliner son offre. Sa main se posa sur son épaule, prenant désormais un peu appui sur lui. il fut soulagé de pouvoir se laisser tomber sur le canapé, tentant de se tourner vers Haruto.

Sans l’interrompre, il secoua néanmoins la tête en lui souriant pour le rassurer. Il n’était pas un idiot, mais il devait comprendre que ce n’était que la preuve que les choses devaient changer. Sa mère avait beaucoup d’anecdotes, c’était normal, après tout. Ji Hoon écoutait attentivement ce que lui disait son compagnon, tout en le regardant. Il pouvait comprendre, même s’il trouvait ça un peu bête de penser cela ainsi. Haruka devait être dévastée, oui, qui ne le serait pas ? Surtout si elle avait sincèrement aimé cet homme qui avait toute sa vie pensé à une autre. Pour ses enfants, le passé n’était pas de mise. Pensait-il vraiment que sa mère pouvait ne plus l’aimer ? Impossible. Sa mère lui avait certifié qu’une Maman aimait toujours quand il avait pleuré et chouiné parce qu’il était parti trop longtemps sans revenir la voir. Haruto pouvait également se montrer butté et le Coréen contint un soupir à sa conclusion, fronçant les sourcils quand il renvoyé la balle des complaintes vers lui. il secoua la tête, il n’avait rien à dire, rien sur le cœur. Sa question le fit soupirer, il haussa simplement les épaules, préférant se pencher pour répondre à son baiser, caressant sa joue avec son pouce. Son nez se frotta doucement au sien, il lui sourit avant de déposer un dernier baiser sur ses lèvres. « Je vais bien. C’est pas utile d’en parler. » Il voulait juste oublié tout ça et faire ce qu’il faisait si bien : nier l’existence de tout ce qui lui déplaisait et qui le dérangeait.

Glissant sa main dans les cheveux de son Japonais, il le contempla quelques secondes, se remémorant tout ce qu’il lui avait dit. « Tu veux la revoir, sinon, tu réagirais pas comme ça. On ira ensemble, jusque devant la porte si tu veux rester seul avec elle. Ou je viendrais avec toi, comme tu veux. » Ji Hoon se réinstalla sur le canapé jusqu’à trouver la position qui lui convenait le mieux. Il devait aider Haruto à voir la vérité en face, à comprendre ce qu’il ressentait et que sa mère resterait sa mère, quoiqu’il arrive. « Justement, elle a besoin de toi. Elle est dévastée, donc tu dois aller la voir, pour en parler avec elle, pour la rassurer, pour qu’elle voit que tu es encore là, non ? » Malgré ce qu’elle avait fait. « Que tu lui pardonnes ? » Il ne savait pas si cela entrait en compte, il ne pourrait en vouloir à Haruto de passer l’éponge, il y avait probablement pire et elle ne voulait que son bonheur, ou du moins, tout dépendait la forme de ce bonheur. Ji Hoon tentait de se persuader en même temps. Elle n’avait pas une grande place dans son cœur, mais il devait faire avec elle. « Plus tu attendras, plus ce sera difficile pour toi de retourner vers elle. » Le temps se rattrapait difficilement et effectivement, avec tout ce qu’il se passait, ils auraient besoin de temps pour renouer. « T’as toujours été un fils à Maman, au fond. Tu te souviens à Seokgyo ? On était à peine arrivé que tu avais eu besoin de l’appeler… » Un petit rire quitta ses lèvres, plus amusé que moqueur. Leur relation s’était détériorée mais cela ne signifiait pas qu’il avait pu faire d’elle une parfaite étrangère. « C’est une Maman, Haruto, s’il y a bien une chose qu’elle peut pas faire, c’est arrêté de t’aimer. Elle doit attendre tous les jours que tu l’appelles ou que tu passes la voir, peut-être qu’elle a peur que tu la rejettes si elle fait le premier pas. » Les derniers échanges avaient été froids et houleux, il le savait bien, mais Ji Hoon savait que ça ne serait plus le cas. Posant sa main derrière sa nuque, il posa ses lèvres contre les siennes, puis sur sa joue. « Tu dois le faire, Baobei. Je sais que tu en as envie et besoin. Je serais avec toi, tout ira bien. Promis. » Son petit doigt attrapa le sien pour sceller cette promesse. Avec lui, pour toujours.


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     Jeu 15 Nov - 0:14

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Avec la déclaration de Ji Hoon, le débat semblait clos. Il ne voulait pas rencontrer cet homme, malgré sa bénédiction. Hua était déçue, et cela se voyait comme le nez au milieu de la figure, bien qu'elle fit tout pour qu'ils ne le remarquent pas. Son fils l'avait-il compris ? En tout cas, il ne parut pas vouloir revenir sur sa parole. Haruto, lui, ne fit aucun commentaire à ce propos. Après tout, il n'était que le petit ami du fils. Et que celui-ci soit le préféré ou non, son homme ne pouvait se mêler de tout. Quelque part, le Japonais était même soulagé que Hua s'en aille. Pas parce que sa présence l'importunait – bien au contraire – mais parce qu'il craignait le tour que pouvait prendre la discussion. De plus, il semblait que tout avait été dit, pour ce soir. Ji Hoon avait besoin d'assimiler le fait que sa mère fréquentait un autre homme. Une évidence claire du fait qu'elle avait fait son deuil et allait de l'avant. Haruto comprenait que son compagnon, lui, restait toujours coincé dans la deuxième étape du deuil ; la colère. Peut-être restait-il même au premier stade, le déni. Le psychiatre qu'il était se retrouvait alors face à un dilemme personnel. Devait-il parler à Ji Hoon ou lui suggérer de consulter à ce sujet ? Il devait aborder le sujet avec lui, pour mieux le guider. Que ce soit lui ou une tout autre personne.

Promettant à Hua de passer bientôt, Haruto s'inclina plusieurs fois devant elle pour la saluer et la remercier. Il était fier de s'entendre de mieux en mieux avec elle. Cela le motivait d'autant plus pour se perfectionner en coréen et apprendre le chinois de façon plus efficace. Devait-il d'ailleurs faire une remarque à ce sujet ? Le silence qui tomba lorsque la porte se referma le mit mal à l'aise, et il se demanda si son homme éprouvait la même chose. Ce fut ce dernier qui rompit le silence d'une boutade. Haruto n'avait pas pensé ses paroles. Même fâcher, il ne voulait pas dormir loin de Ji Hoon. Ces nuits passées où ils avaient dormi dans des lits séparés ne lui manquaient pas. Ces voyages qui les séparaient ne faisaient pas vraiment partie des meilleurs souvenirs. Son excuse fut tout autre, une plaisanterie pour lui montrer qu'il n'était pas fâché et qu'il ne lui en voulait pas. Il avait compris le trouble dans lequel Ji Hoon s'était retrouvé, n'étant pas rancunier pour ça. Il était même heureux qu'il le suive dans sa taquinerie. Son sourire était sincère et charmeur. « Absolument. C'est bien pour ça que j'accepte que tu dormes avec moi. » Entre autres. Son regard en disait déjà assez long. C'était un regard qu'il ne pouvait pas poser sur Ji Hoon lorsque sa mère était là. Ses yeux brillaient d'une passion dévorante ; celle qu'il avait pour son compagnon.

« Interdit ! » En coréen dans le texte. Fronçant les sourcils, il préféra continuer à se plaindre dans sa langue natale. « On a dit qu'on y allait ensemble ! Sinon je rends visite à ta mère lorsque tu vois ta kiné. » Haruto savait qu'il ne le ferait pas, mais il ne pouvait accepter si facilement que son compagnon tente de lui voler sa mamie. Ça ne se faisait pas ! Bien évidemment, sa fausse colère retomba comme un soufflé lorsque Ji Hoon le prit dans ses bras. Le Japonais le soutenait sans trop en avoir l'air, répondant à son baiser dans un élan amoureux qui lui fit s'envoler des dizaines de papillons dans le ventre. Le bonheur de le voir debout décuplait l'état de béatitude dans lequel il plongeait à chaque fois que Ji Hoon l'embrassait. Il était tout simplement heureux ; les choses commençaient à doucement s'arranger pour eux. Ils retrouvaient une vie qu'ils pourraient qualifier de normal. Parce que même s'ils faisaient tout pour, des changements dans leur quotidien avait été nécessaires. Haruto avait bon espoir, cependant, de bientôt ne plus voir ce fauteuil roulant. Qu'ils pourraient enfin le rendre à l'hôpital et ne plus jamais en avoir besoin. Ji Hoon se déplaçait de plus en plus souvent en béquille. Il n'aurait ensuite besoin que d'une canne, et – il espérait rapidement – plus rien du tout, juste la force de ses muscles pour le porter. Haruto savait qu'ils ne devaient pas se précipiter, mais ne pouvait s'empêcher d'avoir hâte de le voir à nouveau marcher comme avant.

Ne pouvait-il de son côté pas faire un effort aussi ? Surtout lorsque c'était son homme qui lui faisait cette proposition ? Haruto se mentait à lui-même, et au fond, il le savait très bien. Sa mère lui manquait, quoiqu'il en dise, et il s'en voulait horriblement de l'ignorer depuis si longtemps maintenant. Haruka avait beau ne pas avoir été un modèle lorsqu'elle avait appris pour Ji Hoon et lui, mais cela ne justifiait pas forcément le fait qu'il ait coupé les ponts avec elle. Ne pouvait-il pas faire un effort pour la comprendre, même un peu ? Mais quand son regard se posait sur Ji Hoon, Haruto éprouvait une profonde culpabilité. Pouvait-il faire ça à l'homme qu'il aimait ? A cet homme que sa mère avait rejeté ? Pour Haruto, son compagnon passait avant. C'était pourquoi il était tiraillé entre les deux, ne sachant quoi faire, pour au final se retrouver complètement perdu. Comme à son habitude, il eut donc cette réaction de défense un peu étrange et très ridicule ; pleurer. Il se détestait, dans ces moments-là. Ji Hoon devait le trouver idiot, à chaque fois. Mais c'était plus fort que lui, Haruto semblait ne pas pouvoir se contrôler. Mine de rien, il se confia tout de même. C'était confus, mais c'était un début. Il craignait que Haruka lui en veuille, qu'elle ne souhaite plus lui parler. Et si, en réalité, c'était elle qui avait coupé les ponts avec lui ? Tout ça allait lui donner un ulcère à l'estomac, s'il continuait à réfléchir à ce qui pourrait se passer, plutôt que d'agir pour savoir. Ça aussi, c'était une habitude qui le suivait depuis des années.

Comme celle de vouloir écouter plutôt que parler. Pourquoi Ji Hoon ne souhaitait pas se confier à lui ? Haruto en était un peu peiné, vexé, aussi. Mais il aurait dû s'en douter. Ne connaissait-il pas son homme, après tout ce temps ? Un sourire crispé lui tordit les lèvres. « Si tu le dis. » Mais son regard traduisait sans mal le fait qu'il ne le croyait pas. Ce serait utile. Et Ji Hoon devait le savoir, lui aussi. Il ne pouvait continuer à vivre en faisant mine de ne pas sentir cette épine dans son pied ; ce déni qu'il traînait partout. Certes, la métaphore était osée, actuellement, compte tenu de son état, mais cela ne changeait pas le fait que le Japonais avait raison. Ce dernier capitula. Comme toujours. Et comme la plupart du temps, il le regretta. Pourquoi son compagnon devait-il insister sur le fait de voir sa mère ? Les traits fermés, il l'écouta répondre à ce qu'il avait pu dire plus tôt à ce sujet. Haruto l'avait pensé clos, mais Ji Hoon était plus fort que ça. Ses yeux fixaient les siens, cherchant peut-être à le déstabiliser, il l'avouait. Mais cela ne paraissait pas vraiment efficace. Il savait que Ji Hoon avait raison, et cela l'étonnait presque. Avait-il bien entendu ? Il était prêt à l'accompagner ? Il voulait bien qu'il lui pardonne ? « Tu ferais ça ? Tu viendrais avec moi ? » Sa main serra la sienne. « Tu ne m'en voudrais pas si... Si j'accepte de lui parler, de l'écouter... De lui pardonner ? » Bien qu'il n'était pas certain d'en être tout à fait capable, Haruto se retrouvait soulagé d'avoir l'accord de son homme.

Il baissa la tête, écoutant ce que Ji Hoon avait encore à lui dire. Tout était juste, il avait parfaitement raison. Et ses paroles trouvaient un écho dans son cœur. Son rire accompagna celui de son compagnon, se remémorant ces vacances en Corée du Sud. Ce jour-là, Haruto n'aurait pu penser ne plus communiquer avec sa mère. Se penchant lentement, il posa sa joue sur l'épaule de Ji Hoon, fermant un instant les yeux. « Et si je fais tout rater, comme d'habitude ? » Un long soupir s'échappa de ses lèvres, avant qu'il ne se redresse pour mieux voir Ji Hoon, plongeant son regard dans le sien. « Je dois vraiment passer pour un fils ingrat... » Il hésita un instant, alors que son regard se posa sur leurs mains liées. « Je ne suis même pas vraiment pour le mariage de mon père. Quand j'y pense, j'ai envie de trouver une excuse pour ne pas y aller. » Un sourire étira tristement ses lèvres. « C'est danser avec toi qui me donne envie d'y aller, c'est tout. » Fermant les yeux, il se pencha vers son compagnon pour lui voler un baiser, qu'il appuya doucement. Le souffle court, Haruto posa son front contre celui de Ji Hoon. « Tu ne m'en veux pas, d'être si égoïste ? » Sa main caressa tendrement sa joue. Sa bouche fondit contre le cou de son homme, le constellant de baisers plus ou moins appuyés. Sa main libre glissa sous son haut, caressant lentement la peau nue sous sa paume. Haruto se blottit contre Ji Hoon, reposant sa tête contre son épaule, les yeux fixant son si parfait profil. « Je devrais l'appeler tu crois ? » Il se serra plus près de lui. « Pourquoi je n'arrive pas à t'aider comme toi tu le fais pour moi ? Je suis si mauvais, en petit ami qui donne des conseils ? » Un petit rire sans joie ponctua sa phrase. Il devait savoir que les cordonniers étaient les plus mal chaussés. En tant que psychiatre, il fallait croire que le docteur Kamiya, major de sa promo, était bien nul, dans le privé. Sortant de sous le haut, sa main libre attrapa le menton de Ji Hoon, et Haruto combla une fois de plus l'espace entre leurs bouches. S'il y avait bien une chose dont il était sûr, c'était de son amour pour cet homme incroyable.

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     Ven 16 Nov - 0:21

♡ Haroon ♡

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Ils étaient à nouveau seuls, rien que tous les deux. Ji Hoon se disait qu’il aimerait passer plus de temps avec sa famille, mais au fond, il adorait vivre avec Haruto. Ils avaient leurs habitudes, leur propre façon de vivre qui ne correspondait pas forcément au mode de vie que pouvait avoir sa mère, ses « règles » et sa façon de voir les choses. Il aimait l’inviter pour un repas, passer un peu de temps avec elle, mais il volait désormais de ses propres ailes, faisait sa vie normalement, comme sa mère l’avait espéré, à quelques détails près. La relation fusionnelle des jumeaux l’inquiétait toujours, craignant qu’ils ne parviennent pas à créer un foyer, à se poser avec quelqu’un, elle s’était finalement trompée ! Ji Hoon était très heureux avec son petit-ami, et il aimait la vie qu’ils avaient ensemble, cette routine qui s’installait parfois, même si Ji Hoon se disait que ce serait encore mieux une fois qu’il aurait retrouvé un travail de son côté. A ce moment-là, leur vie serait à nouveau parfaite et ils pourraient retrouver un meilleur équilibre. Ils devaient faire attention à ce qu’ils dépensaient et Ji Hoon s’en voulait de laisser à son homme la plupart des dépenses, devant de son côté garder de l’argent pour sa famille. Il espérait que cela ne devienne pas un problème par la suite.

Plaisanter avec lui était une façon de lui faire comprendre qu’il allait bien, qu’il encaissait la nouvelle. Du moins, qu’il ne voulait plus évoquer ce repas, ni ces révélations. Il préférait avoir une conversation légère, s’amuser avec lui, l’embrasser, le serrer dans ses bras. Parler de son plan diabolique de lui piquer sa Mamie, par exemple. C’était leur petite blague récurrente depuis qu’il avait rencontré Shizue. Il pouffa quand il parla en coréen, faisant mine d’afficher une moue boudeuse face à sa menace, Ji Hoon avait secouer catégoriquement la tête. « Interdit ! » En japonais, avant d’ajouter dans sa langue natale. « Ta Mamie m’aime plus que ma mère ne t’aime toi. » Sa langue pointa entre ses lèvres. « Je vais devenir son préféré à elle aussi », ajouta t-il dans leur langue habituelle. Il ne le voulait pas vraiment, il trouvait Haruto beaucoup trop mignon avec elle pour avoir envie de s’en priver. Son petit-ami était adorable en sa présence, encore plus doux, il lui parlait doucement et tendrement, en utilisant un vocabulaire un peu plus élaboré que d’ordinaire, ce qui plaisait beaucoup à Ji Hoon, même s’il ne comprenait pas tout et qu’il avait parfois dû deviner le sens des phrases.

Ses lèvres aimaient retrouver les siennes, son corps adorait venir se coller aux siens. Ils étaient vraiment fait pour être ensemble, pour se rapprocher, pour s’aimer. Il avait besoin de cette proximité avec lui, même si son cœur lui rappelait une conversation qu’il devait avoir avec lui. Quelques mois auparavant, Ji Hoon n’aurait jamais imaginé lui dire cela, il n’aurait jamais imaginé qu’il encouragerait Haruto à retourner vers sa mère, malgré ce qu’elle avait pu leur faire, malgré le mépris qu’elle n’avait même pas tenté de dissimuler à son égard lors du coming out de son fils. Il la détestait, rien que de penser à elle l’énervait, mais il devait le faire. Pour son homme, parce que sa réaction prouvait combien elle lui manquait, combien cette situation était difficile pour lui. Il pleurait facilement, ça ne l’avait jamais dérangé, il trouvait ça mignon et était charmé par sa sensibilité. Son petit-ami exprimait ses émotions, parfois avec maladresse mais il était toujours sincère et c’était quelque chose de peu commun, d’unique. A ses yeux, il était parfait ainsi, parfait dans toute sa façon d’être.

Même quand il lui posait des questions qui le dérangeaient. Ji Hoon n’aimait pas parler de ce qui le tracassait parce qu’il aimait bien trop les oublier et faire comme si de rien n’était. Ne pas en parler l’aidait à oublier, à ne plus ressentir le moindre mauvais sentiment car personne n’était là pour le lui rappeler. Il savait qu’il devrait parler, probablement de certaines choses, mais il était dans sa zone de confort, n’en parlait qu’avec lui-même, comme ça l’arrangeait. Il se voilait la face, espérait encore l’impossible, parce qu’il se disait que c’était encore possible, qu’en ne le voyant pas, ça n’existait pas, que tout le monde se trompait sauf lui. c’était totalement stupide, c’était fou. Et lui-même savait qu’il avait tort, il en était parfaitement conscient. Pourtant, se voiler la face était parfois plus simple, plus rassurant que de devoir longuement accepter une idée qui lui brisait le cœur. Inutile d’en parler, et il hocha la tête quand Haruto capitula. Il devait savoir depuis le temps que c’était inutile d’évoquer quoique ce soit en rapport avec sa famille, que ça allait finir en dialogue de sourd, que ça ne changerait rien. Le Coréen se disait que c’était peine perdue de toute façon.

Cependant, de son côté, il insista. Parce que Haruto avait tort et qu’il devait le comprendre. Sa mère lui manquait et il ne pouvait nier l’évidence. Ji Hoon était prêt à aller la voir avec lui, il était prêt à même le traîner là-bas. Souriant légèrement, il hocha la tête. Oui, il ferait ça. La suite, même si c’était difficile, eut droit à son approbation aussi. Il pouvait bien faire avec et ce n’était pas à lui de prendre ce genre de décisions pour lui. « C’est ta mère Haruto. J’ai pas le droit de te dire de ne plus lui parler de toute façon, mais tu peux pas ne pas le faire. C’est à toi de voir tout ça, la pardonner… » Ca ne voulait pas dire que lui le ferait. Jamais. Vieille sorcière. Il la détestait et espérait qu’elle allait devenir laide et grosse. « Je t’aime et tout ce que je veux, c’est que tu sois heureux. Peu importe ce qu’il faut faire. » Cela signifiait qu’il pouvait bien accepter qu’il aille voir sa mère et lui parle, la pardonne et il ne savait quoi d’autre encore. quand on aimait, on acceptait de faire des sacrifices, on acceptait tout pour le bonheur de l’autre. Aux yeux de Ji Hoon, c’était parfaitement normal.

Du mieux qu’il le pouvait, le Coréen devait rassurer son Japonais, et surtout le convaincre qu’il avait besoin de renouer avec celle qui l’avait mis au monde. C’était important pour lui et peu importe ce que lui-même en pensait. Il n’avait aucun droit de lui interdire de la voir, de reprendre contact avec elle et il en avait même besoin. Ses lèvres se posèrent sur le sommet du crâne de son compagnon que celui-ci posa sa tête sur son épaule, lui frottant doucement le dos pour le rassurer. « Tu vas pas y aller et l’agresser, ça devrait bien se passer. Du temps est passé, à mon avis, tout ira bien. » Il ne pouvait pas tout faire rater, ce n’était pas un plan d’attaque, juste un fils qui allait retrouver sa mère. S’il y avait beaucoup de choses qui n’allaient pas chez cette femme, il avait une certitude ; elle aimait sincèrement son fils et ne pouvait pas supporter de ne plus le voir. « Mais non. Tu avais des raisons de lui en vouloir et d’agir comme tu l’as fait. » Sa mère était allée trop loin et s’était montrée odieuse, Haruto n’était pas un surhomme et Ji Hoon admettait qu’il n’aurait pas supporter qu’il agisse normalement avec sa mère après tout cela, faisant comme si elle ne lui avait pas manqué de respect, ni essayé de les briser.

Le mariage de son père était un autre sujet épineux et Ji Hoon n’osait jamais vraiment donné son avis, serrant plutôt sa main un peu plus fort. Il avait de si beaux yeux. Ça non plus, il ne pouvait pas le dire pour l’instant, il ne fallait pas l’interrompre pour du hors sujet. Il faisait de son mieux pour cacher son enthousiasme pour ce mariage, espérant que Haruto se soit calmé d’ici là, qu’il puisse au moins apprécier la fête. Déposant un baiser sur son nez, il lui sourit tendrement avant de venir joindre ses lèvres aux siennes. « J’ai aussi vraiment hâte de danser avec toi. On sera les plus beaux. » Il lui sourit un peu plus, se penchant vers lui, comme pour lui confier un secret. « Si tu veux, on attend la danse, puis on volera quelques bouteilles et à manger et on rentre pour se faire une meilleure soirée. » Il lui offrit son meilleur clin d’œil avant de se redresser. Il ferait son possible pour que Haruto supporte ce mariage le plus longtemps possible avant de s’en aller. Sa question le laissa bête, il le contempla quelques secondes, contenant une plaisanterie mais il avait compris avec le temps qu’il ne pouvait pas tout le temps en faire. « T’es pas égoïste, Baobei. » Sauf là, tout de suite, quand il usait de ses charmes pour le distraire et changer de conversation. Ji Hoon ferma les yeux, s’abandonnant rapidement à ces baisers dans son cou qui le faisaient frissonner, sa main caressant sa peau n’aidant en rien. Il était ingérable. Quand il s’arrêta, le Coréen fit de son mieux pour reprendre rapidement de la contenance, tentant de se souvenir de quoi est-ce qu’ils parlaient et où il était. « Tu veux pas aller la voir plutôt ? Ce sera moins bizarre qu’au téléphone, on a toujours plus à dire face à quelqu’un. »

Ji Hoon secoua encore la tête à ce qu’il ajouta ensuite. Il l’aidait plus qu’il ne l’imaginait et il se demandait comment est-ce qu’il pourrait faire pour qu’il le réalise. Il n’eut pas le temps de répondre que ses lèvres étaient à nouveau prises en otage, toujours consentante néanmoins, mais le Coréen rompit l’échange au bout de quelques secondes. « Tu m’aides beaucoup Baobei, je sais pas ce que je ferais sans toi. » Ses lèvres taquinèrent le lobe de son oreille, il le serra un peu plus fort conte lui. « Et tu me donnes de bons conseils. Tu sais très bien que tu es le meilleur petit-ami du monde. » Il le pensait. Souriant à son homme, il se pencha pour l’embrasser encore, un peu plus fort. « Arrête de douter de toi. C’est grâce à tes conseils que je peux presque marcher normalement. » Il avait été derrière lui pendant toute sa rééducation et l’avait conseillé pour ses exercices, sa présence était importante et il ne pouvait accepter que son homme n’en soit pas certain. « Tout se passera bien. Aussi bien pour le mariage de ton père que pour les retrouvailles avec ta mère. Je serai toujours avec toi. » Dans tous les moments difficiles, il l’avait promis.



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     Sam 17 Nov - 2:01

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Plus les jours passaient, et plus Haruto était inquiet. Et si Ji Hoon réussissait vraiment à lui voler sa grand-mère ? Il ne pouvait pas lui faire ça. Il n'oserait pas. N'est-ce pas ? Au fond, le Japonais se doutait que cela n'était fait que pour l'embêter – du moins, il valait mieux. Shizue aimait trop ses petits enfants pour laisser un étranger prendre la tête du classement, aussi charmeur était-il. Ce que Ji Hoon ne comprenait pas, c'était que c'était lui qui avait été charmée par la mamie Kamiya. Cette dame était incorrigible. Partout où elle allait, elle attirait la sympathie des gens. Même Haruka ne la détestait pas. Shizue avait énormément d'amis, étant encore très active malgré son âge. Elle faisait partie de cette génération qui finirait centenaire, et toujours en forme. Haruto était admiratif devant elle, ne pouvant se résoudre à être fâchée contre elle, même si elle se mettait à raconter des anecdotes embarrassantes sur lui à l'homme de sa vie. De toute manière, le Japonais avait appris à prendre sur lui et ne pas se vexer d'un rien. Et puis, maintenant, il avait sa contre-offensive ; la promesse de passer un après-midi avec Hua, à feuilleter des albums photos de la famille Lee. Il espérait bien qu'elle aussi lui raconte de petites histoires aussi amusantes qu'embarrassantes sur Ji Hoon. Y avait-il des clichés compromettant, comme celle de Jin Seok montrée précédemment ? Certes, il ne serait pas simple de battre ceux pris lors de cette rencontre entre amateurs de furets, mais peut-être au moins moitié drôle.

Il n'eut qu'un petit sourire énigmatique, lorsque Ji Hoon affirma en coréen – qu'il comprit ! – que Shizue l'aimait plus que Hua ne l'aimait lui. Ce n'était sûrement pas faux, mais ça le peinait un peu. Sur ce point, soit les Kamiya passaient pour plus ouverts, soit les Lee étaient plus unis. Haruto faisait passer son compagnon en priorité, mais il doutait d'être celle de ce dernier. En soi, il ne lui en voulait pas, mais cette pensée le rendait assez sensible, parfois. Il se contenta alors de hausser les épaules en riant un peu, histoire de ne pas rester sans réaction. « Tu as encore un long chemin à faire. » Là aussi, en coréen. Que cela lui plaise ou non, Ji Hoon ne connaissait pas Shizue comme lui la connaissait. Si cela l'amusait d'alterner entre sa langue natale et la langue paternelle de son homme, Haruto avouait que cela le perturbait un peu. Il avait fait énormément d'efforts durant la visite de Hua, et il se sentait mentalement épuisé, comme si on lui avait pressé le cerveau comme une orange. Il espérait simplement que son homme soit fier de ses progrès, aussi bien en coréen qu'en chinois. Ce n'était bien sûr pas fini, Haruto avait encore énormément de progrès à faire, mais c'était un début.

Pour lui, il était prêt à travailler encore plus sur sa connaissance de ces deux langues. Après tout, Ji Hoon avait déjà fait tant de sacrifices depuis son arrivée au Japon, il pouvait bien faire ça pour lui. Aujourd'hui, le Coréen parlait un japonais presque parfait. Et cela le rendait fier autant que ça l'attristait, Haruto l'avouait bien. L'accent de son homme était un atout charme supplémentaire pour lequel il craquait encore et toujours. Même lorsqu'il lui suggérait de revoir sa mère. Haruto ne savait pas s'il devait lui en vouloir ou pas d'aborder ce sujet. Sûrement pas, mais sa culpabilité le rendait mal à l'aise. Haruka était seule. Il n'osait même pas imaginer le coup que l'annonce du remariage de son ex-époux avait dû être. Le fils s'était persuadé que c'était une histoire qui ne regardait que ses parents, mais il se trompait. Lui aussi était impliqué, d'une façon ou d'une autre. Tout comme Erena et Haruno. Mais c'était trop difficile, trop bizarre d'aborder le sujet avec l'une d'elle. Leurs parents avaient divorcé à l'amiable, leur père se remarier quelques mois plus tard. Il avait tout laisser à son ex-femme. La maison qu'ils avaient acheté ensemble, celle où leurs enfants avaient grandi. Celle où ils avaient tant de souvenirs. Pourtant, Haruto n'en voulait pas à Keisuke. Il était surtout déçu. Avec le recul, il réalisait combien son père s'était montré dur envers sa mère. Et, fatalement, combien lui aussi l'avait été. Haruka devait traverser une période difficile, et la voilà abandonnée à son sort. Sortait-elle encore ? Voyait-elle toujours ses amis ? Se promenait-elle encore dans Ginza, des sacs de grands magasin pendant à son bras ? Où restait-elle enfermée chez elle, devant des séries romantiques où rien ne se passait comme dans la vraie vie, rêvant de sa vie passée et de ses rêves envolés en fumée ? Se remettait-elle en question, se demandant où elle avait pu se tromper dans ses choix ? En voulait-elle à Keisuke ? A ses filles ? A son fils ?

Haruto ne parvenait pas à avoir l'esprit tranquille, à ce sujet. Il imaginait sa mère, pleurant seule sur le canapé dans leur salon aujourd'hui bien silencieux. En vérité, cela l'angoissant terriblement. Et, forcément, son esprit imaginait des choses terribles. Sa mère serait-elle capable du pire ? Il ne voulait pas y penser, ne voulait pas y croire. Elle était bien plus forte que ça. Aussi, Haruto préféra changer de sujet, rebondissant sur la révélation de la mère de son homme. Mais ce dernier ne semblait pas vraiment disposé à aborder le sujet. Visiblement, il n'avait rien à dire de plus à ce propos. Et Haruto avait beau savoir que c'était faux, il n'insista pas. Il tenterait à nouveau sa chance une autre fois. Devait-il sérieusement songer à conseiller à son homme de voir l'un de ses confrères ? Ji Hoon ne paraissait pas considérer utile le fait de lui en parler à lui, peut-être se montrerait-il plus ouvert face à un étranger qui ne le connaissait pas ? Le docteur Kamiya en doutait, mais il commençait à sérieusement s'inquiéter pour lui. Ji Hoon n'était pas aussi fort qu'il le pensait et, un jour, il finirait pas craquer ; par s'effondrer, s'il continuait comme ça. Mais comment lui faire comprendre ? Le Japonais s'en voulait, de capituler aussi vite. Et si son homme le lui reprochait, au bout du compte ? Et s'il lui en voulait lui de ne pas insister ?

Néanmoins, il n'eut pas vraiment le loisir d'y réfléchir plus longtemps. Haruka était à nouveau au cœur de la conversation. Les yeux baissés, Haruto écoutait religieusement les arguments de son compagnon. Il savait bien que ce dernier n'avait pas tort – au contraire, il avait carrément raison – mais quelque chose le bloquait. Pouvait-il vraiment pardonner sa mère pour sa réaction face à l'annonce de leur couple ? « Je ne sais pas si je pourrai. Mais... oui, peut-être qu'on devrait en reparler calmement, elle et moi. » Au fond, il avait surtout été peiné qu'elle n'accepte pas Ji Hoon, qu'elle ne comprenne pas combien ils étaient heureux ensemble. Pouvait-elle faire un effort comme l'avait fait Hua ? Ces femmes devaient sûrement discuter ensemble, rien que toutes les deux. Malheureusement, la barrière de langage rendait l'idée impossible à réaliser. Blotti contre Ji Hoon, Haruto se résigna. « Je sais pas... C'était compliqué, ces derniers temps. On avait du mal à communiquer. » Qui sait, sur un quiproquo, il pouvait revenir encore plus fâché contre sa mère qu'il ne l'était déjà, et vice et versa. Même s'il savait que Ji Hoon avait sûrement raison, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il serait capable de faire rater leurs retrouvailles. « Tu sais que je peux être franchement maladroit. » Un long soupir suivit cette constatation. La pure vérité. « Et puis, honnêtement, je lui en veux encore. Mais... je pense que tu as raison, oui. » Il devait la recontacter, sinon, il ne pourrait aller correctement de l'avant.

Une autre épreuve était le mariage de son père. Seule la perspective de danser avec Ji Hoon le ravissait et lui donnait envie d'y assister. De toute façon, il avait également son image de fils prodigue à faire briller un peu plus. Il avait conscience de mettre Ji Hoon dans une position désagréable, ayant deviné qu'il avait hâte de voir la date arriver. Au final, ce n'était pas Shizue qu'il allait lui voler, mais son père ! Souriant sans pouvoir résister lorsque Ji Hoon lui embrassa le nez, le Japonais se perdit ensuite dans leur baiser. Il hocha lentement la tête suite à ses paroles. « Ils seront tous jaloux... Plus beaux que les mariés, même ! » Se souvenait-il qu'il s'agissait de son père ? Ce n'était pas un tour à jouer à la pauvre Takako. « Elle va me détester. » Haruto pouffa à l'idée de son homme, même s'il ne la trouvait pas mauvaise, loin de là ! « Ce sera merveilleux ! » Bien sûr, il doutait fortement que cela soit possible, mais cela ne coûtait rien de rêver. De toute façon, Haruto savait qu'en tant que fils unique du marié, sa présence serait requise durant toute la réception. Puisqu'il s'agissait d'un remariage, autant pour Keisuke que Takako, il n'y aurait aucun rite de la tradition nipponne. La robe serait simple (même pas blanche), le costume même pas neuf, le repas dans la salle d'un restaurant privatisée. De plus, il avait bien compris que Ji Hoon voulait rester jusqu'au bout. Il faisait de son mieux pour pouvoir remarcher d'ici-là, même un peu, le temps d'une danse. Haruto pouvait donc bien supporter la soirée.

« Oh si... Très égoïste. » Et même s'il avait appris que cela pouvait tout autant être une bonne chose, il était perdu, aujourd'hui. Ses lèvres se promenèrent sur la peau de son compagnon. C'était quelque chose qui le rassurait, être contre lui, lui donner son amour. Un besoin d'affection constant lorsqu'il se retrouvait en sa présence. Haruto avait conscience que ce n'était pas très convenable, qu'il ne devrait pas tenter de corrompre les pensées de Ji Hoon de la sorte, mais c'était plus fort que lui. Sa main se faisait baladeuse sans qu'il ne la contrôle vraiment. Il ne devait pas. Ils avaient une conversation sérieuse à laquelle il devait répondre avec honnêteté. « Oui, je sais... Mais je devrais peut-être l'appeler avant ? Pour prendre la température ? » Savoir si elle l'accueillerait chaleureusement ou allait plutôt lui battre froid. « Je sais pas si sonner à la porte en disant 'surpriiise' soit une bonne idée, si ? » Un soupir s'envola dans l'air. Et si Haruka le rejettait ? Son fils saurait qu'il ne pourrait s'en prendre qu'à lui-même. Cela le sidérait, psychiatre, et pourtant incapable de comprendre ses proches !

Se perdant à nouveau tout contre son homme, Haruto cherchait du réconfort dans ses bras. Il n'y avait que contre lui qu'il se sentait si bien. Il craignait de le perdre, parce qu'il ne le méritait clairement pas. Ji Hoon le faisait parler, pour lui donner ensuite de bons conseils. Et lui ? Incapable d'insister pour le pousser à lui faire dire ce qu'il avait sur le cœur, le blesser inconsciemment... Haruto se sentait terriblement nul. « Non... » C'était là presque un gémissement désespéré. Ses yeux posés sur Ji Hoon, il l'observa un instant. Il lui rendit son sourire – bien qu'un peu plus pauvre que le sien – avant de répondre à son baiser. Bien évidemment, les mots de son compagnon lui réchauffait le cœur, et le rassuraient, mais cela ne l'empêchait pas de douter. « C'est normal de te soutenir, de vouloir te revoir marcher. Dans tout ça, j'ai fait le moins difficile. » C'était Ji Hoon qui souffrait et faisait tous les efforts pour pouvoir à nouveau se tenir debout, c'était sa kinésithérapeute qui lui donnaient toutes les indications et les meilleurs conseils. « C'est toi, le meilleur petit ami du monde. » Sa main caressa sa joue, avant qu'il ne lui vole un baiser. Son sourire se crispa. Tout se passerait bien. Il n'en était pas aussi certain. « Je l'espère... » Haruto soupira, avant d'adresser un sourire plus doux à son homme lorsque celui-ci lui promit être toujours là. « Merci, mon amour. Tu sais que moi aussi, hm ? »

Se redressant à nouveau, il le regarda droit dans les yeux. « Surtout que, maintenant, je peux te crier dessus en coréen si tu oses me délaisser. » Il attrapa son menton, fronçant les sourcils de façon plus comique qu'effrayante, avant de rire doucement. « Et en parlant de ça... » Le Japonais se leva, pour mieux se rasseoir. A califourchon sur les genoux de Ji Hoon. « Mon professeur particulier va-t-il me féliciter ? » Il avait le droit à sa récompense, non ? « J'ai besoin d'un peu plus de pratique. » Sa bouche fondit sur la sienne, pour un baiser plus passionné encore. Toutes ces émotions le mettaient dans un réel état de stress permanent, et Haruto ne semblait avoir trouver qu'un moyen pour les oublier totalement. Le temps d'un instant de pur bonheur dans les bras de son compagnon. Se décollant un peu de lui, il lui sourit tendrement. « En fait, c'est à moi de te remercier. Je ne le fais pas assez souvent, je crois. » Son front se colla au sien, redevenant plus doux. « Il n'est pas si tard, mais... Tu veux aller te coucher ? » Après toutes ces émotions, ils avaient sûrement besoin autant l'un que l'autre de réconfort. « Kimyaki ne va pas être content... » Il pouffa, avant de se laisser glisser sur le canapé. Cela ne l'empêcha pas de se coller une nouvelle fois à Ji Hoon. Haruto n'était pas décidé à le lâcher. Que ce soit ce soir, ou pour toujours.

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