Ready when you are |♥| HAROON

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     Dim 18 Nov - 2:16

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Ji Hoon était terriblement excité. Dès que Haruto était rentré un jour en lui annonçant que son père l’avait appelé pour choisir son costume de mariage, le Coréen ne répondait plus de rien, commençant déjà à planifier les boutiques à faire, appelant lui-même Keisuke pour avoir plus d’informations. Ses mensurations, sa taille, les couleurs qu’il aimait, s’il préférait les deux pièces, quelque chose de simple ou d’original. Il avait besoin de savoir ! Ses journées étaient longues et tristes, il ne pouvait rester là à attendre le jour-J sans avoir déjà en tête ce qu’il lui faudrait. Hors de question de le laisser se remarier comme un gueux !  Puis, il avait commencé à chercher comment habiller Haruto, sans forcément lui demander son avis, parce qu’il savait ce qu’il aimait et qu’il connaissait sa taille et ses mensurations par cœur pour le mesurer très souvent. Il commençait à élaborer son costume, puis finissait par fantasmer un peu trop et revoyait ses intentions pour qu’il soit un peu moins attirant. Puis pour lui-même. Le plus beau des costumes. Il avait demandé à Liang s’il pouvait taper dans les économies de secours. Le mariage de son beau-père, c’était tout de même une situation urgente où il devait être plus que présentable !

Parce que Ji Hoon n’était pas dupe. Il savait qu’il était au Japon, et qu’au Japon comme un peu près partout, les couples gays ne laissaient pas indifférents et qu’on allait les dévisager toute la soirée. Autant être le plus beau comme ça, ils seront éblouis et aveugles à la fin de la soirée. On risquait de compter aussi un nombre important de suicide chez ceux qui réaliseraient leur laideur à cause ce cela. Dans tous les cas, il était prêt à tous les affronter et à montrer qu’ils étaient les plus beaux. La tenue de son homme serait étudié et il s’occuperait même de sa coiffure pour le Jour-J. Il pensait à une permanente. Une fois, son Japonais était rentré avec les cheveux un peu frisé et il l’avait trouvé si beau ! Il fallait qu’il prévoit un rendez-vous chez le coiffeur pour ça. pour lui, il verrait quelque chose de plus simple, il comptait se les décolorer légèrement, il verrait chez le coiffeur lui aussi. Pour Keisuke, il savait qu’il ne pouvait pas trop en demander et il avait le droit d’avoir une sale tête, tant que sa tenue était parfaite, c’était bien tout ce qui comptait à ses yeux.

Son regard se porta sur Haruto, assis à côté de lui. son fauteuil traînait plus loin, il essayait de l’utiliser le moins possible. Un vendeur se trouvait non loin d’eux, attendant également la sortie du roi de la journée, comme il l’avait appelé plus tôt. Quelques costumes étaient posés à côté de lui, attendant d’être essayé. Il voulait que tout soit parfait, même si en réalité, on ne lui avait pas vraiment demandé son avis et que de base, celui qui devait aidé le futur marié à trouver son costume était son fils, Ji Hoon avait pris son rôle très à cœur. « J’ai hâte de voir celui-ci ! C’était le plus beau. » Oui, à ses yeux. Il avait vraiment hâte de passer aux essayages de Haruto, mais il aimerait que son père s’en aille pour ça, parce qu’il allait être encore plus excité, allait sûrement faire son fanboy, trouver Haruto incroyablement beau et devenir incontrôlable. Il se voyait déjà frapper la cuisse de Keisuke en lui demandant s’il avait vu combien il était beau et en le remerciant de l’avoir fait. Parce que son petit-ami était vraiment beau, le plus beau avec lui. Rien à redire, parfait. Et les costumes qu’il avait en tête pour lui seraient sublimer par son corps magnifique. Bien sûr, ils devront sûrement être fait sur-mesure et il avait sans doute appelé les boutiques pour les prévenir. Keisuke avait une taille standard, bien qu’un peu plus grand que la moyenne, mais ce n’était pas leur cas et ils avaient besoin de vêtements adaptés.

Le rideau finit par s’ouvrir et il leva immédiatement la tête pour regarder Keisuke de son regard critique. C’était pas mal, mais il n’était pas convaincu. Ce dernier s’avança vers eux, se tournant avant de demander leur avis. Il posa ses yeux sur son homme, le laissant donner son avis en premier, car il restait son fils et que malheureusement, ce n’était pas son opinion qui comptait le plus ici, même s’il avait meilleur goût. C’était bien dommage qu’on ne le considère pas davantage alors qu’il avait tout de même une carrière dans la mode et beaucoup de vêtements somptueux dans sa garde-robe. Keisuke ne devrait même pas hésiter quant à qui demander un bon avis pour son costume, même si Haruto s’habillait très bien et qu’il avait un très bon style. Ji Hoon approuvait toujours, surtout en se souvenant de ce qu’il pouvait mettre quand ils s’étaient rencontrés. Parfois, il se réveillait la nuit avec ces images en tête. Hors de question d’y penser, surtout qu’il avait la chance de réaliser chaque jour combien son compagnon était beau et parfait.

« Hm, je pense qu’on va en essayer un autre. Vous êtes très élégant dans ce costume, mais on peut faire mieux ! » Oui, beaucoup mieux. Il ne ressemblait à rien, on allait le prendre pour un serveur. S’aidant de ses béquilles pour se lever, il se traîna jusqu’aux costumes qu’il avait sélectionné, cherchant celui qui irait le mieux pour finalement aller pour un gris clair. Keisuke était vieux, il pouvait bien faire de son mieux avec cette couleur, on le pardonnerait. Takako l’aimait depuis des années, elle pouvait bien accepter ce genre de couleur. Ce n’était pas un premier mariage, Haruto lui avait dit plusieurs fois. Mais cela ne changeait rien à l’excitation de Ji Hoon qui avait hâte d’être au grand jour, pouvant désormais difficilement dissimuler son enthousiasme. Il aimait les mariages, il aimait acheter des costumes, il aimait préparer des fêtes. « J’espère que c’est le bon, j’ai hâte qu’on en arrive à tes essayages. » Sa main frôla sa cuisse, il tourna la tête pour voir ce que faisait le vendeur. Ce dernier était parti répondre à la question d’un autre client. Ji Hoon en profita pour poser ses lèvres sur la joue de son homme. « Ensemble dans la cabine, ça nous rappellera peut-être l’Italie… » Son sourire se fit coquin malgré lui, ses lèvres retrouvèrent vivement les siennes avant de se redresser en entendant de l’agitation dans la cabine. Keisuke était de retour.

Non, toujours pas. Il s’excusa et retourna vers les costumes, attrapant un autre d’une belle couleur bleu marine, bien plus moderne. Il espérait que celui-ci serait le bon. Il le tendit à celui qu’il aimait voir comme son beau-père, retournant près de son petit-ami, il s’installa près de lui. Ses yeux se perdirent sur son profil si parfait, il passa distraitement sa main dans ses cheveux, reprenant d’une voix plus basse. « Comment tu te sens ? Je sais que ça doit pas être facile pour toi… » Il accompagnait tout de même son père choisir un costume pour un remariage. A peine avait-il dû envisager le divorce de ses parents qu’il était déjà là, à aider son géniteur à préparer ses épousailles avec sa maîtresse. Sa main saisit la sienne, il le regarda quelques secondes, comme pour le rassurer. « Je suis vraiment très fier de toi, tu sais ? Peu de personnes auraient eu la force de faire ce que tu fais. » Ils auraient tourné le dos à leur père, probablement, ou auraient fait en sorte de n’avoir rien à voir avec ce mariage, ne venant que le jour des noces, mais Haruto n’était pas comme ça. Il prenait sur lui et faisait de son mieux pour faire plaisir à son père. « T’as vu comme il était content quand il t’a vu arrivé ? Je pense que ça compte beaucoup pour lui que tu sois là. » Haruto était son fils unique, il avait une place toute particulière dans son cœur, Ji Hoon le savait. Keisuke ne le disait pas clairement, mais il était aisé de le sentir dès qu’il parlait de son fils, débordant de fierté dès qu’il évoquait quelque chose le concernait. En même temps, comment pouvait-on ne pas être fier de cet homme ? Ji Hoon se le demandait. Il était extraordinaire, et parfois, il aimerait que son homme en ait davantage conscience.


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     Lun 19 Nov - 0:43

♡ Haroon ♡

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Lorsqu'il avait eu l'invitation entre les doigts, le remariage de son père devint subitement réel. Comme si tout cela n'avait été qu'une idée abstraite pendant un temps. Comme s'il avait enfin compris que ce n'était pas une blague que lui faisait Keisuke. Il avait bien divorcé avec sa femme après près de trente ans de mariage pour épouser sa maîtresse. Son premier amour. Parce qu'aussi fort qu'il pouvait essayer, Haruto n'arrivait pas à détester Takako. Elle était jolie – moins que sa mère, certes, mais mignonne à sa manière – et sa personnalité était tout aussi charmante. Même la perspective qu'elle ait pu un jour avoir fréquenté Ji Hoon ne parvenait à lui faire changer d'avis. En vérité, il ne savait quoi en penser. Tout était flou dans son esprit. Quand il voyait son père, Haruto n'était plus en colère, mais quand il pensait à sa mère, l'amertume lui montait dans la gorge. Il se sentait déchiré entre plusieurs sentiments, sans parvenir à tous les déchiffrer convenablement. Il avait l'impression de perdre une partie de lui en se rendant compte de la situation. Ses parents s'étaient aimés, il le savait. Pas assez, visiblement. Keisuke aimait ses enfants, mais il partait vivre avec une autre femme. Que ce serait-il passé s'ils ne s'étaient jamais quitté ? Haruto n'aurait jamais vu le jour. L'idée de n'être qu'une farce de la vie le déprimait.

Et cela l'empêchait de se réjouir comme il aurait dû. C'était Ji Hoon qui montrait le plus d'enthousiasme. A la seconde où Haruto avait ouvert la jolie enveloppe sur laquelle « Kamiya-Lee Haruto & Ji Hoon » était imprimé en lettres occidentales dorées, son compagnon avait été animé d'une frénésie difficile à contenir. Il aimait les mariages, certes. Et le Japonais s'était dit qu'il pourrait faire avec. Mais plus les jours défilaient, et moins il avait de patience. La veille, il avait même demandé à Ji Hoon de se taire, alors qu'il lui exposait une nouvelle fois les idées qu'il avait eu. Bien entendu, le Japonais s'était fait pardonné à renfort de câlins, baisers et autres caresses, mais cela n'enlevait en rien son agacement face à cette organisation. Au fond, plus les jours passaient, et plus il se rendait compte qu'il était contre cette union. Tout l'horripilait. Des tenues à la décoration, en passant par la liste des invités, jusqu'à la musique. Rien ne l'intéressait ou piquait sa curiosité. Il s'en fichait, cherchait parfois une excuse à balancer à son père pour ne pas être présent le jour J. La plus cruelle était d'évoquer Haruka. Mais il ne pouvait faire preuve de méchanceté, surtout pas un jour comme celui-ci. Un jour important pour son père et pour la femme qu'il aimait. Et si ce n'était pas pour eux, c'était pour Ji Hoon.

Depuis son accident, Haruto ne l'avait pas vu aussi heureux de faire quelque chose. Il avait passé ses journées à éplucher les différents sites de grandes marques pour trouver des idées de costumes de mariage, aussi bien pour Keisuke que pour eux. Haruto lui avait laissé le soin de choisir le cadeau qu'ils allaient offrir aux mariés. S'investir dans ce mariage semblait vraiment lui faire plaisir, et il ne voulait pas lui gâcher ça. Après tout, cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas vu aussi enthousiaste à propos de quelque chose qui ne les concernait pas. Certes, qui disait mariage disait danse. Haruto voyait là aussi une bonne raison de se rendre à cette réception. Danser avec Ji Hoon. Mais pas seulement. Il allait enfin le présenter à des membres de sa famille. Son petit ami. Son compagnon. Si cela l'angoissait un peu, il en avait également hâte. Il n'y aurait pas énormément de monde, Keisuke étant un enfant unique, mais cela serait suffisant. Et puis, il y aurait Shizue. Cette dernière se chargerait sûrement de remettre à sa place quiconque osait les critiquer.

Mais inutile de se projeter trop loin vers cette date, cela ne faisait que le rendre nerveux. Assis aux côtés de Ji Hoon, il attendait que son père refasse son apparition. Autant Haruto aimait-il les beaux vêtements, autant cela l'ennuyait profondément. « J'aurais dû te laisser venir seul. » Après un coup d’œil à l'employé de ce magasin chic du quartier de Ginza, le Japonais se racla la gorge avant de se pencher vers son compagnon. « Je sais vraiment pas ce que je fais là. » Pas besoin de lui rappeler qu'il était le fils du futur marié, mais pour le moment, il avait sérieusement envie de quitter cet endroit. Poussant un bref soupir, il se redressa. Son visage laissait-il transparaître son ennui ? Faisait-il assez attention à ne pas avoir l'air trop désintéressé ? Son père serait malheureux, s'il le voyait. Aussi, lorsqu'il réapparut – enfin – Haruto tenta de lui adresser un sourire encourageant. Déglutissant discrètement lorsqu'il comprit qu'on attendait son avis, il ouvrit la bouche avant de la refermer. Il n'aimait pas. Il n'aimait rien, à vrai dire. La seule idée que son père cherchait un costume pour son remariage lui faisait hérisser les poils de ses bras et sa nuque, dans une réaction de rejet. Secouant doucement la tête, il donna là son verdict. « Je ne suis pas pour le nœud papillon. On dirait un serveur, tu trouves pas ? » Il tourna la tête vers Ji Hoon, car c'était clairement à lui qu'il posait la question. Debout devant eux, Keisuke n'osa donner son opinion, rajustant maladroitement le nœud qui lui serrait un peu la gorge.

Il disparut en cabine avec un costume gris clair sur le bras, et Haruto poussa un soupir plus marqué. Il n'allait pas y arriver. Un frisson lui secoua le corps en sentant la main de son homme sur sa cuisse. Un sourire étira immédiatement ses lèvres, bien qu'un peu pauvre. Jetant un coup d’œil au vendeur en même temps que Ji Hoon, il reposa les yeux sur lui l'instant d'après. « Tu m'aideras à me déshabiller ? » Incorrigible. Vraiment ! Mais Ji Hoon n'était pas mieux. Lui rappeler ce souvenir cocasse dans un tel endroit ! Le Japonais en rougit même un peu, en se remémorant cet instant aussi particulier qu'incroyable. L'un des meilleurs qu'ils partageaient. « Tu crois que c'est aussi excitant au Japon ? » A ne pas douter. Encore plus, même ! Voilà, maintenant, il avait envie d'essayer ! Il fallait dire qu'ils essayaient tant bien que mal de rattraper le temps perdu, maintenant que Ji Hoon retrouvait de plus en plus ses sensations. Haruto avait l'impression d'avoir constamment envie de lui, quitte à trop lui en demander. Le dernière chose qu'il voulait était de l'en dégoûter ! Mais c'était plus fort que lui. Le voir remarcher et loin de son fauteuil le mettait en joie, plus amoureux que jamais, chaque jour qui passait. Sa bouche captura celle de son homme, appuyant un peu le baiser, répondant avec bonheur et passion, prêt à s'y perdre.

Néanmoins, il comprit qu'il devait freiner cette envie naissante, dompter ce feu qui lui échauffait l'esprit et les sens. Son père fit à nouveau son apparition. « Encore moins ! » Cri du cœur qui sembla trouver son écho en Ji Hoon. Ce dernier s'empressa de lui en trouver un autre. Allaient-ils finir par trouver. Fermant les yeux en sentant la main de son homme dans ses cheveux, Haruto se calma un peu. Rouvrant les paupières pour le regarder, il haussa les épaules avant de soupirer. « J'ai l'impression que ça ne sert à rien. En fait, je crois que j'ai pas envie de lui trouver un beau costume. » Il tenta de sourire, réussissant surtout à grimacer. Sa main serra celle de Ji Hoon. Il s'en voulait un peu. Son père lui faisait confiance, mais lui ne donnait pas franchement du sien pour l'aider. « Moi pas. » Il n'était pas fier de lui-même, vraiment pas. « J'ai l'impression de gâcher un beau moment, mais je n'arrive pas à me réjouir. » Ses doigts serrèrent les siens. Un vrai fils indigne. Souriant difficilement à Ji Hoon, il laissa sa tête se poser sur son épaule, fermant les yeux un instant. Oui, il revoyait le sourire qu'avait eu son père lorsque Ji Hoon et lui étaient arrivé au rendez-vous qu'il leur avait fixé, quelques jours plus tôt. Keisuke les avait salué chaleureusement, dans une étreinte plus longue pour son fils, lui soufflant un remerciement sincère. Sur le coup, Haruto n'avait rien trouvé à dire. Maintenant encore, il ne savait pas s'il était heureux ou non.

Keisuke sortit une nouvelle fois de la cabine, et Haruto se redressa. Pour le coup, c'était franchement meilleur que les précédents. Honnêtement, il ne savait trop quoi dire, se disant que ça ferait l'affaire. C'était même vraiment pas mal. « Qu'est-ce que tu en dis ? » Ses yeux s'étaient posés sur Ji Hoon, laissant l'expert étudier le rendu. Keisuke se regarda dans le miroir, tournant sur lui-même pour tenter de se voir sous toutes les coutures. « Celui-là me semble convenir, non ? Je veux dire, si vous êtes vraiment contre le costume noir... » La grimace de son fils le convainquit de ne pas tenter de plaidoyer pour la défense de ce pauvre costume de serveur. « Je vous remercie d'avoir bien voulu m'accompagner les enfants. » Haruto lui adressa un sourire crispé, se retenant de lui demander à qui il aurait bien pu demander d'autre. « Ji Hoon est dans son élément, tu n'aurais pas pu avoir meilleurs conseils. » Sans offense pour ce vendeur qui avait lâché l'affaire en voyant qu'on ne prêtait aucune attention à son avis. « C'est vrai ça, Ji Hoon ! Tu n'as jamais voulu faire ce genre de métier ? » Haruto regarda son homme. « Personal shopper ? » Ou wedding planner ? Les deux pourraient lui aller. Keisuke s'avança vers les costumes posés sur un canapé libre de leur showroom. « Il y en a tellement... J'espère que je ne vous prends pas trop de temps. Vous aviez quelque chose de prévu ? » Il admirait un autre costume d'une teinte similaire à celui qu'il portait. « Oui. On va rendre visite à maman. » Un ange passa, jetant un froid dans la salle.

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     Mar 20 Nov - 0:16

♡ Haroon ♡

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Certes, Ji Hoon était beaucoup trop emballé par ce mariage. C’était totalement stupide car ce n’était pas le sien, que ça ne le concernait pas. Il n’était que le petit-ami du fils du marié, ce qui ne pesait pas beaucoup dans la balance. Mais il en avait actuellement besoin. Besoin de s’investir dans quelque chose, de se sentir utile. Il avait l’impression de n’être qu’un poids pour ses proches, ses journées se résumer à tenter de s’améliorer, de faire un pas de plus vers un réhabilité total. Mais en dehors de cela, il n’apportait rien à personne, n’était même pas capable de cuisiner un vrai repas tout seul.  C’était frustrant, et il avait peur de devenir totalement inutile, de lasser Haruto, que ce dernier finisse par se dire que leur couple n’était porté que par lui. Bien sûr, il s’améliorait, mais il n’assurait pas encore comme avant. Il ne pouvait pas faire réellement le ménage, leur vie sexuelle n’était pas encore fantastique et il ne ramenait même pas beaucoup d’argent à la maison. C’était compliqué et il culpabilisait souvent, seul dans cet appartement. Sa solution pour ne pas y penser, pour se sentir utile, était de participer à ce mariage, d’aider Keisuke pour son costume, organiser un peu la fête dans sa tête.

Cela ne plaisait pas à son homme, le Coréen le savait, mais il ne pouvait s’en empêcher, il était obsédé par ces costumes, cherchant pendant des heures, principalement pour Haruto, il devait l’avouer. Son homme l’inspirait plus que son père. Il cherchait différentes marques, chez différents créateurs. Il essayait dans différents textiles, se perdant dans le sur-mesure avant de voir le prix et de se calmer rapidement. Il voulait que Haruto soit parfait, le plus beau. Et il voulait être beau aussi. C’était très important. Parfois, il regardait tout de même pour Keisuke, faisant sa sélection par avance qu’il avait envoyé au magasin en indiquant le jour où ils viendraient pour les essayer. Un remariage était important aussi, certes, pas aussi important que la première fois. Ji Hoon se disait que l’ordre des choses voudrait que ce soit à Haruto de se marier désormais. Après tout, à leur âge, beaucoup fondait déjà une famille, mais c’était une évidence qui ne leur était pas possible pour le moment. Ces pensées le peinaient toujours et il espérait au fond de lui qu’un jour, il pourrait préparer ainsi leur mariage à eux. Choisir son costume avec attention, laissant néanmoins à Haruto le loisir de trouver le sien, lui apportant son aide s’il le souhaitait.

Un jour, peut-être, oui. Il espérait que son homme ne lui demande pas de se taire à ce moment-là. Ces mots l’avaient surpris mais il avait rapidement compris pourquoi il lui avait demandé cela, boudant ensuite seulement pour que Haruto tente de se faire pardonner en le couvrant d’attention. Il essayait de le motiver comme il le pouvait, sans beaucoup de succès. Il était enthousiaste pour deux, regardant amoureusement leur carton d’invitation, un peu trop heureux de lire leurs deux noms ensemble, comme si c’était officiel. Il voulait que ça le soit. Il trouvait que Kamiya-Lee Ji Hoon sonnait bien, même si c’était un peu long. Kamiya-Lee Haruto sonnait également très bien à ses oreilles et il ne pouvait s’empêcher de fantasmer à un mariage célébrant leur union à eux. Parfois, il s’imaginait la cérémonie, il faisait des plans de table, commençait à décorer une salle imaginaire, laissant son esprit fantasmer un peu en mettant tout en place. Il avait déjà choisi son témoin, Liang, et noté mentalement qui il inviterait pour son enterrement de vie de garçon. Ce qu’il voudrait faire. C’était un peu dommage qu’il ne puisse pas inviter son meilleur ami, mais cela devenait compliqué quand ce dernier était également la personne qu’il allait épouser.

Son cœur battait si fort en pensait à tout cela et il se disait que Haruto le prendrait pour un fou s’il savait tout cela. C’était stupide, de planifier un mariage comme ça, alors qu’il n’en était même pas question. Il savait que son petit-ami n’avait jamais été contre l’idée, mais, et si ce dernier était désormais totalement dégoûté des mariages ? Il espérait que non parce que Ji Hoon avait déjà planifié la nuit de noce et leur lune de miel. Il devenait fou, complètement obsédé par les mariages, étant à cela de se créer un compte sur Pinterest. Le Coréen gardait tout cela pour lui, installé près de son petit-ami, attendant le retour de son beau-père qui essayait un nouveau costume. Il pinça les lèvres à sa remarque, posant ses yeux sur lui. « Je pense que ça aurait été encore plus bizarre. » Et que ça aurait brisé le cœur de Keisuke, mais il n’allait pas le faire culpabiliser. « Allez, Baobei, c’est bientôt fini, d’accord ? » Sa mauvaise humeur gâchait tout !

La tenue du futur marié ne convint pas le couple. Ji Hoon était assez d’accord avec son homme, ça faisait serveur et ne ferait pas bonne impression pour le mariage. Keisuka sembla un peu déçu, retournant rapidement dans la cabine après que le nouvel ensemble soit mis entre ses mains. Le Coréen en profita pour tenter de détendre l’atmosphère. Ce n’était pas bien que de se rappeler de souvenirs si osés ! Ji Hoon se remémorait l’Italie, et cette cabine d’essayage qui devait se rappeler d’eux. Ils n’avaient plus fait l’amour depuis si longtemps, alors la tension entre eux était à son comble à l’époque. Il n’avait plus pu tenir une seconde de plus, désirant bien trop son petit-ami. « Hm, tu penses que c’est une bonne idée ? Si je commence, tu sais que j’enlève absolument tout… » Et il en profiterait sans doute. Sa langue passa distraitement sur sa lèvre inférieure. « On rendra ça encore plus excitant. » Il les connaissait tout autant que lui. Ji Hoon était vraiment intenable quand il s’agissait de son homme. Des années étaient passées et il ne se lassait pas de le toucher, de l’embrasser, il lui faisait encore le même effet, l’aguichait comme lors de leur premier vrai baiser, bien que tout semblait désormais amplifié. Son corps mourrait de désir pour lui.

Le retour de Keisuke, encore un échec. Ji Hoon alla lui chercher un nouveau costume, lui souriant, compatissant avec sa peine. Il savait ce que ça faisait que de devoir essayer des vêtements à la chaine, même s’il adorait ça. caressant la main de son homme avec son pouce, il sourit, compatissant. Il ne savait pas quoi lui dire, ne pouvant pas vraiment comprendre la situation, n’ayant jamais vécu cela. Il voulait que Haruto prenne cela mieux, puisse apprécier le moment, mais ce n’était visiblement pas si simple plus son Japonais. Keisuke avait été si heureux de le voir arriver, de pouvoir passer ce moment avec son fils, mais ce dernier ne partageait pas sa joie. « C’est pas grave, je pense qu’il comprend que c’est difficile pour toi. Il sait que c’est pas une situation que t’aurais pensé rencontrer. » Délicate, mais le mot ne lui venait pas. Caressant ses cheveux une fois sa tête sur son épaule, il déposa ses lèvres contre le sommet de sa tête, le laissant se redresser en entendant Keisuke revenir. « Oh ! » Voilà ! C’était ça. La tenue parfaite ! « Le costume noir est blacklisté. » Interdiction d’y penser encore. Cependant, Ji Hoon devait admettre qu’ils touchaient finalement le bon. « Celui-ci a l’air parfait pour vous ! Il faudrait juste demander quelques retouches mais il vous va vraiment bien. La future mariée sera sans voix. » Il s’approuva d’un hochement de tête, secouant la tête quand il les remercia, prenant sans problème les compliments de son petit-ami.

Personnal Shopper ? Il était soudainement un peu embarrassé par l’attention qu’on lui portait, un comble, surtout lorsque cela venait de Keisuke. « Hum, non, je pense pas que je suis vraiment fait pour ça. Enfin, je pourrais pas le faire pour tout le monde… » Pour Keisuke, il n’avait aucun problème. Ji Hoon le considérait comme un membre de sa famille et il ferait n’importe quoi pour les Kamiya (sauf Haruka). Mais devoir habiller des moches, très peu pour lui, surtout s’il fallait les complimenter ensuite. Abominable, il ne voulait même pas y penser. Doucement, il secoua la tête pour le rassurer. Il ne leur prenait pas trop de temps. Du moins, pas à lui. Sa dernière question le mit mal à l’aise, mais pas autant que la réponse du fils qui laissa un blanc terrible. Sa main se leva pour caresser le dos de son homme avant qu’il ne quitte le siège sur lequel il était installé. Il faudrait bientôt qu’il reprenne son fauteuil, son corps suivait difficilement le rythme. « Vous voulez garder celui-ci ? Et si on allait voir le vendeur pour qu’il puisse voir les retouches à faire ? »

S’emportant un peu pour que l’ambiance pesante s’arrête, ses jambes finirent par lui faire payer son enthousiasme trop grand en cédant sous son poids. Il parvint à amortir sa chute en se rattrapant au sofa, finissant agenouillé au sol. Son visage afficha sa claire frustration. Il détestait ça et sa bonne humeur tomba avec lui, sans pouvoir vraiment se rattraper au sofa. Respirant profondément, il fit de son mieux pour afficher un sourire. « Haruto, tu peux me ramener ce truc là, s’il te plait ? » Il désigna le fauteuil. Il avait envie de pleurer. Il ne serait jamais assez bien sur ses jambes pour le mariage, il ne pourrait pas danser avec Haruto. Parvenant à se hisser sur son fauteuil, il parti chercher le vendeur qui leur envoya un couturier. « Il faudrait réajuster le costume, il pourrait être un peu plus cintrée en haut et plus ajusté au niveau des jambes. » Il désigna les zones dont il parlait, le couturier répondit d’un hochement de tête, emmenant Keisuke dans son atelier, laissant Ji Hoon rouler jusqu’à son homme, lâchant un soupir. Il avait encore l’impression de le décevoir.


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     Mer 21 Nov - 0:02

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Dans d'autres circonstances, Haruto aurait adoré se retrouver dans un tel endroit. Des vêtements de grandes marques, des costumes plus beaux les uns que les autres (bien que certains un peu démodés), et un showroom privatisé rien que pour eux. Oui, si ça n'avait pas été pour le remariage de son père, le Japonais aurait été très heureux de se retrouver ici. Il aurait profité au maximum des talents de son compagnon en ce qui concernait la mode. Il l'aurait laissé l'habiller avec plaisir, en profitant même pour y passer le plus de temps possible, quitte à payer une ou deux heures supplémentaires pour y rester avec lui. Voilà une idée que Haruto aurait adoré suivre. Mais ce n'était pas le moment d'y penser, car ça n'arriverait pas. Ils étaient là en suivant un objectif précis ; trouver un costume de mariage à son père. Pour eux deux également, mais ça lui semblait moins important. Il avait beau être le témoin, Haruto ne parvenait pas à se réjouir. L'enthousiasme modéré qu'il montrait – qu'il feignait – était tout ce qu'il parvenait à montrer. Quelque part, il s'en voulait. Il savait que ce n'était pas là une attitude à avoir, surtout vis-à-vis de son père. Ce dernier avait montré une telle joie en le voyant arriver, que le fils s'était retrouvé un instant désarmé, sans savoir comment réagir à son tour. Ça l'avait ému, bien entendu, mais l'amertume dans sa gorge n'en disparaissait pas pour autant.

Haruto en venait même à se demander ce qu'il faisait là. Bien sûr, il savait que ça aurait été très étrange de laisser Ji Hoon venir seul ici. Son cœur se pinçait lorsqu'il réalisait combien il devait décevoir son compagnon. Ce dernier avait montré une énergie surprenant à préparer ces essayages, et plus encore ! Le Japonais avait même hésité à proposer à son père de l'engager comme wedding planner. Cela pouvait être une idée de reconversion, mais pour l'heure, il n'avait pas vraiment envie de la lui soumettre. C'était comme si le mariage avait perdu cette image magique. C'était encore pire que lors de ses fiançailles avec Yurina, à vrai dire. Qu'on ne se méprenne pas, Haruto n'avait pas perdu foi en l'amour. Dans l'amour véritable. Il savait que c'était là ce qu'il vivait avec Ji Hoon, et ça ne changeait rien entre eux, bien évidemment. Mais il se demandait si c'était si important, au fond, se marier. Cela semblait gâcher plus d'histoires d'amour qu'autre chose. Combien de couples se séparaient l'année suivant leur union ? Pourtant, au fond de son cœur, une petite voix lui soufflait toujours cette envie de le proposer à Ji Hoon. Combien de fois s'était-il imaginé sa demande ? Pour l'anniversaire de son homme, pour Noël, au nouvel an, à son propre anniversaire... Il y avait tant d'occasions ! Mais, à sa grande honte, il avouait que son père avait un peu gâché ça. « J'ai hâte que ça le soit. » Il s'en voulut immédiatement. Pinçant les lèvres, Haruto réalisait qu'il devait sûrement gâcher ce moment, pour Ji Hoon.

Ce dernier ne méritait pas de subir sa mauvaise humeur. Haruto cherchait déjà un moyen de se faire pardonner. Sûrement après le mariage, car il sentait la tension monter en lui au fur et à mesure des jours qui passaient. Cette union le mettait sur les nerfs, et même quelques uns de ses patients en avaient fait les frais. Devait-il demander des vacances ? Encore ? Il voulait retourner dans les montagnes, faire du snowboard. Mais Ji Hoon ne le lui permettrait sûrement pas. Voilà donc qui ne le rendait pas de meilleure humeur. Cela rendit ses remarques acérées et crues envers le costume de son père. Sa mine déçue le toucha, mais il ne pouvait pas toujours le ménager. Haruto suivait là les conseils de son homme. Parfois, il y avait des vérités très bonnes à dire. Et autant il pouvait être contre ce mariage, autant le fils du futur marié ne pouvait laisser son père épouser sa seconde femme en étant habillé comme un pingouin. Heureusement pour l'atmosphère, Ji Hoon le détendait en évoquant ces vacances en Italie. Le Japonais avait tout autant hâte d'essayer les costumes choisis par son homme, se risquant même à faire des sous-entendus plutôt osés dans un lieu pareil. « Pourquoi penses-tu que je te le demande. ~ » Insortables, vraiment. Mais au moins, Haruto avait retrouvé le sourire. « Tu es scandaleux, Lee Ji Hoon ! » Haruto lui adressa un sourire charmeur, cherchant à se rapprocher de lui. Il ne manquait pas d'amour, ça non. Mais ils faisaient bien moins souvent l'amour que d'ordinaire, et cela l'affectait bien plus qu'il ne voulait l'admettre.

Keisuke trouverait-il son costume aujourd'hui ? Haruto contint un soupir. Il l'espérait bien ! Bien sûr, il garda cette réflexion pour lui. Au moins, ces différents essayages leur permettaient de mieux cibler ce qu'ils recherchaient, les aidant à restreindre leur choix. Ils allaient trouver. Encore aujourd'hui, Haruto l'espérait. Il se rendait compte qu'il n'aurait pas réussi à garder sa patience si Ji Hoon n'était pas présent avec lui. Se calmant immédiatement à son contact, le Japonais voulait bien faire des efforts. Ses mots le touchaient, alors pourquoi ne parvenait-il pas à faire un effort pour son père ? Ce dernier devait faire semblant de ne rien voir, sûrement était-il très déçu du comportement de son fils cet après-midi. Ce dernier ne pouvait lui en vouloir, s'en voulant déjà à lui-même. Hochant la tête à la réponse de Ji Hoon, il laissa échapper un nouveau soupir. « Je veux pas lui en parler maintenant, il doit être déjà bien assez stressé comme ça. Peut-être une fois que ce sera passé. » Ce n'était pas pour autant qu'il devait en parler comme d'une maladie. Peut-être était le mot-clé. Les Kamiya parlaient peu des choses qui les préoccupaient. C'était là un trait que Haruto partageait avec son père, mais aussi son grand-père. Discuteraient-ils vraiment un jour de tout ça à cœur ouvert ? Rien n'était moins sûr, et c'était la question que le Japonais se posait en regardant son père.

Ce costume-là avait l'air parfait, et il ne le disait même pas pour se débarrasser de cette corvée que représentaient ces essayages. Il approuva d'un hochement de tête les paroles de Ji Hoon, bien qu'il grimaça un peu en l'entendant mentionner Takako. Il réussit à grimacer un sourire, mais se garda de tout commentaire supplémentaire. Il risquait de trop en dire, puis de regretter ensuite. Ce n'était pas le moment. Surtout quand Keisuke les remerciait de l'accompagner. Ce dernier y alla même de son petit compliment pour le compagnon de son fils, et celui-ci se sentit bêtement fier et heureux. Toute preuve que sa famille acceptait Ji Hoon lui faisait plaisir. Regardant son homme, Haruto lui adressa un sourire en coin entendu. Il ne pourrait pas le faire pour des gens qu'il trouverait laids. Heureusement, Keisuke ne sembla pas comprendre le sous-entendu, trop innocent sur le racisme du Coréen. « Je comprends. En tout cas, avec moi, tu fais des choix parfaits ! » Visiblement, il lui faisait pleinement confiance. Il était vraiment heureux d'être là avec eux, allant jusqu'à s'excuser de prendre de leur temps. Et Haruto ne comprit pas pourquoi son sang n'avait fait qu'un tour. Pourquoi il avait eu besoin de mentionner cette visite qu'ils allaient faire à sa mère. Keisuke parut soudainement penaud, ne sachant trop quoi dire. Ses mains touchaient une veste de costume comme si c'était la première fois qu'il en voyait une. Il était gêné, ce n'était pas difficile à comprendre. Pourtant, son fils ne s'excusa pas. Même la main réconfortante de son homme dans son dos ne le calma pas vraiment. Il ne le retint pas quand il se leva, ne lui conseilla pas de rester assis et de ne pas s'emporter.

« Ji Hoon !! » Haruto sauta sur ses jambes, se redressant plus vite qu'il ne fallait pour le dire. Keisuke avait lui aussi sursauté, il semblait choqué. Son fils courut vers son compagnon, s'accroupissant pour l'aider à se redresser. « Tu t'es fait mal ? » L'inquiétude dans sa voix était palpable, et toute sa colère envers ce stupide mariage s'était envolée, alors qu'il se focalisait uniquement sur Ji Hoon. C'était de sa faute. S'il n'avait pas fait sa mauvaise tête, son homme n'aurait pas essayé de détendre l'atmosphère. « Tout... Tout va bien ? » Haruto l'ignora, se relevant pour attraper le fauteuil qu'il fit rouler juste à côté de Ji Hoon. L'aidant à s'y réinstaller, il lui lança un regard désolé lorsqu'il s'éloigna chercher un vendeur. « Et toi, ça va ? » Haruto lança un regard noir à son père qui détourna les yeux, penaud. Le Japonais luttait contre l'envie de hurler. Restant à l'écart lorsque le couturier s'entretint avec Ji Hoon et son père, il attendit que celui-ci suive le premier pour s'approcher de son compagnon. Faisant rouler ses lèvres l'une contre l'autre, il approcha timidement sa main du visage de Ji Hoon. « Pardon, c'est de ma faute. » Son pouce caressa tendrement sa joue, appréciant la douceur de sa peau. « Mais hé, c'est la première fois que tu as tenu si longtemps ! » Le forçant avec douceur à le regarder, Haruto lui sourit amoureusement. « Encore quelques jours, et on pourra commencer les répétitions pour la danse, d'accord ? » Tout du moins, il l'espérait de tout son cœur.

S'asseyant à ses côtés, sur le canapé le plus proche, Haruto prit sa main dans la sienne. Il sentait l'émotion le submerger. La honte, aussi. Quel fils ingrat, quel mauvais petit ami !  « Il va finir par me détester. » Ses yeux se perdirent dans le showroom. « Et toi aussi, peut-être. Tu fais tellement pour ce mariage, et moi... » Et lui jouait au petit garçon gâté qui n'était pas heureux du nouveau bonheur de son père. « Je suis tellement désolée, Hoonie... » Ses doigts serrèrent sa prise sur les siens. « Tu fais tellement d'efforts, et regarde où tu en es. Tu remarcheras bientôt, je le sais. Tu dois continuer comme ça. » Hors de question qu'il baisse les bras aujourd'hui, juste parce qu'il avait chuté ! « Tu m'en veux ? » Son cœur cognait contre sa poitrine. La peur de décevoir Ji Hoon était la pire, et le mettait dans un réel état de panique. Haruto réfléchissait même déjà à la manière dont il pouvait se rattraper. Ji Hoon ne méritait pas de subir sa mauvaise humeur. Il méritait tout l'amour du monde ; le plus beau, celui qu'il y avait entre eux.

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     Jeu 22 Nov - 0:29

♡ Haroon ♡

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Ce n’était pas facile de motiver Haruto, autant qu’il pouvait essayer de lui transmettre sa bonne humeur et son intérêt pour ce mariage, l’effet inverse semblait opérer. C’était comme si son homme devenait de plus en plus hostile à tout cela, refusant de l’écouter ou d’y accorder le moindre intérêt. Ji Hoon tentait de faire au mieux, un peu trop emporté de son côté. Il voulait que ce jour se passe bien, que son homme partage des moments avec son père. Peut-être qu’inconsciemment, il tentait de combler ce qu’il ne pouvait plus vivre avec le sien. Bien qu’il n’aurait pas préparé son remariage, ses parents s’aimaient, il le savait ! Néanmoins, juste faire des choses ensemble. Keisuke et Haruto n’étaient pas comme son père et lui. Bien au contraire, ils se disaient les choses parfois trop directement, se disputaient facilement. Parfois, il regrettait, il se disait qu’il aurait dû réagir plus calmement à ses réflexions, réaliser qu’il disait ça pour son bien, parce qu’à ses yeux, c’était important. Il disait souvent qu’il comprendrait plus tard, et désormais, oui, il comprenait ses inquiétudes, il comprenait ses mises en garde, même si son père n’avait pas toujours eu raison. Il savait qu’il n’avait jamais mal pensé. Il voulait juste que ses enfants aient une vie plus simple que la sienne.

Vouloir rapprocher Haruto de son père n’était pas une mauvaise chose, n’est-ce pas ? Il le devait, comme il avait dû le pousser à reprendre contact avec sa mère. Elle lui manquait et il se doutait que c’était réciproque. Ji Hoon ne voulait pas être à l’origine (ou le soutenir) dans l’éloignement de son homme avec les siens. A ses yeux, rien ne comptait plus que la famille. Le Coréen tuerait pour les siens, et ferait tout pour eux. Evidemment, il connaissait la folie qu’avait Haruto pour ses sœurs mais ça ne faisait pas tout. Ses parents étaient importants aussi, même s’ils avaient faits des erreurs, même si c’était compliqué avec eux, il devait les pardonner, il devait les voir, partager des choses avec eux. Parce que sans cela, son homme n’était pas heureux et aussi fort qu’il pouvait en vouloir à sa génitrice, il aimait Haruto beaucoup plus fort qu’il ne la détestait. Pour Haruto, il était capable de l’accepter, si elle l’acceptait en retour. Si ce n’était pas le cas, il resterait simplement dans son coin, laissant son homme la voir sans lui, le convaincant que ce n’était pas bien grave, qu’il devait la voir quand même.

Ce dernier n’y mettait pas du sien, néanmoins, le styliste du jour ne se sentait pas de le lui reprocher, passant simplement sa main dans ses cheveux. Ce n’était pas encore terminé, il devait tenir un peu. Ji Hoon commençait à espérer que Keisuke trouve rapidement afin qu’ils puissent passer à la suite et que l’ambiance devienne plus détendue. Il tentait d’aguicher son petit-ami, juste un peu. Leur vie sexuelle était redevenue un peu meilleure, surtout pour lui. il avait encore du mal à se mouvoir comme il l’aurait souhaité, mais il avait espoir de retrouver cela rapidement aussi. Un fin sourire illumina ses traits. « C’est toi qui me rends scandaleux, Kamiya Haruto… » Sa langue pointa entre ses lèvres trouvant néanmoins l’idée intéressante. Ici. Pourquoi pas ? Ce n’était pas bien mais il s’en fichait totalement ! Avec Haruto, il se sentait capable de tout, parce que c’était lui, parce que son corps réclamait le sien en permanence, ce n’était pas gérable. Il avait envie de lui, envie d’être près de lui, de le sentir contre lui. De lui faire passionnément l’amour, pour qu’il n’oublie pas combien il l’aimait et combien il avait envie d’être avec lui.

Leur conversation était coupée de temps en temps par Keisuke qui venait toujours avec un costume qui n’allait pas. Ji Hoon voulait qu’il soit parfait, peu importe qu’il s’agisse d’un remariage, il n’avait pas le droit d’être moche pour autant. Le Coréen se promettait que son beau-père serait l’élégance même le jour de son mariage. Il lui avait trouvé un très bon coiffeur aussi chez qui aller le jour-J et quelques exercices de remise en forme. Il lui avait également conseillé une école de danse, si jamais il voulait se mettre à jour et impressionner Takako pour leur première danse. C’était important aussi ! Néanmoins, il évitait désormais de partager tout cela avec Haruto, ne lui en parlant que s’il demandait à savoir ou si le sujet était important. Il lui sourit, hochant la tête quand il expliqua ne pas vouloir lui parler de ce qu’il ressentait pour le moment. « Tu penses pas que ce serait bien de lui parler avant ? » Son regard se posa sur son homme, il lui sourit tendrement. « En vous expliquant, ça t’aidera peut-être à mieux accepter et le mariage se passera mieux. » Ji Hoon voulait sincèrement croire que cela était possible, que son homme pourrait apprécier cette journée.

Le dernier costume était le bon ! Ji Hoon en était certain et il était heureux de voir que les Kamiya partageaient son point de vue. Enfin, ils y étaient arrivés. Il restait simple mais élégant, parfait pour un mariage. Le compliment de Keisuke lui fit plaisir, et un large sourire se dessina sur son visage. Heureusement qu’il ne comprenait pas les raisons pour lesquelles il déclinait l’idée de devenir personnal shopper. Un peu timidement, il hocha la tête pour le remercier. Réaliser qu’il était accepté par le père de son petit-ami lui faisait terriblement plaisir. Il avait besoin de se sentir intégré dans cette famille, même juste un peu. Que son père le trouve légitime aux côtés de Haruto. Qu’il réalise combien ils étaient bien ensemble et que leur relation était sincère. Qu’ils avaient des projets ensemble et que Ji Hoon voulait sincèrement faire parti de leur famille. C’était sans doute pour cela qu’il tentait désespérément de faire passer les malaises en agissant trop spontanément, en se levant ainsi pour arranger les choses, changer de sujet, que son homme et son père n’aient pas le temps de laisser installer un froid trop glacial entre eux. C’était important pour lui que tout se passe bien aujourd’hui.

Mais il regretta. Le regret fut immédiat alors que ses jambes le lâchèrent, décidant soudainement de lui rappeler sa condition physique. Il eut à peine le temps de se rattraper, continuant à se tenir pour ne pas totalement tomber. Il se sentait honteux, de ne pas réussir à se relever, d’avoir l’impression d’être revenu au point de départ. Ji Hoon secoua la tête quand son compagnon lui demanda s’il s’était fait mal, le repoussant un peu quand il tenta de l’aider à se relever. « Arrête ! » Il ne voulait pas se ridiculiser davantage, ressembler à une espèce d’assisté. Il désigna son fauteuil, ignorant la question de Keisuke. Il ne voulait pas le regarder, il ne voulait pas lui parler. Il laissa Haruto l’aider à contre cœur, ne parvenant pas à se hisser sur le fauteuil tout seul, il fila directement chercher le vendeur pour les retouches, laissant Keisuke s’en aller après avoir donné ses conseils. Sa bonne humeur l’avait quitté, il ne voulait qu’une seule chose : rentrer. Il voulait se coucher, dormir pour oublier tout ça. retournant plus loin, il resta silencieux, fixant le sol, contrarié. Il écouta à peine Haruto lui parler, contenant sa mauvaise humeur pour lui. Posant ses yeux sur lui quand il l’y força, un rire dénué de joie traversa son corps quand il parla de s’entraîner à danser ensemble. Ji Hoon n’avait pas beaucoup d’espoir de voir cela arriver. Il était même certain de ne pas y arriver.

Il écoutait Haruto parler, lâchant un soupir. « Il te détestera pas et moi non plus. » Ce n’était pas possible et son Japonais le savait très bien. « Je comprends pourquoi t’agis comme ça. » Et sans doute que Keisuke comprenait aussi. Il ne devait pas se blâmer juste pour ne pas accepter ce mariage et y être réticent. Il y a quelques mois, il voyait ses parents comme un couple idéal, c’était difficile de changer cette image quand tout allait si vite. Il secoua la tête quand il s’excusa. Ce n’était pas sa faute, il n’y pouvait rien. Ses doigts se raidirent quand il parla encore de pouvoir remarcher, progresser encore. « Pourquoi je t’en voudrais ? » Il n’y était pour rien. Pour tout ce qui était arrivé. Sa main serra la sienne avant de la relâcher. Il se sentait bête, il se sentait totalement démuni. Il avait juste envie de rentrer. Son regard se posa vers l’endroit où Keisuke avait disparu, il garda le silence quelques secondes avant de finalement regarder le sol.

« Et si c’était fini ? » Sa voix était faible, chevrotante, il hésitait à parler, se disait que ce n’était pas l’endroit, qu’il risquait de se mettre à pleurer et d’avoir l’air ridicule. Il avait envie d’appeler un taxi pour le ramener à la maison. Non, il voulait aller voir sa mère et chouiner chez elle. Qu’elle lui fasse un câlin en lui disant que ce n’était pas grave et qu’elle utilise ses techniques de Maman pour lui remonter le moral. « Tu sais aussi bien que moi que je risque de pas retrouver mes jambes comme avant. Et si j’étais au mieux que je puisse faire ? » Son regard osa furtivement se poser sur Haruto, il secoua la tête, ayant envie de hurler. Il voulait tellement y croire, mais peut-être qu’il n’y arriverait tout simplement pas. Qu’il allait en rester là. « Peut-être que toute ma vie ce sera comme ça. Je pourrais un peu utiliser les béquilles avant de tomber, encore et encore. » Respirant profondément pour ne pas céder à la panique, il mordillant l’intérieur de sa joue, serrant ses poings posés sur ses cuisses. « Peut-être qu’on pourra plus jamais danser ensemble. » Son regard se perdit dans la pièce, il avait encore envie d’y croire, mais, et si justement c’était ça, la réalité ? Il aurait toujours besoin de son fauteuil, ne pourrait plus jamais se déplacer sans aide, ne pourrait aller nulle part sans son fauteuil s’il était seul, de peur de tomber comme aujourd’hui et de n’avoir personne pour le ramasser. « Et si je suis coincé comme ça toute ma vie ? » Sa vie serait terminée, il ne parviendrait plus jamais à trouver un travail qu’il aime, deviendrait un poids pour son homme et serait totalement inutile. C’était le pire qui puisse arriver et dans ce cas-là, il le savait, il finirait par perdre Haruto.


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     Ven 23 Nov - 0:40

♡ Haroon ♡

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Finirait-il par accepter que son père épouse Takako ? Le Japonais n'en était pas vraiment sûr. Lui qui se disait ouvert d'esprit se rendait compte qu'il gardait des réserves concernant cette union. En vérité, lorsque Ji Hoon et lui avait surpris Keisuke et sa maîtresse, Haruto n'avait pas vraiment réalisé. Il n'avait pas compris toute l'ampleur de cette découverte. Au final, il aurait préféré ne pas savoir. Il avait la désagréable impression d'avoir été un prétexte, une bonne excuse. Que son père avait profité d'avoir été pris sur le fait, de garder son père comme témoin. Que Takako soit son premier amour ne l'intéressait pas. Keisuke avait quitté sa femme après une trentaine d'années de mariage. Faisait-il la crise de la soixantaine avant l'heure ? Avait-il vraiment besoin de cette seconde jeunesse ? Pensait-il à sa famille ? A ses enfants ? A Haruka ? Ces derniers temps, Haruto rêvait souvent de sa mère. La situation était presque toujours la même ; ils se retrouvaient tous les deux assis ensemble, parfois côte à côte, parfois face à face. C'était long et silencieux, presque angoissant. Mais quand l'un ouvrait la bouche pour parler, l'autre ne parvenait jamais à le comprendre. Il se mettait à parler anglais ou elle montrait ses oreilles pour lui signifier qu'elle était sourde, il tentait de parler mais aucun son de sortait de sa gorge ou elle hurlait si fort que ses mots n'étaient que bourrasques inaudibles. Leurs regards ne se croisaient jamais, et Haruto avait réalisé après quelques temps qu'il avait du mal à correctement visualiser le visage de sa propre mère. Depuis combien de temps ne s'étaient-ils donc pas vus ?

Il en voulait à son père. Il savait qu'il n'avait pas le droit de lui en vouloir. Tout n'était pas de la faute de Keisuke, et Haruto ne pouvait le blâmer pour tous ses problèmes avec sa mère. Néanmoins, il était en colère contre lui, parvenant tant bien que mal à donner le change face à lui. Le Japonais était tiraillé entre deux sentiments, concernant son paternel. Devait-il suivre le conseil de Ji Hoon et lui demander à lui parler, entre eux, entre hommes Kamiya ? Haruto pouvait-il vraiment vider ce qu'il avait sur le cœur, un mois avant le mariage ? Keisuke comprendrait-il ? Son père et lui avaient des caractères similaires. Le gène Kamiya, qui s'édulcorait de génération en génération. Shizue leur avait raconté combien son époux était taciturne et secret. Une chose semblait néanmoins passer les générations. La fierté Kamiya. Haruto l'avait, et c'était précisément pour ça qu'il avait du mal à accepter de parler à son père. Il se contenta alors de sourire à son homme, sans rien répondre. Il ne se sentait jamais tout à fait à l'aise, se sentant même honteux devant Ji Hoon. Ce dernier devait le trouver ridicule d'en vouloir à son père, alors qu'il avait encore la chance de l'avoir près de lui. Son meilleur ami souffrait de l'absence de son père, et lui hésitait à couper les ponts avec le sien, suite à son mariage. Bien sûr, toutes les histoires de famille étaient personnelles et ne se ressemblaient pas forcément. Cependant, le Japonais se disait qu'il devait relativiser, connaissant le drame que les Lee avaient traversé en perdant Jong Dae. Il devait laisser une chance à Keisuke. Lui pardonner.

Au fond, n'était-il pas seulement un petit garçon blessé ? L'image de famille nipponne parfaite avait volé en éclats suite au divorce des parents. C'était là une épreuve, même pour le garçon détaché qu'il avait toujours été. Aujourd'hui, Haruto se montrait incroyablement égoïste. Effronté, même. Keisuke n'avait jamais levé la main sur ses enfants, mais peut-être se disait-il qu'il aurait dû. Non, Haruto ne connaissait. Si son père devait ressentir quelque chose à l'instant où son fils lui avait balancé de façon froide et cruelle qu'il allait rendre visite à Haruka, c'était de la tristesse et de la honte. Il n'y avait pas de doute à avoir quant au fait qu'il devait se demander s'il était un bon père. Dans d'autres circonstances, son fils l'aurait rassuré, en lui certifiant que oui. Mais aujourd'hui, il semblait seulement déterminé à lui faire comprendre sa rancœur et à le faire se sentir misérable. N'étaient-ils pas des adultes responsables ? Ne pouvaient-ils pas faire un effort, non seulement pour son père ou sa famille, mais aussi pour Ji Hoon ? Haruto voyait bien combien la perspective de ce mariage rendait son compagnon heureux. Pourquoi gâcher ça ? En le voyant s'effondrer au sol, son sang ne fit qu'un tour, et la panique chassa sa rancœur. Il ne ressentait plus de colère, juste de l'inquiétude pour Ji Hoon. Haruto se sentait fautif, se maudissant d'avoir été si stupide.

Se précipitant vers lui, il tenta bien de l'aider, reculant à peine lorsque son homme voulut le repousser. Aussi fort le soutenait-il, l'encourageait-il à tout faire de lui-même, Haruto voyait bien que l'angle auquel Ji Hoon était tombé ne lui permettait pas de se redresser tout seul. Le showroom ayant été privatisé, il n'y eut heureusement aucun regard indiscret, juste celui inquiet de Keisuke. Ce dernier ne sut où se mettre, se sentant même profondément inutile sous le regard noir de son fils lorsqu'il lui demanda si tout allait bien. Haruto ne pensait plus à ce stupide mariage, s'inquiétant simplement pour l'homme de sa vie. Il devait se faire pardonner ! « Je n'ai pas le temps pour te rassurer, désolée papa. » Keisuke hocha simplement la tête, un geste bien nippon. Sûrement n'était-il pas d'accord, mais ne souhaitait agacé son fils plus encore. Ce dernier guettait le retour de Ji Hoon, fébrile. Lorsqu'il revint avec un couturier, le jeune Japonais fut soulagé. Ils se retrouvaient enfin seuls, tous les deux. Après l'incident qui venait de se dérouler, Haruto voulait rassurer son compagnon. Sa voix tremblait un peu, et il s'en voulut de ne pas avoir l'air si assuré qu'il l'aurait souhaité. Pourtant, son sourire était sincère et encourageant.

Les mots de Ji Hoon le rassurait, mais cela ne l'empêchait pas de se sentir mal, au contraire. « Parce que je suis un idiot qui doit sûrement gâcher un bon moment pour son père. » Il s'en voulait vraiment, mais c'était comme plus fort que lui. « Et pour son homme, aussi. » Prenant une inspiration, il releva les yeux sur lui pour capturer son regard. « Je sais combien ça te fait plaisir, mais... je n'y arrive pas. » A se réjouir, à être heureux pour son père et Takako. Et si ces derniers et Ji Hoon finissaient par le détester ? Ils seraient dans leurs droits, puisqu'il agissait actuellement pour le plus grand des idiots. Ce n'était pas ce qu'il souhaitait. De tout son cœur, il espérait que Ji Hoon pourrait tenir, qu'ils dansent enfin ensemble sans avoir à se cacher. Haruto savait que c'était là un vœu cher au cœur de son compagnon, car il en était de même pour lui. S'il devait se rendre à ce mariage pour une seule et bonne raison, c'était bien ça. Danser en amoureux. Voilà pourquoi il cherchait à l'encourager. La réponse de son homme lui glaça les sangs. Il n'avait pas le droit de se montrer défaitiste ! Pas après tout ce qu'il avait pu traverser ! Serrant sa main dans la sienne, Haruto fronça un peu les sourcils. Haruto tentait de garder son regard accroché au sien. « Tu ne peux pas baisser les bras maintenant, Ji Hoon. Pas après tous les efforts que tu as fait pour en arriver là. » Haruto le lui interdisait ! Ses mains attrapèrent les siennes, et il se rapprocha, glissant tout au bord du fauteuil pour être près de celui qu'il aimait. « Moi, j'y crois. C'est un miracle que tu aies pu ne serait-ce que faire quelques pas. Pour moi, c'est un signe. Un bon présage. Tu remarcheras. » Haruto savait que ces paroles étaient lourdes de responsabilités, mais il les prenait volontiers. Son regard était sérieux, déterminé. Que Ji Hoon comprenne combien il croyait en sa guérison.

Se penchant vers lui, il l'embrassa amoureusement, appuyant le baiser pour lui faire également ressentir tout cet amour qui brûlait en lui, pour lui. Ses mains avaient capturé son visage, et son baiser se fit plus sensuel, langoureux. Un petit raclement de gorge le fit s'éloigner, et ses lèvres se décollèrent des siennes à contrecœur. Haruto se retint de dire à son père qu'ils en étaient presque quitte, mais eux se retiraient dans la décence. Néanmoins, ayant compris qu'il valait mieux s'abstenir pour aujourd'hui, il se contenta de tourner la tête pour le regarder. « Tout est noté. Je vais donc prendre celui-ci. » Evidemment, il était gêné, et son fils jubilait un peu, intérieurement. Il remarqua que son père avait récupéré son manteau. « Tu t'en vas ? » Puisque la question fut visiblement posée avec une surprise non feinte, Keisuke afficha un petit sourire – bien que mal assuré. « Oui, je vous fait confiance pour vos costumes. Et je dois retrouver Haruno pour déjeuner ! » Il sembla hésiter, faisant glisser s'humectant les lèvres dans un geste nerveux. « Merci d'être venus, tous les deux. Merci pour vos conseils. » Il semblait ému, et Haruto baissa les yeux. « A bientôt, les enfants. » Un ange passa. « Passe le bonjour à ta mère. » Haruto ferma les yeux, respirant profondément pour ne pas balancer une horreur. Redressant la tête, il la hocha et adressa à son père un sourire crispé, avant de le saluer. « Passe l bonjour à Haruno. » Et non à Takako. « Prends soin de toi, à bientôt. » Malgré tout, il aimait toujours son père, s'inquiétant pour lui.

Se retournant vers Ji Hoon, Haruto lui adressa un sourire navré. « Je vais lui parler. Seul à seul, histoire de mettre les choses à plat. » Son homme avait raison, son père et lui en avait besoin. Jetant un coup d'oeil à sa montre, Haruto poussa un soupir. « On reviendra faire nos essayages plus tard ? » C'était une question rhétorique, n'apportant qu'une seule réponse. Qu'il donna, indirectement. « On va être en retard. » Hors de question. Haruto voulait également repartir sur de bonnes bases avec sa mère. « Tu es prêt ? Tu es sûr que tu veux m'accompagner ? » Le ton était presque suppliant. Haruto craignait que son homme ait changé d'avis. Se penchant vers lui, il lui vola un nouveau baiser. « Je t'aime, mon amour. » Le lui avait-il assez dit, aujourd'hui ? Haruto avait l'impression qu'il ne lui disait jamais assez, alors que Ji Hoon méritait qu'on le lui rappelle à chaque seconde.

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     Mar 27 Nov - 0:33

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Ji Hoon était déjà tombé plusieurs fois, il savait bien que cela faisait parti de la rééducation, qu’il devait tomber pour mieux se relever, pour que ses jambes deviennent plus fortes et le portent correctement à nouveau. Cependant, l’idée ne parvenait pas à se faire accepter, laissant en lui un profond sentiment d’échec. Chaque jour était un nouveau combat qu’il tentait de gagner, nourrir son optimisme d’espoirs et de courages, toujours et encore, sans jamais baisser les bras. Mais peu à peu, ses espoirs se fanaient en réalisant que les progrès diminuaient, que ce n’était plus aussi incroyable qu’avant. Tout semblait désormais se stabiliser, sans que son corps ne donne le moindre signe de progrès. C’était difficile pour lui, difficile d’admettre un échec à venir. Ce n’était pas assez, il voulait remarcher librement, retrouver du travail, faire son retour dans le monde du mannequinat. Voyager sans se poser de questions, ou juste pouvoir tenir et promener ses petits chiens, laissant son autre main glisser dans celle de son compagnon. Comme avant, quand tout semblait si simple. Il n’aurait jamais pensé que des choses si anodines puissent ne plus être possible un jour. Ce qu’ils faisaient si souvent avant, sans jamais se poser la moindre question.

Parfois, il y pensait, et il regrettait d’avoir lâché sa main quand ils croisaient d’autres personnes, il regrettait de s’être montré réticent à le faire au début. Parce qu’il avait ses aprioris, qu’il avait peur du regard des autres malgré tout, qu’il songeait qu’on les jugerait, se demandait ce qu’on penserait d’eux. C’était totalement stupide, il le réalisait aujourd’hui. Il rêverait de pouvoir retourner à cette époque, au tout début, quand ils ne promenaient encore que Kimyaki. Quand sa main hésitante sentait celle de son petit-ami se rapprocher de la sienne et il avait fini par la saisir rapidement avant de la relâcher peu de temps après, offrant un sourire navré à son petit-ami. Qu’il était bête. La stupidité même. ses regrets ne l’aideraient en rien, on le lui rappelait souvent. Il devait continuer à se battre, mais à quoi bon ? On l’avait prévenu, les résultats étaient imprévisibles, peut-être qu’il avait atteint son maximum et que plus rien ne suivrait désormais. Ça lui brisait le moral, il ne parvenait pas à accepter l’idée mais en même temps, une petite voix lui soufflait qu’il ne pouvait plus rien y faire, que désormais, ils en étaient là. Qu’avec sa stupidité, cet accident idiot, il avait peut-être gâché sa vie, et, par extension, celle de Haruto qui se sentirait sans doute trop coupable pour le quitter.

Cet échec le peinait plus que de raisons. Le Coréen tentait d’oublier, se rendant rapidement dans la pièce d’à côté pour trouver le vendeur et expliquer les retouches à faire sur le costume du futur marié. Ji Hoon enviait un peu Keisuke, de pouvoir les essayer si librement, de pouvoir se tenir fièrement debout devant le miroir, se regarder de partout. Il avait envie de retrouver ça, se tenir devant un miroir, debout, élégant, à devoir essayer des vêtements de grandes marques, faits de matières nobles. Il adorait ça. Ji Hoon aimait la mode, le style, essayer de nouvelles choses. Il espérait tellement retrouver cela un jour. Avoir la chance de pouvoir à nouveau vivre dans ce milieu. Seul avec Haruto, il ne savait pas comment s’exprimer, ne trouvait pas les mots pour exprimer ce qu’il ressentait. Il avait toujours peur de le décevoir, peur de lui faire de la peine. Etre ainsi lui avait fait perdre la confiance qu’il pouvait avoir en lui-même, une partie de sa prétention naturelle. Avant, il croyait en lui, parce qu’il savait que son physique était un atout. Il avait toujours tout misé là-dessus et sa personnalité suivait grâce à cela. Parce qu’il avait cette assurance, cette confiance en ses charmes. Mais ses charmes, on ne les voyait plus désormais.

« Haruto, t’en fais pas, tu sais que je te comprends.+9 » Sa main attrapa la sienne, il chercha son regard pour le rassurer. Il ne lui en voulait pas parce qu’il savait que ce mariage n’avait pas la même connotation pour lui. « Tout le monde réagirait de la même façon à ta place. » Sans doute. Ji Hoon savait qu’il n’aurait pas accepté le remariage de son père. Il n’acceptait pas déjà que sa mère, veuve depuis trois ans, recommencent à voir quelqu’un. La réaction de son homme était plus légitime que la sienne, il ne pouvait pas le juger. L’idée ne lui traversait même pas l’esprit. Cependant, actuellement, ses préoccupations étaient ailleurs. Ses jambes, sa chute. Il avait besoin d’en parler, besoin d’entendre que Haruto ne lui en voudrait pas de ne plus remarcher. C’était sans doute beaucoup lui demander. Allait-il détruire la vie qu’ils auraient pu avoir ? Et leurs projets ? Si un jour l’adoption était possible pour les couples homosexuels, allait-on leur refuser à cause de son handicap ? Ce mot raisonnait difficilement dans ses oreilles. Handicapé. Il n’arrivait pas à se voir ainsi, c’était bien trop difficile.

Comme il pouvait, il contenait les larmes qui menaçaient de couler, serrant la main de Haruto, il fit de son mieux pour tenir son regard. Il ne pouvait pas baisser les bras, mais c’était difficile. Il n’arrivait plus à y croire, commençait à devenir pessimiste, à imaginer le pire. Le pire pourrait arriver. De tout son cœur, Ji Hoon espérait que non. Il espérait que tout irait bien, mais il craignait de se voiler la face, de se faire de faux espoirs. Ses mots étaient forts et le touchaient. Il ne voulait tellement pas le décevoir. Un petit sourire se forma sur ses lèvres, sentant son cœur s’emballer dans sa poitrine. Haruto semblait si déterminé, il y croyait vraiment. « Merci mon amour… » Ses paroles lui faisaient du bien. Le soutient de son homme comptait énormément pour lui et il lui était reconnaissant de l’encourager comme il le faisait, d’être si présent. Sans lui, il serait totalement perdu. Fermant les yeux, il se perdit dans le baiser qu’il lui donnait, posant sa main sur son bras, il la fit lentement remonter jusqu’à ses côtés, brûlant d’amour pour celui qu’il considérait comme son âme sœur. Un toussotement vint rompre ce moment d’oubli, où Ji Hoon avait pu rejeter toutes ses craintes, ses incertitudes. A croire que les Kamiya aimaient les interrompre de cette façon.

Ji Hoon ne ressentit aucune gêne particulière, levant simplement son regard vers Keisuke alors qu’il se redressait sur son fauteuil. Après tout, il avait surpris cet homme dans une situation bien plus compromettante, qu’il fasse la moindre remarque sur un simple baiser, ce serait l’hôpital qui se moquait de la charité. Le Coréen fut tout aussi surpris que son petit-ami en constatant qu’il s’en allait. Il lui sourit en l’entendant le remercier, hochant la tête. « Ca nous a fait plaisir. » Enfin, surtout à lui. il se retenait de lui dire de l’appeler s’il avait besoin de conseils ou de quoique ce soit. Il préférait laisser ce moment au père et à son fils, c’était important. « Bon déjeuner ! » Il le salua d’un petit geste de la main, le regardant s’éloigner avant que Haruto ne reporte son attention sur lui. « C’est une bonne idée. Ça vous fera du bien de parler. » Sans lui autour, par exemple. Il savait que, même si son Japonais n’avait pas de retenu en sa présence, ce n’était pas forcément le cas de son père qui se sentirait sans doute plus libre de s’exprimer si le compagnon de son fils n’était pas à côté pour les écouter. Il approuva d’un hochement de tête l’idée de revenir plus tard pour les essayages. « Oui, je suis un peu fatigué. » Ses jambes semblaient hors service pour aujourd’hui.

La suite ne lui faisait pas vraiment plaisir. En retard. Il avait oublié. Une grimace involontaire traversa son visage. Il n’avait pas envie de la voir. Mais il le devait. C’était lui qui avait insisté pour voir Haruka, ou du moins, pour que Haruto aille la voir. Il en pouvait pas le laisser tomber maintenant. En entendant son ton suppliant, il parvint à afficher un sourire assuré. « Oui, prêt. Bien sûr que je veux encore y aller. » Sa main se posa sur sa joue, il alla lui voler un nouveau baiser. « Moi aussi je t’aime. Plus encore chaque jour, tu le sais, hm ? » Sinon, il n’accepterait pas d’aller la voir, c’était sa plus belle preuve d’amour. vérifiant qu’il avait toutes ses affaires, il se dirigea vers la sortie du magasin, vérifiant que Haruto le suivait avant de se rendre à la voiture. Attendant que son homme dévérouille cette dernière, il ouvrit sa portière, parvenant à se lever puis à se hisser rapidement sur son siège, laissant son Japonais ranger le fauteuil, le remercia de vive voix, suivant d’un baiser quand celui-ci vint le rejoindre, installé sur le siège conducteur.

« Comment tu te sens ? Nerveux ? » Son regard se posa sur lui, il lui sourit. Il était nerveux lui-même, se doutant que cela devait être la même chose pour lui. Pour rendre l’atmosphère plus douce, il alluma la radio, dansant sur le premier morceau qu’il entendit, baragouinant des paroles n’ayant rien à voir avec la chanson qu’il ne connaissait pas, tendant son micro imaginaire à son petit-ami pour qu’il puisse chanter avec lui avant de rire à ses paroles improvisées. Il fallait se détendre un peu, la journée était compliquée pour eux deux ! Pouffant bêtement, la joie ne fut pas aussi longue qu’il l’aurait aimé, voyant au loin la maison des Kamiya se dessiner dans son champ de vision. La fête prit fin, il pinça les lèvres une fois la voiture garée. « Prêt ? » Sa main chercha la sienne, il l’obligea à se pencher vers lui pour l’embrasser. Attendant que ce dernier ait préparé son fauteuil, il sortit du véhicule, grimpant immédiatement dans ce dernier avant de le suivre jusqu’à la porte d’entrée. Sa main saisit la sienne une dernière fois pour l’encourager à signaler leur présence. Tout allait bien se passer. Il serait là pour le soutenir.


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     Mer 28 Nov - 0:38

♡ Haroon ♡

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Oui, il était un idiot fini. Un véritable idiot incapable de passer outre ses propres fautes. Parce qu'il savait que le réel problème, ce n'était ni son père, ni sa mère. Encore moins ce mariage. C'était lui. Haruto ne parvenait pas à se pardonner à lui-même d'être si stupide. Pourquoi ne pouvait-il simplement pas laisser ses proches agir sans avoir le sentiment de leur devoir quelque chose ? Surtout quand ce quelque chose était une sorte de contrôle sur leurs vies ? Depuis qu'il avait eu des sœurs, le petit Kamiya s'était pensé animé d'une mission sacrée, celle de les protéger, et ce même contre leur volonté. Elles ne lui avaient rien demandé, après tout. Comme ses parents ne lui avaient pas demandé de prendre parti, de parler pour l'un ou l'autre. En laissant à Keisuke le soin d'annoncer à sa femme qu'il la trompait avec son amour de jeunesse, Haruto avait crû lui faire une faveur. Mais en réalité, ce n'était que le juste déroulement des choses. C'était son plus gros défaut, qui aujourd'hui lui serrait la gorge. Un poids sur ses épaules qu'il ne parvenait pas à lâcher, sûrement trop habitué à le porter. C'était de l'égoïsme et de l'égocentrisme détournés. Comment ses proches avaient pu supporter ça ? Pourquoi n'avait-il jamais écouté Erena ? Cette dernière semblait être la seule à avoir osé lui dire en face.

Le Japonais ne savait comment réparer les dommages qu'il avait pu causer. Il devait avoir une discussion avec son père, mais savait que ce ne serait pas facile. Pas parce que Keisuke ne voudrait pas lui parler – au contraire. Il avait peur de ne pas trouver les mots juste, et de creuser un peu plus ce gouffre qui commençait à les séparer de plus en plus, et dans lequel il s'enfonçait. Son père était heureux, peut-être pour la première fois depuis longtemps. Et il lui gâchait son bonheur. Haruto savait qu'il devait canaliser sa colère, la maîtriser. Il en devenait ridicule, un vrai gamin gâté, fâché de ne pas obtenir ce qu'il voulait. Le couple que formaient ses parents n'avait jamais été idéal, il le savait bien. Et depuis quelques temps, les sourires n'avaient été que des façades. Les Kamiya n'était pas une famille parfaite, contrairement à ce qu'ils avaient voulu laisser croire. Et le fils s'en voulait, aujourd'hui. Ne pas l'avoir vu plus tôt, ne pas avoir su comment réagir à tout ça. Le pourrait-il seulement ? Il le fallait. Petit à petit. Certes, il avait d'autres soucis qui l'accaparaient. D'autres problèmes à régler. Pourquoi ne pas se concentrer là-dessus ? Le rétablissement de son compagnon passait bien avant le reste. Haruto voulait rester un soutien indéfectible pour Ji Hoon. Mais, et s'il contrôlait trop sa vie, à lui aussi ? Et si son homme finissait par en avoir assez de lui ? Cette pensée le bouleversa.

Mais pas autant que de voir Ji Hoon s'effondrer. Et il savait que ce n'était pas la seule chose dans cet état. L'espoir du Coréen devenait de plus en plus fragile. Haruto le devinait sans mal. Ses progrés avaient peut-être été un peu trop fulgurant ? Son corps devait se réhabituer. Il se doutait de la déception de Ji Hoon, s'il ne pouvait se tenir debout pour danser avec lui. C'était bien pour ça qu'il l'encourageait à continuer à y croire. Comme lui y croyait. S'il y avait bien une vision qui l'enchantait, de ce mariage, ce n'était pas son père se tenait à côté de sa nouvelle épouse. C'était eux, collés l'un à l'autre, dansant lascivement au rythme d'une chanson d'amour qui ne serait jamais aussi belle que leur histoire. Haruto voulait le tenir contre lui, lui chuchoter des mots d'amour en se fichant du regard des autres sur eux. C'était là son seul vœu pour cette journée trop particulière pour lui. Encore une fois, il se montrait égoïste, mais ne pouvait se résoudre à changer. Son homme le soutenait tout autant, alors qu'il avait si hâte de se retrouver à ce mariage. Et Haruto était prêt à monter un peu plus de bonne volonté pour qu'il ne perde pas cette envie, qu'il ne baisse pas les bras concernant sa rééducation. Ils devaient y croire ensemble, sinon ça ne servait pas à grand chose. En l'embrassant, Haruto espérait chasser ses craintes, et sûrement un peu les siennes également. Lorsqu'il l'embrassait, tout allait de toute façon beaucoup mieux.

Le charme se rompit lorsque son père manifesta sa présence. Pas de quoi paniquer, Haruto se redressa simplement, restant près de Ji Hoon. Il s'en voulut de s'être montré si cruel envers lui, mais ne pouvait remonter le temps. Quelque part, il était soulagé que ce soit fini, se disant qu'il avait le temps pour revenir ici avec son homme pour choisir leurs costumes. De tout manière, Ji Hoon devait déjà avoir son idée derrière la tête à ce sujet, et lui aussi lui faisait confiance. D'ailleurs, il était même très fier que son père fasse grand cas de l'avis de son compagnon. Cela démontrait un peu plus que le Coréen était accepté. Il ne manquait plus que Haruka, et il espérait secrètement changer cela, justement. Bien évidemment, il n'en avait pas fait part au principal concerné, sachant combien il devait détester sa belle-mère. Mais ce n'était peut-être pas perdu ? Après tout, Hua avait bien fini par comprendre que Haruto ne voulait que le bonheur de son fils adoré. Haruka pouvait elle aussi passer au-dessus des ses a priori. « ]Je l'appelle ce soir, ou demain matin. » Maintenant, il devait penser à sa mère et se concentrer sur leur visite. Haruto craignait que la chute de Ji Hoon n'ait convaincu ce dernier de ne pas l'accompagner, et il avait du mal à cacher son anxiété à ce propos.

« ]Merci. » Dans un souffle. Il savait combien cette visite ne plaisait pas des masses à son homme. Il savait qu'il faisait là un gros effort pour lui faire plaisir. Voilà pourquoi Haruto lui rappelait combien il l'aimait. C'était une belle preuve d'amour, malgré l'originalité de celle-ci. « Et moi plus encore ! » Oui ! Qu'il n'essaye même pas de parlementer. Ji Hoon ne pouvait deviner combien son amour pour lui était grand. « Je sais que je t'en demande beaucoup, désolé. » Il eut un sourire navré, dans lequel il voulait montrer sa gratitude. Il lui revaudrait ça dès que possible. Récupérant ses affaires, il suivit Ji Hoon vers leur voiture. Attendant patiemment derrière lui, il l'encouragea mentalement, souriant triomphalement lorsqu'il y parvint. Haruto le laissait se débrouiller le plus possible, et cela payait. « Tu y arrives de plus en plus rapidement ! » Son sourire se fit fier. Il attrapa les poignées du fauteuil pour le ranger dans le coffre, devenu un expert dans l'art du pliage de chaise roulante. Après avoir claqué la portière du coffre, il rejoignit Ji Hoon dans la voiture. Ses lèvres accueillirent les siennes avec bonheur, en profitant au maximum. Les yeux fermés, le Japonais aurait aimé que cela dure éternellement. Comme à chaque fois.

Se laissant tomber contre son siège en soupirant, Haruto se passa une main dans les cheveux. « Je sais vraiment pas... Oui, nerveux. Un peu heureux, aussi. » Combien de jours, de semaines, depuis la dernière fois qu'il avait vu sa mère ? « Et si elle réagit mal ? Et si je réagis mal ? » C'était pénible de ne même pas savoir lui-même comment il allait agir. Son regard croisa celui de Ji Hoon, et il lui rendit son sourire. Si seulement il savait combien ça comptait pour lui qu'il l'accompagne. Il espérait maintenant de rien gâcher. Alors qu'il démarrait, son cœur s'était mis à battre plus vite. Heureusement pour lui, Haruto pouvait compter sur son petit ami. Oubliant un instant où ils se rendaient et d'où ils venaient, le Japonais s'égosilla avec lui sur des chansons qu'il connaissait à peine, trouvant leur remix beaucoup plus intéressant. Arrêtés à un feu rouge, il se permit même quelques mouvements des bras pour danser en rythme. Dommage, il n'avait pas l'occasion de séduire son homme dans un body wave séducteur. Haruto se sentait heureux, c'était le genre de moment partagé durant lequel il oubliait ce qu'ils traversaient. Mais la réalité le rattrapa lorsque la maison dans laquelle il avait grandi apparut au loin. Ses mains se crispèrent sur le volant, et son sourire se fana. Il eut même un geste brusque en baissant le volume de la radio. Comme s'il paniquait.

Il paniquait. Se garant en pilant un peu plus que nécessaire, Haruto resta un instant silencieux, sans couper le moteur. « Je ne suis pas sûr... » Mais il le devait, non ? Fermant les yeux un instant, il souffla un bon coup et éteignit le contact. Sa main serra celle de Ji Hoon, et sans opposer la moindre résistance, Haruto se pencha pour l'embrasser. Peut-être un peu plus passionnément que nécessaire, mais il en avait besoin. « Allons-y. » Sortant du véhicule, il se demanda si sa mère les observait, depuis la fenêtre du salon donnant sur la rue de ce quartier résidentiel. Il fit rouler le fauteuil jusqu'à la portière du passager. Il n'y avait pas d'escalier à franchir, heureusement. Planté devant la porte d'entrée, Haruto pinça les lèvres. Sa main attrapa celle de Ji Hoon, mais son regard resta fixé droit devant lui. Après un court instant, il sonna. Son cœur se serra sous ce son si distinct, le ramenant plusieurs années en arrière. Déglutissant bruyamment, il attendit, sa main toujours dans celle de Ji Hoon. La porte s'ouvrit enfin, et un poids tomba dans son estomac. Haruka avait toujours été une belle femme. Fière et élégante, elle rendait toutes ses voisines jalouses, faisant tourner la tête de leurs maris sur son passage. Et aujourd'hui, malgré tout ce qu'elle avait traversé, elle l'était toujours. Mais des rides creusaient son visage si harmonieux. Et là, était-ce des cheveux blancs ? « Bonjour maman. » Il y eut un flottement, durant lequel le fils resta interdit. Puis la mère écarta les bras, tombant dans ceux de son fils qui la serra tendrement contre lui. Elle d'ordinaire si digne, la voilà qui pleurait dans les bras de son fils comme une enfant, comme si les rôles étaient échangés.

Après un moment, Haruka se reprit. Portant un mouchoir roulé en boule dans sa main aux coins de ses yeux, elle renifla discrètement. « Excusez-moi. Entrez, entrez. » Elle sembla hésitante, confuse. Et son regard fuyait un peu Ji Hoon. Haruto devinait qu'elle se sentait honteuse. « J'ai fait de la place... j'ai appris... je suis désolée. » Elle finit par offrir une courbette en saluant le compagnon de son fils. Haruto l'invita à suivre sa mère, refermant la porte, et donc la marche. Haruka les mena au salon. Sur la table basse étaient disposés des mochis et des tasses prêtes pour le thé. « J'ai acheté des bières, si vous préférez. Vous pourrez les emmener. Plus personne n'en boit, aujourd'hui. » Parce qu'elle était toute seule dans une maison trop grande pour elle. S'asseyant sur le canapé, Haruto observa la pièce. Des objets qu'il avait toujours pensé faire partie du décor avaient disparu. Lui qui avait crû que son père avait tout laissé. Haruka s'installa face au couple, le regard toujours fuyant. Maintenant qu'il l'observait mieux, son fils voyait combien ses traits étaient tirés. « Maman... » L'appelée leva timidement les yeux, qu'elle avait bouffis. « Je pensais que tu allais annuler... J'attendais ton appel... » Haruto pinça les lèvres, tournant le regard vers Ji Hoon. « Je pensais que vous me détestiez, Ji Hoon. Je suis heureuse de vous voir. » Elle semblait sincère. « Je suis heureuse de vous voir tous les deux. J'ai commis beaucoup d'erreurs, n'est-ce pas ? » Son regard s'attarda sur Ji Hoon, avant de se baisser sur ses mains jouant nerveusement entre elles. Haruto poussa un soupir. Les mots restaient coincés dans sa gorge. Y arriverait-il seulement ?

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     Jeu 29 Nov - 0:18

♡ Haroon ♡

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Une souffrance en amenait une autre. Si tomber bêtement n’était pas assez, il fallait en plus qu’il aille voir Haruka. Sa mère l’avait briffé pour l’occasion, lui rappelant qu’il ne faisait pas ça pour lui mais pour Haruto. Quand on se mettait avec quelqu’un, on devait accepter tout ce qui faisait partie de lui et accepter son entourage. Donc, sa mère. Ji Hoon avait tenté d’argumenter en expliquant encore et encore ce qu’elle avait fait à leur couple, Hua répondait avec justesse que c’était tout autant la faute de Haruto que celle de sa mère, avec une certaine amertume dans la voix. Elle lui avait pardonné et l’aimait beaucoup, cela n’empêchait pas une certaine lucidité vis-à-vis de celui qu’elle considérait comme son gendre. Pour ce qu’elle avait pu sous-entendre concernant ses origines et son statut social, Hua n’avait pas vraiment de défense, mais elle lui avait dit de faire avec. Elle comprenait bien par quoi passait son fils pour avoir vécu la même chose bien des années en arrière. On l’avait également jugé pour sa nationalité, pour la vie qu’elle menait sous le ciel communiste, cela n’empêchait qu’elle avait tenu bon avec cette famille, parce qu’elle aimait plus que tout son mari et qu’elle avait compris qu’elle devait accepter l’ensemble si elle le voulait lui.

Ji Hoon se dit qu’il pouvait bien accepter l’ensemble lui aussi. C’était aussi fort qu’il aimait Haruto. Il pouvait tout aimer de lui et il était reconnaissant envers les parents de son homme de l’avoir fait, alors il se forcerait et accepterait simplement la présence de cette femme, si c’était ce qu’il fallait pour rendre son homme heureux. Il savait que ce dernier avait quelques problèmes avec ses parents actuellement et le Coréen voulait aider autant que possible, être là pour lui, le conseiller. Une bonne conversation pouvait aider et c’était ce qu’il aimerait que Haruto fasse, avant ce mariage, pour justement permettre au problème de se résoudre. Bien sûr qu’il espérait cette danse avec lui, qu’il espérait vraiment tenir ces quelques minutes, contre lui, à juste oublier le monde, oublier qu’ils n’étaient pas seuls, que le monde ne leur appartenait pas totalement. Ji Hoon voulait avoir la chance de danser avec lui en public, pas cachés dans leur appartement, déposer parfois un baiser sur ses lèvres, lui murmurer combien il était beau, combien il l’aimait. Ce n’était pas grand-chose, il savait que pour beaucoup de couples, ce serait anodin. Mais pour eux, cela compterait beaucoup et il ne voulait pas laisser passer sa chance. C’était pour cela qu’il voulait continuer à se battre.

Désormais, il ne ressentait aucune gêne à être surpris, ses lèvres collées à celles de son homme. Sauf devant sa mère. Il se fichait bien de choquer Keisuke, songeant qu’ils ne faisaient rien de mal. Ils s’embrassaient, un simple baiser, une preuve d’amour relativement chaste. Ji Hoon pourrait embrasser Haruto pendant des heures et là, cela deviendrait indécent. Un sourire orna ses lèvres et il hocha simplement la tête une fois seul avec son petit-ami. « Demain matin ? Ce soir, on aura besoin de se détendre. » Il lui offrit un clin d’œil mal effectué. Oui, ce soir, ils resteraient juste tous les deux, ne pensant plus aux autres Kamiya. De plus, songer à leur escapade en Italie l’avait un peu émoustillé et il espérait bien avoir droit à un petit rappel de ce qu’ils avaient vécus là-bas. Il voulait Haruto entièrement et cette journée méritait bien une délicieuse récompense qu’ils se donneraient avec plaisir. C’était important de relâcher la pression de la journée, comme ils le faisaient simplement en s’embrassant. Mais pour ce soir, il en faudrait un peu plus. « Oh non, tu sais que c’est moi. » Et aucune négociation n’était possible ! Il secoua la tête ensuite. Non, il ne lui en demandait pas beaucoup, il n’avait pas à s’en faire pour ça.

Grimant rapidement dans la voiture, effectivement plus rapidement, Ji Hoon attendit le retour de son homme. Avec le temps, il maitrisait un peu mieux ces éléments du quotidien, devenait plus expert dans l’art de s’installer dans une voiture. C’était pathétique. Il remercia encore et toujours Haruto pour son aide. Ce dernier pliait ce fauteuil comme personne. Sa main serra la sienne pour le rassurer. Tout irait bien, et il serait heureux. Juste heureux après tout ça. « Tout ira bien Baobei, fais moi confiance. » Il se pencha pour poser ses lèvres contre sa joue cette fois, le laissant démarrer la voiture alors qu’il se lançait dans un concert improvisé, riant en entendant son homme le suivre. Il aimait ce genre de moment, insouciant, juste à eux. Où ils s’amusaient comme des enfants, chantaient, dansaient un peu, étaient tout simplement heureux. C’était ce qu’il était avec Haruto. Tout simplement heureux. Il pouffa en le voyant bouger ainsi ses bras au feu, l’imitant pour suivre sa chorégraphie. Dommage que la joie et la bonne humeur prennent fin si rapidement en voyant la maison se dessiner à l’horizon.

Il contint son souffle en le sentant freiner si sèchement, posant son regard sur lui. « On va pas renoncer maintenant. » Ah non ! Il n’allait pas lui faire subir ce stresse plusieurs fois. Ils y étaient, alors ils y allaient, pas de discussion possible. Pour lui donner du courage, ses lèvres retrouvèrent les siennes, terminant l’échange sur un sourire rassurant et un dernier baiser rapide. Oui, il était temps d’y aller. Il attendit que son fauteuil soit à proximité, décidant de laisser ses béquilles dans la voiture, il doutait de devoir se déplacer plus que cela dans la maison. Sa main serrait fort la sienne, pour l’encourager, tentant de le calmer. Il pouvait sentir son stresse, espérait l’aider un peu. Il entendit les pas se diriger vers la porte et il lâcha doucement sa main, prévoyant n’importe quelle réaction de la part de cette femme. Même celle qu’elle eut effectivement. Il fixa droit devant lui pendant l’échange, un peu mal à l’aise, surpris néanmoins de ne pas voir pleurer Haruto avec elle. Il ne l’aimait toujours pas, c’était définitif. Il ressentait une légère compassion pour elle, ne pouvant s’empêcher de voir cela comme un coup du karma. Ses yeux se posèrent finalement sur elle quand elle s’adressa à lui, il secoua la tête quand elle s’excusa. Ça, au moins, ce n’était pas de sa faute. « Merci, Madame Kamiya. » D’avoir poussé les meubles. C’était déjà une bonne chose pour lui.

La suivant dans la maison, il se retourna néanmoins pour être sûr que Haruto le suive et ne le laisse pas seul avec elle. « Le thé me convient très bien personnellement. » Il ne voulait pas ses bières, il ne voulait rien d’elle. Il tenta un sourire, songeant qu’il devrait se montrer moins froid. Il avait promis à sa mère. Elle ne serait pas fière de lui. S’approchant du canapé, il abandonna son fauteuil pour s’asseoir sur celui-ci. Il ne se sentait pas à l’aise ici, avait hâte de pouvoir rentrer. Il espérait que Haruto et elle allaient rapidement se réconcilier comme ça, son homme pourrait venir la voir sans lui et tout le monde serait très content de son côté. Lui aussi pensait qu’il finirait par annuler, mais au final, ils s’étaient trompés. Tout allait bien, tout le monde était content d’être là, ou presque. C’était bien que Haruto ait trouvé le courage de venir jusqu’ici finalement, d’affronter sa mère, de se réconcilier avec elle. Que Haruka lui parle le surpris. Cela se vit probablement au regard qu’il posa sur elle quand elle lui parla. Mensonge. Il n’arrivait pas à la trouver sincère, ayant encore trop d’amertume en lui. Beaucoup d’erreurs, oui.

« Je voulais pas venir, je suis là pour lui. » Sa main se posa rapidement sur la cuisse de son homme. Il n’avait pas envie de lui mentir. Pourquoi faire ? A quoi bon la ménager ? Elle n’avait eu aucun scrupule envers lui. « Et parce que ma mère est passé par là avec sa belle-famille aussi et qu’elle m’a convaincu. Elle m’a dit qu’il fallait le faire. » Il n’allait pas répéter ses mots et dire qu’il devait prendre tous les déchets suivant Haruto. Elle l’avait dit en coréen en prétextant se tromper de mots mais il la connaissait et elle voulait exactement dire ça. Dans tous les cas, fils obéissant qu’il était, il écoutait toujours sa mère. « Peu importe ce que vous avez dit ou fait, on peut repartir sur de nouvelles bases, d’accord ? » Son regard ne la quittait pas, espérant ne pas être trop rude. « Je veux pas que Haruto s’éloigne de vous à cause de moi, vous êtes importante pour lui et c’était difficile pour lui de plus vous voir. Il a besoin de vous dans notre vie. » La leur oui, à tous les deux. Leur avenir ensemble devait se faire avec Haruka, parce que le bonheur de Haruto comptait avec elle. Et c’était ce qui important le plus aux yeux de Ji Hoon.


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     Ven 30 Nov - 0:07

♡ Haroon ♡

Hold hands. That’s what you’re meant to do. Keep doing that and don’t let go. That’s the secret.


Depuis tout petit, Haruto avait voulu faire plaisir à sa mère. Parce qu'elle le méritait, se disait-il à l'époque. Parce qu'elle était la plus belle femme qu'il connaissait. Autant trouvait-il ses sœurs jolies et mignonnes, dans son cœur de petit garçon, personne ne pourrait dépasser la beauté de sa maman. C'était là le complexe œdipien classique, qu'il avait réussi à surpasser en grandissant, de façon tout à fait normale. Pourtant, une chose n'avait pas changé. Son envie de lui faire plaisir en étant un enfant modèle. Pour la voir heureuse, la voir sourire, qu'elle soit fier de lui. Peu importait s'il n'avait pas beaucoup d'amis, tant qu'il ramenait de bonnes notes à la maison et soit félicité par ses instituteurs pour son bon travail et son sérieux. Haruka ne s'était jamais vraiment inquiété pour lui. Elle savait qu'il n'était pas victime d'ijime, et il s'entendait plutôt bien avec tous ses camarades, car il était un gentil garçon. Un mignon petit bonhomme qu'on ne pouvait détester. Et elle avait eu raison, évidemment. Paradoxalement, s'il aimait rester écarter du monde, Haruto avait toujours eu cette faculté à se lier d'amitié avec les personnes qu'il rencontrait. Alors, comme toute mère aimante, Haruka s'était mise à rêver d'un bel avenir pour son fils. Mais le rêve s'était transformé en obsession sans que personne ne le réalise vraiment. Et quand Haruto s'en était finalement rendu compte, il avait été trop tard. Elle avait pris en main la vie de son fils sans même lui demander son consentement. Et lui, n'avait rien fait.

Parce que Haruto ne pouvait en vouloir à sa mère pour toutes ses erreurs. Ils étaient fautifs aussi bien l'un que l'autre. Elle, d'avoir voulu tout contrôler pour lui ; et lui, de l'avoir laissée faire. Et c'était quelque chose qu'il regrettait énormément. Il savait que jamais il ne pourrait effacer sa pire erreur – ces fiançailles. Il devrait vivre avec ce fardeau, sans se plaindre, car il le méritait amplement. Sa croix, sa bannière. Pour se repentir auprès de l'amour de sa vie. Il s'en voulait, aussi, car sa faiblesse de petit garçon avait coûté trop de temps au couple merveilleux qu'il formait avec Ji Hoon. Ce dernier avait pu constater de la manière la plus cruelle qui soit de combien son petit ami était un idiot, combien il était faible. Pour quoi avait-il bien pu passer ? Le Japonais se doutait bien que ça n'avait pas dû être sympathique à son égard, mais il savait qu'il le méritait. Il ne pouvait s'imaginer une seconde à la place de Ji Hoon, se sentait terriblement misérable lorsqu'il y pensait. Et aujourd'hui, il lui demandait de l'accompagner rencontrer sa mère. Il le suppliait, même. Du regard, de ce tremblement dans la voix. Haruto avait compris depuis longtemps qu'il n'était rien sans lui. Sa reconnaissance n'avait pas de limite. Son amour était même bien plus grand. Comment pouvait-il le remercier ne serait-ce que de moitié ? Il devinait qu'il sacrifiait clairement sa fin d'après-midi pour lui. A sa façon, il lui montrerait sa gratitude une fois rentrés chez eux. Toute sa gratitude. De manière consciencieuse et appliquée. Oui, ils avaient définitivement besoin de se détendre, et ensemble, c'était encore mieux ! Son cœur rata clairement un battement sous son clin d’œil étrangement charmeur, et il secoua la tête à sa réponse. Ça non, c'était lui qui l'aimait le plus. Inutile d'argumenter.

« Oui... Tout ira bien. » Mais sa version à lui fut beaucoup moins convaincante en comparaison à celle de Ji Hoon. Haruto voulait sincèrement le croire, et tentait de positiver. Si sa mère le rejetait, il ne pourrait s'en vouloir ; il aurait fait le premier pas, aurait essayé de renouer le dialogue. Il ne pouvait se montrer trop pessimiste, se laissant donc entraîner par son homme dans une improvisation de concert privé dans l'habitacle de leur Toyota. Avec Ji Hoon, il n'avait pas honte de s'égosiller sur des chansons qu'il ne connaissait même pas au préalable. C'était ce genre de moment qui lui faisait réaliser combien il l'aimait, combien il tenait à lui, combien il avait besoin de lui dans sa vie. Son compagnon, son homme, son amour. Le seul et unique, celui qui lui était destiné. Haruto n'accorda aucun regard à ceux curieux des voitures les entourant au feu rouge. Le couple était heureux, le faisait savoir au monde. Rien ne les atteignait, dans leur bulle. Même la pensée que, bientôt, il reverrait sa mère, ne lui traversa plus l'esprit pendant de bonnes minutes. C'était l'instinct, l'habitude, qui les menait vers ce quartier résidentiel où il avait grandi. Rien n'avait vraiment changé, si ce n'était les voitures, peut-être plus modernes. Un quartier typiquement japonais au niveau de vie légèrement plus élevé que la moyenne.

Et ce fut à la hauteur de la maison des Kamiya qu'il sembla se souvenir du pourquoi il se rendait là. Haruto eut simplement le réflexe de freiner sèchement, presque en s'effrayant, s'excusant ensuite auprès de son compagnon. Maintenant qu'il y pensait, comment faisait Haruka pour continuer à vivre ici ? Son père lui avait tout laissé, d'après ce que Erena lui avait dit, un soir où ils avaient passé plus de temps que d'ordinaire au téléphone, pour un jour qui n'était même pas l'anniversaire de l'un ou l'autre (et même ces jours-là, ils s'envoyaient surtout des messages). Que faisait sa mère, de ses journées ? Comment allait-elle vraiment ? Même assis, il sentit ses jambes flancher. Pouvait-il vraiment lui faire face ? « Non... Je veux dire, oui, tu as raison. » Son sourire était bien pauvre, comparé à d'autres qu'il avait pu offrir à Ji Hoon. Mais ce dernier avait raison, Haruto ne pouvait renoncer, maintenant qu'ils étaient ici. Il était trop tard pour qu'il s'interroge sur la réaction de sa mère, ou même de la sienne. C'était comme arracher un sparadrap, il devait y aller d'un coup, sans se poser mille questions sur comment éviter d'avoir mal. Sûrement souffrirait-il un peu de certains mots qui seraient échangés, mais c'était un mal pour un bien. Du moins, il voulait y croire. Heureusement, le Japonais pouvait compter sur un soutien sans faille ; l'amour de Ji Hoon. Et il avait besoin de sa dose d'amour, l'embrassant passionnément avant de sortir du véhicule.

La réaction de sa mère le surprit, mais il n'eut pas la force de pleurer. Lui rendant son étreinte, il attendit patiemment qu'elle le lâche enfin. Haruto fut étonné de son initiative de pousser les meubles pour faire de la place au fauteuil de son compagnon. C'était une attention touchante qui l'adoucit un peu, mais il préféra ne faire aucun commentaire à ce propos. « Du thé, c'est très bien. » Haruka hocha la tête dans un sourire un peu crispé. Visiblement, elle cherchait à faire des efforts, sans trop savoir comment s'y prendre. Mais il était trop tôt pour Haruto pour se montrer trop clément avec elle. Il la laissa parler, elle semblait en avoir besoin. Lui aussi, évidemment, mais les mots paraissaient toujours coincés dans sa gorge, la colère l'étranglant. « Honnêtement, je réfléchissais encore ce matin à une excuse pour ne pas venir. » Avait-il déjà parlé un jour à sa mère de cette manière ? Même pour lui, il était froid et distant. Haruka changea de stratégie, visiblement, puisqu'elle s'adressa contre toute attente à Ji Hoon. Haruto se redressa un peu, lorsque ce dernier posa sa main sur sa cuisse. Pour lui, juste pour lui. Sans égoïsme, parce qu'il l'aimait. Le comprenait-elle ? Sûrement, car elle baissa la tête, comme soudainement honteuse, continuant à jouer nerveusement avec ses mains. Haruto fut silencieusement reconnaissait envers Hua de l'avoir convaincu de l'accompagner, aujourd'hui. Les mots de son homme le touchèrent en plein cœur, et il posa sur lui des yeux amoureux. Au même moment, Haruka leva les yeux vers eux. « Vous avez raison, Ji Hoon... je ne sais pas ce qu'il m'a prit, ce jour-là. »

Le regard de son fils se fit beaucoup moins doux, lorsqu'il se posa une nouvelle fois sur sa mère. « Tu l'as insulté. Tu as insulté l'homme que j'aime. La seule personne qui se préoccupe vraiment de moi depuis longtemps. » Haruka parut blessée à ces mots. « Mais je me suis occupée de toi... pour ton bien... je pensais. » Les poings du Japonais se crispèrent un peu. « Non, maman. Tu t'es toujours préoccupée de l'image que tu donnais aux autres. De celle que donnait ta famille. Tu étais fière de nous, certes, mais c'était par pur égoïsme. Pour flatter ton ego. Pour briller devant les voisines, celles que tu appelles amies, mais que crachent derrière ton dos. » Le visage de sa mère se ferma, comme si elle fixait son fils sans le voir. Ce dernier n'en avait pourtant pas fini. « Tu étais obnubilée par le succès de tes filles, par le mien. Mais au fond, est-ce que tu te souciais vraiment de nous ? » Ils échangèrent un regard. Lui, attendant une réaction ; elle, attendant de voir s'il avait fini. « Tu m'en veux pour ces fiançailles, n'est-ce pas ? » Haruto souffla par le nez. « Pourquoi ne pas avoir refusé ? » Sa mâchoire se crispa. « Parce que tu ne m'as pas vraiment laissé le choix, parce que j'avais encore cette image de toi, la mère que je ne voulais pas décevoir, à qui je devais faire plaisir. Tu as toujours tout voulu contrôler, et bêtement, on s'est tous laissé faire, jusqu'à devenir dépendants de toi. » Sauf Erena, évidemment. Toujours elle. Voix de la sagesse. « Qu'est-ce que... » Mais le coup de grâce la coupa. « Pas étonnant que papa soit parti avec une autre. » Haruka en eut le souffle coupé, restant paralysée sur son fauteuil. Comme frappée par la foudre. Ses yeux fixèrent son fils, avant de se perdre dans le vide, une fois baissés. Elle déglutit, hésitante.

Finalement, Haruka se leva, et Haruto crut bien qu'elle allait les mettre à la porte. « Je vais préparer le thé. Excusez-moi. » Et elle contourna la table sans leur accorder un regard, digne malgré l'humiliation infligée par son propre fils. Ce dernier se laissa tomber contre le dossier du canapé lorsqu'elle disparut dans la cuisine. « Mais quel abruti... » Se passant les mains sur le visage, il soupira fortement. Ses doigts glissèrent sur sa peau, s'arrêtant à hauteur de ses lèvres, alors que son regard fixait le plafonnier suspendu pile au-dessus de la table basse. Un nouveau soupire, et Haruto laissa retomber ses bras. « Pourquoi j'ai dit ça ? » Il se retourna vers Ji Hoon, attendant qu'il confirme qu'il était le dernier des idiots. « C'était pas comme ça que j'avais imaginé nos retrouvailles. J'espère un dialogue calme et posé, malgré l'amertume. » Sa main droite glissa dans ses cheveux. « Comment je vais pouvoir me rattraper, hein ? » Haruto avait besoin de l'aide de Ji Hoon. Comme il avait toujours besoin de lui. Son phare dans l'océan de doutes de sa vie.

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